Jhon Carvajal

Déjà un modèle qui grandit

Difficultés scolaires, échecs, problèmes de consommation : Jhon Carvajal aurait très bien pu abandonner l’école secondaire. Pourtant, il a persévéré. Il a obtenu son diplôme d’études secondaires et chemine maintenant vers son diplôme d’études collégiales. Cet été, il a même été nommé comme l’un des « jeunes leaders exceptionnels » impliqués dans sa communauté mis en valeur par la Commission canadienne pour l’UNESCO. Voici le portrait d’un jeune Colombien d’origine et Sherbrookois d’adoption qui s’est donné une mission bien précise : devenir un modèle pour les autres jeunes. Un modèle de réussite, de persévérance et d’engagement.

L’histoire de Jhon Carvajal a commencé à s’écrire en Colombie en 1997. Le père de Jhon a été tué « à cause de la guerre » dans ce pays où la violence fait rage. La maman de Jhon et de deux autres enfants plus grands a alors décidé de fuir ce pays où elle avait peur pour elle et ses petits. Après quatre années de démarches, la famille de réfugiés est débarquée dans le secteur d’Ascot, à Sherbrooke, où les pages d’une nouvelle vie en sécurité ont commencé à s’écrire. Jhon avait alors huit ans.

Après une adaptation qui s’est bien passée en sol sherbrookois, les premières années à l’école secondaire ont été difficiles pour Jhon. Il a dû faire face à ses problèmes de consommation notamment. Sa mère, qui ne l’a jamais abandonné, continuait pourtant d’avoir foi en lui et de le soutenir.

Et c’est justement la foi en Dieu qui a permis à Jhon Carvajal, un bon jour, de changer complètement. Il ne voulait plus être ce jeune à problèmes, ce jeune au potentiel de décrocheur.

Et c’est ainsi que, tel un papillon, il est sorti de son cocon.

À partir de ce jour, Jhon Carvajal s’est engagé. À un point tel qu’il a reçu plusieurs récompenses, dont une médaille du lieutenant-gouverneur et le titre d’athlète de l’année à l’école internationale du Phare. Il a multiplié les implications, notamment à titre de représentant des élèves de cinquième secondaire au conseil des élèves.

Il est devenu un jeune homme apprécié de ses camarades, encouragé par ses enseignants, fier de ses réussites.

Les années ont passé et Jhon étudie maintenant au Cégep de Sherbrooke en sciences humaines, profil international. Il s’intéresse à la politique, beaucoup même. « Mais je ne sais pas encore qu’est-ce que je ferai après mes études », dit-il, plein d’hésitation, mais surtout plein d’idées bouillonnantes en tête.

En parallèle de ses études, Jhon s’investit dans Dialogue Plus, un projet qui doit mettre en place une série d’actions pour prévenir la discrimination et la radicalisation. L’initiative locale est « portée par les jeunes » et pour eux.

Le jeune homme de 19 ans s’investit aussi chez Colombiestrie, un organisme qui travaille à l’inclusion de la communauté colombienne et dont il est le plus jeune membre du conseil d’administration.

Il a aussi créé une page Facebook intitulée Influence Sherbrooke, où il aborde différents thèmes, dont la motivation et la paix.

Il s’implique aussi dans son église protestante, où il joue notamment du piano et de la guitare.

Ses valeurs les plus importantes derrière tous ces engagements? Respect et authenticité avant tout.
D’ailleurs, son message aux jeunes est qu’il faut travailler sur les valeurs de base. « Il ne faut pas s’impliquer ou s’engager parce que les autres le font. Il faut poser des actions qui sont motivées par nos valeurs », souligne-t-il.

Responsabilité supplémentaire

La nomination de l’UNESCO a bien sûr réjoui le jeune Sherbrookois, mais il l’a aussi reçue comme une responsabilité supplémentaire. « Ma philosophie, c’est que je dois donner l’exemple, que je ne peux absolument pas faire n’importe quoi », soutient-il, très fier de ce devoir qu’il s’est donné.

Jhon Carvajal souhaite partager son histoire, motiver les jeunes de 18 à 25 ans, leur montrer que tout est possible. Il est donc intéressé à offrir des conférences de motivation. Il sera d’ailleurs au Tremplin à la fin novembre et à l’école du Phare plus tard cet hiver dans le cadre de la semaine de la persévérance scolaire, et ces deux occasions de parler de son histoire le rendent particulièrement heureux.

« J’aimerais ça pouvoir parler en public, faire ça de ma vie, offrir de la motivation aux gens », soutient-il en s’illuminant.

Repères

  • Né en 1997 en Colombie
  • A un frère et une sœur aînés ainsi que deux nièces
  • A reçu une médaille du lieutenant-gouverneur pour ses études secondaires
  • A reçu plusieurs autres distinctions au cours des dernières années
  • Est impliqué dans plusieurs organismes et forums de discussions, dont Colombiestrie, Influence Sherbrooke et Dialogue Plus