Paul McKenzie

Choisir sa route

Depuis sa tendre enfance, Paul McKenzie aime le plein air et le vélo. À 40 ans, après un détour au sein d’une grande firme d’ingénierie et d’une institution bancaire dans la métropole, le Drummondvillois d’origine trouve le bonheur d’allier passion et vie professionnelle, ici, à Sherbrooke.

Après un baccalauréat en génie civil à l’Université de Sherbrooke, Paul McKenzie commence sa carrière chez Dominion Bridge, entreprise montréalaise qui a construit les ponts Champlain et Jacques-Cartier. En parallèle, il fait un MBA à l’Université McGill qui le mènera au siège social de la Banque de Montréal à titre d’assistant-directeur aux prêts pour les grandes entreprises. Mais dans la grande ville, Paul McKenzie s’ennuie de la nature.

« Comme j’avais eu un coup de cœur pour Sherbrooke lors de mes études, j’ai demandé à mon boss de me faire transférer. Il m’avait demandé si je réalisais que plusieurs rêvaient de quitter la région pour travailler au siège social alors que je demandais de faire le chemin inverse », lance en souriant celui qui, au fil des ans, n’a jamais hésité à prendre le risque de changer de route.

Après 18 mois à la succursale de Sherbrooke, à l’âge de 30 ans, il démissionne et part faire le tour du monde avec son épouse et sa fille alors âgée de 4 ans.

« On est partis six mois et on a fait, en tout, une vingtaine de pays. »

De retour à Sherbrooke, Paul McKenzie se lance en affaires en s’associant à un ami d’enfance qui exploite une entreprise de revêtements de planchers industriels.

« À ce moment, je reluquais le domaine manufacturier et j’avais passé le message à mon entourage. Alors un ami m’a parlé d’une petite entreprise de Laval qui fabriquait des sacoches de vélo. En fait, c’était un couple qui avait parti sa business dans son sous-sol de maison. La plupart de leurs clients étaient des amis, mais ils avaient un produit de qualité qui touchait deux éléments qui m’intéressaient : le plein air et le vélo. »

Après quelques jours de réflexion, en mai 1997, Paul McKenzie devient actionnaire majoritaire de Arkel. L’année suivante, l’entreprise déménage à Sherbrooke. « Je voyais l’avenir de cette entreprise et ce que je pouvais y apporter. L’entreprise avait alors un carnet de commandes rempli mais, victime de son succès après une participation à une foire de Toronto, elle peinait à livrer la marchandise. Je suis arrivé à temps pour sauver la saison 1997. »

La réussite de l’entreprise repose sur la qualité des produits, le service à la clientèle et internet. « Dès l’an 2000, nous avions un site web transactionnel. On était conscient qu’on ne pourrait pas survivre uniquement avec le marché québécois avec notre produit de niche. On a donc misé également sur le marché américain », explique le président de l’entreprise qui réalise aujourd’hui 65 pour cent de son chiffre d’affaires à l’extérieur du Canada dont environ 50 pour cent aux États-Unis.

« Notre stratégie de pénétration du marché a été de participer à plusieurs grandes foires commerciales à Chicago, Philadelphie, Los Angeles. Au départ, les boutiques étaient réticentes à acheter nos produits qui sont assez dispendieux alors on a misé sur les consommateurs et ce sont eux qui, satisfaits, ont parlé de nos produits à leur groupe de vélo et aux boutiques. »

En 20 ans, l’entreprise est passée de quatre à une trentaine d’employés et depuis 2003, près d’une dizaine d’employés avec une déficience intellectuelle s’est jointe à l’équipe.

« Non seulement ce sont des employés efficaces, mais ils renforcent également le côté humain de l’entreprise. Le respect de la personne est très important », note-t-il ajoutant que la pénurie de main-d’œuvre ralentit présentement la croissance d’Arkel, comme c’est le cas pour de nombreuses entreprises, dans un contexte où le marché des vélos électriques s’ouvre, notamment en Chine et en Europe.

Mais somme toute, Paul McKenzie se considère très privilégié lorsqu’il pense à ses conditions de vie et de travail. D’ailleurs dans la description de l’homme d’affaires sur le site de l’entreprise, on peut lire que « Paul est toujours de bonne humeur » et que lorsqu’il n’est pas à son usine de la rue Roy, qui est remplie d’employés souriants, il teste, avec son épouse, les nouveaux produits Arkel aux quatre coins du monde. Une route ensoleillée. La sienne.

Repères

Né le 17 janvier 1957, Paul McKenzie est originaire de Drummondville;
Marié à Louise Henault depuis 1983, il est le père d’une fille, Lisa;
Détenteur d’un baccalauréat en génie civil de l’UdeS (1980) et d’un MBA de l’Université McGill;
Propriétaire d’Arkel, spécialiste en conception et fabrication de sacoches de vélo haut de gamme.