Dr Yannick Poulin

Dr Yannick Poulin : médecin et philantrope

Le Dr Yannick Poulin est non seulement pneumologue et intensiviste dans les deux hôpitaux universitaires du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, mais il est aussi extrêmement engagé auprès de plusieurs fondations : la Fondation Claude-Durocher, la Fondation Justin-Lefebvre ainsi que Leucan. S’il est heureux de travailler tous les jours à sauver des vies à l’hôpital, c’est son travail caritatif qui le rend le plus fier.

Il faut savoir que le médecin est un homme de passions. Et une personne qui déborde d’énergie.

À l’école secondaire, le joueur de hockey a choisi de se diriger vers la médecine parce qu’il avait des intérêts vers plusieurs sujets. «La médecine permettait de garder des portes ouvertes; elles ne fermaient rien», se souvient-il.

Aujourd’hui à 40 ans, il ne changerait rien à son parcours; il adore la médecine, tout ce qu’elle lui apporte et tout ce qu’elle permet d’offrir à ceux qu’il soigne. Même si le métier demande un grand investissement. «J’adore la pneumologie et les soins intensifs; ça amène un grand dépassement de soi», souligne-t-il.

«Mais ce n’est pas ça l’essentiel. Ce qui me rend le plus fier, ce qui est le plus important encore pour moi, ce sont mes différents projets de philanthropie», précise le Dr Poulin.

Yannick Poulin est en effet l’instigateur de deux projets qui sont devenus des incontournables dans le paysage caritatif estrien, soit la Fondation Justin-Lefebvre qui vient supporter des familles dans le besoin en offrant des équipements sportifs et scolaires tout en encourageant le don d’organes, et Les Vins de Sophie, un événement annuel qui permet de récolter des fonds pour Leucan, la Fondation Claude-Durocher et la Fondation Justin-Lefebvre.

«Je suis une personne qui a beaucoup d’énergie, et ces différents projets permettent de la canaliser, d’occuper mon esprit», précise-t-il.

Cette passion pour ces nobles causes a commencé quand la jeune fille d’un collègue a reçu un diagnostic du cancer de l’ovaire. «Même si on est médecin, on se rend compte alors que la maladie peut nous toucher, nous ou les gens très proches de nous», se rappelle-t-il.

Quand la jeune fille a été déclarée guérie après ses cinq années de rémission, sa grande sœur a décidé de faire raser ses cheveux pour amasser des dons pour Leucan.

«Je me suis dit qu’elle ne pouvait pas se faire couper les cheveux pour 1000 $ avec tous les contacts que j’avais», dit-il.

Il a donc décidé d’organiser une soirée, les Vins de Sophie, où les gens pourraient bien manger et boire du bon vin pour un certain prix d’entrée. «L’objectif, c’était de faire un profit plus grand que 0», dit-il.

Mais l’événement a été un succès. «On a amassé 14 000 $ pour les cheveux de la grande sœur», se réjouit-il.

Les années ont passé. Des amis se sont joints à lui. Se sont appropriés la cause au même titre que lui. Après sept éditions, les Vins de Sophie ont permis d’amasser plus de 400 000 $ pour les causes qui lui tiennent à cœur.

«Maintenant, nous donnons l’argent pour gâter des enfants malades; nous envoyons des familles à Walt Disney. C’est le genre de cause qui me plait, parce que les gens peuvent voir où s’en va leur argent», dit-il.

La Fondation Claude-Durocher s’adresse aux personnes atteintes de cancer dont la situation financière est critique ou s’est grandement détériorée à cause de la maladie. «Ça aussi, c’est une cause concrète; on sait dans quoi va l’argent.»

Et enfin, le Beauceron d’origine a participé à la mise sur pied de la Fondation Justin-Lefebvre, une toute jeune fondation créée pour rendre hommage au petit Justin qui s’est noyé en juin 2017. «Justin était le meilleur ami de mon fils Elliot. Mon garçon était tellement habitué de me voir participer à toutes sortes de fondations que quand Justin est mort, il m’a dit qu’il fallait faire une fondation pour son ami. L’idée est partie de là», raconte le Dr Poulin, qui est aussi très bien entouré dans cette fondation.

Si la fondation a pour mission d’aider les enfants, elle vise aussi à soutenir le don d’organes – un précieux don que Justin a pu faire au moment de sa mort.

«Le don d’organes est une autre cause qui m’interpelle, car je suis impliqué dans le don d’organes à cause de mon travail aux soins intensifs», dit-il.

«En deux ans à la Fondation Justin-Lefebvre, nous avons amassé presque 200 000 $», ajoute-t-il.

S’engager dans toutes ces causes, travailler aux soins intensifs auprès de patients extrêmement malades, faire de multiples gardes de soir, de nuit et de fin de semaine, être le père de deux garçons de 9 ans et bientôt 1 an, voilà qui pourrait paraître impossible à tout concilier. Mais pas pour Yannick Poulin.

«J’ai de la chance; j’ai beaucoup d’énergie, je n’ai pas besoin de beaucoup de sommeil, et je dois occuper mon esprit. Je suis content que mon implication puisse faire une différence pour des gens près de chez nous», conclut-il.

REPÈRES:

– Originaire de Saint-Georges-de-Beauce

– Diplômé en pneumologie de l’Université de Sherbrooke

– Surspécialisé en soins intensifs et en ventilation mécanique après une formation à l’Hôpital Henri-Mondor de Paris

– Conjoint de Laurence Guay, gastroentérologue au CIUSSS de l’Estrie-CHUS

– Père de deux garçons, Elliot, 9 ans, et Isaac, 9 mois