Normand Laframboise

La passion du service

Lorsqu’on demande à Normand Laframboise de définir en quelques mots ce qui l’a motivé tout au long de sa carrière à l’Université de Sherbrooke, un seul mot lui vient spontanément à l’esprit : le service.

Homme aux mille et une ressources, Normand Laframboise a en effet compris très tôt dans sa vie que « la qualité du service » allait être sa marque de commerce, quelles que soient les responsabilités qu’on allait lui confier dans l’avenir.

« Pour moi, le service, c’est ce qui est à la base de tout, dit-il. C’est ce qui permet à une entreprise, à un chercheur, à un étudiant d’avancer, de progresser », affirme avec conviction celui qui a pris sa retraite de la faculté de médecine et des sciences de la santé en 2009, après 35 ans de... service.

L’importance qu’il a toujours accordée à cet aspect de son travail, Normand Laframboise l’a mis en application bien avant de mettre les pieds une première fois sur le campus de l’Université de Sherbrooke.

Ce fut dans un de ses premiers emplois, lorsqu’il a été embauché comme homme de fer pour la construction de la Tour du CN en 1972.   « Je me suis beaucoup impliqué dans ce travail-là, se rappelle-t-il. La moitié des tiges de fer qu’on retrouve aujourd’hui dans le ciment de la Tour du CN, c’est probablement moi qui les ai coupées… », dit-il en riant, en se remémorant cette expérience déterminante acquise dans la Ville-Reine. « J’ai beaucoup travaillé là-bas, mais ça m’a aussi permis d’apprendre l’anglais, ce qui m’a beaucoup aidé par la suite. »

De retour dans sa ville natale, il décroche un premier emploi à l’Université de Sherbrooke : celui de constable spécial au sein du service de sécurité. Or, peu de temps après son embauche, l’Université décide de soumettre son service de sécurité à la Ville de Sherbrooke... C’est à ce moment que M. Laframboise entre au service de la faculté de médecine et des sciences de la santé (FMSS), où il y fera sa marque pendant plus de trois décennies.

Dès son arrivée, on lui confie le mandat de mettre en place un procédé d’approvisionnement efficace en biologie moléculaire et en microbiologie. Dès le moment où on lui confie ce mandat, il comprend qu’il peut jouer un rôle majeur dans la qualité des services offerts aux professeurs, aux chercheurs et aux étudiants de la FMSS de l’UdeS. Ce qui l’amène à développer une connaissance et une expertise reconnues en matière d’approvisionnement, de services et d’achats d’équipement destinés aux multiples projets de recherche de la faculté.  

« J’ai tout de suite compris que mon rôle serait d’aller au-devant des besoins des chercheurs et des étudiants pour qu’ils puissent travailler dans leurs laboratoires de façon efficace, raconte-t-il. Avant que j’arrive à la faculté, ça prenait trois mois à un chercheur avant d’obtenir une enzyme de restriction. Quand je suis arrivé, je me suis arrangé pour en avoir en permanence. Les délais sont passés de trois mois… à trois secondes! »

En mettant ainsi l’accent sur la qualité du service, l’ensemble de la faculté allait y trouver son compte. « Pour moi, ç’a été clair pendant toutes mes années à la faculté de médecine : si on voulait attirer les meilleurs chercheurs, il fallait leur offrir les meilleurs services. Ç’a toujours été ma façon de travailler… »

Cette approche lui a aussi valu de collaborer à plusieurs autres projets. Parmi eux, notons le démarrage du Ribo-Club au côté du professeur Sherif Abou Elela, la mise sur pied du premier Bio-Bar au monde de même que le sous-comité de santé et sécurité en laboratoire de la faculté et du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke.  

En 2011, il a accepté de sortir momentanément de sa retraite pour mener à bien la construction d’Espace LABz, dans le Parc scientifique de Sherbrooke.

Lorsque l’heure de la retraite a finalement sonné, le bourreau de travail que fut Normand Laframboise avoue avoir eu besoin d’une bonne période de transition.  

« Pendant les deux ans qui ont suivi ma retraite, je dormais entre 13 et 15 heures par nuit. Ce qui n’était pas le cas quand je travaillais, dit-il. À l’époque, si les journées avaient eu 26 heures, je les aurais probablement travaillées… »

Âgé aujourd’hui de 65 ans, M. Laframboise dit couler des jours heureux à la campagne où il renoue paisiblement avec ses racines autochtones. « Je suis Abénaquis du côté de ma mère, qui était une Obomsawin, dit-il. Depuis que je suis à la retraite, je suis devenu chasseur communautaire. Ça me permet de chasser pour ma communauté. C’est sûrement ce qui explique que j’adore me retrouver dans la nature, parmi les arbres, les animaux, etc. Il y a une liberté dans la nature qui correspond à ma propre nature », dit-il.

Pour ce qui est de sa carrière, Normand Laframboise peut dire avec le recul qu’il en a apprécié chaque minute : « J’ai aimé tout ce que j’ai fait, parce que je sais pourquoi je l’ai fait », confie-t-il.

Repères:
- Né à Sherbrooke, il y a 65 ans
- A œuvré 35 ans à la faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke
- A travaillé à la construction de la Tour du CN
- Maître de chantier d’Espace LABz
- Membre fondateur du Ribo-Club
- Membre fondateur du Bio-Bar
- Conjoint de Sylvie Deslandes