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Vicki-May Hamm, mairesse de Magog.
Vicki-May Hamm, mairesse de Magog.

Être fidèle à soi-même et à ses convictions

Alain Goupil
Alain Goupil
La Tribune
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Sherbrooke — Malgré tous les honneurs nationaux et internationaux qu’elle a reçus depuis qu’elle est entrée en politique, Vicki-May Hamm demeure farouchement attachée à son coin de pays, Magog, et à sa région d’adoption, l’Estrie.

C’est ce qu’elle a tenu à souligner lorsqu’elle a appris que le jury de La Tribune avait convenu de lui décerner le Mérite estrien dans la catégorie Personnalité pour son parcours hors du commun, notamment en ce qui concerne la présence des femmes en politique.

« Ça me touche beaucoup d’être reconnue chez moi par mes concitoyens, dit-elle. C’est beau et c’est gratifiant d’être reconnue à l’extérieur de ta région, mais quand ça vient de chez vous, comme c’est le cas avec le Mérite estrien, ça me va droit au cœur », insiste celle qui a marqué l’histoire de Magog en devenant, en 2009, la première femme à accéder à la mairie de cette municipalité depuis sa création en 1888.

Issue du milieu communautaire, elle a laissé sa marque dans plusieurs organismes de la région, qu’on pense au CLSC Alfred-DesRochers, au Carrefour du partage de Magog ou encore au Centre des femmes Memphrémagog, pour n’en nommer que quelques-uns. Sans compter tous les organismes et regroupements qu’elle a contribué à mettre sur pied en tant que bénévole ou coordonnatrice.

« J’ai toujours eu le goût des nouveaux défis, confie Vicki-May Hamm en parlant de ses nombreuses implications dans divers domaines. Pour moi, il est important de se fixer des objectifs et de tenter de les atteindre. On peut se tromper. Mais lorsqu’on croit en quelque chose, et qu’on pense qu’on peut faire une différence, il ne faut pas avoir peur de plonger. C’est comme ça qu’on avance. »

Son parcours politique témoigne de son approche. Défaite comme candidate au poste de conseillère municipale dans le Canton de Magog en 1999, elle se présente à nouveau en 2005, après les fusions municipales, et devient conseillère du district du Canton.

Quatre ans plus tard, elle succède à Marc Poulin à la mairie grâce à une plateforme politique qui met l’accent sur la diversification économique de Magog. En moins d’une décennie, son objectif est atteint. L’économie de Magog, longtemps associée à celle du textile et du tourisme, possède aujourd’hui une infrastructure économique qui lui permet d’accueillir des entreprises de haute technologie tout en conservant ses attraits touristiques et culturels.

La création de Magog technopole, la construction de la nouvelle caserne d’incendie et les 22,4 M$ injectés dans la revitalisation du centre-ville font partie des dossiers qui la rendent fière du travail accompli. « Je n’ai pas réalisé ça toute seule, dit-elle, ç’a été un travail d’équipe, autant de la part des élus que des employés de la Ville. Je pense qu’on peut tous être fiers de ce qu’on a fait dans ces dossiers-là. »

Des dossiers que Vicki-May Hamm devra confier à sa ou à son successeur après les élections de novembre prochain. Après 16 ans en politique municipale, elle a en effet annoncé qu’elle ne sollicitera pas un nouveau mandat en novembre prochain.

Après s’être accordée « un temps de repos », elle entend mener à terme un autre projet : celui de publier un livre portant sur le leadership au féminin et intitulé Déployons nos elles. Un projet auquel elle songe depuis une dizaine d’années, mais sur lequel elle travaille de façon plus intensive depuis 10 mois.

« L’idée derrière ce livre, c’est de regrouper toutes les notes que j’ai pu prendre depuis qu’on m’invite comme conférencière ou comme panéliste et d’en faire un recueil sur le leadership au féminin. Ce sont 30 courts chapitres, parsemés d’anecdotes et de tranches de vie qui appuient cette thématique. »

Grâce à la vente de ce livre, Vicki-May Hamm espère remettre 10 000 $ au Centre des femmes Memphrémagog.

Un projet qui s’inscrit en droite ligne avec son parcours de femme en politique et qui lui a valu d’être récipiendaire des prestigieux prix Francine Ruest-Jutras, qui lui a été remis par l’Union des municipalités du Québec (UMQ) ainsi que le prix Pam McConnell de la Fédération canadienne des municipalités (FCM).

« De recevoir le prix Francine-Ruest-Jutras a été un très grand honneur pour moi. Non seulement parce que j’ai siégé avec elle à l’UMQ, mais parce que c’est une femme que j’admire énormément », affirme Vicki-May Hamm au sujet de l’ancienne mairesse de Drummondville et ancienne présidente de l’UMQ. 

« Pour moi, Francine Ruest-Jutras et Pauline Quinlan (ex-mairesse de Bromont) ont toujours été des modèles sur qui j’ai toujours pu compter lorsque j’avais besoin d’un conseil ou d’un avis. » Un bagage d’expériences que Vicki-May Hamm espère maintenant transmettre à son tour. 

« S’il y a deux conseils que je donnerais aux femmes qui veulent se lancer en politique, c’est d’abord d’être authentique et d’être fidèle à ses convictions. Ensuite, il ne faut pas avoir peur de demander de l’aide. On ne peut pas tout faire, toute seule. Et très souvent, les gens vont vous aider avec grand plaisir », souligne Vicki-May Hamm.


Repères

Première mairesse de Magog

Née à Brantford, Ontario, le 11 mai 1970 (51 ans)

Mère de 4 enfants : Samuel, Vanessa, Xavier et Alexandra

Grand-maman de cinq petits-enfants (bientôt six)

En couple avec Richard Latulippe, son « amour d’adolescence »

Diplômée en techniques de travail social du Collège de Sherbrooke (1991)

Récipiendaires de nombreux prix, dont : 

Aequitas (2014) remis par les PÉPINES

Francine-Ruest-Jutras (2019) remis par l’UMQ

Pam McConnell (2020) remis par la FCM