Michel Paré

Pas de miracle, juste du travail

À 10 ans, Michel Paré distribuait le journal à 80 portes. À 12, il commençait à travailler dans une biscuiterie. Son patron de l’époque, aujourd’hui âgé de 83 ans, travaille maintenant pour lui dans un des 29 dépanneurs du Groupe Paré, qui compte en tout 250 employés.

Entre les biscuits et les dépanneurs, Michel Paré a fait partie des Forces armées canadiennes de 1967 à 1972. « J’étais un maniaque de sports et je voulais aller en éducation physique dans l’armée. J’ai fait mon cours de parachutisme, je souhaitais aller au commando, mais ils coupaient des postes et les transferts ont été bloqués à cette époque », raconte le Magogois.

C’est en mai 1976 que son aventure entrepreneuriale commence alors qu’il achète son premier dépanneur à Magog. Ceinture noire en karaté, il ouvre à la même époque une école d’art martial dans sa ville natale, école qui sera, une vingtaine d’années plus tard, rachetée par un de ses premiers élèves.

« Mon premier dépanneur ouvrait à 5 h 30 et fermait à minuit trente. J’étais sur place de 5 h à 17 h et après j’allais à mon école de karaté jusqu’à 23 h. En plus, il y avait les compétitions avec les jeunes la fin de semaine. C’était bien », résume-t-il simplement.

La Dominion Textile, située juste en face du Dépanneur 1010, avait un quart de travail qui se terminait à minuit. Les employés pouvaient faire des provisions avant de retourner à la maison.

« Les enfants ont grandi dans l’entrepôt », se souvient le père de Marie-Noël et de Gian-Carlo, qui travaillent maintenant tous les deux pour le Groupe Paré.

Il a fallu 20 ans avant que M. Paré achète un deuxième dépanneur.

« Je savais que ma fille était dans son élément. Elle connaît les noms et les dates de naissance des clients par cœur. On a acheté pour elle un deuxième dépanneur. »

En 2000, M. Paré part avec son sac à dos en Asie pour trois mois. Pendant ce temps, Gian-Carlo garde le phare au dépanneur de son père. Il a alors eu la piqûre. Le Groupe Paré achète un troisième dépanneur sur la rue Bowen à Sherbrooke et le fils prend les commandes.

Après les choses ont accéléré. Au cours des deux dernières années, le Groupe Paré a acquis dix nouveaux dépanneurs pour atteindre 29 dépanneurs dans une dizaine de villes au Québec. Certains sont des commerces de proximité. D’autres sont situés aux abords d’autoroutes. Certains ont de l’essence. Le tiers est ouvert 24 h par jour.

Travailler avec ses enfants est la plus grande fierté de M. Paré. Le fils occupe aujourd’hui le poste de président de l’entreprise, qui devrait poursuivre sa croissance puisque l’objectif de Gian-Carlo est d’atteindre une centaine de dépanneurs.

Un homme d’action

Près de 50 pour cent des employés sont des étudiants. « On doit s’adapter à leur horaire. On est le premier employeur de la majorité des gens. C’est certain qu’on doit faire beaucoup de formation », précise M. Paré.

Encore aujourd’hui, M. Paré passe sa vie dans les dépanneurs. « Je n’aime pas rester derrière un bureau, c’est mon fils qui s’occupe de ce volet. Moi, je préfère l’action directe. J’aime faire les commandes, faire les étalages, être avec les gens. Ça fait 42 ans que je fais ça. J’ai des clients fidèles depuis les tout débuts », note celui qui estime qu’être proche des clients est un des facteurs de réussite de l’entreprise.

« Les gens aiment être reconnus quand ils entrent quelque part. »

Né d’un père machiniste et d’une mère au foyer, Michel Paré a toujours aimé l’action. Ceux qui le connaissent le décrivent comme un bon gars. « Je suis stable dans mes humeurs. Je suis toujours très positif. Je me dis : tout est correct et demain on verra. C’est peut-être ça qui fait notre succès, je ne me suis jamais cassé la tête en me demandant comment les choses iraient demain. Tu te retrousses les manches et . Il n’y a pas de miracle. Il faut être là », souligne l’homme d’affaires.

À 67 ans, M. Paré n’a pas ralenti son rythme. « Du travail, j’en mange encore. Il faut que ce soit une passion », conclut celui qui, en dehors de ses heures d’ouvrage, aime passer du temps avec ses enfants et ses petits-enfants, faire du vélo et du ski.

À ceux qui amorcent leur parcours professionnel, M. Paré conseille d’être persistants. « Il ne faut pas lâcher à la première épreuve. Par exemple, on nous avait prédit la mort des dépanneurs quand les magasins à grande surface sont arrivés. Et on a toujours notre place », se réjouit l’homme d’action.

Repères

Michel Paré est né le 28 août 1950 à Magog.
Conjoint de Céline Ducharme, il est père de deux enfants avec qui il travaille et grand-père à trois reprises.
Fondateur du Groupe Paré, il a été intronisé en 2012 au temple de la renommée de l’Association des détaillants en alimentation du Québec.