C’est par accident que Nicolas Lemay est entré dans le monde du kayak.

Nicolas Lemay : Redonner à ceux qui nous ont formés

C’est par accident que Nicolas Lemay est entré dans le monde du kayak. Vraiment par accident. À 15 ans, il était dans l’équipe du Québec de natation et, entre deux entraînements, il a décidé d’aller faire de la planche à voile, est tombé sur le bord d’un quai et s’est sectionné le tendon d’Achille.

« Je ne pouvais plus nager de l’été alors un ami qui se cherchait un partenaire pour faire du kayak en tandem m’a demandé de l’aider. Je suis allé m’entraîner avec lui. On a fait des compétitions. Un jour, on s’est rendu en finale et, ce que je ne savais pas, c’est que cette compétition était les sélections de l’équipe du Québec en kayak. Alors on s’est ramassé dans l’équipe. »

Depuis, le canoë-kayak fait partie de sa vie. Il a été dans l’équipe nationale pendant six ans, de 1984 à 1990. Il s’est entraîné en Floride, en Californie ou en Europe. A participé aux Jeux panaméricains, aux Jeux du Commonwealth, à une édition de l’Universiade et aux championnats du monde à cinq reprises, dont une où il s’est rendu en finale.

Il a cessé la compétition à 23 ans alors qu’il avait entamé son baccalauréat en architecture à l’Université McGill. À cause de blessures, mais aussi parce que les prochains Jeux olympiques étaient dans quatre ans et qu’il devait faire un choix. « C’était le moment de passer à autre chose. J’avais fait ce que j’avais à faire et j’étais serein face à ce changement de mode de vie. »

D’athlète à entraîneur

Après sa carrière d’athlète, il devient entraîneur. Lorsque ses enfants viennent au monde, il prend une pause de quelques années. « Après, ce sont les deux enfants qui sont embarqués dans le kayak alors on est retourné aux sources. On a commencé à donner un coup de main au club », raconte l’architecte qui est devenu président du Club nautique de Sherbrooke il y a dix ans.

« Quand je suis devenu président, c’était carrément parce que le club ne fonctionnait pas. Il n’y avait personne qui contrôlait quoi que ce soit. Ce n’était pas la faute d’une personne comme la faute de tout le monde. Personne ne voulait le reprendre en main. Étant donné que c’est le kayak qui m’a formé, je ne voulais pas voir le club disparaître. » Un nouveau conseil d’administration est créé, une évaluation des finances est réalisée. « Le club avait à l’époque plus de 100 000 $ de dettes. On a fait des téléphones pour demander à nos fournisseurs de nous attendre. Ils ont patienté alors on a pris notre souffle et on a tout remboursé en un an et demi. Après on a trouvé un mode de financement et de fonctionnement pour assurer la continuité des activités. »

Mais le Club nautique de Sherbrooke et son président n’étaient pas au bout de leur peine. Le trésorier du conseil d’administration a été reconnu coupable de fraude. Il aurait volé au moins 54 000 $ au Club nautique de Sherbrooke entre 2011 et 2014. « Il était là quand j’ai repris les rênes. Il a vu tout ce qu’on avait dû faire pour s’en sortir. Et il nous a probablement volés davantage, car il y avait beaucoup d’argent comptant. Ça nous a poussés à changer beaucoup de choses, notamment en ce qui a trait au mode de paiement. Depuis qu’il est parti, on est rentable », explique celui qui souhaite que le club prenne de l’expansion autant en canoë-kayak qu’en aviron et en bateau dragon.

Un grand succès récent est la tenue des Championnats canadiens de canoë-kayak de vitesse à Sherbrooke l’été dernier, événement qui a attiré près de 2000 athlètes, des membres de 40 clubs provenant des dix provinces et aussi du Yukon. Cette compétition de six jours a procuré un grand rayonnement et d’importantes retombées économiques pour la ville.

« Mais des succès, on en a chaque année lorsque nos athlètes performent bien en compétition. L’objectif est de les encadrer et de les mener le plus loin possible. »

Inspiré par ses parents

C’est en répétant les gestes de ses parents que Nicolas Lemay s’est engagé bénévolement. « Quand j’étais jeune, mes parents étaient tout le temps impliqués dans les activités que l’on faisait. Ils ont été impliqués corps et âme dans le club de natation. Mon père a été président du club. Ma mère était bénévole pour les compétitions et leur organisation. C’est le modèle qu’on a eu toute notre jeunesse. »

Et Nicolas Lemay aborde tout ce qu’il entreprend avec la même philosophie. « Il faut avoir du fun. Je dis toujours au monde : si tu as quelque chose de plate à faire, arrange-toi pour avoir du fun à le faire, c’est aussi simple que ça! » lance-t-il en riant.

« Farce à part, je dirais que c’est important d’être capable de donner le maximum de nous-mêmes pour atteindre nos résultats. Si on ne les atteint pas, mais qu’on sait qu’on a tout fait ce qu’on pouvait, on ne peut se blâmer ou regarder en arrière. »

Repères

Né le 24 février 1967, Nicolas Lemay est originaire de Sherbrooke;

Conjoint de Caroline Mackie depuis 1990 et père de deux enfants;

Ancien athlète, il a participé à plusieurs championnats du monde en kayak;

Président du Club nautique de Sherbrooke depuis 10 ans.