Stéphanie Pothier

La musique d’une vie

Rien ne semblait destiner Stéphanie Pothier au chant classique lorsqu’elle était enfant. Pourtant, sa carrière de chanteuse est jalonnée de performances remarquables qui lui permettent maintenant de figurer parmi les étoiles de son art au Québec.

Stéphanie Pothier est née et a grandi à Magog. Son père était spécialisé dans le contrôle de la qualité en milieu industriel et voyageait beaucoup pour le travail. Pour sa part, sa mère gardait de jeunes enfants. La musique était relativement peu présente dans la vie de l’artiste jusqu’à l’âge de 11 ans.

La chanteuse a commencé à réellement goûter au plaisir que peut procurer la musique alors qu’elle fréquentait le Collège des Ursulines, à Stanstead. « Comme activité parascolaire, je suivais des cours de piano. Et, parallèlement, je me suis mis à composer de petites pièces de musique. J’aimais vraiment me retrouver dans les cubicules de pratique à cette époque. C’était un réel plaisir », confie-t-elle.

Les années ont passé et elle a rencontré le compositeur Jean Lesage, qui est devenu son professeur. Stéphanie Pothier ne savait pas encore qu’elle connaîtrait une grande carrière de chanteuse et se concentrait à cette époque sur l’art de la composition.

Entrée au Conservatoire de musique de Montréal, elle s’attaque dès le début à l’apprentissage du clavecin, puis développe ses habiletés aux ondes Martenot. Mais ce sera l’interprétation qui la branchera le plus.

Faisant la rencontre de Yannick Nézet-Séguin, elle fonde la Chapelle de Montréal avec ce dernier et le musicien Pierre Tourville. « On voulait faire de la musique baroque ensemble. C’est avec eux que j’ai eu ma première occasion de chanter en solo. J’avais interprété La passion selon saint Jean, de Bach. Ça a été un moment marquant dans ma vie, une sorte de révélation », explique-t-elle.

Après le Conservatoire de musique, Stéphanie Pothier étudie durant sept ans auprès d’Huguette Tourangeau. Elle fait parallèlement son entrée dans une école de musique renommée située à Stuttgart, en Allemagne.

Période intense

L’artiste, aujourd’hui âgée de 42 ans, estime que sa carrière a véritablement décollé vers 2009. Son choix de devenir mezzo-soprano, plutôt que de demeurer soprano, lui aurait ouvert de nouvelles possibilités.

« Il y a peu de mezzo-sopranos, si on compare avec le nombre de sopranos qui sont dans le métier. Le fait d’avoir effectué cette transition m’a aidée à décrocher des contrats. C’est donc plus facile de gagner ma vie de cette façon. »

Plus tôt cette année, elle a notamment eu l’occasion d’incarner le personnage de Vera Lynn dans une version adaptée pour l’opéra de la mythique œuvre The Wall, de Roger Waters. Il s’agissait pour elle d’un premier rôle à l’Opéra de Montréal.

Par ailleurs, elle a déjà agi à titre de soliste dans la Messe no 3, du compositeur Anton Bruckner, au Festival de Lanaudière. Le chef d’orchestre, lors de sa prestation, était nul autre que Yannick Nézet-Séguin, dont le talent est désormais reconnu à travers le monde.

« J’ai eu de belles opportunités, dans les dernières années, et ça a fait avancer ma carrière. Une chose qui me plaît bien, c’est que je suis capable de gagner ma vie ici au Québec, où on retrouve beaucoup de bons chanteurs. Ce serait plus compliqué s’il fallait que je quitte pour un autre pays », remarque cette maman de deux jeunes filles.

Concernant ses méthodes de travail, elle souligne s’attarder prioritairement au texte lorsqu’elle aborde une nouvelle œuvre. « Mon objectif est d’arriver à établir un équilibre entre ce que le compositeur a voulu faire, en composant son œuvre, et ce que nous on perçoit de son travail à notre époque. Je ne souhaite pas seulement faire de la voix, ce qui explique un peu ma manière d’approcher la chose », explique-t-elle.

Repères
Née à Magog;

Formée au Conservatoire de musique de Montréal;

A aussi étudié à Stuttgart, en Allemagne;

Membre de la distribution d’Another Brick in the Wall;

A été plusieurs fois soliste lors de concerts.