André Gauthier

Entrepreneur en vraie vie

Pour André Gauthier, l’école était facile, ce qui lui a permis, assez jeune, de concilier études et travail. Pendant qu’il termine ses études collégiales en finances, il donne un bon coup de main à ses parents, qui sont propriétaires du motel La Marquise. Lorsqu’il reçoit, en 1979, son acceptation à la faculté d’administration, son père lui propose d’être son partenaire d’affaires. Il ira finalement à « l’université de la vraie vie », une décision que l’entrepreneur n’a jamais regrettée.

Au cours des quatre dernières décennies, il a vécu des aventures entrepreneuriales qui valent bien des diplômes. Les succès et l’analyse de ses échecs lui ont permis de fonder Agendrix, en 2010, une entreprise en forte croissance qui a créé un logiciel de gestion des horaires des employés. Agendrix est aujourd’hui utilisé dans quelque 5000 milieux de travail dispersés dans 28 pays.

« Agendrix répond aux besoins que j’ai observés dans mes diverses expériences. Notre produit permet de gérer facilement de nombreux employés, qui travaillent souvent à temps partiel, en tenant compte de la disponibilité de chacun. La communication avec ces employés est aussi facilitée. C’est encore plus pertinent dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre. On fait de la gestion humaine et notre produit permet une flexibilité qui est désormais nécessaire. »

Au fil des ans, M. Gauthier a porté plusieurs chapeaux. Il est copropriétaire de La Marquise entre 1979 et 1989, période au cours de laquelle le taux d’occupation passe de 40 à 80 pour cent. En 1990, il ouvre le bar Liverpool sur la Wellington Sud. La gestion quotidienne est rapidement confiée à son frère, Charles Gauthier, et son épouse, Annie Faucher, qui rachèteront ses actions au fil des ans.

« Le secret, c’est le bon service à la clientèle. On a toujours misé sur l’approche client. Autant au motel qu’au Liverpool, où il y avait des files d’attente dehors pour jouer au billard à une certaine époque. »

Dans le sous-sol du Liverpool, M. Gauthier fonde, en 1995, l’entreprise Surfbike, qui distribue des produits nautiques de location. Le premier été, 125 unités sont vendues dans la région. En 2001, le produit est vendu dans 80 pays à travers le monde quand les vents tournent. « On a dû procéder à un rappel mondial, car il y avait un problème avec le pédalier qui aurait pu mettre la sécurité des gens en péril. Et après, il y a eu le 11 septembre alors toute l’industrie du tourisme est tombée sur le neutre. »

Après la faillite de Surfbike, M. Gauthier fait de l’échange de devises étrangères, communément appelé du Forex, tout en planifiant son prochain projet entrepreneurial. Il se fait une grille avec tous les critères que son prochain projet devra respecter. Jamais plus de produit saisonnier. « Ça amène beaucoup de problèmes de liquidité. Tu fabriques un produit pendant une portion de l’année où tu ne fais pas de ventes. Quand tu commences, tu dois payer sur commande. Et tu encaisses l’argent beaucoup plus tard. » Le produit ne doit en aucun cas mettre en péril la sécurité des clients. Le produit doit être livrable facilement. « Je me souviens de la livraison d’un surfbike à l’île de la Réunion qui avait pris 65 jours. » La croissance doit être illimitée. « Au motel, on ne pouvait pas louer plus de chambres qu’on avait. Au Liverpool, même si on a agrandi au fil des ans, il faut faire avec les tables de billard qu’on a. J’avais envie d’une entreprise qui peut croitre sans limites. »

Pour réussir, M. Gauthier s’associe à des partenaires. En 2015 s’entame la phase de commercialisation d’Agendrix. Depuis, les ventes se multiplient. Le chiffre d’affaires de l’entreprise a augmenté de 84 pour cent au cours de la dernière année. Canac, Chocolats Favoris, Les Rôtisseries St-Hubert ainsi que de nombreuses maisons pour personnes âgées figurent parmi les clients de l’entreprise sherbrookoise. Plus de 70 000 employés utilisent aujourd’hui Agendrix. « On a budgété une croissance de 50 pour cent pour la prochaine année », conclut l’étudiant de la « vraie vie ».

Repères

Originaire de Sherbrooke, André Gauthier est né le 29 mai 1962
Il est père de deux filles, Eve et Claudia
Détenteur d’un diplôme d’études collégiales en finances, il est le fondateur du Liverpool, de Surfbike et d’Agendrix
Il fonde Agendrix en 2010 et l’entreprise démarre sa commercialisation en 2015
5000 milieux de travail utilisent Agendrix au quotidien
L’entreprise connait une forte croissance et sa clientèle provient de 28 pays