Édith Cournoyer et Robert Cyr

Apprendre tout au long de la vie

Robert Cyr et Édith Cournoyer sont des passionnés qui ont à coeur le succès des résidents du Haut-Saint-François. Tout au long de leur carrière, ils ont permis à bien des gens de développer leurs connaissances pour agir dans leur milieu de vie, peu importe leur âge. Il faut dire que le couple a oeuvré dans une région où le décrochage scolaire était jadis très élevé et la scolarisation, plutôt faible.
C'est en 1984 que M. Cyr et Mme Cournoyer ont fondé le Centre de services éducatifs populaires (CSEP) du Haut-Saint-François. À cette époque, ils arrivaient de Montréal et ils n'avaient aucune idée de ce qui allait se présenter à eux ni s'ils allaient demeurer dans la région. Finalement, le CSEP est devenu leur gagne-pain et leur passion pour le reste de leur carrière respective. « À force de discuter, on s'est rendu compte que dans le milieu rural, le taux de diplomation et de scolarisation n'était pas élevé. J'avais donc soumis un projet pour investiguer et savoir quelle était la situation des personnes préscolarisées. De fil en aiguille, on s'est rendu compte qu'il y avait bien plus de personnes qu'on pensait qui étaient dans ces situations. Nous avons donc fait les démarches pour créer l'organisme et l'accréditer auprès du ministère de l'Éducation », explique M. Cyr.
À la suite de leur début très modeste, ils se sont rendu compte de l'intérêt que revêtait le CSEP. Ils ont passé des partenariats avec différents organismes de la région, dont le Centre local de développement, le Carrefour jeunesse-emploi et des organismes communautaires. Armés de leur bonne volonté, ils ont réussi à faire une réelle différence au sein de leur communauté et à voir tous les bienfaits que leur aventure apportait. « Nous vivons dans le milieu, donc nous rencontrons les gens que nous avons aidés par la suite. Notre métier nous a amenés à vivre encore plus intensément dans notre région. C'est quelque chose de très riche à nos yeux. Ça nous a également appris à ne pas juger, car quand on veut aider les gens, on laisse ça de côté », note Mme Cournoyer.
Que du bonheur
Pour imager tout le plaisir qu'ils ont pris à aider les personnes qui en avaient besoin à travers leur aventure au Centre de services éducatifs populaires, Mme Cournoyer a une belle façon d'en témoigner : « Robert et moi avons toujours notre souper du vendredi soir à nous deux et ça nous arrivait de nous dire à quel point nous étions heureux et fiers de ce que l'on faisait. On ne se disait pas ça parce qu'on est plus fins que les autres, mais parce qu'on fait ce métier. Les personnes que nous avons aidées sont heureuses parce qu'elles se réalisent et nous, nous sommes fiers de ce qu'elles ont fait parce que nous avons fait un petit bout de chemin avec elles. Leur réussite est un peu la nôtre quelque part », explique-t-elle.
Ils peuvent donc dire, sans prétention, qu'ils ont fait une réelle différence dans la vie des gens qui ne l'ont vraiment pas toujours eu facile. « Ceux qui viennent ici ont eu des vies difficiles et ils ont détesté l'école. On sait que l'enjeu est grand. Ce que l'on veut, c'est leur redonner confiance. On a déjà entendu des personnes nous dire que ce n'était pas si difficile que ça faire des mathématiques. À partir du moment où ils comprennent qu'ils sont capables d'apprendre, il y a un déclic qui se fait. C'est ce qui fait qu'on est si heureux pour eux », note celui qui est bachelier en histoire à l'Université de Sherbrooke.
Cette magnifique aventure en arrive cependant à ses derniers pas. Le couple se retirera graduellement du CSEP puisqu'il amorce sa route vers la retraite dès cet automne. Ce sera donc le temps pour les deux membres de ce couple passionné d'apprendre à aimer la vie de retraités et à contempler tout le bien qu'ils ont apporté autour d'eux.