Guylaine Larouche a poussé sa passion pour le sport à des niveaux inégalés.
Guylaine Larouche a poussé sa passion pour le sport à des niveaux inégalés.

La passion et la détermination de Guylaine Larouche

Sébastien Lajoie
Sébastien Lajoie
La Tribune
Être double médaillée d’or aux Jeux mondiaux d’hiver des maîtres et marathonienne longue distance en patinage de vitesse longue piste sur le mythique parcours de Weissensee. En moins de deux semaines, en janvier dernier, Guylaine Larouche a poussé sa passion pour le sport à des niveaux inégalés. Histoire d’une passionnée déterminée.

C’est en Autriche, lors des Mondiaux des maîtres, que la résidente d’Orford a conquis ses deux médailles or, en patinage de vitesse longue piste.

Elle est montée sur la plus haute marche du podium sur les distances de 3000 m et de 5000 m, en plus de récolter la quatrième position au 1000 m et au 1500 m, lors de ces Mondiaux d’hiver des maîtres, à Innsbruck.

L’enseignante d’éducation physique à la retraite a carburé aux défis toute sa vie. Au travail ou dans les sports, elle n’a jamais eu peur de repousser ses limites et de se fixer des objectifs ambitieux. Quitte à briser certains tabous.

C’est d’abord sur un vélo que Mme Larouche a pris la mesure de toute sa passion pour le sport.

« J’ai toujours été hyperactive, et j’ai toujours aimé faire du vélo. Mais, à l’époque, mon père ne voulait pas que ses filles aient un vélo... Certaines mentalités de l’époque étaient un peu bizarres! Alors j’ai attendu d’être en secondaire V pour finalement m’en procurer un. Je me suis vengée, je n’ai jamais cessé de faire du vélo par la suite! » a-t-elle rigolé.

Elle quitte son village de Saint-David-de-Falardeau, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, à l’âge de 18 ans, à destination de Sherbrooke, où elle fréquentera l’Université, en éducation physique, bien sûr.

Et c’est finalement au Collège du Mont Notre-Dame qu’elle amorcera sa carrière d’enseignante, à l’âge de 22 ans. 

Elle a également enseigné dans le Grand Nord québécois pendant deux ans, une expérience qui la marquera pour toujours.

« J’ai adoré ça. Ça m’a outillé pour le reste de mes jours. J’étais au 68e parallèle, j’ai vécu l’isolement. Il fallait s’adapter à leur culture et à leur façon d’apprendre. Cette expérience va rester dans mon cœur à tout jamais, ce fut une expérience marquante. »

En vélo, Guylaine Larouche s’est distinguée à maintes reprises, remportant entre autres la Coupe Canada en 1988, et en remportant le dernier championnat québécois sur piste au défunt Vélodrome de Montréal, en 1989, tout juste avant sa destruction.

Le vélo l’a également mené aux Jeux paralympiques d’Atlanta, en 1996. Elle a alors servi de guide à Julie Cournoyer.

Le tandem sherbrookois la médaille de bronze au kilomètre, une médaille d’argent à la poursuite, et la médaille d’or sur route.

« Ce fut une expérience très, très marquante pour moi. En compagnie de ces athlètes handicapés, c’était moi la marginale. Ça a changé ma notion sur la dignité humaine, et ça m’a appris beaucoup sur l’effort. J’ai vraiment apprécié. Julie n’avait pas fait de vélo depuis qu’elle était jeune. Pour s’entraîner, on utilisait un métronome pour la cadence. On faisait nos intervalles à l’aide d’un walkman; j’avais enregistré sur une cassette : départ, 1 minute, elle pouvait faire ses intervalles en suivant la cassette. On a été des pionnières. C’était vraiment super, ce fut une belle expérience! »

En plus du vélo et du patin, Guylaine Larouche a joué au hockey pendant une dizaine d’années, à raison de quatre fois par semaine.

Mais le patin demeure une forte passion.

« Le patin, c’est une passion. Je me sens bien quand je patine, c’est comme une danse. À Weissensee, j’ai réalisé un rêve. Participer à ce marathon sur glace, c’est un « must » pour moi. Ce fut mon coup de cœur. Ça a demandé beaucoup de préparation, mais le site était enchanteur, c’était comme dans un rêve, c’était comme une valse », a-t-elle indiqué à propos de cet événement qui se déroule sur 200 km, sur le lac de la petite municipalité située aux bords de ce lac autrichien, près des Alpes de Gailtal.

L’athlète de 62 ans a complété ses 16 boucles de 12,5 km en 8 heures, 19 minutes et 31 secondes.

Un temps qui lui a permis de compléter l’épreuve au 16e rang chez les femmes (sur 195 inscriptions) et 154e au cumulatif, sur les 971 inscriptions.

La détermination, et la passion, voilà deux valeurs qui ont animé Guylaine Larouche dans ses parcours professionnel et sportif.

« L’important, c’est de trouver des défis qui nous conviennent. J’aime côtoyer des gens qui tentent de se dépasser, qui persévèrent dans l’atteinte de leurs objectifs. Des fois, tu ne les atteins pas. Mais, être capable de garder le cap, d’avoir les yeux ouverts et de persévérer, ça a beaucoup de valeur à mes yeux. Je n’aurais pas pensé faire un marathon de patin en Autriche, il y a 20 ans! Être honnête avec toi-même, aimer ce que tu fais et foncer. Pas juste dans le sport, dans la vie aussi! »

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Née à Chicoutimi;

Professeure d’éducation physique au Collège du Mont Notre-Dame;

Impliquée dans la direction d’école à Montréal-Nord pendant 14 ans;

A participé aux Jeux paralympiques en 1996;

Résidente d’Orford depuis 20 ans;

À la retraite depuis six ans.