Rémi Quirion

Porte-étendard de la science au Québec

En 2011, Rémi Quirion devenait le tout premier scientifique en chef du Québec, une fonction que l’on retrouve dans quelques pays du monde seulement.

Ce natif de Lac-Drolet, en Estrie, a un parcours impressionnant.

À l’âge de 25 ans, il obtient un doctorat en pharmacologie de l’Université de Sherbrooke (il est entré au collège deux ans avant l’âge prévu). Il est aujourd’hui l’auteur de plus de 750 publications dans des revues scientifiques, et on le présente comme « l’un des chercheurs en neurosciences les plus cités dans le monde ». Rémi Quirion est le quatrième d’une famille de huit enfants et il a fait ses études supérieures à Sherbrooke, du cégep jusqu’à son doctorat, avant d’effectuer un stage postdoctoral aux États-Unis.

Avant sa nomination en 2011, M. Quirion était vice-doyen aux sciences de la vie et initiatives stratégiques de la faculté de médecine de l’Université McGill. Au cours de sa carrière, il a notamment travaillé à la mise sur pied du centre de recherche en neurosciences et en santé mentale, où il a passé environ 30 ans. Au fil des ans, il a développé une expertise sur la maladie d’Alzheimer et la schizophrénie. Et dire que c’est par hasard que l’Estrien d’origine s’est intéressé à ce domaine...

« C’est un concours de circonstances. J’ai fait mon doctorat sur le système cardio-vasculaire (...) À la fin du doctorat, je voulais apprendre quelque chose de nouveau. » Le chercheur s’est alors intéressé au cerveau, qui avait – et qui a encore – « une dernière frontière ».

Même pour des sommités comme Rémi Quirion, le cerveau ne livre pas encore facilement ses secrets. S’il y a eu des avancées au cours des dernières années, le travail est loin d’être terminé. « On comprend mieux le cerveau, mais ça reste difficile de percer les secrets des maladies comme l’Alzheimer, la dépression, l’anxiété... On a fait certains progrès, mais pas autant qu’on aurait aimé en faire. »

Le mandat de Rémi Quirion est de conseiller le ministre de l’Économie et de l’Innovation en matière de développement de la recherche et de la science, en plus d’assurer le rayonnement du Québec au Canada et à l’international. Le poste de scientifique en chef demeure un modèle « peu répandu dans le monde », dit-il en citant la Nouvelle-Zélande, l’Irlande et Israël qui ont un tel poste. La formule varie dans d’autres pays, où l’on retrouve davantage des comités consultatifs vers qui les gouvernements peuvent se tourner. Or, indépendamment du modèle, il est important que les élus puissent se tourner vers des experts afin d’avoir des données probantes sur des sujets scientifiques, souligne-t-il en rappelant qu’au final, ce sont les élus qui décident. « On essaie de faire connaître le modèle de scientifique en chef en organisant des ateliers dans des pays émergents. »

« On a un impact intéressant de ce côté-là. En termes de réseau de recherche, avec les universités sur le territoire on a réussi à bâtir une infrastructure de recherche importante », note M. Quirion.

Il préside aussi, dans le cadre de ses fonctions, les conseils d’administration des trois Fonds de recherche du Québec.

L’un de ses mandats est de promouvoir les carrières en recherche et scientifiques. Par l’entremise de la Stratégie québécoise de la recherche et de l’innovation, les offres de bourses ont été bonifiées. Des efforts sont aussi faits auprès de la population, entre autres en favorisant les conférences grand public au sujet de la science. Les médias sociaux sont aussi mis à profit pour vulgariser ce domaine.

La province tire bien son épingle du jeu, puisque le Québec représente un pour cent des publications scientifiques mondiales, « ce qui est bien au-dessus de son poids démographique dans le monde, qui est d’un dixième de 1 % », selon le scientifique en chef.

Ce dont Rémi Quirion est le plus fier? « Le travail que je fais, c’est intéressant. On bâtit quelque chose, c’est très stimulant. Ça va dans tous les secteurs. Ce dont je suis le plus fier, c’est ma famille scientifique, qui a fait carrière dans mon laboratoire. C’est mon legs à la société, c’est ce dont je suis le plus fier. »

Ses anciens étudiants se retrouvent aujourd’hui un peu partout sur le globe. Bon nombre d’entre eux travaillent dans le domaine des neurosciences, et si Rémi Quirion est en mesure de les aider, il leur donne un coup de main.

Il a gardé des liens avec plusieurs de ses anciens étudiants; certains travaillent dans des universités, d’autres ont créé leur propre entreprise. Il en profite d’ailleurs pour les voir dès qu’il en a la chance lorsqu’il se trouve en mission à l’étranger.

Repères

Récipiendaire de l’Ordre national du Québec en 2003
Récipiendaire de l’Ordre national du Canada en 2007
Membre de la Société royale du Canada Intronisé au Temple de la renommée médicale canadienne
Premier directeur scientifique de l’Institut des neurosciences, de la santé mentale et des toxicomanies