Jules Lincourt

Le bénévole à vélo

Si les personnes atteintes de cancer et leurs proches bénéficient d’un meilleur accompagnement face à cette maladie depuis 15 ans, elles le doivent, en partie du moins, au « bénévole à vélo » qu’est Jules Lincourt.

Depuis 2003, cet inspecteur de la SCHL, aujourd’hui à la retraite, a en effet parcouru pas moins de 35 400 kilomètres à vélo, amassant près de 27 000 $ qu’il a remis à trois organismes de la région, soit la Rose des vents, la Maison Aube-Lumière et la Fondation Claude-Durocher.

Ce dévouement à l’égard de la lutte contre le cancer a commencé peu après sa retraite, à l’âge de 57 ans. Après une carrière de 30 ans à la Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL) et toujours en pleine forme, il voulait, dit-il, réaliser « quelque chose qui allait me démarquer ».

En 2001, il rencontre un dénommé Lionel Lafrance. Ce dernier lui dit qu’il vient d’effectuer un périple à vélo de Vancouver à Longueuil. Cette rencontre aura été déterminante, raconte Jules Lincourt, 17 ans plus tard.

« Comme il n’avait rien d’un athlète, je me suis mis en tête de faire comme lui et de traverser le Canada, de Victoria à Sherbrooke », ajoute-t-il.

Au moment de faire cette rencontre déterminante, Jules Lincourt s’était remis à faire du vélo depuis quelques années, mais sans objectif précis. « Lorsque j’ai recommencé à pédaler, cela faisait 40 ans que je n’avais pas touché à un vélo », ajoute-t-il.

Un an plus tard, en juin 2002, il s’envole pour Victoria d’où commencera son périple dans le seul but de relier la capitale de la Colombie-Britannique à Sherbrooke avec suffisamment de bagages pour rouler en toute autonomie. « À ce moment-là, ma seule motivation, c’est de rentrer à Sherbrooke, c’est tout. Je pédale en moyenne 150 km par jour. L’idée de pédaler pour le cancer n’est pas encore dans le portrait », précise-t-il.

Durant cette traversée, alors qu’il est en Ontario, il fait la rencontre de deux cyclistes bretons qui faisaient route vers Halifax, en Nouvelle-Écosse. « Après cette rencontre, je me suis mis en tête de me rendre à Halifax, moi aussi. Comme ça je pourrais dire que j’ai traversé le Canada d’un océan à l’autre… »

Or, comme dans tout ce qu’il entreprend, Jules Lincourt se cherchait alors une source de motivation. Il la découvre en parlant avec la directrice de l’époque de la Maison Aube-Lumière, Marie-Paule Kirouac. Dès lors, la lutte au cancer deviendra sa principale source de motivation. En 2003, il réussit non seulement à traverser le Canada d’un océan à l’autre, comme il l’avait souhaité, mais il poursuit même son périple jusqu’à St.John’s, Terre-Neuve, ajoutant 4400 kilomètres à l’odomètre de sa monture.

Cette année-là, des milliers de Canadiens ont pu voir passer dans leur ville ou leur village un cycliste traînant derrière lui une remorque à laquelle sont attachés des contenants destinés à recueillir des dons pour le cancer. Les gens, dit-il, sont généreux. « Partout où je passais, je n’ai jamais tendu la main pour solliciter des dons. Les gens venaient d’eux-mêmes vers moi et donnaient pour la cause. Tout le monde connaît quelqu’un qui est aux prises ou qui est mort du cancer. »

Depuis cette traversée de 2003, Jules Lincourt continue d’enfourcher son vélo chaque année, cette fois pour des périples plus modestes, variant de 1500 à 3200 kilomètres. Et dans chacun de ces voyages, il continue de remettre fidèlement les dons qu’il recueille sur sa route aux trois mêmes organismes qu’il a choisi d’aider au départ.

Grâce à lui et aux 26 800 $ qu’il a amassés depuis sa première traversée du Canada, la Maison Aube-Lumière a pu continuer à offrir des soins de fin de vie aux personnes atteintes de cancer. La Rose des vents et ses quelque 150 bénévoles offrent de l’aide très diverse aux malades et à leurs proches. Enfin, la Fondation Claude-Durocher vient en aide financièrement à ceux et celles pour qui la maladie occasionne aussi des problèmes financiers.

Jules Lincourt avoue qu’après tous ces voyages, qui l’ont amené aux quatre coins du pays, le choix de la prochaine destination est devenu difficile à déterminer.

« Pour le moment, le voyage de 2018 est encore vague, dit-il. On verra bien… »

Chose certaine, le « bénévole à vélo » a encore des fourmis dans les jambes. Au grand bénéfice de la lutte contre le cancer.

REPÈRES

Né à Sainte-Rosalie en 1945;
A été inspecteur à la Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL);
A parcouru plus de 35 000 km à vélo;
A amassé près de 27 000 $ pour la Maison Aube-Lumière, la Rose des vents et la Fondation Claude-Durocher.