Mérite estrien : Serge Bernard
Mérite estrien : Serge Bernard

Consacrer sa vie aux enfants

Lilia Gaulin
Lilia Gaulin
La Tribune
Sherbrooke — La visite de Serge Bernard dans le quartier de l’école LaRocque, un jeudi matin du mois de juillet, est loin de passer inaperçue. Plusieurs enfants sont venus saluer, les uns après les autres, l’homme ayant œuvré au bon fonctionnement du service de garde pendant 32 ans.

Originaire de Drummondville, le technicien en éducation spécialisée a commencé sa carrière dans un centre d’hébergement à Notre-Dame-Du-Cap près de Trois-Rivières. À son retour à Sherbrooke quelques années plus tard, les services de garde en milieu scolaire étaient pratiquement inexistants. Afin de pourvoir à ce besoin, il a démarré de A à Z ce qui porte le nom aujourd’hui « Les Complices » de l’école LaRocque.

À ses débuts, Serge Bernard s’occupait de tout. Il pouvait accueillir les enfants, effectuer les animations et faire le ménage de la salle tout en comblant plusieurs tâches administratives. À cette époque, environ 20 élèves fréquentaient l’endroit. 

Le local du service de garde n’était pas du tout adapté à la présence des mômes. Le plafond laissait entrevoir d’énormes tuyaux et le mur du fond était fait de briques. Ce local servait également de bureau à M. Bernard. 

Quelques années plus tard, l’homme a fait l’acquisition de jouets, de ballons et de jeux de société. Il a également fait construire un vestiaire et il a aménagé un bureau. Le service de garde compte désormais huit éducateurs. 

L’implication avant tout

Afin de rentabiliser le service de garde, M. Bernard a organisé plusieurs activités comme des soirées de danse qui se déroulaient à Noël, à l’Halloween, à la Saint-Valentin et à la fin des classes. 

Chaque vendredi, il a mis sur pied une activité spéciale telle qu’un film, une fête des anniversaires ainsi qu’un jeu inspiré de Fort Boyard. « Je voulais que ce soit l’fun de venir à l’école LaRocque », évoque-t-il en souriant.  

L’éducateur spécialisé a également mis en branle un programme d’aide aux leçons et aux devoirs grâce à une entente avec le Département d’études sur l’adaptation scolaire et sociale de l’Université de Sherbrooke. Chaque futur enseignant avait à sa charge de quatre à cinq élèves. Depuis quelques années, La Maison des Grands-Parents de Sherbrooke a pris la relève.

Parmi les nombreuses activités dont il a été responsable, Serge Bernard avait un petit faible pour l’organisation d’un tournoi de soccer au printemps. « Il y avait même un camp d’entraînement. Il s’agissait d’un tournoi légendaire », s’exclame-t-il. 

Malgré l’ensemble du travail qui était nécessaire afin d’assurer le bon déroulement de l’événement, il organisait également un tournoi de hockey sur table lors de la période hivernale. Durant environ 10 ans, plusieurs enfants se sont inscrits dans les rangs du service de garde seulement pour participer à cet événement.

Une de ses plus grandes fiertés est d’avoir réussi à mettre en branle une offre dynamique. « Je ne voulais pas que ce soit un stationnement pour les enfants. Je voulais être en mesure de stimuler les jeunes. Je voulais aller plus loin. »

Le travail acharné de Serge Bernard lui a permis de remettre sur pied les services de garde des écoles Sacré-Cœur et Champlain.

« Je n’ai pas compté mes heures! » lance celui qui a pris sa retraite le 28 février dernier. 

Un milieu difficile

Tout au long de sa carrière, M. Bernard a œuvré dans un milieu défavorisé de la ville de Sherbrooke. Il était primordial pour l’homme de garder ses tarifs les plus bas possible. « La clientèle était plus difficile dans les premières années. Le milieu avait une réputation et les préjugés durent longtemps. » 

Il soutient que la clientèle a évolué au fil des années. « Les enfants immigrants respectent les adultes. Ils ont apporté du positif au service de garde. » Il estime que la présence du multiculturalisme a permis de briser les barrières du racisme à l’intérieur de l’établissement scolaire. « Lorsque je faisais mes équipes, je m’assurais de mélanger les nationalités pour que les jeunes apprennent à jouer ensemble. »

Lors de la dernière année scolaire, le service de garde de l’école LaRocque comptait 89 enfants réguliers. Il accueille également 70 enfants sur une base occasionnelle. « Il y a environ 268 élèves qui fréquentent l’école. Il y a donc plus de la moitié des enfants qui viennent au service de garde. »

L’homme a d’ailleurs souligné tout le travail qui a été réalisé par l’équipe-école qui l’a supporté durant plusieurs années.

Serge Bernard s’est donné corps et âme afin d’aider les enfants tout au long de sa carrière. Il se tourne maintenant vers l’avenir et souhaite passer davantage de temps auprès de sa famille dans les prochains mois.