L'éducation pour relancer un milieu

Encore relativement jeune, l’organisme Phelps aide s’efforce de favoriser la réussite scolaire chez les jeunes de la région de Stanstead. Les succès qu’il obtient depuis sa fondation ont fait écarquiller les yeux de bien des gens, à commencer sans doute par ses deux fondatrices, Cathérine Van der Linden et Jeanie Markwick.

Connaissant toutes deux bien le monde des affaires, Mmes Van der Linden et Marwick ont décidé de fonder Phelps aide sur un coup de tête. « On était à l’aréna Pat-Burns et on venait d’apprendre que le taux de décrochage pour les jeunes du coin de Stanstead était énorme. On ne pouvait pas accepter ça et on a décidé sur-le-champ de créer un organisme pour changer cette réalité », raconte la première de deux femmes.

Pour mettre sur pied l’organisation souhaitée, les deux fondatrices ont notamment discuté avec des élus municipaux et divers intervenants du milieu afin d’avoir les coudées franches et de bien saisir les enjeux. Elles ont également étudié le modèle de Pathways to education, une organisation de Toronto qui œuvre aussi auprès de la jeunesse.

« On s’est dit dès le début qu’il fallait s’adapter à la réalité du milieu, qui par essence est rural. On est loin des écoles secondaires et postsecondaires ici et il fallait en tenir compte », souligne Cathérine Van der Linden.

Dès après sa fondation il y a sept ans, Phelps aide a commencé à collaborer avec l’école secondaire Alexander Galt, à Sherbrooke. Les dirigeants de l’organisme se sont toutefois rapidement aperçu qu’il leur faudrait également cibler la clientèle plus jeune s’ils voulaient obtenir des résultats optimaux.

Aujourd’hui, des jeunes âgés de 8 à 30 ans participent aux activités des différents programmes créés par Phelps aide. L’organisme offre aux enfants de l’aide pour faire leurs devoirs, organise des jeux pour développer le goût d’apprendre chez les élèves du primaire, accompagne certains jeunes dans leurs démarches pour dénicher du travail et plus encore.

Près de 200 jeunes profitent du soutien de l’organisme, qui compte quelques employés permanents et un peu plus de 50 bénévoles. Le taux de décrochage des élèves du secondaire paraît avoir chuté de façon importante à Stanstead grâce aux efforts déployés. « Aucun de nos participants du secondaire n’a décroché l’an dernier », note d’ailleurs Mme Van der Linden.

La qualité de vie

Un des objectifs poursuivis par les deux fondatrices de Phelps aide consiste à améliorer la qualité de vie des habitants de la région de Stanstead. « On veut une économie plus forte. Il y a tellement de potentiel ici », fait valoir Jeanie Markwick.

À ce sujet, Cathérine Van der Linden remarque que plusieurs employeurs du milieu ont présentement du mal à trouver les travailleurs dont ils ont besoin. « Les entreprises qui recherchent de la main-d’œuvre nous appellent constamment. Les jeunes du coin ne comprennent pas à quel point il y a des opportunités pour eux ici. On essaie de changer les perceptions », affirme-t-elle.

Sa collègue renchérit en déclarant que les jeunes qui croient que Stanstead n’a rien à leur offrir ont réellement tout faux. « Ce n’est qu’une excuse », estime-t-elle.

Milieu d’adoption

Ni Jeanie Markwick ni Cathérine Van der Linden ne sont nées au Québec. La première a vu le jour à Détroit, aux États-Unis, tandis que la seconde a grandi en Belgique. Elles se sont toutes les deux installées en sol québécois pendant les années 1990.

Les deux femmes habitent également toutes deux dans la région de Montréal. Mais elles possèdent chacune une demeure dans le secteur de Stanstead et ont l’intention de venir s’établir sur place de manière permanente à moyen ou long terme.

« Je dois dire que mon cœur est ici aujourd’hui. J’adore vraiment le secteur. Il y a tellement une bonne vibration, je trouve. Et, en plus, j’ai créé de belles amitiés à travers mon implication dans Phelps aide », indique Mme Markwick quand on lui demande d’expliquer son attachement au milieu.

Jeanie Marwick est copropriétaire d’une entreprise qui offre des conseils financiers à des investisseurs. Quant à Mme Vander Linden, elle affirme consacrer tout son temps à la recherche de financement pour l’organisme qu’elle a cofondé. Phelps aide est supporté par de nombreux donateurs distincts et cela fait sa force selon ses fondatrices.

Repères

— Jeanie Markwick est d’origine américaine;

— Cathérine Van der Linden est d’origine belge;

— Les deux femmes sont arrivées au Canada dans les années 1990; 

— Elles connaissent toutes deux bien le domaine des affaires;

— Elles ont cofondé l’organisme Phelps aide;

— Phelps aide offre du support à 200 jeunes.