Mathieu Brodeur

Le désir d'en faire plus

Pour Mathieu Brodeur, enseigner est une passion. Il adore ça. Mais enseigner entre quatre murs, en lisant les manuels et en suivant les plans des matières scolaires, ce n’est pas sa façon de faire, du moins pas pour les 180 jours de classe par année. Une activité après l’autre, M. Brodeur aspire à transmettre à ses élèves les connaissances requises, oui, mais aussi plusieurs valeurs importantes. Par des appuis concrets aux causes qui lui tiennent à cœur, par l’humour et surtout dans le plaisir, il prépare déjà les jeunes à devenir les adultes de demain.

« À 12 ans, l’élève prend beaucoup d’informations et il n’est fermé à rien du tout. Ces élèves-là sont appelés assez tôt à être des citoyens si on veut. L’entraide, la solidarité, l’altruisme... J’ai préparé des projets au fil des ans, j’essaie de trouver des façons de rendre ça concret pour eux, où on vient vraiment en aide à quelqu’un, où on le fait pour vrai », explique l’enseignant de sixième année à l’école de la Maisonnée.

Mathieu Brodeur souhaite créer des souvenirs d’activités plaisantes qui sont reliés à une bonne action, à une valeur importante, et qui resteront dans la tête de ses élèves jusqu’à l’âge adulte. « Je veux déjà les conscientiser, semer quelque chose en eux. Mes anciens élèves sont rendus à 20 ans, ils reviennent me voir et ces élèves-là ne me parlent pas de l’école, ils me parlent de ces projets-là, comme la fois où je me suis rasé la tête pour Leucan et qu’ils m’avaient aidé à amasser des dons. »

Parmi d’autres initiatives, l’enseignant organise aussi une collecte de sang depuis quatre ans. Ses élèves se joignent à l’aventure en recrutant des donneurs ou en s’occupant des aspects techniques. Ils gardent en tête qu’à 18 ans, ce sera un geste qu’ils pourront poser à leur tour.

Inspirer

Un des murs de la classe de Mathieu Brodeur est par ailleurs couvert de photos, chacune représentant un personnage ayant marqué l’histoire. C’est une de ses activités originales, apprendre aux élèves l’existence et les réalisations de ces héros.

« La culture, les connaissances générales, c’est important pour moi. J’essaie de transmettre ça aussi aux élèves. Ils se souviennent des personnes sur les cartes, ils se souviennent surtout de pourquoi on faisait ça. »

Pour l’enseignant, il est important que les élèves de sixième année quittent le primaire en étant allumés par quelque chose, en ayant des objectifs et des passions qui les animent.

De là est venue la mise sur pied d’un Salon des passions à l’école. Au mois de décembre, M. Brodeur s’active à contacter des personnes qui viendront parler de leurs passions à l’école, tout simplement. Une petite présentation de 15 minutes qui peut semer plusieurs graines...

« Les élèves se promènent et vont voir les différentes personnes parler. Ça existait autrefois dans la commission scolaire et je trouvais important et intéressant de le ramener. Ça amène les jeunes à penser à leurs passions personnelles, à trouver quelque chose qui les motivera à travailler ou à avancer. Les gens font ça gratuitement, ça ne pourrait pas être possible sans leur générosité. Ça l’air hot tout ce qu’on prépare, mais il faut que les gens embarquent », soulève-t-il.

Après le Salon, les élèves de Mathieu Brodeur sont appelés à présenter leur passion à leur tour, aux plus jeunes cette fois, ce qui rend l’expérience encore plus valorisante pour les jeunes finissants du primaire.

Les collègues de M. Brodeur qualifient sa banque d’idées d’inépuisable et plusieurs activités sont devenues des traditions à l’école de la Maisonnée.

« Des enseignants qui font ce que je fais, j’ose espérer — en fait, je sais — qu’il y en a d’autres qui font ce que je fais, qui ont le même genre d’initiatives et qui ont le même genre de passion. Si on prenait toutes les bonnes idées de tout le monde, on manquerait de temps pour tout faire. »