Félix Potvin

Félix Potvin sur l’autoroute de l’excellence

Rien ne destinait Félix Potvin vers le coaching au hockey, le sport qui l’a fait connaître lors de sa longue carrière sous la grande tente et qui a pris fin avec le lock-out de la Ligue nationale en 2004-2005. Pourtant, aujourd’hui, sa notoriété va d’un océan à l’autre avec ses succès à la barre des Cantonniers de Magog qu’il vient de conduire deux années de suite à la grande finale canadienne midget AAA, un exploit rarissime considérant le fait que tout près de 150 équipes midget AAA ont cet objectif dans leur mire chaque automne quand une nouvelle saison de hockey prend son envol.

C’est un coup de fil de Stéphan Lebeau, alors entraîneur à Magog, avant la saison 2007-2008, qui l’a amené à se joindre à la famille des Cantonniers. « Stéphan m’a demandé de prendre charge des gardiens de but. Je n’avais pas vu ça venir. Il a essuyé un premier refus, mais je suis revenu sur ma décision. J’ai adoré l’expérience, le contact avec ces adolescents, et je me suis dit que je voulais donner plus », raconte l’homme le plus populaire en ville à Magog.

De fil en aiguille et après avoir été le bras droit de Martin Bernard, l’ancien choix de deuxième ronde des Maple Leafs de Toronto en 1991 s’est vu confier les rênes de l’équipe par l’état-major des Cantonniers à l’été 2013.

Un choix qui vaut de l’or pour les Cantos aujourd’hui, puisqu’ils rayonnent au firmament de l’excellence sous la férule de Potvin. Toujours aussi humble, Potvin ne prend pas tout le crédit qui lui revient et il ne croit surtout pas avoir révolutionné la fonction d’entraîneur. La magie opère et se transmet par sa patience, son calme, le contact en général qu’il entretient avec ses joueurs, comme s’il se revoyait au même âge qu’eux.

Comprendre les jeunes

« Vous seriez surpris de voir quel genre d’adolescent j’étais. Sans être trop turbulent, mon meilleur ami était un punk. Quand je me suis présenté au camp d’entraînement de l’équipe midget AAA de ma région et que j’avais pris connaissance des règlements, de la discipline qu’on nous imposait, j’avais mentionné à mon père que ce genre de hockey n’était pas pour moi. Il m’a répondu d’y penser sérieusement. Faut croire qu’il m’a bien conseillé », ironise Potvin.

« À l’adolescence, renchérit-il, c’est impossible d’être tous dans le même moule. Une équipe de hockey, ce sont 20 personnalités et loin de moi l’intention de les changer. J’apprends à les connaître, à leur faire confiance. Je ne suis pas là pour les envahir, ni les prendre par la main. On tient un premier meeting et on chemine ensemble pendant huit mois. Jouer midget AAA, ce sont les meilleures années d’une carrière. Je ne suis pas là pour gâter la sauce. »

« Et un entraîneur est aussi bon que ses joueurs et ses adjoints qui le secondent », insiste-t-il.

Homme de famille et de grand air

Les valeurs familiales tiennent la première place dans les priorités de Félix Potvin. À son grand bonheur, il a pu voir grandir ses trois enfants. Il n’a jamais été bien loin pour leurs études universitaires.

« En plus, je demeure impliqué dans le hockey dans la région que nous avons adoptée Sabrina (sa conjointe) et moi. C’est un cadeau de la vie. J’ajoute à ça le grand air, la pêche et la chasse qui m’apportent beaucoup, je suis un homme comblé. »

Beaucoup d’entraîneurs ont gradué dans la LHJMQ avec une feuille de route beaucoup moins éloquente que celle de Félix Potvin. Le principal intéressé ne s’en offusque pas. « J’ai reçu quelques offres, mais il n’y a plus de secret aujourd’hui. Ma qualité de vie passe en premier. Je retrouve ça avec les Cantonniers. Les enfants partis de la maison, le temps serait propice pour tenter l’aventure, mais je ne cours pas du tout après ça. Je n’ai pas de plan de carrière. Si ça se présente et que je sens que l’environnement et l’entourage me conviennent, je sauterai peut-être dans le train. »

Le milieu communautaire profite aussi de sa générosité. Il n’hésite pas à épouser des causes qui lui tiennent à cœur. En Ontario où il est toujours considéré comme un des meilleurs gardiens de l’histoire des Maple Leafs, il demeure extrêmement populaire. Au cours de la dernière semaine à la Coupe Telus à Thunder Bay, Potvin était continuellement sollicité pour signer des autographes et donner des entrevues avec les médias, ce qu’il n’a jamais refusé.

Que ce soit l’homme ou le coach, Félix Potvin fait l’unanimité autour de lui.

Repères

Né le 23 juin 1971 à Anjou;
Marié à Sabrina Tardif;
Trois enfants : Noémie, Xavier, Félicia;
Membre du Temple de la renommée LHJMQ;
Plus de 700 parties (saison et séries) dans la LNH;
Entraîneur des Cantonniers de Magog depuis 2013-2014;
Deux championnats séries éliminatoires Ligue midget AAA;
Deux médailles d’argent Championnat canadien midget.