David Perron

David Perron : un rêve forgé d’embûches

Depuis Yanic Perreault et Stéphane Robidas, repêchés en 1991 et 1995, David Perron est le seul Sherbrookois à avoir connu une longue carrière dans la Ligue nationale de hockey. Et c’est à coups de persévérance et de caractère que le hockeyeur professionnel est parvenu aux ligues majeures.

Le parcours atypique de David Perron a de quoi inspirer les jeunes qui rêvent d’une carrière professionnelle. Bien souvent mis de côté par les entraîneurs du hockey mineur de Sherbrooke, le numéro 57 des Golden Knights de Vegas a dû passer par le midget B et le junior AAA avant de faire le saut dans le junior majeur, là où il s’est enfin fait remarquer par les Blues de St. Louis, qui ont fait de lui un choix de première ronde en 2007.

Certains se souviendront de lui comme étant un joueur intense à gros caractère qui ne faisait pas l’unanimité lorsqu’il était plus jeune.

« Mon caractère s’est forgé peu à peu, dit-il. J’aurais aimé éviter ces obstacles, mais tout cela a fait de moi une meilleure personne et un meilleur hockeyeur. Quand j’étais adolescent, je voulais jouer dans la LNH et devenir meilleur que tous les autres joueurs autour de moi. C’est ça qui a fait la différence. »

« J’ai un bon caractère, poursuit-il. Je ne pense pas que mes adversaires aiment m’affronter. Je suis détestable. Quand je suis arrivé à Vegas, mes nouveaux coéquipiers étaient surpris de voir quel genre de personne j’étais. Ils me haïssaient comme adversaire, mais finalement, ils trouvent que je suis un bon gars et ils sont bien heureux de m’avoir avec eux. C’est plaisant à entendre. »

D’autres se souviendront de David Perron comme étant l’un des hockeyeurs aux plus grandes habiletés qui mangeaient du hockey, allant jusqu’à demander à sa mère de quitter le travail sur l’heure du midi pour lui permettre de participer à la séance de hockey libre de Magog ou Sherbrooke.

« Elle avait des heures flexibles à son travail. Grâce à ça, elle a d’ailleurs pu voir les Golden Knights en séries à Vegas », explique Perron, maintenant âgé de 30 ans.

Rendu à sa onzième saison et sa cinquième équipe dans la LNH, Perron était à trois victoires de soulever la coupe Stanley au mois de juin dernier. Mais qu’est-ce qui a bien pu lui permettre de vivre son rêve selon lui?

« Chaque événement fait une différence et s’ajoute au bagage d’expérience. Plusieurs jeunes ne font pas face à beaucoup d’embûches. Du hockey, ils en mangent. Tout le monde les aide afin qu’ils atteignent leur but. Quand ils arrivent dans le midget AAA, le junior majeur ou la LHJMQ, si le jeune n’a jamais traversé d’obstacles, il ne saura jamais comment faire face à l’adversité une fois rendu dans la LNH. Ce sera difficile de devenir un professionnel durant plusieurs saisons. De mon côté, j’ai connu ma part d’embûches. J’ai eu des mauvaises saisons, mais je me suis toujours relevé et je suis revenu fort. »

La force de caractère a ainsi été l’une de ses armes de prédilection.

« Quand j’étais jeune, je n’ai peut-être pas fait le midget AAA, mais je jouais contre des hommes durant certains tournois ou lors des ligues d’été, comme celle du mardi soir. Ça m’a permis de m’améliorer rapidement. Ils sont plus matures et plus forts physiquement. Quand j’allais dans les coins contre Jean-François Boutin, j’apprenais beaucoup plus vite. J’ai bénéficié de ça. Je suis aussi content d’avoir la capacité de me relever quand le monde pense que je suis fini, comme après des blessures ou des mauvaises saisons. Et ce n’est peut-être pas terminé. On se bat le plus possible pour rester le plus longtemps dans cette ligue. »

Perron a vécu les plus beaux instants de sa carrière lors des derniers mois.

« La saison avec Vegas est l’un de mes plus grands faits saillants de carrière. C’était une saison exceptionnelle. Je vais m’en rappeler jusqu’à la fin de ma vie. Les dirigeants ont eu confiance en moi », admet-il.

David Perron est le premier à l’admettre : il est une personne privilégiée.

« On s’en rend compte. Exemple : je suis allé au spectacle de Céline Dion et je l’ai vue derrière la scène grâce à des contacts. Elle était aussi contente de nous voir, je pense. Pour un petit gars de Sherbrooke, je crois que je suis choyé. Je suis chanceux de pouvoir vivre mon rêve de joueur professionnel. Je voulais entre autres avoir une maison sur le bord du lac Memphrémagog et je l’ai. Sans parler de ma petite famille que j’adore. »

Cette famille a d’ailleurs changé d’adresse plus souvent qu’à son tour, mais David Perron et sa conjointe ont toujours gardé un pied-à-terre en Estrie :

« J’ai ma vie d’hiver, durant laquelle je joue au hockey et que je participe aux soirées plus mondaines, et ma vie d’été, durant laquelle j’ai l’impression d’avoir une vie comme celle de tout le monde », précise David Perron.

Et laquelle préfère sa conjointe Vanessa Vandal?

« J’aime les deux vies. Pour apprécier l’une, il faut vivre l’autre! »

« De mon côté, j’ai besoin de décrocher et de revenir à Sherbrooke, avance le vétéran attaquant. J’étais l’un des premiers à quitter Vegas après les séries. »

Même s’il lui reste encore quelques saisons à disputer, David Perron est présentement à la recherche d’un nouveau contrat et pense déjà à ce qui l’attendra une fois sa carrière terminée.

« J’organise un tournoi de hockey, avec la famille Grégoire, qui vient en aide aux jeunes athlètes de la région. Notre tournoi s’est développé depuis deux ans et il prendra encore plus d’expansion. J’ai beaucoup de gens qui m’aident, je suis chanceux, mais je veux investir encore plus de mon temps quand ma carrière sera terminée. Je veux toutefois continuer ma vie de hockeyeur encore longtemps. Une fois que ce sera terminé, je compte m’impliquer davantage au Québec. »