Emmanuelle Vincent-Racicot et David Auclair.
Emmanuelle Vincent-Racicot et David Auclair.

Carburer aux mille et un projets

Mireille Vachon
Mireille Vachon
La Tribune
De l’environnement aux sports, en passant par l’éducation et les causes sociales, Emmanuelle Vincent-Racicot est très impliquée dans toutes les sphères de sa communauté. Depuis toujours, la native de Saint-Étienne-de-Bolton prend plaisir à donner de son temps pour répandre de la joie au sein de la population, toujours aux côtés de son conjoint, David Auclair.

L’année 2019 a été remplie de projets pour Mme Vincent-Racicot et son mari. L'année d'avant aussi avec l’arrivée de leur troisième enfant et leur déménagement de Saint-François-Xavier-de-Brompton à Saint-Étienne-de-Bolton.

« Étant donné que je suis revenue dans mon village natal et que je suis la septième génération à y habiter, j’ai senti une impulsion et un goût d’agir pour aider la communauté, la valoriser et faire en sorte que tout le monde se sente inclus. On est donc parti sur mille et un projets », raconte la lauréate du Mérite estrien.   

Parmi ceux-ci, le frigo libre-service « Touski-s’mange », installé au cœur de Saint-Étienne-de-Bolton depuis novembre 2018, connaît un vif succès. 

« On récupère les invendus alimentaires dans les commerces des environs et on les met à disposition de la population dans un frigo communautaire », explique-t-elle. 

Toutefois, avec la pandémie de COVID-19, la gestion est un peu plus complexe. À défaut de ne pas avoir accès au frigo communautaire habituel, le couple fait venir les gens chez lui à tour de rôle et aux trente minutes pour éviter les croisements. 

Depuis le début du projet, environ 150 familles ont bénéficié de plusieurs aliments encore comestibles destinés à la poubelle en raison de leur date de péremption échue.

« La première année, on a revalorisé vingt tonnes de nourriture, et depuis la COVID, déjà dix tonnes ont été redistribuées », souligne Emmanuelle Vincent-Racicot. 

En plus de limiter le gaspillage alimentaire, le « Touski-s’mange » est devenu un lieu de rassemblement, une occasion pour les Stéphanois – résidents de Saint-Étienne – de s’échanger des recettes et d’apprendre à se connaître. « Notre projet est encore plus beau que ce qu’on espérait », avoue-t-elle avec fierté.

À travers ce gros projet, l’inhalothérapeute de profession est temporairement animatrice paroissiale et célébrante pour son village depuis peu avant la pandémie. Elle et son mari ont également accueilli dans leur maison une famille de réfugiés irakiens pendant trois semaines pour créer des liens avec eux, les aider à s’intégrer dans leur nouveau milieu et leur « faire aimer notre beau Québec ».

À cela s’ajoutent plusieurs projets pour enfants : le parcours pour petits entrepreneurs, qui permettait aux jeunes de monter leur propre entreprise d’un jour, et l’heure du conte en pyjama, qui amenait les enfants à découvrir la lecture et l’écriture sous plusieurs facettes. L’idée d’un café-brioche intergénérationnel, où les enfants et les aînées pourraient se côtoyer et apprendre à se connaître dans le jeu et le partage de savoirs, est également sur la table. 

« C’est toujours fait de façon bénévole, mais c’est tellement passionnant pour moi que je le fais avec plaisir. Je le fais aussi pour mes enfants et tous les enfants du village. Pour qu’ils aient envie de rester dans notre village, pour qu’ils voient qu’il s’en passe des belles choses ici et qu’ils soient attachés à notre terre comme moi je le suis », exprime Mme Vincent-Racicot. 

Jamais sans son bras droit

Emmanuelle Vincent-Racicot et son conjoint David Auclair forment une équipe complémentaire.

« Moi, je suis l’imagination, l’impulsion et la créativité. Lui, il est quelqu’un de solide qui va persévérer, amener le projet à terme et le maintenir en vie sur une longue période », note-t-elle. 

« Évidemment, je suis très honorée et très fière de recevoir le Mérite estrien, déclare la lauréate. En même temps, j’aurais espéré gagner ce prix-là de façon conjointe avec mon époux, car on fait toujours nos projets ensemble. »

Dans un futur rapproché, le duo aimerait mettre sur pied une serre poulailler solaire passive, qui serait un lieu de rassemblement et de transmission de connaissances sur l’agriculture durable et responsable. Si la municipalité donne le feu vert, la serre poulailler verrait idéalement le jour l’été prochain.