« L’éducation, faut y croire »

Lilia Gaulin
Lilia Gaulin
La Tribune
Le nom de Gilles Normand est bien connu à travers la grande région de Sherbrooke notamment dans le milieu de l’éducation et du bénévolat. L’homme, qui a occupé plusieurs fonctions, dont celle de président au sein de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS, devenue centre de services scolaire depuis) a travaillé d’arrache-pied tout au long de sa carrière afin de rendre la communauté meilleure.

Dès son plus jeune âge, Gilles Normand a baigné dans le monde de la politique principalement grâce à son père qui a été maire de Stukely Canton et qui a œuvré dans ce monde pendant près de 25 ans. 

C’est un de ses amis qui l’a invité à se présenter afin de devenir commissaire de quartier. Une décision qui viendra changer la vie de l’homme. La tête remplie de souvenirs, M. Normand se remémore avoir impliqué ses enfants dans sa campagne électorale. 

« Une de mes filles faisait des appels aux gens qu’elle connaissait. La plus vieille était assise à une des tables de circonscription afin de faire le décompte des gens qui venaient voter. Mon père était également présent », note l’homme, les yeux remplis d’étoiles. 

C’est le 14 juin 1998 que M. Normand est élu pour la première fois au sein du conseil des commissaires de la CSRS. Durant plusieurs années, il a concilié un emploi chez Bell Canada et ses fonctions de commissaire. 

« Je me rappelle que lorsque j’étais à l’école du village à Eastman et que le commissaire venait visiter il y avait une cérémonie. Les enseignants nous préparaient à cette visite. Ça m’avait un peu fasciné à ce moment. »

Gilles Normand est nommé président en 2010 à la suite du départ de son prédécesseur, Gilles Boudrias. Quatre ans plus tard, M. Normand remporte la première élection pour le poste de président au suffrage universel. Son implication dans plusieurs comités est sans équivoque. 

Tout au long de sa carrière, l’homme a eu comme cheval de bataille la formation professionnelle ainsi que la formation générale des adultes. Il a d’ailleurs reçu le titre de Grand ambassadeur du Centre de formation professionnelle 24-juin en raison de son engagement envers ce secteur d’enseignement. « Tout le monde a son importance et tout le monde a sa place. »

Présent à de nombreux événements, M. Normand ne comptait pas les heures travaillées. « J’ai tenté à ma façon d’être le plus présent possible sur le terrain afin de connaître les différents milieux, discuter avec les gens et connaître les besoins pour être en mesure d’avancer », souligne-t-il en entrevue avec La Tribune, surpris d’avoir été sélectionné pour un Mérite estrien. Humblement, M. Normand a mis en lumière le travail accompli par ses collègues au fil des années.

Durant 22 ans de vie politique, Gilles Normand a accompli une panoplie de réalisations. Deux de ses plus grandes fiertés sont la baisse du taux de décrochage scolaire ainsi que la hausse du taux de diplomation. « Ce sont plusieurs petites choses comme la recherche, la création de la fondation, les rénovations de la salle pour l’option des arts de la scène à La Montée et la construction du complexe Thibault GM, qui nous ont permis d’en arriver là. Ce sont des petits pas, mais ils font un changement majeur. Nous avons vraiment avancé. » M. Normand a rappelé à de nombreuses reprises que chaque petit geste compte en éducation. 

Le programme Accès 5 est très significatif pour l’homme. Ce projet permet le déploiement de cinq sphères d’action soit le suivi individuel, le soutien scolaire, la programmation parascolaire, l’approche intégrée et les actions spécifiques, ainsi que l’aide financière et matérielle, auprès des élèves qui sont susceptibles de décrochage scolaire. 

« C’était important pour moi d’être présent dans les écoles et dans la communauté afin de créer des contacts. Grâce à des partenaires, nous avons créé des projets. Quand nous sommes présents, nous créons des possibilités. »

Le Gala des Bravos est un événement d’une grande importance aux yeux de Gilles Normand. « C’est tellement important pour moi d’avoir un gala qui illustre la réussite des gens qui ont persévéré et qui sont restés à l’école malgré plusieurs difficultés comme des problèmes de santé. Il y a tellement de façons de réussir. »

En plus d’occuper des fonctions importantes à la CSRS, l’homme s’est également impliqué dans les sports. En 1980, il est devenu l’entraîneur de l’équipe féminine de handball du Cégep de Sherbrooke ainsi que de l’équipe senior féminine Sherbrooke-Metro. Au fil des années, il a également été entraîneur de balle-molle, de football et de soccer. 

De 1999 et 2006, il a œuvré activement au sein du club de soccer des Pulsars de Rock Forest en occupant plusieurs postes dont la vice-présidence et la présidence du conseil d’administration. 

Guidé par la passion, Gilles Normand a travaillé jour après jour, et ce, pendant plus de deux décennies pour les jeunes de la région.

L’ancien président de la CSRS est satisfait de ses 22 ans de carrière en politique. Toutefois, il est déçu de la manière dont cette aventure a pris fin avec l’abolition des postes de commissaires en raison de l’adoption de la loi 40 transformant les commissions scolaires en centres de services scolaires. 

Lorsque questionné sur son avenir, M. Normand est clair. Dans les prochains mois, il se concentrera sur un nouveau défi : le rôle de grand-père. « J’ai une carrière de grand-papa qui commence », lance-t-il en riant.

Repères 

  • Né le 20 juillet 1957 à Eastman
  • Marié à Linda Turgeon
  • Père de trois enfants 
  • Retraité de Bell Canada depuis 2013 après 34 ans de service
  • Joueur de golf et de balle-molle
  • Membre de l’équipe de football et de handball des Volontaires du Cégep de Sherbrooke de 1976 à 1979