Jacques Sirois

Pour l'amour du patrimoine

Depuis 30 ans, Jacques Sirois travaille à la sauvegarde de l'église de St-Georges-de-Windsor. Un projet de vie qui lui a permis de découvrir une communauté tissée serrée et des gens de coeur partageant son amour de ce monument patrimonial.
Jacques Sirois et sa femme Francine se sont installés à St-Georges-de-Windsor en novembre 1976 alors qu'elle travaillait à Sherbrooke et lui à Victoriaville. Il coupait ainsi la poire en deux pour le voyagement. Mais bien vite ils y ont découvert un avantage bien plus que géographique.
« On a ressenti tellement de chaleur. Dès notre arrivée, les voisins nous ont prêté main-forte. Un a ouvert notre cours le premier hiver en refusant que je le paye, un autre nous fournissait les oeufs, l'autre le lait », explique celui qui se dit St-Georgeois dans l'âme.
Son implication dans la communauté n'a pas tardé. Il a d'abord siégé pendant 11 ans au comité d'école puis à quelques autres comités avant de jeter son dévolu sur l'église. Il était loin de se douter que 30 ans plus tard, il mènerait toujours de front ce projet.
« J'ai commencé en étant marguillier puis j'ai constaté qu'on avait une église exceptionnelle, mais qui avait besoin de réparations pour être conservée. » M. Sirois a ainsi commencé des démarches afin de faire reconnaitre l'église comme monument patrimonial et ainsi pouvoir toucher des subventions pour les travaux nécessaires.
Une fois le titre obtenu, il revient tout de même à la municipalité de fournir 30 % de la valeur des travaux. Qu'à cela ne tienne, M. Sirois et tous les bénévoles de l'église font tout en leur pouvoir pour que St-Georges-de-Windsor débourse le moins d'argent possible.
À la première subvention reçue pour le toit, ils sont parvenus à amasser pas moins de 167 000 $ grâce à des bazars, des concerts, un encan et diverses sollicitations. Un exploit qui rend M. Sirois particulièrement fier.
Depuis 2003, une friperie et un marché aux puces sont ouverts au public tous les dimanches de 10 h à 15 h. À ce jour, ils permettent d'amasser près de 30 000 $ par année pour aider aux travaux subventionnés.
« C'est un travail d'équipe. Quand je fais les horaires pour les trois mois à venir et que leur demande deux ou trois dimanches, ils me disent merci. Je n'en reviens pas, je leur kidnappe trois dimanches et ils sont contents », s'étonne encore M. Sirois, en soulignant aussi l'apport des Chevaliers de Colomb et de la municipalité.
Un projet de vie
« Il y a 10 ans, je me demandais au Bon Dieu de me donner 10 ans pour finir le projet et là, je lui demande une rallonge. Ça prendrait encore deux subventions pour l'extérieur, une pour la brique et une pour la fenestration », souligne celui qui souhaite voir la réfection extérieure de l'église terminée de son vivant.
Un désir qui devrait être réalisable considérant que M. Sirois est un homme très actif, travaillant même encore à temps plein à travers son implication pour l'église. Notons qu'il a aussi construit plusieurs modules de jeux pour ses petits-enfants de même qu'un mini-golf présentement en chantier.
Jacques Sirois s'occupe aussi de faire les visites guidées de l'église à la demande des gens qui n'ont qu'à l'appeler au 819 828-3002 pour prendre rendez-vous. « On a une église particulière, c'est la plus vieille église catholique originale du diocèse de Sherbrooke et la seule au Québec avec les statues des 12 apôtres en son choeur. »
Il est aussi membre fondateur du journal local Le Reflet, pour lequel il écrit encore et est le réviseur. Faire partie du comité d'embellissement de Saint-Georges-de-Windsor figure aussi parmi ses nombreux engagements pour la communauté.
« C'est ma façon de remercier le Bon Dieu d'avoir la vie que j'ai. Quand je regarde d'autres autour de moi, il me semble que j'ai eu mon lot de bonheur. C'est un peu ma façon de redonner et je le fais vraiment avec plaisir. »
Repères
Marié, trois enfants et six petits-enfants
Magasinier au Centre de formation professionnelle d'Asbestos
Récipiendaire de la médaille de l'Assemblée nationale