Anik Beaudoin

L’art des affaires

Avant d’être restauratrice et femme d’affaires, Anik Beaudoin évoluait dans le milieu des arts.

À peine ses études secondaires terminées, l’ancienne élève curieuse et animée du Mont-Notre-Dame se dirige à Montréal pour poursuivre des études en violon à l’École de musique Vincent-D’Indy. Après ses études collégiales, elle enchaîne deux baccalauréats, le premier en musique et le second en théâtre.

« Mon expérience en théâtre me sert de différentes manières en affaires. Par exemple, c’est d’abord avec des troupes de théâtre que j’ai appris à faire des budgets. Aussi, le fait d’avoir travaillé avec des metteurs en scène a développé ma capacité d’écoute. En affaires, j’écoute ma clientèle. Aussi, je déteste la routine et je me sers de ma créativité au quotidien, que ce soit en m’impliquant dans la création d’événements ou simplement en créant de nouveaux cartons de Noël », explique la Sherbrookoise qui s’est exilée une vingtaine d’années dans la métropole avant de revenir ouvrir le restaurant Auguste, sur la rue Wellington Nord, en 2008 avec son conjoint de l’époque, Danny St Pierre.

Le projet d’ouvrir un restaurant était né au restaurant Derrière les Fagots de Laval, où Danny travaillait comme chef et Anik Beaudoin était serveuse pour arrondir ses fins de mois, elle qui jouait aussi dans des troupes de théâtre et enseignait le violon.

« Quand je suis arrivée aux Fagots, l’équipe était vraiment divisée en deux. Ceux qui travaillaient en salle et ceux qui étaient dans les cuisines. Ma passion a été d’unifier les deux parties et de créer des liens entre eux. C’est à ce moment que Danny et moi avons eu le goût de travailler ensemble et d’ouvrir un resto à nous. »

Le duo a choisi Sherbrooke pour réaliser ce rêve parce qu’Anik venait du coin, que le couple voulait fonder une famille, que les locaux étaient moins dispendieux et parce qu’il n’y avait rien dans la région qui ressemblait au Auguste à cette époque.
En 2012, le même duo ouvrait un deuxième restaurant, Chez Augustine, à peu près en même temps que le couple se séparait. Un an et demi plus tard, ce deuxième restaurant fermait ses portes, un échec dont Anik Beaudoin a tiré des leçons. Elle a même monté une conférence sur le sujet.

« Le piège dans lequel je suis tombée est celui de l’excès de confiance en nos capacités et le manque de planification. J’ai fait confiance à la vibe ambiante sans faire une vraie étude de marché. Et, en plus, je n’ai pas écouté ma petite voix. J’en parle souvent, en affaires, l’intuition, c’est incroyable. Quand on l’écoute c’est fort. Mais dans ce cas, l’égo a fait en sorte que je n’ai pas écouté cette voix. J’avais besoin d’un projet pour m’identifier à cette période. Ç’a été une erreur. »

Revenir à son équipe et miser sur ses ressources humaines ont permis aux vents de changer. « Ma plus grande fierté est d’avoir été en mesure de revirer complètement le paquebot qu’était Auguste, une entreprise qui au départ était structurée de façon très pyramidale. Il y avait Danny puis les gens en dessous. Maintenant, tout le monde est au même niveau. Tout le monde a le pouvoir, c’est très collégial. On est une famille », explique la « mère » qui compte 32 employés.

Très impliquée dans le milieu des affaires et le milieu communautaire, Anik Beaudoin siège aux comités d’Entreprendre Sherbrooke, Femmessor, Association des marchands et elle a participé à la création des Paniers de la rentrée de la Fondation Rock-Guertin en 2012 en plus de participer au souper-bénéfice annuel qui récolte environ 100 000 $ pour cette même fondation.

« Je crois que le milieu des affaires sherbrookois est un milieu de vie qui mérite de prospérer. Et pour ce qui est de la Fondation, je me suis impliquée après avoir pris conscience des statistiques qui démontrent comment les familles éprouvent des difficultés lors de la rentrée scolaire. C’était pire que dans le temps des Fêtes. »

La femme d’affaires n’a pas tant de conseils à donner aux entrepreneurs sinon de faire attention aux conseils de tout un chacun. « Il faut surtout prendre le temps. Prendre le temps de revenir à qui on est et savoir ce qui nous rend heureux. »

Repères

Anik Beaudoin est née à Sherbrooke le 17 novembre 1969;

Conjointe de David St-Amour, elle est la mère de Margot, 10 ans;

A étudié en violon à l’École de musique Vincent-D’Indy de Montréal (DEC);

Bachelière en musique de l’Université de Montréal et en théâtre de l’UQAM;

Cofondatrice du restaurant Auguste en 2008;

Impliquée dans les comités d’Entreprendre Sherbrooke, Femmessor, Association des marchands;

A contribué à la création des Paniers de la rentrée de la Fondation Rock-Guertin.