Amélie Préfontaine et Denise Madore

La famille que l’on choisit

Chaque samedi, les membres de la chorale les Oisillons se réunissent pour chanter. Cette réunion hebdomadaire est vite devenue nécessaire pour la plupart d’entre eux. Un moment pour décrocher, pour se confier, pour sourire. Voilà 40 ans que la chorale existe, et aujourd’hui elle est tenue entre autres par deux femmes qui ont grandi avec elle. Elles espèrent offrir aux enfants qui en ont besoin la même famille qui les a soutenues autrefois.

« Pour avoir été membre de la chorale dans des années de vie où ce n’était pas si facile à la maison, la chorale c’était une bouffée d’air dans ma semaine. J’allais chanter et je ne pensais à rien. Ils prenaient tellement bien soin de moi. Mon objectif est donc de garder la chorale en vie, c’est une belle œuvre et je ne voulais pas qu’elle tombe », exprime Denise Madore, présidente du conseil d’administration de la chorale les Oisillons, mais autrefois choriste, puis chef de chœur.

Mme Madore a d’ailleurs assisté au tout premier concert de la chorale il y a plus de 40 ans. Quand la présidence du conseil d’administration est devenue vacante, elle a pris le poste avec plaisir.

Elle souhaite pouvoir offrir aux enfants le même réconfort que la chorale lui a apporté. Une journée dans la semaine où tous prennent un moment pour se relâcher et s’amuser.

« Le but premier de la chorale, c’est d’offrir une activité de groupe à des enfants de peu de moyens. Le petit qui ne peut pas aller au hockey parce qu’il n’a pas d’argent pour les équipements... la chorale ce n’est pas cher et on forme une équipe », ajoute Mme Madore.

C’est alors une opportunité pour les jeunes de faire partie d’un groupe soudé, d’apprendre la discipline, de se faire des amis en dehors de l’école. Le groupe est formé d’une quarantaine d’enfants de 3 à 17 ans... et les plus vieux chantent avec la chorale depuis leur jeune âge. Mme Madore en a vu grandir plus d’un. Elle raconte qu’elle se transforme souvent en confidente, en personne de référence.

« Les enfants, je le dis souvent, je les appelle mes trésors. Ces enfants-là, j’ai juste à les chérir, à les aimer. L’objectif est d’avoir une activité où on est ensemble et où il faut s’entraider. Pour moi, c’était important d’offrir ce cadeau-là aux enfants, et c’est aussi un cadeau que je me fais. »

Pas de pression de performance

Mme Madore et sa grande amie Amélie Préfontaine, choriste depuis son jeune âge et chef de chœur depuis 10 ans, assurent maintenant la pérennité de l’activité. Et elles sont certaines que d’autres amoureux de la musique et de la chorale prendront le relais quand le temps sera venu. Elles insistent pour dire que tout le monde est bienvenu dans le groupe.

« On n’est pas dans une compétition ou dans quelque chose d’élite, pas du tout. Ce n’est pas une équipe de hockey qui a le goût de gagner, ce n’est pas une chorale qui veut que tout soit parfait. Nous, on est vraiment plus dans le dépassement, dans l’activité, dans le pur plaisir. Tu ne peux pas être de mauvaise humeur quand tu chantes, c’est plein de bienfaits. Tout le monde est capable de chanter, même si t’es pas parfait. On se donne, tant pour les chansons, pour les décors, les musiciens... On ne se prend pas au sérieux, mais on veut produire quelque chose de beau et donner le meilleur de nous-mêmes », indique Mme Préfontaine.

Les femmes assurent que c’est une ambiance de respect qui règne dans la salle de répétition. Les plus vieux servent de modèles aux plus jeunes. Et un mandat tout spécial est confié à chaque choriste, pour que chacun soit égal aux autres.

Pas toujours facile

La chorale a dû traverser des périodes plus difficiles, où les fonds n’étaient pas suffisants pour recevoir des musiciens ou louer les instruments. Il y a quelques années, le conseil d’administration avait même demandé à Mme Madore d’attendre avant d’encaisser son chèque lorsqu’elle était chef de chœur.

« Il y a eu des bouts durs... une chance que les Filles de la Charité étaient là. Heureusement qu’on a eu de bonnes sœurs qui ont fait un don pour nous aider à traverser les années difficiles. Maintenant, on se porte très bien », raconte-t-elle.

Pour une session de quatre mois avec un spectacle, les membres déboursent 35 $. La chorale les Oisillons offre deux sessions et donc deux spectacles par année.

Repères

La chorale les Oisillons compte 40 ans d’existence;

Denise Madore est présidente du CA de la chorale;

Amélie Préfontaire est chef de chœur depuis 10 ans;

Une quarantaine de jeunes s’inscrivent à la chorale chaque session;

Deux spectacles sont mis sur pied chaque année.