Jean Arel

De l’importance d’être « au service des gens »

Qui ne connaît pas Jean Arel? Après avoir été pendant 40 ans « la voix du sport en Estrie », il poursuit sa carrière devant la caméra en tant que journaliste d’ICI Radio-Canada Estrie, ce qui fait que les Estriens peuvent aujourd’hui mettre un visage sur sa voix. Et son métier le comble toujours autant parce qu’il lui permet d’être « au service des gens ».

Car ce qui anime encore Jean Arel, même à l’aube d’un demi-siècle de carrière, c’est ce contact avec les gens. Et, dit-il, l’importance de bien faire son travail.

Un travail qui lui permet chaque jour de faire de nouvelles découvertes, de connaître de nouvelles personnes et d’en apprendre toujours davantage sur une multitude de sujets.

« Pour moi, chaque journée est différente. Chaque journée a ses défis, que ce soit au point de vue professionnel ou personnel. Mais ce qui m’allume encore aujourd’hui, c’est que chaque journée te demande d’être aussi au service de la population », explique-t-il lorsqu’on lui demande ce qui le motive à poursuivre sa carrière avec autant d’enthousiasme.

Un enthousiasme qui se manifeste non seulement dans son travail au quotidien, mais aussi dans ses nombreuses implications en tant que bénévole. Qu’il s’agisse du Mérite sportif de l’Estrie, de la Classique Pif, de la Fête du lac, de l’animation de nombreux tournois de golf, Jean Arel dit trouver dans le don de soi une forme de « nourriture » qui l’alimente à la fois sur les plans personnel et professionnel.

« Le bénévolat, ça te nourrit professionnellement. Je dis souvent aux jeunes qui commencent dans le métier : je comprends les difficultés qui entourent la conciliation travail-famille, je comprends que vous ne voulez pas travailler les soirs et la fin de semaine. Mais si vous vous mêlez aux gens, si vous passez une soirée au parc Jacques-Cartier, par exemple, à parler aux gens, à vous intéresser à eux, vous allez certainement vous trouver deux ou trois histoires, facilement. »

Lac-Mégantic

Parmi les histoires qui ont marqué sa carrière, celle de la tragédie ferroviaire de Lac-Mégantic se situe en tête de liste. Dès les premièrs heures de la tragédie, le 6 juillet 2013, il a fait partie de l’équipe de reporters de Radio-Canada sur place qui ont relayé le déroulement des événements entourant la catastrophe sur toutes les plateformes.

« C’est un événement qui m’a marqué profondément, dit-il. De voir à quel point on peut tomber si bas dans le malheur, de perdre des êtres chers, et de voir ensuite comment on peut se relever collectivement. Pour moi, Lac-Mégantic a été une leçon de vie incroyable.

« J’ai une admiration sans bornes pour les gens de Lac-Mégantic. Ce que ces gens-là m’ont appris, c’est qu’individuellement, tu ne peux pas te relever d’une tragédie de cette ampleur. Mais collectivement on peut le faire. Ils ont fait preuve d’une résilience incroyable. Ils m’ont démontré, à moi, qui travaillais dans la radio privée, dans un milieu individualiste à l’époque, que le véritable pouvoir, c’est quand tu travailles en équipe. Le pouvoir de se relever, c’est lorsque tu dis à quelqu’un : “Écoute, j’ai besoin de toi, aide-moi donc!” Il ne faut pas avoir peur de dire qu’on a besoin d’aide. C’est ça, la leçon que les gens de Lac-Mégantic m’ont donnée. »

Des leçons, Jean Arel dit en avoir tiré plusieurs grâce à son implication bénévole. À commencer par celle de bien faire les choses.

« Si le Mérite sportif est un événement majeur, et qui perdure, c’est parce que j’ai pu côtoyer des professionnels pour qui c’est important. Je pense, entre autres, à un gars comme Gaston Grenier, du Pif, qui m’a enseigné l’art de bien organiser les choses. Lorsqu’on s’implique dans une activité, il faut le faire avec le souci de bien le faire. »

Et s’il a pu concilier avec succès une carrière aussi prolifique dans les médias à celle du bénévolat, il le doit, dit-il, à sa femme Suzanne.

« Elle ne m’a jamais, jamais empêché de faire ce que j’avais envie de faire. Même si des fois, elle me disait : “Ben là, Jean, pas encore du bénévolat?” Je lui disais : Suzanne, c’est grâce au bénévolat si on vit bien, si on a des sous, etc. Parce que le bénévolat t’apporte tellement sur le plan personnel que ça te permet d’être encore meilleur et plus performant sur le plan professionnel. »

Repères

Natif de Windsor.
Marié à Suzanne Kendall.
Père de Pierre-André et grand-père de deux petits-fils.
A pratiqué le théâtre à la polyvalente Le Tournesol.
A entrepris sa carrière dans les médias en août 1970.
A décrit les matchs du Canadien à TVA.
A couvert les Jeux olympiques d’Atlanta.