Patrick Pinard

Né pour les affaires

Patrick Pinard a eu la chance d’avoir un père qui a réussi en affaires et qui lui a ouvert des portes. Mais n’allez pas croire qu’il est devenu entrepreneur simplement pour suivre le modèle paternel. Non, car il croit que s’il n’avait pas marché dans les pas de son père dans le domaine de l’alimentation, il aurait malgré tout aspiré à diriger une entreprise.

« Je pense qu’on naît entrepreneur. Ça ne s’apprend pas. C’est une chose que tu as dans le sang ou non. Même si mon père ne m’avait pas précédé, je serais en affaires aujourd’hui. Peut-être dans un autre domaine, mais j’aurais une entreprise », assure M. Pinard.

Le lauréat du Mérite estrien de la semaine est copropriétaire et directeur des opérations de la Boucherie Clément Jacques, qui possède quatre points de vente en Estrie et sur la Rive-Sud de Montréal ainsi qu’une usine à Magog. Les trois autres copropriétaires de l’entreprise sont Serge L’Heureux, Sébastien Jacques et Michel Charlebois.

Durant son adolescence, Patrick Pinard se voyait œuvrer dans le secteur des technologies de l’information et des communications à l’âge adulte. Il a d’ailleurs commencé des études en informatique avant de laisser tomber. « Je n’avais plus d’intérêt. J’avais besoin de bouger davantage », affirme-t-il.

À la même époque, il décide de se diriger dans le même domaine que son paternel, Normand. « Je me souviens qu’un soir, à 18 ans, j’avais déclaré à mon père que je voulais prendre sa place. Il s’était reculé sur sa chaise et m’avait ensuite dit qu’il me montrerait le travail et comment reprendre l’entreprise. »

Une usine

Avec ses partenaires d’affaires, Patrick Pinard a démarré une usine de prêt-à-manger et de charcuteries dans le parc industriel de Magog. L’usine alimente en produits les quatre commerces de la Boucherie Clément Jacques ainsi que des clients externes.

« L’ajout de cette usine nous place en bonne position dans le marché. C’est un outil de guerre d’une certaine façon. Elle nous amène de la stabilité parce que le commerce de détail et les boucheries, notamment, sont soumis à des vagues en raison de la compétition venant de joueurs comme Wal-Mart et Costco. »

S’il entrevoit l’avenir avec optimiste, le directeur des opérations de la Boucherie Clément Jacques reconnaît avoir traversé des moments creux en affaires. « Les années 2014 et 2015 ont été très difficiles. On est passé à trois semaines de la faillite. C’est parce qu’on a eu de la chance, qu’on a beaucoup travaillé et qu’un banquier nous a suivis qu’on est passés à travers », énumère-t-il.

Quoi qu’il en soit des défis passés, la Boucherie Clément Jacques a toujours misé d’abord sur ses partenaires locaux pour s’approvisionner. « Je crois à la production locale », lance Patrick Pinard, tout en affirmant que cette approche plaît à la clientèle.

L’apport du bénévolat

S’il a appris des tas de choses dans le cadre de son travail au fil du temps, Patrick Pinard révèle avoir également effectué des apprentissages qui lui ont été fort utiles en œuvrant bénévolement au sein d’organismes divers.

« En faisant du bénévolat, j’ai appris à gérer en collaboration avec d’autres personnes. C’est important pour une personne comme moi de déléguer, de faire confiance et de réussir à se faire comprendre. Dans le bénévolat et dans le domaine des affaires, ce sont des éléments incontournables », affirme-t-il.

Il a agi à titre de président du club de gymnastique SherGym, siégé à la présidence d’ODACE et occupe un poste d’administrateur au conseil d’administration de la Chambre de commerce de Sherbrooke et à l’Association des détaillants en alimentation du Québec.

« Pour moi, c’est important de faire du bénévolat. Je veux apporter mon aide à mes voisins et ça m’aide à faire des contacts avec des clients potentiels. En plus, c’est bon pour l’esprit et le moral de toucher à des dossiers en dehors de son travail habituel. »

REPÈRES

Né à Ascot Corner;
Âgé de 42 ans;
Père de quatre enfants;
Copropriétaire de la Boucherie Clément Jacques;
Bénévole de longue date.