Mathilde St-Jean-Perron: jeune, ambitieuse et sans limites

Allumée, impliquée et enjouée, voilà ce qui décrit bien la jeune Mathilde St-Jean-Perron. Âgée de tout juste 14 ans, elle s'est hissée jusqu'à la finale pancanadienne de l'Expo-sciences en mai dernier avec son projet Cric Crac Croc, on se déhanche! Elle y vulgarisait la maladie de Legg-Calvé-Perthes dont elle est elle-même atteinte.
« La Legg-Calvé-Perthes c'est une nécrose fémorale, comme une mort par manque d'oxygène des tissus. Ils se dégradent, se déforment, ne s'articulent pas correctement. Ça détruit les os de la hanche », explique la jeune élève du Triolet avec une aisance désarmante.
Pour poursuivre sa description, elle spécifie que ce sont les enfants de 2 à 12 ans qui en souffrent et que les filles en sont cinq fois moins atteintes. On parle d'un garçon sur 750 et une fille sur 3700 parmi lesquels seulement 15 % sont touchés aux deux hanches, comme elle.
Au primaire, elle ne pouvait pas courir, sauter ou faire de l'éducation physique. « Jusqu'en 3e année, je ne pouvais même pas monter ou descendre les marches. J'avais moins de muscles et j'allais souvent en physiothérapie », se souvient-elle.
Malgré tout, elle affirme que ce n'est jamais une situation qui l'a arrêtée, même que ç'a été une motivation pour aller plus loin. Elle pratiquait même la natation et a participé aux Jeux du Québec en ski de fond, les seuls sports qui lui étaient alors permis.
Aujourd'hui, comme sa croissance est pratiquement terminée et que la tête de ses hanches est remodelée, la Legg-Calvé-Perthes n'a pratiquement plus d'impact dans sa vie. « Je suis en Santé globale, je peux faire du sport. Je fais ce que je veux tant que je n'ai pas de douleur, je me connais bien. Les seules choses que je ne peux pas faire sont de l'escalade et des arts martiaux », mentionne la jeune fille pétillante.
Faire connaître la maladie 
C'est sans hésitation qu'elle a décidé de parler de sa condition lors de l'Expo-sciences. Elle a d'ailleurs remporté la médaille d'or lors de la finale régionale en Estrie. La médaille d'argent a suivi à la finale provinciale, puis celle de bronze à la finale pancanadienne, qui a eu lieu à Régina en Saskatchewan en mai dernier.
« Au début, je ne savais même pas si je pouvais finir mon projet à temps pour l'exposition régionale! », lâche celle qui ne se doutait pas qu'elle irait si loin.
« Mais je pense que ce qui a eu beaucoup influence, c'est que je vis avec la maladie. Je pouvais la décrire avec des trucs qui m'appartenaient. Et puis, je n'étais pas vraiment nerveuse, car je suis très sociable. Je savais que ça se pouvait que des gens me jugent, mais je ne les reverrai sûrement pas après! »
Puis l'expérience a été des plus enrichissantes pour Mathilde qui a une soif de savoir insatiable. « J'ai rencontré des chercheurs, je me suis fait des contacts et des amis partout », se réjouit-elle.
Elle participera d'ailleurs de nouveau cette année, mais cette fois en équipe. « On veut s'intéresser à un oeil bionique, essayer de reproduire ce qu'on voit avec une caméra. Ça allie mon côté biologie et le côté technologie de mon amie. »
Mais ce n'est pas parce qu'elle ne reparle pas de la Legg-Calvé-Perthes que la cause n'a plus d'importance à ses yeux, loin de là. « Si je vois une fondation, c'est sûr que je vais m'impliquer parce que j'aime le bénévolat », estime l'adolescente.
Amoureuse des sciences, des sports, du plein air et en constante recherche de nouvelles connaissances, Mathilde St-Jean-Perron semble destiner à un avenir brillant. « J'aimerais aller dans la médecine, mais je ne sais pas encore quel type. Probablement en pédiatrie ou comme médecin de famille », confie celle pour qui les ambitions n'ont pas de limites.
Repères
Âgée de 14 ans
Vit à Sherbrooke
En secondaire 3 à l'école du Triolet