Éduquer les diabétiques

Étudiante au doctorat en recherches et en sciences de la santé au campus de Longueuil de l’Université de Sherbrooke, Sarah Lafontaine a un objectif très clair : aider les gens vivant avec le diabète de type 2 dans l’intégration de leur autosoin.

« Je m’intéresse à une population qui a le diabète de type 2, explique-t-elle d’entrée de jeu. Ce dont on s’est rendu compte, c’est que les interventions éducatives sont peu efficaces à long terme. Un an après l’enseignement, on voit que les acquis sont perdus. Pour cette raison, on a une étude en deux phases : développer une intervention avec des experts (des pédagogues et des infirmières) et des patients qui ont le diabète. Ensuite, on va tester l’intervention dans deux CLSC. »

« Nous, on a terminé la première phase, poursuit-elle. On a beaucoup d’engouement de la part des infirmières et des patients. On voit que c’est un besoin des patients. On s’intéresse à la personne en soi. Partir des besoins, c’est ce qui va faire en sorte que l’intervention est efficace. »

C’est dans sa réalité d’infirmière que Mme Lafontaine a réalisé le besoin d’éducation des patients vivant avec le diabète. « J’ai travaillé dans une clinique de diabète, en CLSC et en GMF. J’ai fait beaucoup d’enseignement et de soutien à des personnes qui vivent avec le diabète. Nous avons remarqué, mes collègues et moi, que beaucoup de nos patients revenaient avec les mêmes questions et les mêmes croyances. Par exemple, nous entendions les patients dire que la médication n’était pas efficace, que changer ses habitudes de vie n’a pas d’impact, etc. », décrit-elle, ajoutant qu’elle est allée faire sa maîtrise et son doctorat « pour améliorer cette situation ».

Pour son protocole, Sarah Lafontaine s’est inspirée d’outils déjà existants, dont le schéma conceptuel. « Ce schéma est utilisé en pédagogie de la santé. On écrit un mot dans un cercle et on demande à l’étudiant à quoi ça lui fait penser. Si on écrit le mot “diabète” et qu’on le donne au patient, on voit ses connaissances, mais on voit aussi ses croyances. Il y en a qui pensent que c’est temporaire ou que le tabac n’a pas d’impact », vulgarise-t-elle. 

« On ne dit rien, on attend que la carte soit terminée, continue Mme Lafontaine. Une fois que c’est fait, on intervient. On voit d’où vient sa croyance et en allant à la source, on peut déconstruire ça et amener une croyance plus propice à une meilleure qualité de vie. »

Sarah Lafontaine a des gens dans son entourage atteint de cette maladie, mais ce n’est pas à cause d’eux qu’elle a décidé de s’attaquer à cette problématique. « J’ai des oncles et des grands-parents qui sont atteints. C’est rare de voir quelqu’un qui ne connaît personne atteint du diabète. Si ça arrive, c’est qu’elle n’est pas vraiment au courant, car on ne va pas se vanter d’avoir le diabète », analyse-t-elle.

REPÈRES :

— Native de Saint-Jean-Sur-Richelieu

— Est infirmière de métier et chargée de cours à l’UdeS, campus Longueuil

— Aimerait devenir professeure à l’université

— Est chroniqueuse santé à la Première chaîne de Radio-Canada