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François Lamontagne, mérite estrien de la semaine.
François Lamontagne, mérite estrien de la semaine.

Chercher l’espoir à travers l’incertitude

Sabrina Lavoie
Sabrina Lavoie
La Tribune
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François Lamontagne est intensiviste-interniste au CIUSSS de l’Estrie–CHUS et professeur-chercheur à la faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke ainsi qu’au Centre de recherche du CHUS. Sous tous ces chapeaux, le Sherbrookois n’a pourtant qu’un seul et même objectif : celui d’aider son prochain.

Né d’une mère radiologiste et d’un père neurologue, François Lamontagne baigne depuis toujours dans le milieu des soins hospitaliers. Même s’il a su assez tôt vers quel choix de carrière il s’orienterait, le spécialiste en soins de santé indique avoir tout de même exploré le monde à la recherche de ce qui l’animait réellement.

Intéressé par la santé internationale, François Lamontagne a notamment effectué quelques stages « improvisés » au Pérou et au Ghana lors de ses études en médecine à l’Université de Montréal vers la fin des années 90.

« Il faut dire que j’ai reçu bien plus que j’ai donné lors de ces voyages axés sur la formation », raconte-t-il humblement. Cet intérêt pour la santé des communautés plus vulnérables l’a toutefois suivi tout au long de son parcours professionnel.

Après avoir poursuivi ses études en médecine interne et en soins intensifs, François Lamontagne s’est intéressé au système cardiovasculaire et au sepsis, soit un syndrome clinique de dysfonctionnement des organes provoqué par une infection.

« J’ai somme toute une formation en recherche assez générale », indique celui qui se compare à un entrepreneur général de la santé. « J’ai tendance à participer à des projets ancrés dans le milieu des soins intensifs, mais spécialisés dans l’évaluation des pratiques qui ne sont pas nécessairement nouvelles, mais pour lesquelles il reste beaucoup d’incertitude scientifique. »

« J’ai le désir d’évaluer les méthodes que l’on répète tous les jours qui sont parfois trop peu étudiées. Si on n’évalue pas adéquatement ce que l’on fait dans le réseau de la santé, on expose les patients à des risques et la société à des coûts qui deviennent rapidement hors de contrôle. Il faut être absolument certain de tous les bénéfices », ajoute celui qui préconise par ailleurs une approche multidisciplinaire axée sur le patient.

L’expertise en méthodologie de travail et en évaluation l’a d’ailleurs mené à quelques reprises en Afrique, où ce dernier s’est affairé à soigner des citoyens infectés par le virus de l’Ebola.

« Étant assez onéreux, les soins intensifs m’avaient éloigné de cet intérêt que j’ai toujours eu pour l’équité et les communautés plus vulnérables. C’était une occasion pour moi de réunir mes intérêts pour la santé internationale et les soins intensifs. Les trois missions que j’ai réalisées étaient en mon sens un besoin réel. J’étais définitivement sur mon X. Avoir l’impression d’aider c’est un moteur extraordinaire. On doute parfois de notre apport en tant que médecin, mais dans ce cas-ci, c’était un sentiment merveilleux. Bien mieux que le chèque de paye à la fin du mois », confie celui qui a notamment rédigé un guide de prise en charge pour les patients infectés par l’Ebola.

Jongler avec la COVID-19

Les connaissances et l’expertise de François Lamontagne entourant les stratégies de déploiement de soins de base en situation de gestion de crise de santé ont d’ailleurs été fort utiles au cours de la dernière année.

En pleine pandémie de COVID-19, François Lamontagne s’est effectivement vu attribuer de nombreux rôles, dont plusieurs en gestion de recherche et en direction de réseau.

« Ma vie a un peu changé. J’ai eu à faire un peu de jonglerie », admet le médecin qui a reçu une subvention de 1,87 M$ pour en apprendre davantage sur les effets de la vitamine C chez les usagers atteints du coronavirus nécessitant une hospitalisation en plus d’être codirecteur du Réseau Sepsis Canada et du Réseau québécois COVID-Pandémie (RQCP).

François Lamontagne a d’ailleurs présidé la première recommandation clinique de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui portait sur l’administration de corticostéroïdes dans le traitement des formes graves de la COVID-19.

Malgré son impressionnant parcours professionnel, l’intérêt premier du chercheur demeure tout de même sa famille. « Je reconnais que mon horaire et mon train de vie m’en éloignent, mais j’essaie de compenser en étant vraiment présent quand je suis là. J’essaie de vivre en fonction d’un système de valeurs qui place ma famille avant tout le reste », affirme celui qui a trois enfants de 16, 14 et 12 ans.

Repères 

  • Originaire de Sherbrooke
  • Père de trois enfants
  • Interniste et intensiviste au CIUSSS de l’Estrie-CHUS
  • Chercheur au CHUS
  • Professeur à la Faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke
  • Codirecteur du Réseau Sepsis Canada
    Codirecteur du Réseau québécois COVID-Pandémie (RQCP)