Kamila Jelinek

L'insatiable curiosité de l'être

Kamila Jelinek l'avoue : les mathématiques ne sont pas nécessairement sa matière préférée. Cela ne l'a pas empêchée de se tailler une place à la finale du Championnat international des jeux mathématiques et logiques à Paris à la fin de l'été.
Élève de deuxième secondaire à l'école internationale du Phare, Kamila n'en est pas à sa première distinction. Son nom s'est retrouvé sous les projecteurs avec celui de sa coéquipière, Emmanuelle Beaulieu, dans le cadre de leur participation à l'Expo Sciences.
Elles font partie des Estriennes qui avaient brillé à la finale québécoise de la Super Expo-sciences Hydro-Québec, le printemps dernier, avec leur projet « La couleur... une illusion », un projet de vulgarisation scientifique. Cette participation leur a donné la piqûre.
« On le refait ensemble (cette année). On est en recherche de sujets », précise-t-elle.
Kamila parle le français et le tchèque : son père est originaire de la République tchèque et sa famille se trouve encore dans ce pays. Kamila a d'ailleurs eu la chance d'y séjourner pendant deux ans avec toute sa famille.
« Je parle les deux langues. En quatrième et cinquième années, on a habité là-bas, à Brno. J'ai adoré mon expérience, j'ai adoré être là-bas », raconte-t-elle en soulignant à quel point le système éducatif est différent d'ici, notamment parce qu'il est beaucoup plus strict.
Les horaires étaient aussi différents, puisque la majorité des journées scolaires se terminaient en début d'après-midi.
Qu'est-ce qui l'a amenée à choisir l'école internationale du Phare? « J'adore les projets. J'aime beaucoup les langues, l'espagnol m'attirait. Quand on a visité l'école, l'ambiance de l'école m'a vraiment attirée », raconte celle qui apprend maintenant l'espagnol.
La jeune fille a visiblement une attirance pour l'international et les voyages : il faut l'entendre raconter sa réaction en apprenant qu'elle se rendrait à la finale du championnat international... à Paris. « Je trouvais que c'était une super expérience. Ça m'a permis de voir Paris pour la première fois (...) J'aime ça voyager. J'aime ça beaucoup. Paris, c'est quand même Paris! » dit-elle en souriant avec de grands yeux. Kamila est partie près de 10 jours avec son père afin de prendre part au championnat, où elle a terminé 18e sur 41.
Satisfaite de sa performance dans cette compétition qui s'est montrée très relevée, elle gardera aussi en souvenir l'ambiance qui régnait là-bas, la solidarité et l'esprit de camaraderie qui se sont tissés entre les participants qui proviennent du même pays. L'adolescente a franchi toutes les étapes du concours jusqu'à la finale internationale. Elle s'était lancée dans ce projet à la suite d'une invitation lancée par l'enseignant Jean-Étienne Poulin.
Dans la capitale de l'Hexagone, elle s'est retrouvée aussi aux côtés d'élèves de sixième année et de première secondaire d'une douzaine de pays. Les participants de sa catégorie devaient résoudre 11 problèmes en deux heures chaque jour de la compétition.
Kamila Jelinek n'a que 13 ans, et déjà on sent une très grande curiosité intellectuelle. En plus de s'adonner à la natation, elle joue du violon. À sa demande. « C'est elle qui voulait! Elle nous a fait une campagne pendant plusieurs mois », raconte sa mère, Stéphanie Ayotte, qui assiste à l'entrevue. Déjà toute petite, sa fille démontrait une grande curiosité et un enthousiasme débordant.
Kamila s'exerce au violon environ une heure par jour, cinq jours par semaine, en plus de faire partie de l'orchestre les Cordes de l'Estrie.
Cette soif de toucher à tout se fait aussi sentir du côté de ses futurs choix de carrière. Oui, elle a encore beaucoup de temps devant elle, mais aussi tout un éventail de possibilités. Lorsqu'on aborde la question, elle avance la profession d'enseignante au primaire... tout en énumérant les domaines scientifiques et politiques. Elle va jusqu'à avancer l'ONU et l'UNESCO. Pourquoi la politique? « C'est pas mal pour pouvoir changer le monde », glisse-t-elle. Et elle arrive aussi à mentionner, lorsqu'on lui demande si elle a quelque chose à ajouter pour clore l'entrevue, à quel point elle aime sa petite soeur.
Repères :
- Aînée d'une famille de deux enfants;
- Parle le français et le tchèque;
- Violoniste, membre des Cordes de l'Estrie.