Luc Dugal

En amour avec le vélo... et Bellevue

D’aussi loin qu’il se souvienne, Luc Dugal a toujours adoré le vélo. Le vélo de route, le vélo de montagne, le cyclotourisme, le vélo pour aller au boulot. Une passion profondément ancrée, qui s’est mariée tout naturellement avec les reliefs accidentés de Sherbrooke. Ses côtes abruptes et douces et surtout, son mont Bellevue.

Dès son arrivée à Sherbrooke, au tournant des années 2000, Luc Dugal a poursuivi ce qu’il avait entamé dans sa Mauricie natale; organiser des courses de vélo.

De fil en aiguille, il fut l’un des cofondateurs du club de vélo Dalbix, qui compte désormais près de 600 membres et qui s’affiche comme l’un des plus importants au Québec.

Cette passion dévorante du vélo et son audace à titre d’organisateur ont valu à Luc Dugal une intronisation au Temple de la Renommée de la Fédération québécoise des sports cyclistes (FQSC) en novembre dernier.

Dugal n’hésite pas à déplacer ses 11 vélos dans les écoles de la région de Sherbrooke qu’il visite, chaque année, au grand bonheur des enfants.

« J’ai 11 vélos, j’en ai deux tout rouillés qui servent pour l’hiver, et neuf bons vélos. Dernièrement, j’ai participé à la journée des passions à l’école La Maisonnée. J’ai apporté tous mes vélos et je les ai disposés autour des élèves. Je leur ai demandé lequel était mon favori. Je finis par en pointer un. Lui, c’est mon favori. Mais non, finalement, c’est l’autre, à côté. Le plus drôle, c’est que je les aime tous; tout dépend de la journée et de ce que je veux faire, le vélo que j’enfourche est mon vélo favori », dit-il, tout souriant.

Tout ça à cause du grand Claude, le chum de sa sœur, alors qu’il n’était qu’en cinquième année. Mais aussi grâce à son cousin, qui a traversé le pays à vélo. Deux vélomanes assumés.

Ainsi, le deux roues est devenu un mode de vie.

« Au cégep, c’était à pied ou en vélo. À ma dernière année d’université à Montréal, j’étais courrier à vélo. Depuis ce temps, je fais un voyage par année en vélo, je me tape des étés de 5000 à 10 000 km. En 2012, avec deux copains, on a refait 12 des étapes du Tour de France. On a fait tous les monts. C’était vraiment l’fun, de la pure route », se souvient-il.

Débarqué à Sherbrooke au tournant des années 2000, Luc Dugal découvre le mont Bellevue.

A ainsi commencé une histoire d’amour qui dure toujours encore aujourd’hui, attisée par la présentation des Jeux du Canada, en 2013.

« Mes trois premiers apparts ici étaient situés tout près de la montagne. Chaque fois que je venais à Sherbrooke, je voyais la montagne. C’était lié. Je devais être proche. À l’époque, c’était un peu abandonné; il y a des petits dépotoirs ici et là, dans le coin de la Galt et de la Dunant, les restes d’une ancienne piste d’hébertisme. Il y avait seulement trois pistes (la face de singe, le dos de singe et la queue de singe) qui partaient du mont J-S Bourque et qui aboutissaient à l’Université de Sherbrooke. Le mont Bellevue, c’était l’autoroute de bouette qui faisait le tour de la montagne, d’où le nom mont Belle-Bouette. Il n’y avait rien l’été pour le vélo. »

Luc Dugal se met donc en tête d’organiser des courses, comme il l’a si bien fait dans son Trois-Rivières natal.

« Là-bas, on me demandait si ça allait marcher. Ici, à Sherbrooke, on me disait : est-ce qu’on peut t’aider? »

Après une première course au Triolet, avec Mario Martel, et une autre à La Ruche, avec Christian Lord, Luc Dugal a voulu exploiter ce mont Bellevue qu’il aime tant.

« J’ai approché les propriétaires de mon concessionnaire auto, NV Cloutier, pour qu’ils m’appuient. Je suis revenu quatre fois à la charge! La première édition de la Coupe NV Cloutier a vu le jour en 2002 », a mentionné M. Dugal.

En parallèle, le Club de vélo Dalbix est formé en 2004 par Dugal, en compagnie de Marie-Josée Thibault et Daniel Cyr.

Un club qui est à pleine capacité en 2018, avec 560 membres, dont 70 % ont 14 ans et moins.

« On avait entre 70 et 80 coureurs par course, lors des belles années. Mais on a connu une baisse, notamment en 2012, lors de la présentation de l’événement test pour les Jeux du Canada, avec seulement 22 coureurs. C’était difficile. Après les Jeux, on a décidé d’inclure les courses dans les inscriptions du club et là, on peut atteindre jusqu’à 140 participants par course », s’est-il réjoui.

Les résultats ont été instantanés sur le membership et, ironiquement, sur les résultats des athlètes.

Lors des Jeux du Québec de 2016, l’Estrie a délogé la région de Québec en vélo de montagne. Une première.

« Le nom Dalbix ne veut rien dire. Mais il représente notre identité. Ce que j’aime le plus, c’est d’entendre les jeunes qui disent : ce soir, je m’en vais faire du Dalbix avec mes amis. On est dominants, on fait des podiums un peu partout, on est l’un des meilleurs clubs au Québec, mais c’est pas ce qu’on vise. On demande deux choses aux jeunes; aie du plaisir et fais de ton mieux. »

REPÈRES

Originaire de Trois-Rivières;
Cofondateur du Club Dalbix;
Fondateur de la Coupe NV Cloutier;
A obtenu trois certificats universitaires : marketing, gestion des ressources humaines et administration;
Directeur sportif pour le vélo de montagne lors des Jeux du Canada de 2013.