Kim Boutin

Passer à un autre niveau

Si Kim Boutin a atteint les plus hauts sommets possibles en 2018 lors des Jeux olympiques de PyeongChang, en Corée, elle a prouvé, depuis le début de la présente saison sur le circuit de la coupe du monde de patinage de vitesse courte piste ISU, sa prétention d’être l’une des meilleures patineuses au monde.

La triple médaillée olympique en Corée (une médaille d’argent au 1000 m et deux médailles de bronze aux 500 m et 1500 m) a soufflé le monde du patinage de vitesse en devenant la première femme à patiner sous les 42 secondes sur la distance de 500 m, en novembre.

Un chrono de 41,9 secondes établi à Salt Lake City, un nouveau record du monde, et une cristallisation de son statut.

Ça et les huit médailles individuelles qu’elle a accumulées depuis le début de cette saison, dont six médailles d’or.

En pause pour le temps des Fêtes, et en préparation pour la première édition des Championnats ISU des quatre continents, qui seront présentés à l’aréna Maurice-Richard en janvier, Kim Boutin est devenue une incontournable.

L’accession à la notoriété fut fulgurante, en 2018. Nommée porte-drapeau pour les cérémonies de clôture des Jeux, Boutin a par la suite dû passer par une période d’introspection.

Ses motivations à continuer le patin, les différents défis qui l’attendaient, et même le plaisir de patiner, tout était sur la table.

Son retour en force est catégorique; notamment sur 500 m. De l’or, partout, et le record du monde. À la recherche de défis, Boutin a su relever les standards, en ces premiers mois de la saison de coupe du monde de patinage de vitesse.

Ces succès qu’elle récolte, elle les savoure, elle en profite.

« Je ne pensais pas vraiment à ça quand je montais vers le sommet. La différence, maintenant, c’est que j’ai envie de gagner, je le pense et je le crois. Je l’assume », a-t-elle mentionné à La Tribune, sereine, il y a un peu plus d’une semaine.

Gérer la pression d’être au sommet

Mature dans son approche et sa perception de la compétition, Kim Boutin sait que l’adversité ne proviendra pas toujours de ses adversaires, qui attaquent la ligne de départ avec le désir avoué de battre la reine.

L’adversité proviendra d’elle-même.

« Ça fait déjà un an que je vis un peu ça [NDLR gérer la pression d’être au sommet], depuis les Jeux olympiques, que je dois gérer ça. Mais c’est la pression que je m’impose qui est plus difficile. Je sais ce que ça prend pour performer; la nutrition, le repos, le sommeil, je sais ce que ça prend pour être au top de ma forme. Mais je sais bien que je ne pourrai maintenir ça pendant toute une saison. C’est ça qui est difficile; accepter qu’il y ait des moments de baisse », a-t-elle indiqué à La Tribune.

Derrière, la compétition affûte ses armes.

Jusqu’à présent, en cette saison 2019-2020 de la coupe du monde de patinage de vitesse courte piste, Boutin a récolté six médailles d’or, une d’argent et une autre de bronze, en plus de quatre autres médailles, deux d’or et deux de bronze, avec ses coéquipières du relais.

Pour la première fois, Kim Boutin en est consciente. Elle est observée par les autres.

« Je le vois en compétition, on me challenge davantage, on m’attend, je suis mieux d’être prête, c’est le sentiment que j’ai en arrivant sur la ligne de départ. J’ai même remarqué, durant les échauffements avant les compétitions, qu’il y a toujours deux patineuses chinoises qui me suivent, qui veulent suivre mon « pace ». D’habitude, on fait un demi-tour vraiment rapide, elles me suivent. Je trouve ça drôle, c’est la première fois que ça m’arrive en coupe du monde. J’ai atteint un certain niveau de vitesse, depuis le début de la saison, mais tu le vois, les autres filles ont emboîté le pas. Certaines patineuses touchent maintenant le 42,5 secondes sur 500 m. Oui, j’ai descendu une marge, mais là les filles s’en viennent dans cette marge. »

La Sherbrookoise a en poche ce record sur 500 m, et ses huit médailles individuelles en ce début de saison 2019-2020.

Des standards d’excellence établis par sa persévérance et sa détermination.

Repères

Née à Sherbrooke
Âgée de 25 ans
Détentrice du record sur 500 m avec un chrono de 41,936
Trois médailles olympiques aux Jeux de PyeongChang en 2018
Huit médailles individuelles, dont six d’or, en ce début de saison de coupe du monde