Luc Dionne
Luc Dionne

Gérer une croissance « fulgurante »

À l’arrivée de Luc Dionne à la tête de Tekna en 2014, l’entreprise sherbrookoise comptait 70 employés. Aujourd’hui, Tekna est le 3e fournisseur mondial de poudres métalliques destinées à l’impression 3D pour l’industrie de l’aéronautique, de l’automobile et des implants orthopédiques et emploi plus de 170 personnes, dont 150 au Québec.

« À mon arrivée, les revenus de l’entreprise avaient commencé à plafonner, explique l’homme de 55 ans. On s’est tourné vers les poudres métalliques qu’on pouvait produire. On a développé un procédé. On a introduit les produits sur le marché en 2015 et depuis ce temps les ventes ont doublé année après année. »

L’essor de l’entreprise s’est poursuivi avec l’ouverture de filiales Tekna en Inde, en Chine et en Corée du Sud puis par l’expansion en 2018 de sa production en France et l’établissement en 2019 d’une coentreprise avec Apéram, une filiale d’ArcelorMittal.

« À travers tout ça, on a développé près de 250 nouveaux clients qu’on n’avait pas dans nos bases de données, souligne le résident de Bromont. On avait une base de client typiquement universitaire, mais là on a des clients industriels répartis sur les cinq continents. »

Luc Dionne refuse toutefois de prendre le crédit pour cette croissance fulgurante.

« Je suis arrivé dans une équipe faite forte, admet-il. C’était des gens passionnés avec une belle culture et qui voulaient la réussite de l’entreprise. J’ai profité de cette mine d’or là et j’ai bâti sur une culture de collaboration et de respect. Je me fais un peu le porte-parole, mais le crédit revient à l’équipe. »

Luc Dionne a aussi mis de l’avant une mentalité qui a permis à l’usine de Sherbrooke de rayonner.

« Notre philosophie dès le départ était que le savoir-faire demeure au Québec, indique M. Dionne. Ce ne sont pas des technologies qui s’exportent toujours facilement et aujourd’hui c’est un success-story. »

Sous la direction de Luc Dionne, Tekna est aussi entrée dans une nouvelle phase alors que ses plus gros défis sont derrière elle.

« Nos clients, ce sont les plus gros fabricants d’avions de la planète ou des constructeurs automobiles, explique M. Dionne. Donc pour devenir un fournisseur intéressant pour ces entreprises, il fallait mettre en place une structure de qualité et des normes de production sévères. Et ça, on a réussi à le faire. Aujourd’hui, notre défi c’est plus d’être capable de bien exécuter selon les standards qu’on s’est nous-mêmes imposés. »

M. Dionne assure toutefois que de nombreux projets le tiennent occupé.

« On n’a jamais cessé d’investir en recherche et développement. On a de nouveaux produits sur nos tables à dessin dans des secteurs d’activités complètement différents notamment pour la microélectronique ou pour les piles rechargeables. »

Dans ce contexte d’une entreprise à maturité, est-ce le temps pour M. Dionne de se trouver un nouveau défi ou de prendre sa retraite? Pas tout de suite.

« Je ne vois pas de fin », lance-t-il en riant. J’ai deux filles extraordinaires et une femme extraordinaire. Je réussis à trouver l’équilibre et c’est ça le secret de la longévité. »

Repères :

Diplômé de l’École nationale d’aéronautique et du programme de baccalauréat en génie mécanique de l’École Polytechnique de Montréal.

Récipiendaire du prix Innovation Technologique 2020 de la Fondation et Alumni de l’École Polytechnique de Montréal.

Membre de la Table de stratégie économique pour la fabrication avancée dirigée par Innovation, Sciences et Développement Économique Canada en 2017 et de 2008 à 2010