Claude-Gilles Gagné

Claude-Gilles Gagné, l'homme qui a battu la machine

Au moment où la carrière d’enseignant de Claude-Gilles Gagné est arrivée à terme, il a choisi de venir s’installer à Weedon dans l’espoir de profiter d’une retraite tranquille. Détenteur de compétences inestimables et d’un esprit vif, M. Gagné a rapidement été approché pour faire partie de différents comités et s’est retrouvé aux premières lignes d’une bataille qui allait déterminer l’avenir de son village d’adoption.

Natif de Richmond, diplômé en littérature de l’Université de Sherbrooke ainsi qu’en relations industrielles de l’Université Laval, Claude-Gilles Gagné a eu une vie bien remplie. Après avoir réalisé que l’enseignement au primaire et au secondaire n’était pas sa tasse de thé, il a fait la transition vers l’enseignement aux adultes, où il s’est épanoui pleinement. 

« Je n’étais pas à ma place avec les enfants, je m’en suis rendu compte assez rapidement, se souvient-il. J’ai été appelé à enseigner aux jeunes décrocheurs ainsi qu’aux immigrants vietnamiens peu de temps après et j’ai adoré l’expérience. Plusieurs de ces jeunes étaient tellement attachants et brillants; ils avaient un réel désir d’apprendre. »

Conjointement avec l’enseignement aux adultes, le lauréat du Mérite estrien a passé plusieurs années à faire de l’éducation syndicale. Son amour pour la langue française demeure cependant inégalée. 

« J’ai un amour profond pour ma langue et ses textes, explique-t-il. J’ai toujours voulu amener mes élèves à prendre contact avec la littérature et le théâtre en rendant la langue française intéressante et facile pour eux. De plus, j’aime beaucoup animer des groupes et donner un spectacle, donc l’enseignement était vraiment l’emploi idéal pour moi. »

Un atout de taille pour Weedon

Lorsque l’heure de la retraite a sonné pour Claude-Gilles Gagné, il a décidé de venir s’installer sur les berges de la rivière au Saumon avec son conjoint. Son frère habitait le village depuis belle lurette et il appréciait ses paysages et sa tranquillité, ce qui l’a poussé à s’y installer à son tour. 

« Peu de temps après mon arrivée au village, j’ai été approché par la Société d’histoire de Weedon pour faire l’inventaire des documents d’archives, relate-t-il. Mes connaissances en informatique et ma maîtrise du français ont fait de moi une cible prisée et comme de fait, les responsables du journal local, L’Éveil du citoyen de Weedon, m’ont recruté pour faire la correction du mensuel. »

Impliqué à hauteur de plusieurs heures par semaine auprès de ces deux organismes, M. Gagné s’est plu à remplir ses nouvelles fonctions. 

« Je suis un épicurien dans tous les aspects de ma vie, dont le bénévolat, explique-t-il. J’aime faire des choses utiles et je ne suis pas capable de rester assis à ne rien faire. Je fais du bénévolat à mes heures, dans un cadre qui n’est pas restrictif, pour le bien de ma communauté. De plus, j’aime les gens et c’est une excellente manière d’en rencontrer. »


« J’ai un amour profond pour ma langue et ses textes. »
Claude-Gilles Gagné

C’est en 2013 que Claude-Gilles Gagné a été appelé à faire sa plus grande intervention pour sa communauté d’accueil. À cette époque, des intervenants du milieu de la santé voulaient fermer le CLSC du village pour l’intégrer au CHSLD, ce qui aurait entraîné la perte de 17 lits à Weedon. 

« J’étais au centre du comité qui s’est battu contre la machine, se souvient-il. Au terme de quatre ans de lutte acharnée pour faire valoir notre point de vue, qui avait le bien-être des citoyens de Weedon à long terme en son centre, nous avons obtenu victoire. Cette aventure m’a fait gagner un capital de sympathie immense de la part de la population. Je croise encore des gens que je ne connais pas qui me remercient pour ce que l’on a fait pour le CLSC. » 

Cette victoire majeure qui a nécessité des années d’efforts n’a pas mis un terme à la carrière de bénévole de M. Gagné. Ce dernier s’implique toujours auprès de la Société d’histoire et mène la charge dans le projet d‘agrandissement du Moulin des Cèdres, une résidence qui offre des logements pour aînés autonomes. 

« Le projet d’agrandissement est très agréable à mener, il y a moins de confrontation que dans le dossier du CLSC, reconnaît-il. Une chose est sûre, je n’aurais jamais réussi à m’impliquer dans autant de comités sans l’appui infaillible de mon conjoint. Les bénévoles reçoivent souvent des compliments pour leur implication, mais les personnes qui les supportent en reçoivent rarement. Sans eux, tous ces efforts ne sont pas possibles. »


Repères

— Originaire de Richmond

— Vient habiter Weedon à sa retraite

— S’implique auprès de la Société d’histoire et du journal local

— Gère le projet d’agrandissement du Moulin des Cèdres