Florian Bentzinger

Faire avancer la science une cellule à la fois

Florian Bentzinger est né et a grandi dans la partie allemande de la Suisse. Ses études doctorales et postdoctorales l’ont mené un peu partout dans le monde. Son père habite au Brésil, sa mère en Suisse, son frère, en Corée du Sud. De son côté, c’est à Sherbrooke qu’il a choisi de venir s’établir pour poursuivre sa carrière en biologie moléculaire grâce à un emploi de chercheur au Centre de recherche du CHUS et de professeur à l’Université de Sherbrooke. L’objectif de ce jeune chercheur des plus prometteurs : faire avancer la science, une cellule souche à la fois.

« Je suis venu visiter le Centre de recherche du CHUS et j’ai été impressionné par le dynamisme de l’Institut de pharmacologie de Sherbrooke. On vient d’ailleurs de recruter encore deux jeunes chercheurs! Le directeur Louis Gendron est jeune, dynamique, il rayonne à l’international. Il m’a fait une impression forte », relate Florian Bentzinger.

La recherche fondamentale est souvent beaucoup trop méconnue dans la population, souligne le chercheur. Or elle est la base de toutes les grandes découvertes scientifiques. « Nous ce qu’on veut faire, c’est de la recherche qui veut servir à tout le monde. On essaie donc d’avoir des interactions avec le public. C’est important que les gens comprennent ce qu’on fait. Les sciences sont aujourd’hui très spécialisées, et ça prend de la vulgarisation pour que les gens comprennent ce qui se fait dans chacune de ces niches-là », rapporte Florian Bentzinger.

« Par exemple quand on va à des congrès sur les cellules souches, on invite des patients qui ont été greffés par des cellules souches. Pour nous, c’est inspirant, ça nous touche, ça nous remet en contexte pourquoi on fait nos recherches », rajoute M. Bentzinger.

Sur les défauts dans les cellules souches cellulaires

Spécialiste en biologie moléculaire, Florian Bentzinger a effectué une maîtrise en science-biologie moléculaire et un doctorat en biologie moléculaire à l’Université de Basel en Suisse. Il a complété ses études à l’Institut de recherche de l’Hôpital d’Ottawa en réalisant un postdoctorat, qui lui a permis d’étudier en profondeur la biologie des cellules souches musculaires. Aujourd’hui Florian Bentzinger est reconnu pour son expertise sur les défauts des cellules souches.

Si Florian Bentzinger travaille sur plusieurs projets, il est notamment à la recherche de nouveaux traitements pour la dystrophie musculaire. En effet, dans le cadre de ses recherches, le chercheur d’origine suisse tente de déterminer la raison pour laquelle on retrouve des défauts dans les cellules souches. 

« Je souhaite identifier de nouvelles cibles thérapeutiques et développer de nouvelles approches pour traiter les dysfonctionnements des cellules souches, et ainsi créer des traitements pour la dystrophie musculaire. Une telle percée favoriserait la régénérescence des tissus musculaires, un phénomène rendu possible grâce au rôle des cellules souches », explique-t-il.

Mais ce n’est pas tout. Le chercheur fait le lien entre la dystrophie musculaire et le vieillissement.

« J’aimerais comprendre pourquoi certaines cellules souches ne se régénèrent pas lors du vieillissement d’un être humain. J’aimerais identifier la molécule au phénomène de régénération des cellules afin de la fabriquer en laboratoire et l’implanter dans le corps humain. Ainsi, une personne âgée qui subirait une chirurgie de la hanche pourrait mieux récupérer lors de sa convalescence. Ses muscles pourraient se régénérer plus efficacement », explique-t-il.

Les défis sont grands pour le chercheur, et M. Bentzinger croit pouvoir réussir à relever plusieurs de ces défis à Sherbrooke, sa terre d’accueil. Car il est ici pour rester.

« Je viens juste d’appliquer pour ma résidence permanente. C’est un processus long. J’ai déménagé beaucoup dans ma carrière, il faut recommencer tout à zéro à chaque fois... C’est assez là. J’en ai plein mon casque, comme on dit en québécois. C’était mon idéal d’être ici. La vie me plait ici, avec les parcs nationaux, le vélo, le ski de fond, le Mont-Bellevue dans ma cour arrière... » rapporte-t-il avec un grand sourire.