Lisette Proulx

La vie telle une grande fête de famille

Lisette Proulx a su mettre les nombreuses richesses de Compton en valeur depuis son arrivée dans la région, que ce soit par son implication inquantifiable à L’écho de Compton, l’idéation et la mise sur pied des renommées Comptonales ou son œil de photographe sur les magnifiques paysages de sa terre d’accueil.

Le parcours de vie de Lisette Proulx, qui l’a amenée à s’exiler de son patelin de Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud vers Compton après avoir voyagé autour du monde, est véritablement unique. Elle explique son attachement au domaine agricole par ses origines, elle qui est issue d’une lignée d’agriculteurs qui remonte sur dix générations.

« De la terre dans mes bottes, j’en ai beaucoup », explique d’emblée Mme Proulx en référence à son enfance sur la terre familiale. « Quand on me demande pourquoi je suis si fascinée par l’agroalimentaire et la vie à la campagne, je réponds que c’est ce qui a construit mon côté grégaire et mon amour du vivant. C’est de ça que je suis faite. »

Un concours de circonstances l’a amenée à quitter sa terre en bordure du fleuve au profit des vallons de la région de Compton. Attirée par un contrat de travail au King’s Hall, un centre de méditation florissant à l’époque, elle a eu un coup de foudre pour la région. 

« Je me souviendrai toujours le premier jour où je suis venue ici. Quand j’ai descendu la côte du chemin de Hatley, je suis tombée instantanément en amour avec ces paysages qui font tellement de bien! Je ne suis jamais repartie. » 

Chez mononcle à la campagne

Lisette Proulx s’est rapidement retrouvée à la barre du journal L’écho de Compton, le travail idéal pour s’intégrer à son nouveau milieu de vie. « J’ai eu la chance et le bonheur d’éditer, de rédiger et de développer ce journal pendant plus de 20 ans, ce qui m’a permis de creuser de profondes racines dans mon milieu. Rien de mieux que ça pour connaître son monde! » s’exclame-t-elle.

C’est à la fois cette connaissance intime de son nouveau milieu et ses origines familiales qui ont fait germer en elle l’idée de fonder les Comptonales en 2005, une fête gourmande qui regroupe aujourd’hui une soixantaine de producteurs et de transformateurs de la région.

« Ils étaient 16 enfants chez ma mère et 14 chez mon père, ce qui fait que j’ai plus d’une centaine de cousins germains. C’était chez nous que se passaient les réunions de famille le dimanche. Une ambiance chaleureuse et nourricière que j’ai voulu recréer quand est venue le temps de lancer les Comptonales », soutient-elle. 

« Je souhaitais que les gens de la ville viennent passer du bon temps à la campagne, comme mes mononcles et leur famille faisaient chez nous le dimanche. Contempler de vastes paysages, se rencontrer, s’amuser dans la tasserie et déguster toutes sortes de bons produits de la ferme. »

Même si l’idée d’organiser les Comptonales a germé dans son esprit créateur, Lisette Proulx maintient que tous les ingrédients étaient déjà en place pour qu’un tel évènement puisse voir le jour. 

« Les Comptonales, c’était dans l’air, tous les ingrédients étaient présents, il suffisait d’être assez éveillée pour le ressentir et le mettre en valeur. Je voyais bien que les producteurs de Compton ne travaillaient pas de façon compétitive, mais ensemble, en coopération, en collaboration, tout ça résultant en une riche variété de produits de haute qualité et une collectivité tissée très serrée. Il fallait faire quelque chose pour mettre ça en valeur. J’ai osé le pari d’envoyer un courriel aux producteurs pour organiser une première rencontre et la réponse a été formidable! Compton méritait cela », relate-t-elle. 

Reste qu’il fallut travailler fort pour mettre le tout en place, affirme celle qui œuvre encore au conseil d’administration de l’évènement. « Un projet comme ça ne se fait pas tout seul. J’ai eu la chance d’être immédiatement épaulée par les forces vives du milieu pour monter ce projet, comme par notre grande dame de la culture, Michèle Lavoie, et plusieurs autres à qui les Comptonales doivent beaucoup. » 

Nouveau chapitre

Le temps est maintenant venu pour Lisette Proulx de passer au prochain chapitre de sa vie. Après avoir consacré de nombreuses années à s’impliquer de différentes façons au développement de son milieu, Mme Proulx s’apprête à léguer L’écho de Compton à ses citoyens.

« J’ai décidé de fonder l’OBNL L’écho de Compton afin d’assurer son avenir en tant que journal communautaire », annonce-t-elle. « Une belle relève est déjà en place ce qui me permet de lâcher prise étape par étape avant de publier ma dernière édition en décembre 2018. »

Celle qui à l’âge de 17 ans rêvait d’être photographe pourra ainsi, au seuil de sa retraite, se consacrer totalement à sa passion pour l’image. « Dès janvier, je prends l’avion pour un voyage de plusieurs mois en Inde afin de faire une coupure complète et de poursuivre mes projets artistiques en photographie », conclut-elle, anticipant cette autre stimulante aventure de vie. Et pas la dernière…