Des centaines de personnes de la faculté de médecine et des sciences de la santé (FMSS) se retrouvent sur le terrain.
Des centaines de personnes de la faculté de médecine et des sciences de la santé (FMSS) se retrouvent sur le terrain.

200 résidents de la FMSS au front avec un permis restrictif

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
SHERBROOKE — Environ 200 résidents de la faculté de médecine et des sciences de la santé (FMSS) de l’Université de Sherbrooke disposent d’un permis restrictif pour exercer leur profession.

Ces permis restrictifs s’avèrent une mesure spéciale du Collège des médecins du Québec dans le contexte d’urgence sanitaire. Ils permettent exceptionnellement aux résidents ayant complété leur formation d’exercer à titre de médecin sans avoir préalablement réussi « tous les examens prescrits par la réglementation en vigueur ». 

En conséquence, le Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada, le Collège des médecins de famille du Canada et le Conseil médical du Canada ont reporté les examens.

Selon le doyen de la FMSS, Dominique Dorion, ces examens, qui demandent une préparation intense et qui devaient avoir lieu à la fin mars et en avril, sont reportés en septembre. Rappelons que le Collège des médecins a annoncé sa décision à la fin mars. 

Dr Dorion rappelle que la formation en médecine compte quatre ans sur les bancs d’école, suivie de la résidence, qui est de deux ans pour la médecine de famille, et entre quatre et sept ans environ pour les différentes spécialités médicales. « Ce dont on parle, c’est la fin de formation des résidents. Habituellement, pour avoir un permis de pratique générale au Québec, ça prend deux choses : une attestation de l’université qui a formé l’étudiant (...) et le point numéro deux, c’est la réussite d’un examen de certification » administré par l’un des collèges.  

Il explique que les examens oraux, administrés en présence d’examinateurs qui viennent de partout au pays, ne pouvaient avoir lieu. 

« L’autre morceau, c’est qu’on ne pouvait pas libérer nos résidents. Ce sont des acteurs importants dans le milieu de la santé qui ne peuvent être libérés pour préparer leur examen. La situation est la même partout au Canada. »

Les permis restrictifs ne limitent pas la pratique des résidents, précise Dr Dorion. C’est plutôt que le permis est valide jusqu’à ce que les résidents aient passé les examens. Ces permis restrictifs sont valides jusqu’en juin 2021. 

« Ce ne sont pas des docteurs à rabais que l’on met sur le marché parce qu’ils n’ont pas le choix. Ils sont extrêmement compétents. Le taux de succès pour les examens du collège royal, dans la grande majorité des spécialités, pour les gens qui sont gradués de nos programmes du Canada (...) est bien en haut de 95 % chaque année. » 

Quant aux examens repoussés, Dr Dorion trace un parallèle avec les Olympiques, alors qu’étudiants et athlètes s’y préparaient depuis longtemps.

Les résidents de la faculté toujours en formation et qui se retrouvent en stage sont environ 800.

Qu’en est-il des étudiants qui doivent être admis en médecine à la prochaine rentrée scolaire? On retrouve habituellement deux types d’étudiants : ceux qui finissent le cégep et ceux qui terminent un parcours universitaire. 

« Pour la cohorte qui sort du cégep, le processus est en route présentement. Habituellement, on les sélectionne sur la cote R (cote de rendement académique). On utilise les trois dernières sessions. On a toute l’information que l’on a chaque année. » Habituellement, les étudiants qui aspirent à devenir médecins font l’objet d’une simulation, où l’on recherche des compétences et des aptitudes particulières. Cette simulation a été annulée cette année. « On aura cette information de moins pour choisir les étudiants. »

Cette façon de faire a été remplacée par une autre sorte de test, qui est similaire et qui existe depuis plusieurs années, appelé CASPer. « Ce n’est pas comme si on devait improviser de nouvelles façons de faire. » 

À la FMSS, on indique que sur les 650 professeur(e)s réguliers de la faculté, environ 500 sont des professeurs médecins qui se retrouvent en action, en plus des quelque 2000 chargés de cours et professeurs d’enseignement clinique. On retrouve également « au front » des professeurs en sciences infirmières, en réadaptation, en plus des ressources enseignantes de l’École des sciences infirmières.