Il n'y a pas d'enfant qui n'aime pas lire : c'est seulement qu'il n'a pas encore trouvé le bon livre, croit l'enseignante de première année Diane Manseau de l'école primaire Alfred-Desrochers.

Créer l'étincelle avec les livres

Il n'y a pas d'enfant qui n'aime pas lire : c'est seulement qu'il n'a pas encore trouvé le bon livre, croit l'enseignante de première année Diane Manseau de l'école primaire Alfred-Desrochers. Cette philosophie la guide depuis de nombreuses années, et c'est ce qui l'a poussée à accomplir une kyrielle de projets où les bouquins sont à l'honneur.
La liste de projets est longue, très longue. Certains lui ont permis de remporter des bourses et des prix : elle en cumule plus de quarante en carrière. Parmi les initiatives qui suscitent l'attention, il y a celle des « bolides lecteurs », dont nous avions déjà parlé dans nos pages.
Les bolides lecteurs mettent en scène des petites voitures de course, des autos en carton et des livres. Tout plein de livres. Un projet spécifiquement pensé pour les petits garçons, qui leur donne envie de plonger la tête dans les livres.
Ses élèves cumulent des minutes de lecture sur des « permis ». Le projet compte trois niveaux, qui se terminent chacun par une course de voiture, la dernière étant celle où les enfants peuvent s'amuser avec des voitures en carton dans le gymnase de l'école. Cette initiative lui a d'ailleurs valu de belles reconnaissances, dont le prix pancanadien Présent pour les jeunes de la Banque Nationale l'an dernier.
C'est l'une des façons que l'enseignante a trouvée pour intéresser les garçons à la lecture. « Ce que je veux, c'est que les enfants apprennent sans avoir l'impression de travailler. »
Il ne faut pas négliger toute l'importance de la première année, croit Mme Manseau.
« C'est là qu'on inculque le goût de la lecture, on implante des bases solides pour faire aimer l'école aux enfants. » C'est d'ailleurs par choix qu'elle enseigne à ce niveau, souligne-t-elle. « Je pense que j'ai développé des habiletés à enseigner la lecture aux enfants. »
Diane Manseau compte aussi sur sa feuille de route plusieurs projets en entrepreneuriat, qui lui ont aussi permis de décrocher de belles reconnaissances.
Des mots, des livres, une plume
Lorsque les élèves ont terminé leur première année avec la blonde enseignante, ils ont lu beaucoup de livres, beaucoup de pages, beaucoup de mots.
Et elle préfère parler des minutes que les enfants ont cumulées plutôt que du nombre total de livres, car ce n'est pas ce nombre qui est important pour ses petits lecteurs qui lisent moins vite et qui éprouvent certaines difficultés.
L'amour des mots et l'envie de transmettre son savoir la suivent depuis toujours. Elle raconte comment, enfant, elle se transformait en enseignante aux côtés de sa soeur et de ses copains, avec de vieux carnets de facture.
D'ailleurs, dit-elle, elle a la chance d'être extrêmement bien entourée : même ses parents n'hésitent pas à embarquer dans « ses projets de fou », comme elle les appelle. Et au cours d'une année scolaire, il y en a plusieurs.
Diane Manseau insiste sur l'importance de susciter l'amour de la lecture chez les enfants et de leur faire découvrir quel type de lecture ils aiment, quelle sorte de petits lecteurs ils sont. Elle veut aussi que ses 20 élèves se sentent importants dans leur classe. C'est pourquoi elle les accueille en prenant leur visage entre ses mains. « Je suis une enseignante passionnée, j'aime faire les choses autrement. J'aime voir briller dans leurs yeux la petite lueur quand ils commencent à comprendre... » Cette amoureuse des mots l'est tout autant des petites douceurs que des parents lui écrivent en cours d'année ou à la fin. « Des fois, j'ouvre ma boîte de Pandore et je lis ce que les parents m'ont écrit. C'est précieux. »
L'enseignante vit sa passion pour la littérature jeunesse en l'exposant à d'autres petits lecteurs que ceux de sa classe. En plus de sa contribution à des manuels pédagogiques, elle compte 10 albums jeunesse aux Éditions de L'Envolée et se transforme aussi en critique littéraire de livres de premier cycle pour la revue Vivre le primaire.
Repères
Enseignante depuis 25 ans;
A fait ses études à Sherbrooke;
Récipiendaire de plusieurs prix, dont le prix Jacynthe de l'AQEP (Association québécoise des enseignants du primaire).