Guy Lacombe

Guy Lacombe : un pilier de la gériatrie au Québec

Guy Lacombe est tombé amoureux de la médecine clinique dès ses premiers pas à la faculté. Très tôt aussi, il a trouvé la voie qu’il allait suivre tout au long de sa carrière à la fois passionnante, stimulante et équilibrée : celle de la gériatrie, les soins aux personnes âgées. Dès le départ, il a développé une expertise dans les maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer.

Le Dr Lacombe a été le tout premier résident en gériatrie du programme de médecine interne de l’Université de Sherbrooke, en 1982. Son intérêt s’est porté sur le vieillissement du cerveau. « Très tôt dans ma vie, j’ai vu des gens vivre vieux : mes arrière-grands-tantes ont toutes vécu jusqu’à plus de 90 ans! J’ai vu que le vieillissement, ça peut être réussi », soutient le médecin interniste et gériatre.

Or, au début de sa pratique, tout était à construire en gériatrie, une surspécialitée de la médecine interne. Pour le médecin, une chose était certaine : un vieillissement réussi allait assurément passer par un travail dans des équipes interdisciplinaires.

« S’il y a une chose que je retiens de ma carrière, c’est l’importance que j’ai accordée à l’interdisciplinarité, au travail de tous les autres professionnels dans le soutien au vieillissement », dit-il.

Encore aujourd’hui, le Dr Guy Lacombe rencontre des patients tous les jours. Il s’implique surtout au sein de la clinique de mémoire du CIUSSS de l’Estrie-CHUS. Il se rend aussi à Lac-Mégantic une fois par mois pour apporter du soutien aux équipes sur place. Et il adore sa pratique.

« Je consacre ma vie à la pratique clinique, mais j’ai aussi la chance de participer à la recherche et l’enseignement pédagogiques », soutient Guy Lacombe.

Car l’enseignement fait aussi partie de ses passions. De ses grandes passions en fait.

Il a d’ailleurs fait sa marque dans le programme d’enseignement de la médecine à l’Université de Sherbrooke. « En 1989, nous avons mis en place un programme novateur en introduisant une formation pratique dès la première année du cursus, allant de la relation médecin-patient (« Communication et humanisme ») à la démarche clinique », rappelle-t-il non sans fierté.

Pour favoriser l’apprentissage de l’évaluation des problèmes gériatriques et cognitifs par le « dossier prospectif », chaque étudiant devait suivre une personne âgée à domicile pendant deux ans, ce qui a permis aux étudiants de faire des bonds de géant dans leur développement grâce à un apprentissage concret chez un « vrai patient » dès la première année de médecine. Les données collectées par les étudiants ont aussi permis d’observer sur presque 30 ans l’amélioration du vieillissement fonctionnel et cognitif des Québécois.

En résumé? « Le vieillissement a beaucoup changé. Les gens sont plus actifs, physiquement et cognitivement, et les maladies sont mieux contrôlées plus rapidement », soutient-il.

Au fil des ans, les réalisations et les recherches du médecin se sont multipliées.

Quand on travaille comme médecin clinicien, comme chercheur dans une université et dans un centre de recherche, et qu’on conjugue plusieurs tâches administratives, peut-on en plus concilier travail-famille?

« J’ai toujours eu une vie équilibrée. J’ai eu quatre enfants, et je suis dans une famille reconstituée depuis 11 ans. Nous avons donc six enfants. Moi je me suis toujours dit que j’allais faire déjeuner les enfants et que j’allais souper avec eux. Des fois les gens trouvaient ça spécial que je quitte l’hôpital tôt, mais j’y retournais s’il le fallait. C’était important pour moi d’être avec mes enfants », dit-il.

« J’ai aussi fait du sport avec mes enfants », dit celui qui a aussi le bonheur d’avoir deux petites-filles, Alice, huit ans, et Philomène qui aura bientôt un an.

« Je tiens à souligner que mes quatre enfants sont tous diplômés de l’Université de Sherbrooke : ça démontre notre fierté et notre confiance envers cette institution », dit-il en souriant.

Le médecin interniste-gériatre, professeur titulaire, qui est aussi chercheur au Centre de recherche sur le vieillissement, vient de recevoir le Prix d’excellence Irma M. Parhad du Consortium des centres canadiens pour la recherche cognitive clinique lors du quatrième Congrès québécois sur la maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées. Ce prix a récompensé le Dr Lacombe pour ses contributions exceptionnelles à la compréhension et au traitement des patients âgés souffrant de troubles cognitifs. « J’ai été très honoré de recevoir ce prix. Les fondateurs des sciences cognitives cliniques et de la gériatrie au Canada, avec qui j’ai travaillé dès le début de ma pratique, l’ont reçu avant moi. Je suis le troisième Québécois », soutient Dr Lacombe.

Et l’avenir de la médecine, comment Guy Lacombe le voit-il? Les défis ne manqueront pas, mais Dr Lacombe est certain que l’avenir de la gériatrie sera florissant, notamment parce que la nouvelle génération de médecins est très intéressée par ce travail complexe de collaboration interdisciplinaire.

« Il faut valoriser la recherche multidisciplinaire de la FMSS et du CDRV. Dans un contexte de CIUSSS, il faudra améliorer la prise en charge des troubles cognitifs et supporter les proches aidants par des interventions régionales. Et finalement, il faut augmenter la diffusion et le transfert des connaissances gériatriques et cognitives », soutient-il.

Repères

Professeur à la faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke;

Chercheur au Centre de recherche sur le vieillissement;

Médecin interniste-gériatre au CIUSSS de l’Estrie-CHUS;

A reçu le Prix d’excellence Irma M. Parhad du Consortium des centres canadiens pour la recherche cognitive clinique.