Lyne Castonguay

De la puissance d’enfanter

Depuis plus de 25 ans, Lyne Castonguay a été une figure de proue dans le milieu de la périnatalité et une des pionnières du mouvement qui a mené à la légalisation de la pratique de sage-femme au Québec, en 1999.

Son implication s’est d’abord fait sentir dans la création de l’organisme Naissance renaissance Sherbrooke, devenu Naissance renaissance Estrie, ainsi que dans Bedon & Bout’chou.

Elle a ensuite participé de façon très active à chacune des étapes ayant mené à la création, en 1994, du Centre de maternité de l’Estrie, connu aujourd’hui sous le nom de Maison de naissances de l’Estrie.

Cette ressource, qui célèbre cette année ses 25 ans, prend en charge 10 % des accouchements de la région, soit environ 400 par année à son installation de Brompton et à son point de service sages-femmes situé à Granby, qui a ouvert ses portes en décembre 2016.

Lyne Castonguay a aussi pris une part active à l’élaboration du cadre de référence provincial qui a mené à de nombreux projets pilotes de maisons de naissances, un peu partout au Québec, dans les années 1990.

Grâce à son implication, aux côtés de Jennie Stonier et Jeen Kirwen, l’Estrie s’est rapidement démarquée comme l’une des régions phares en ce qui a trait à l’offre de ces services au sein même du réseau de la santé et des services sociaux.

Durant toutes ces années, Lyne Castonguay a aussi été à l’origine de nombreux colloques, regroupements, événements et mobilisations en lien avec la pratique sage-femme et plus particulièrement pour la reconnaissance du pouvoir des femmes dans l’enfantement. Un pouvoir que la médecine s’est de plus en plus approprié depuis la Révolution industrielle.

Pourtant, rappelle Lyne Castonguay, pendant des milliers d’années, les femmes ont donné naissance à des milliards d’enfants de façon naturelle, comme tous les autres mammifères de la planète.

« Pour moi, la puissance d’enfanter, c’est de retourner dans notre être, nos racines et d’envisager ce processus comme faisant partie d’un tout beaucoup plus global qu’un simple phénomène biophysique. D’ailleurs, la science parle de plus en plus de physique quantique lorsqu’il est question de décrire le phénomène de l’accouchement, comme pour confirmer ce qu’on connaissait déjà de façon intuitive depuis des millénaires. Je suis contente de voir que la science vient enfin nous accompagner dans cette vision que l’accouchement n’est pas seulement un acte purement physique. C’est beaucoup plus grand et complet que ça : c’est un phénomène à la fois émotif, viscéral, énergétique, holistique. »

Groupe Sage Famille

Cette vision globale de l’enfantement s’est inscrite jusque dans la façon de concevoir la mise sur pied et l’organisation de la Maison de naissance de l’Estrie, auxquelles Lyne Castonguay a participé, au milieu des années 1990.

« Dès le départ, on tenait beaucoup à ce que cette maison-là puisse avoir sa propre couleur, dit-elle. On voulait une approche communautaire où les femmes et leurs familles allaient avoir leur mot à dire dans le fonctionnement, dans l’aménagement des lieux, dans la couleur des murs et des rideaux, etc. On voulait que ce soit une maison. On ne voulait pas que ce soit décoré comme dans un magazine Marie-Claire, mais on ne voulait pas en faire un mini-hôpital non plus. On a dû se battre auprès du Ministère, mais après quelques ajustements, on a réussi à obtenir ce qu’on voulait… »

Biographie

Écrivaine dans l’âme, Lyne Castonguay compte quelques livres à son actif. Dès l’âge de 11 ans, elle rédige un premier roman de fiction, Rêve, inspiré du vécu de sa mère. En 2007, elle publie Mon chemin de cœur, relatant la vie remarquable de sa tante Anita St-Cyr Hamel, une de ses « mères spirituelles ».

Puis, en 2017, souhaitant partager le parcours inspirant d’une sage-femme pionnière des années 1970 en Estrie, elle publie Histoires fabuleuses d’une sage-femme authentique : Jeen Kirwen, paru aux Éditions 13 Lunes.

Plus tôt cette année, Lyne Castonguay a annoncé son départ de la Maison des naissances du CIUSSS de l’Estrie, qu’elle a contribué à faire naître et connaître.

« Je quitte, mais je ne quitte pas pour la retraite, tient-elle à préciser. Je vois ça davantage comme la fin d’un cycle dans ma vie, comme un passage vers autre chose », ajoute celle qui a d’autres projets à mener à terme.

REPÈRES

Milite depuis plus de 25 ans pour la reconnaissance du pouvoir des femmes dans l’enfantement
A participé à plusieurs projets pilotes au Québec
A contribué à rédiger le cadre de référence provincial sur la pratique sage-femme au Québec
A contribué à la création de la Maison de naissances de l’Estrie