De l’importance du mentorat

Depuis qu’il s’est lancé en affaires, il y a 30 ans, Daniel Lacombe aurait pu se contenter de mener à bien ses entreprises, sans se soucier de transmettre son expérience et son savoir-faire aux jeunes entrepreneurs désireux de réussir. Personne ne lui en aurait tenu rigueur. Mais heureusement pour ces derniers, ce n’est pas ce qu’il a choisi de faire…

Homme d’affaires passionné, l’actuel président-directeur général de CDE Solutions informatiques possède une impressionnante feuille de route à laquelle se greffe un réseau de relations professionnelles qui s’étend un peu partout sur la planète.

Natif de Sherbrooke, et arrivé dans le monde des affaires « par accident » après des études en économie et en droit, Daniel Lacombe a touché à tous les aspects du milieu, qu’il s’agisse de la gestion d’entreprises, du développement des affaires, de la mise en marché, de la planification stratégique ou encore des finances et de la consultation.

Son parcours et ses compétences l’ont amené à fonder ou à relancer plusieurs entreprises. Qu’on pense à MultiGestion, qu’il a fondé et opéré durant une dizaine d’années. Ou plus récemment à CSR, une TI (technologie de l’information) acquise par Cognicase en l’an 2000, et qui fut ensuite rachetée par la multinationale québécoise CGI.

Depuis une douzaine d’années, l’expertise développée par CDE Solutions informatiques lui a permis de décrocher de nombreux contrats à l’international, notamment en Europe (auprès du groupe français Carrefour), ainsi qu’en Afrique où CDE a participé à l’informatisation du port de Douala, la capitale économique du Cameroun.

Cinq ans après avoir acheté CDE Solutions informatiques, en compagnie de deux partenaires, Daniel Lacombe n’a cessé de faire croître l’entreprise sherbrookoise — laquelle est passée de 11 à 50 employés — et de diversifier ses champs d’expertise.

Tout en gardant l’œil sur le développement de son entreprise, Daniel Lacombe consacre également son temps et son énergie à une autre de ses passions : le mentorat. Président du Conseil du mentorat de l’Estrie et chef mentor de Sherbrooke Innopole, il a contribué à mettre sur pied un réseau comptant 55 mentors reliés à une centaine de jeunes entrepreneurs.

« Lorsque j’ai commencé en affaires, les réseaux de mentors n’étaient pas aussi structurés qu’aujourd’hui, rappelle-t-il. Par contre, j’ai eu la chance d’avoir un gérant de banque qui m’a montré comment gérer une entreprise et comment négocier avec un banquier. Et j’ai aussi eu un ami avocat qui m’a beaucoup aidé sur le plan juridique », ajoute-t-il.

Sachant à quel point les premières années d’une entreprise peuvent être déterminantes, Daniel Lacombe n’hésite donc pas à partager son expérience et son savoir-faire auprès des jeunes entrepreneurs. Chaque année, il participe à de nombreux événements reliés au mentorat qui se tiennent à travers le Québec. Son implication au sein de la Fédération de l’entrepreneurship du Québec découle de la nécessité d’entretenir un climat favorable à l’entrepreneuriat au Québec de génération en génération.

« Une des valeurs qu’on essaie de transmettre à travers le mentorat, dit-il, c’est celle de garder nos entreprises ici. C’est bien beau créer des entreprises, mais encore faut-il les garder. C’est comme ça qu’on crée des emplois ici et par le fait même de la richesse », soutient-il. « Il est important, non seulement de créer une relève, mais de la planifier. Le transfert d’entreprises est un des enjeux majeurs de l’économie du Québec à l’heure actuelle et les mentors peuvent jouer un rôle important pour que l’impact soit positif. »

À ce chapitre, Daniel Lacombe se réjouit des nombreux outils que le Québec s’est donnés depuis quelques années en matière de soutien aux jeunes entrepreneurs. Il cite l’exemple de l’École d’entrepreneurship de la Beauce, fondée par Marc Dutil, de Groupe Canam, qui forme de plus en plus de diplômés chaque année.

En plus de ce climat d’affaires de plus en plus propice aux jeunes, Daniel Lacombe se réjouit de l’existence de nombreux modèles de gens d’affaires québécois à qui les jeunes entrepreneurs peuvent s’identifier. « Des gens comme Charles Sirois (Telesystem), Bernard Lemaire (Cascades) ou encore José Boisjoli (BRP) ont aidé et continuent d’aider énormément de jeunes entrepreneurs, malgré leur horaire chargé. Pour moi, ce sont des modèles qui m’inspirent. »

REPÈRES
Président-directeur général de CDE Solutions informatiques
Président du Conseil de mentorat de l’Estrie
Chef mentor de Sherbrooke Innopole
Natif de Sherbrooke