Pour la culture et l’histoire

Même si plus de 20 années ont passé depuis la fin de la diffusion du Club des 100 Watts, plusieurs personnes pensent encore immédiatement à cette émission culte de Télé-Québec lorsqu’elles aperçoivent Marc-André Coallier. Le principal intéressé pourrait souhaiter qu’on l’associe davantage à ses projets plus récents, mais il ne se plaint nullement de la situation.

« Les 100 Watts ont marqué une génération de téléspectateurs, affirme-t-il. Aujourd’hui, je travaille avec d’anciens fans de l’émission, je les embauche pour mes projets. C’est cool! J’ai aussi adoré certains comédiens quand j’étais plus jeune – Jean-Louis Millette par exemple – et j’en ai gardé des souvenirs impérissables. C’est similaire comme phénomène. »

Preuve que les 100 Watts font toujours partie de sa vie, Marc-André Coallier participera bientôt à un spectacle pour les 50 ans de Télé-Québec. Le spectacle en question permettra au public de renouer avec des émissions jeunesse marquantes.

S’il n’essaie pas d’oublier le Club des 100 Watts, Marc-André Coallier paraît avoir les pieds bien ancrés dans le présent. Il faut dire que le Théâtre La Marjolaine, dont il est propriétaire, l’occupe beaucoup.
Le fils du non moins célèbre Jean-Pierre Coallier est un peu homme à tout faire à La Marjolaine. Il se charge notamment de la gestion du théâtre et de réaliser certains travaux sur place. De plus, il ne dédaigne pas grimper sur les planches quand l’occasion se présente. « J’ai appris à me débrouiller. J’aime être mon propre patron », confie-t-il.

Ce ne sont pas toutes les productions du lieu de diffusion qui ont connu un succès retentissant au cours des dernières années. N’empêche, son propriétaire a continué d’investir pour améliorer les infrastructures du théâtre. Il révèle ainsi avoir injecté quelque 500 000 $ en rénovations et travaux d’amélioration divers au fil des ans.

Sauver un théâtre

Marc-André Coallier n’aurait probablement jamais acquis La Marjolaine, en 2004, s’il avait écouté les gens autour de lui. « Des années plus tard, des gens me disent encore que je suis fou d’avoir acheté un tel endroit », admet-il.

Au moment de l’achat, le théâtre était fermé. « Ça faisait 10 ans que Marjolaine Hébert essayait de le vendre. L’endroit n’était pas trop entretenu. »

L’objectif de Marc-André Coallier, lorsqu’il a déposé son offre d’achat, était principalement de sauver un monument du patrimoine culturel du Québec. « C’est le plus vieux théâtre d’été dans toute la province. Et moi je suis attaché à notre histoire tout comme à la culture québécoise. Une partie de notre histoire allait mourir et j’ai voulu la sauver », explique-t-il.

Le propriétaire du Théâtre La Marjolaine rappelle que de nombreuses comédies musicales ont été présentées sur la scène du petit lieu de diffusion, aménagé à l’intérieur d’une vieille grange à Eastman. De grands noms de la chanson, tels Diane Dufresne, Joël Denis, Jean-Pierre Ferland et Gilles Vigneault, ont déjà foulé ses planches.

L’avenir

En 2004, La Marjolaine avait frappé un grand coup en présentant Les Nonnes. Un total de 13 000 billets avaient été vendus à l’époque pour cette production et avait permis un redémarrage vrombissant du lieu de diffusion.

Il y a eu par la suite des saisons moins lucratives pour son propriétaire, mais celui-ci n’a jamais lancé l’éponge. À force de travail, il a réussi à développer un partenariat d’affaires prometteur avec Encore spectacle, qui produit de nombreux spectacles et pièces au Québec.

« Grâce au partenariat avec Encore spectacle, notre pièce de l’été dernier, intitulée Je vous écoute, partira en tournée en 2018. La rentabilité est meilleure dans un contexte semblable, surtout quand on a des dizaines de dates prévues dans le cadre de la tournée », remarque Marc-André Coallier.

Marc-André Coallier avoue cependant qu’il ne détesterait pas que la municipalité d’Eastman devienne un jour un véritable partenaire financier. « Ce sont habituellement les villes qui sont propriétaires des lieux de diffusion », fait-il valoir, tout en assurant qu’il continuerait à produire des spectacles à La Marjolaine même s’il n’en était plus le propriétaire.