Nicolas Viens

Pousser comme il l’entend

Se dépasser et surpasser ses limites, non pas face à un adversaire, mais envers soi même. C’est l’attitude de l’haltérophile Nicolas Viens, qui vient tout juste de terminer au 2e rang aux championnats canadiens chez les 102 kg. Il a levé 141 kg à l’arraché et 170 kg à l’épaulé jeté.

Sa passion pour l’haltérophilie s’est développée sur le tard.

« Je faisais du crossfit et, à un moment donné, un club d’haltérophilie est venu faire une compétition amicale dans notre gymnase, indique le jeune homme de 25 ans. Je l’ai fait pour le plaisir et on s’est rendu compte que j’étais à cinq kilos du standard canadien. Le coach est venu me voir et j’ai commencé à faire un peu plus d’haltérophilie que de crossfit. »

Dès sa première année, Nicolas s’est qualifié pour les championnats canadiens, réalisation qu’il répète chaque année depuis quatre ans.

« C’est un sport vraiment individuel, souligne Nicolas, qui a remporté le Championnat sénior québécois dans sa catégorie. J’ai joué au hockey, au football, au rugby et j’ai fait de la boxe aussi. J’ai fait beaucoup de sports d’équipe et, en haltérophilie, je peux pousser autant que je veux pousser, tu n’as pas vraiment d’adversaire. Tout le monde fait son meilleur et c’est toi versus un objet. C’est un sport très formateur. Ce n’est pas juste une question de force, il y a beaucoup d’adresse et de technique à développer. Il faut être rapide, flexible et précis. Le sport te forge beaucoup de discipline personnelle. »

Nicolas Viens fait partie des meilleurs haltérophiles au Canada, mais l’athlète ne se fait pas d’illusion. Il sait que ses chances d’atteindre les Championnats du monde ou les Jeux olympiques sont très minces.

« Les champions du monde ont commencé habituellement vers 10 ou 12 ans, mentionne-t-il. Je sais que j’ai commencé trop tard pour viser les Olympiques ou les Championnats du monde. J’ai 25 ans et un bon potentiel, mais ce n’est pas à ma portée. Je peux quand même faire des compétitions internationales. »

Nicolas Viens a tout de même plusieurs objectifs comme se qualifier pour les Jeux panaméricains, qui se dérouleront à Lima du 26 juillet au 11 août.

Des conférences en Europe

Détenteur d’un baccalauréat en administration à l’Université Bishop’s, Nicolas Viens a eu la chance de présenter une de ses publications lors d’une conférence internationale à Rome, en Italie, ainsi que les conclusions de son projet à l’Université d’Oxford, en Angleterre. Son sujet d’étude : le développement durable.

« Il y a tellement d’agences et de traités écologiques internationaux, et pourtant les taux de pollution continuent d’augmenter, soutient Nicolas. Il y a un écart entre ce qu’on sait et comment on le transfère en politiques qui affectent la société. Si on veut vraiment atteindre une société durable il faut impliquer des compagnies et des industries, pas seulement des États ou des institutions gouvernementales. Surtout si on considère qu’on vit dans un monde ou des compagnies ont parfois plus de pouvoir que certains États. »

Nicolas est inscrit à la maîtrise en développement international à l’Université de York à Toronto en septembre. Il entend toutefois laisser une grande place à l’haltérophilie.

« Il me reste quelques années en haltérophilie où je veux continuer de pousser et voir où je peux me rendre avant de me concentrer sur ma carrière », résume-t-il.

REPÈRES

Nicolas s’entraîne entre 15 et 25 heures par semaine, soit deux entraînements par jour;

Les haltérophiles canadiens sont souvent testés pour contrer le dopage. Le Centre canadien pour l’éthique dans le sport est même déjà débarqué chez Nicolas sans aucun préavis pour le tester;

Le record de Nicolas à l’arraché en compétition est de 141 kilos, mais il a déjà soulevé 145 kilos à l’entraînement. À l’épaulé-jeté, le meilleur résultat de Nicolas est de 177 kilos. Il espère soulever 180 kg prochainement;

Nicolas a maintenu une moyenne académique de 91 pour cent durant son baccalauréat.