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Mérite estrien

Trente ans de casse-tête

Lorsque Gilles Boire a entamé sa carrière de rhumatologue en 1989, les connaissances dans ce domaine médical étaient sommaires. « On avait quelques médicaments, vraiment très peu, qui dataient des années 1930, qu’on utilisait pour essayer de soulager les patients, généralement des femmes, qui voyaient l’arthrite comme une fatalité. » C’est pourtant un des facteurs qui a incité le médecin à choisir cette spécialité. « J’ai décidé que ce serait mon petit rôle d’en connaître plus, de faire de la recherche et de retourner chaque morceau de casse-tête. »

Et des morceaux de casse-tête, le Pr Boire en a retourné plusieurs pendant les 30 dernières années. Assez pour assembler quelques parties de ce très complexe puzzle que sont les maladies inflammatoires.

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Rendre l’apprentissage plus concret

Lorsqu’il a commencé à enseigner en sciences infirmières au Cégep de Sherbrooke en 1990, Ivan L. Simoneau voulait que ses étudiants puissent vivre des expériences concrètes avant de pratiquer sur un patient. Trente ans plus tard, sa mission est accomplie. Grâce à sa persévérance et à ses recherches, l’institution s’est dotée d’un Centre de recherche et de formation par simulation (CEREFS) pour que les étudiants arrivent sur le marché du travail encore plus prêts.

« La recherche a toujours fait partie de ma vie d’étudiant, jusqu’à ma vie de travailleur, décrit M. Simoneau, le sourire aux lèvres. La recherche collégiale a commencé dans le cadre de mes travaux de doctorat. J’ai examiné les connaissances en santé chez les étudiants du collégial. Évidemment, j’ai toujours gardé mes réflexes de chercheur. »

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Éclairer les esprits, et non les villes

Déjà à 10 ans, Johanne Roby connaissait sa vocation. « Moi, je veux être chercheuse », avait-elle dit avec assurance à son enseignant de quatrième année.

Aujourd’hui, Mme Roby est non seulement reconnue pour son travail de recherche sur la pollution lumineuse et son habileté à captiver ses étudiants, mais aussi pour son engagement et son leadership dans les multiples projets qu’elle entreprend. 

« Je carbure aux projets. Je suis une personne extrêmement curieuse. J’aime relever des défis et j’aime plein de choses en même temps », partage la mère de deux adolescentes.

Enseignante au département de chimie du Cégep de Sherbrooke depuis près de 20 ans, Mme Roby se fait un devoir de stimuler au maximum ceux qui franchissent la porte de sa classe en les intégrant à des projets de recherche multidisciplinaires. Plusieurs d’entre eux participent notamment au projet d’oasis de ciel étoilé à Sherbrooke que Mme Roby mène aux côtés de son collègue Martin Aubé. Le lancement sera d’ailleurs fait en mai prochain, se réjouit-elle.   

« Ce qui m’allume beaucoup, c’est de savoir que je participe à la création de la relève, dit celle qui avoue avoir toujours souhaité enseigner. Les allumer, les stimuler et faire d’eux de meilleurs bâtisseurs du futur. Les projets dans lesquels on est sont très sociétaux et communautaires. Il y a des étudiants qui se trouvent, qui se révèlent en ayant les deux mains dans un projet. » 

Alors qu’elle « allume » ses élèves, c’est plutôt l’inverse qu’elle cherche à faire avec la lumière artificielle depuis quelques années. « Je suis tombée en amour avec ce sujet-là. Mon collègue m’a embarquée là-dedans et je me suis mise à lire tout ce que je pouvais à propos de ça. C’était comme une révélation. Ce que l’éclairage artificiel et la lumière bleue peuvent faire à la santé humaine, c’est très inquiétant. Il fallait le dire à la population », lance celle qui, dès son entrée en poste au Cégep, envisageait d’entreprendre de grands projets. Ses années postdoctorales au Conseil national de recherches à Ottawa et comme chargée de projet en biopharmaceutique l’avaient gonflée à bloc. 

M. Aubé, les étudiants et elle dirigent une partie de leurs efforts vers la vulgarisation et la sensibilisation en ce qui a trait à la pollution lumineuse. « Les jeunes aiment beaucoup ça. On est deux enseignants très motivés. On les amène à plein d’endroits, on est par exemple allés au Mexique pour la cérémonie de clôture de l’Année internationale de la lumière et y rencontrer les conférenciers. Je pense que tout ça montre que quand on veut, on peut faire ce qu’on veut. Même s’il y a des montagnes, on passe par-dessus. C’est un peu ce qu’on veut montrer aux étudiants. Ils n’ont pas encore de discipline lorsqu’ils sont au Cégep, mais ils sont extrêmement créatifs », partage celle qui accorde 50 % de son temps à l’enseignement et 50 % à la recherche.  

Santé et sécurité   

La fascination de Mme Roby pour la santé humaine l’a également menée vers la mise sur pied d’un nouveau programme d’environnement, hygiène et sécurité au travail au Cégep (EHST). Elle a ainsi consacré deux ans à confectionner la grille de cheminement scolaire, à visiter différentes entreprises et à identifier les besoins régionaux en la matière. Elle enseigne d’ailleurs à la deuxième cohorte du programme en ce moment. « On est extrêmement fiers du résultat », dit-elle. 

Et puisqu’un projet n’attend jamais l’autre avec Mme Roby, celle-ci a dirigé et mis sur pied le comité de gestion des matières dangereuses au sein de l’établissement d’enseignement afin de répondre aux nouvelles exigences du SIMDUT 2015. 

Son implication et ses efforts de sensibilisation ont d’ailleurs été récompensés en mai dernier par la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESSST), qui lui a remis le prix Leader national en santé et sécurité au travail 2019. 

« J’ai ouvert les portes de tous les pavillons pour répertorier les matières dangereuses. J’embarque aussi les étudiants d’EHST là-dedans dans le cadre de mes cours de chimie pour qu’ils fassent de l’apprentissage en milieu de travail authentique. Je leur confie par exemple l’organisation d’un laboratoire comme projet de session. » 

Heureusement pour les milieux dans lesquels elle s’implique, Mme Roby est loin d’être prête à ralentir. « Je me dis souvent qu’il faut que je calme et j’ai essayé des sessions où je ne faisais seulement qu’enseigner, mais si je ne fais pas de projets au travail, je vais en faire ailleurs », note celle qui se passionne notamment pour la photographie, particulièrement de nuit.

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Passer à un autre niveau

Si Kim Boutin a atteint les plus hauts sommets possibles en 2018 lors des Jeux olympiques de PyeongChang, en Corée, elle a prouvé, depuis le début de la présente saison sur le circuit de la coupe du monde de patinage de vitesse courte piste ISU, sa prétention d’être l’une des meilleures patineuses au monde.

La triple médaillée olympique en Corée (une médaille d’argent au 1000 m et deux médailles de bronze aux 500 m et 1500 m) a soufflé le monde du patinage de vitesse en devenant la première femme à patiner sous les 42 secondes sur la distance de 500 m, en novembre.

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Quand la complémentarité mène au succès

Ils se sont rencontrés sur le perron de l’église il y a 31 ans, le jour où Pierre Meunier unissait ses jours à ceux de la grande amie d’enfance de Michel Auger. Les deux hommes dans la vingtaine ne savaient pas, ce jour-là, que deux décennies plus tard, ils deviendraient partenaires d’affaires pour le meilleur et pour le pire. Un mariage professionnel heureux et fructueux qui dure depuis 2008.

« Notre recette magique, c’est notre complémentarité », lance d’emblée M. Auger.

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Soldat et chef d’orchestre

Alexandre Grégoire est un homme qui jongle avec de nombreuses fonctions. D’abord, il est commandant du régiment Les Fusiliers de Sherbrooke, qui compte environ 350 membres. Il est aussi père de deux enfants de 11 et 8 ans et il enseigne à temps plein dans une classe de quatrième année. Et finalement, c’est un bénévole qui a à cœur de redonner à la communauté sherbrookoise de diverses façons sans oublier qu’il souhaite que l’histoire militaire sherbrookoise soit mieux connue.

Le lieutenant-colonel Alexandre Grégoire a fait son entrée dans la réserve des Forces armées canadiennes en 1998 quand il étudiait au Cégep de Saint-Hyacinthe. Il a été transféré chez les Fusiliers  alors qu’il venait s’installer à Sherbrooke pour y effectuer ses études en enseignement à l’Université de Sherbrooke.

« J’étais caporal, et j’ai alors décidé de faire le transfert vers les officiers. Cette décision m’a transformé. Je suis devenu un autre homme », indique M. Grégoire.

Il a donc occupé un poste de réserviste pendant ses études universitaires tout en poursuivant les formations pour gravir les échelons dans l’armée. À la fin de ses études, il a obtenu un contrat à temps complet comme capitaine-adjudant chez les Fusiliers pendant cinq ans alors que l’armée canadienne était plongée en pleine guerre en Afghanistan.

Une fois ce contrat terminé, deux choix s’offraient à lui : retourner à son travail d’enseignant en continuant d’être réserviste ou encore être transféré dans l’armée régulière. 

« Après ce contrat, c’était clair pour moi que je voulais aussi développer ma carrière civile et retourner à l’enseignement. C’était très important pour moi », indique M. Grégoire.

Mais il demeure réserviste. Les années passent pendant qu’il conjugue ses deux boulots avec sa vie familiale.

Puis vint la promotion. Le 23 septembre 2017, le lieutenant-colonel devient commandant des Fusiliers de Sherbrooke.

Lui qui habite à Drummondville continue donc les voyages à Sherbrooke pour toutes les activités et les entraînements des Fusiliers, sans oublier les formations qui, avec le temps, deviennent de plus en plus exigeantes.

En même temps, il voyage tous les jours du côté de Saint-Hyacinthe où il enseigne au primaire dans une classe de quatrième année. « C’est un travail que j’adore! »

Mais en même temps, son rôle de commandant le tient très occupé. « Être à la tête des Fusiliers, c’est un travail complexe. Il y a beaucoup de choses à faire », indique-t-il.

Il faut dire que le régiment fait partie des trois meilleures unités de réserve au Canada en infanterie. De plus, grâce à un nouveau mandat, le régiment devra être capable à partir de 2021 de fournir un peloton complet si l’armée effectue un déploiement. « Ça signifie qu’une centaine de personnes doivent être formées et actives en tout temps », indique le lieutenant-colonel.

La gestion d’un tel régiment est exigeante, mais M. Grégoire insiste pour dire qu’il ne le fait pas seul : « Je suis le chef d’orchestre, mais je ne joue pas tous les instruments ».

Malgré cet horaire chargé par deux emplois, Alexandre Grégoire trouve le temps de s’engager dans la société pour faire une différence.

Par exemple, en avril dernier, il fracassait un deuxième record consécutif de dons récoltés pour la campagne du pain partagé de Caritas avec une vingtaine de ses réservistes bénévoles pour l’occasion. Il a accepté la présidence d’honneur d’un souper-bénéfice au profit de Moisson Estrie puis a soutenu une collecte de denrées pour la Fondation Rock-Guertin. Il agit également comme répondant de deux corps de cadets à titre de bénévole.

Il est aussi soucieux de partager le riche héritage militaire de la région sherbrookoise avec la jeune génération. « Nous avons préparé une offre pédagogique pour les élèves de cinquième secondaire dans le cadre de leur cours d’univers social. Cent vingt élèves ont pu venir visiter le Musée des Fusiliers », explique-t-il en précisant que l’activité a eu lieu peu avant le jour du Souvenir, plus tôt cet automne.

« C’est un projet-pilote qui a été un beau succès », souligne-t-il.

Parallèlement à tous ces projets, le lieutenant-colonel est aussi père de deux enfants, Louis, 11 ans, et Léa-Rose, 8 ans. « J’essaie de faire un bon dosage de mon temps et je mise beaucoup sur tous les moments du quotidien que nous pouvons passer ensemble. Mes enfants vont à l’école à Saint-Hyacinthe, donc ils voyagent avec moi le matin et le soir. Et l’heure des repas, c’est un moment privilégié pour la famille », indique-t-il.

Or le père de famille passe au moins une journée par fin de semaine avec les Fusiliers, parfois les week-ends complets. Il reconnait que c’est un sacrifice que font sa conjointe et ses enfants.

« Le samedi 26 septembre 2020, ce sera la passation de mon commandement des Fusiliers et probablement ma retraite des Forces armées canadiennes. J’aurai donné beaucoup, ma famille aussi, ce sera le temps de retrouver un rythme de vie un peu plus normal », indique-t-il.

REPÈRES

  • Né le 10 novembre 1979 à Arthabaska
  • Conjoint de Christine Bibeau et père de Louis, 11 ans, et Léa-Rose, 8 ans
  • Commandant des Fusiliers de Sherbrooke depuis le 23 septembre 2017
  • Membre des Forces armées canadiennes depuis 1998
  • Enseignant au primaire

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Faire avancer la science une cellule à la fois

Florian Bentzinger est né et a grandi dans la partie allemande de la Suisse. Ses études doctorales et postdoctorales l’ont mené un peu partout dans le monde. Son père habite au Brésil, sa mère en Suisse, son frère, en Corée du Sud. De son côté, c’est à Sherbrooke qu’il a choisi de venir s’établir pour poursuivre sa carrière en biologie moléculaire grâce à un emploi de chercheur au Centre de recherche du CHUS et de professeur à l’Université de Sherbrooke. L’objectif de ce jeune chercheur des plus prometteurs : faire avancer la science, une cellule souche à la fois.

« Je suis venu visiter le Centre de recherche du CHUS et j’ai été impressionné par le dynamisme de l’Institut de pharmacologie de Sherbrooke. On vient d’ailleurs de recruter encore deux jeunes chercheurs! Le directeur Louis Gendron est jeune, dynamique, il rayonne à l’international. Il m’a fait une impression forte », relate Florian Bentzinger.

La recherche fondamentale est souvent beaucoup trop méconnue dans la population, souligne le chercheur. Or elle est la base de toutes les grandes découvertes scientifiques. « Nous ce qu’on veut faire, c’est de la recherche qui veut servir à tout le monde. On essaie donc d’avoir des interactions avec le public. C’est important que les gens comprennent ce qu’on fait. Les sciences sont aujourd’hui très spécialisées, et ça prend de la vulgarisation pour que les gens comprennent ce qui se fait dans chacune de ces niches-là », rapporte Florian Bentzinger.

« Par exemple quand on va à des congrès sur les cellules souches, on invite des patients qui ont été greffés par des cellules souches. Pour nous, c’est inspirant, ça nous touche, ça nous remet en contexte pourquoi on fait nos recherches », rajoute M. Bentzinger.

Sur les défauts dans les cellules souches cellulaires

Spécialiste en biologie moléculaire, Florian Bentzinger a effectué une maîtrise en science-biologie moléculaire et un doctorat en biologie moléculaire à l’Université de Basel en Suisse. Il a complété ses études à l’Institut de recherche de l’Hôpital d’Ottawa en réalisant un postdoctorat, qui lui a permis d’étudier en profondeur la biologie des cellules souches musculaires. Aujourd’hui Florian Bentzinger est reconnu pour son expertise sur les défauts des cellules souches.

Si Florian Bentzinger travaille sur plusieurs projets, il est notamment à la recherche de nouveaux traitements pour la dystrophie musculaire. En effet, dans le cadre de ses recherches, le chercheur d’origine suisse tente de déterminer la raison pour laquelle on retrouve des défauts dans les cellules souches. 

« Je souhaite identifier de nouvelles cibles thérapeutiques et développer de nouvelles approches pour traiter les dysfonctionnements des cellules souches, et ainsi créer des traitements pour la dystrophie musculaire. Une telle percée favoriserait la régénérescence des tissus musculaires, un phénomène rendu possible grâce au rôle des cellules souches », explique-t-il.

Mais ce n’est pas tout. Le chercheur fait le lien entre la dystrophie musculaire et le vieillissement.

« J’aimerais comprendre pourquoi certaines cellules souches ne se régénèrent pas lors du vieillissement d’un être humain. J’aimerais identifier la molécule au phénomène de régénération des cellules afin de la fabriquer en laboratoire et l’implanter dans le corps humain. Ainsi, une personne âgée qui subirait une chirurgie de la hanche pourrait mieux récupérer lors de sa convalescence. Ses muscles pourraient se régénérer plus efficacement », explique-t-il.

Les défis sont grands pour le chercheur, et M. Bentzinger croit pouvoir réussir à relever plusieurs de ces défis à Sherbrooke, sa terre d’accueil. Car il est ici pour rester.

« Je viens juste d’appliquer pour ma résidence permanente. C’est un processus long. J’ai déménagé beaucoup dans ma carrière, il faut recommencer tout à zéro à chaque fois... C’est assez là. J’en ai plein mon casque, comme on dit en québécois. C’était mon idéal d’être ici. La vie me plait ici, avec les parcs nationaux, le vélo, le ski de fond, le Mont-Bellevue dans ma cour arrière... » rapporte-t-il avec un grand sourire.

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Entrepreneur en vraie vie

Pour André Gauthier, l’école était facile, ce qui lui a permis, assez jeune, de concilier études et travail. Pendant qu’il termine ses études collégiales en finances, il donne un bon coup de main à ses parents, qui sont propriétaires du motel La Marquise. Lorsqu’il reçoit, en 1979, son acceptation à la faculté d’administration, son père lui propose d’être son partenaire d’affaires. Il ira finalement à « l’université de la vraie vie », une décision que l’entrepreneur n’a jamais regrettée.

Au cours des quatre dernières décennies, il a vécu des aventures entrepreneuriales qui valent bien des diplômes. Les succès et l’analyse de ses échecs lui ont permis de fonder Agendrix, en 2010, une entreprise en forte croissance qui a créé un logiciel de gestion des horaires des employés. Agendrix est aujourd’hui utilisé dans quelque 5000 milieux de travail dispersés dans 28 pays.

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De la puissance d’enfanter

Depuis plus de 25 ans, Lyne Castonguay a été une figure de proue dans le milieu de la périnatalité et une des pionnières du mouvement qui a mené à la légalisation de la pratique de sage-femme au Québec, en 1999.

Son implication s’est d’abord fait sentir dans la création de l’organisme Naissance renaissance Sherbrooke, devenu Naissance renaissance Estrie, ainsi que dans Bedon & Bout’chou.

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Trois génies au service de l’environnement

À leur sortie du baccalauréat en génie mécanique, Jean-Félix Tremblay, Samuel Duval et Jean-David Lantagne croyaient trop en leur projet pour ne pas emprunter le chemin escarpé : démarrer une entreprise qui promet de dépolluer les plages. Et pourtant, parmi les trois jeunes actionnaires d’Hoola One, aucun ne s’imaginait un jour devenir entrepreneur.

Tout s’est décidé à la fin de l’année 2018. Alors que la fin de leurs études approchait, ils se sont interrogés sur l’impact qu’ils désiraient avoir sur la société.

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En amour avec Scotstown

Chantal Ouellet ne devait qu’être de passage à Scotstown lorsqu’elle est venue s’y établir avec son conjoint à la fin des années 70. Le destin en a décidé autrement et notre lauréate du Mérite estrien, de nature impliquée et conciliatrice, est devenue la première conseillère municipale et la première mairesse du village, menant à terme d’importants projets en plus de voler au secours de l’appareil municipal en temps troubles.

Mme Ouellet rit quand elle se remémore les circonstances qui l’ont amenée à habiter Scotstown alors qu’elle était dans la mi-vingtaine. La femme, qui a grandi à Saint-Éleuthère, dans le Bas-Saint-Laurent, avant d’habiter Montréal, l’Abitibi et l’Outaouais, ne comptait pas rester sous le ciel étoilé du mont Mégantic bien longtemps.

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L'éducation pour relancer un milieu

Encore relativement jeune, l’organisme Phelps aide s’efforce de favoriser la réussite scolaire chez les jeunes de la région de Stanstead. Les succès qu’il obtient depuis sa fondation ont fait écarquiller les yeux de bien des gens, à commencer sans doute par ses deux fondatrices, Cathérine Van der Linden et Jeanie Markwick.

Connaissant toutes deux bien le monde des affaires, Mmes Van der Linden et Marwick ont décidé de fonder Phelps aide sur un coup de tête. « On était à l’aréna Pat-Burns et on venait d’apprendre que le taux de décrochage pour les jeunes du coin de Stanstead était énorme. On ne pouvait pas accepter ça et on a décidé sur-le-champ de créer un organisme pour changer cette réalité », raconte la première de deux femmes.

Pour mettre sur pied l’organisation souhaitée, les deux fondatrices ont notamment discuté avec des élus municipaux et divers intervenants du milieu afin d’avoir les coudées franches et de bien saisir les enjeux. Elles ont également étudié le modèle de Pathways to education, une organisation de Toronto qui œuvre aussi auprès de la jeunesse.

« On s’est dit dès le début qu’il fallait s’adapter à la réalité du milieu, qui par essence est rural. On est loin des écoles secondaires et postsecondaires ici et il fallait en tenir compte », souligne Cathérine Van der Linden.

Dès après sa fondation il y a sept ans, Phelps aide a commencé à collaborer avec l’école secondaire Alexander Galt, à Sherbrooke. Les dirigeants de l’organisme se sont toutefois rapidement aperçu qu’il leur faudrait également cibler la clientèle plus jeune s’ils voulaient obtenir des résultats optimaux.

Aujourd’hui, des jeunes âgés de 8 à 30 ans participent aux activités des différents programmes créés par Phelps aide. L’organisme offre aux enfants de l’aide pour faire leurs devoirs, organise des jeux pour développer le goût d’apprendre chez les élèves du primaire, accompagne certains jeunes dans leurs démarches pour dénicher du travail et plus encore.

Près de 200 jeunes profitent du soutien de l’organisme, qui compte quelques employés permanents et un peu plus de 50 bénévoles. Le taux de décrochage des élèves du secondaire paraît avoir chuté de façon importante à Stanstead grâce aux efforts déployés. « Aucun de nos participants du secondaire n’a décroché l’an dernier », note d’ailleurs Mme Van der Linden.

La qualité de vie

Un des objectifs poursuivis par les deux fondatrices de Phelps aide consiste à améliorer la qualité de vie des habitants de la région de Stanstead. « On veut une économie plus forte. Il y a tellement de potentiel ici », fait valoir Jeanie Markwick.

À ce sujet, Cathérine Van der Linden remarque que plusieurs employeurs du milieu ont présentement du mal à trouver les travailleurs dont ils ont besoin. « Les entreprises qui recherchent de la main-d’œuvre nous appellent constamment. Les jeunes du coin ne comprennent pas à quel point il y a des opportunités pour eux ici. On essaie de changer les perceptions », affirme-t-elle.

Sa collègue renchérit en déclarant que les jeunes qui croient que Stanstead n’a rien à leur offrir ont réellement tout faux. « Ce n’est qu’une excuse », estime-t-elle.

Milieu d’adoption

Ni Jeanie Markwick ni Cathérine Van der Linden ne sont nées au Québec. La première a vu le jour à Détroit, aux États-Unis, tandis que la seconde a grandi en Belgique. Elles se sont toutes les deux installées en sol québécois pendant les années 1990.

Les deux femmes habitent également toutes deux dans la région de Montréal. Mais elles possèdent chacune une demeure dans le secteur de Stanstead et ont l’intention de venir s’établir sur place de manière permanente à moyen ou long terme.

« Je dois dire que mon cœur est ici aujourd’hui. J’adore vraiment le secteur. Il y a tellement une bonne vibration, je trouve. Et, en plus, j’ai créé de belles amitiés à travers mon implication dans Phelps aide », indique Mme Markwick quand on lui demande d’expliquer son attachement au milieu.

Jeanie Marwick est copropriétaire d’une entreprise qui offre des conseils financiers à des investisseurs. Quant à Mme Vander Linden, elle affirme consacrer tout son temps à la recherche de financement pour l’organisme qu’elle a cofondé. Phelps aide est supporté par de nombreux donateurs distincts et cela fait sa force selon ses fondatrices.

Repères

— Jeanie Markwick est d’origine américaine;

— Cathérine Van der Linden est d’origine belge;

— Les deux femmes sont arrivées au Canada dans les années 1990; 

— Elles connaissent toutes deux bien le domaine des affaires;

— Elles ont cofondé l’organisme Phelps aide;

— Phelps aide offre du support à 200 jeunes.

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Claude-Gilles Gagné, l'homme qui a battu la machine

Au moment où la carrière d’enseignant de Claude-Gilles Gagné est arrivée à terme, il a choisi de venir s’installer à Weedon dans l’espoir de profiter d’une retraite tranquille. Détenteur de compétences inestimables et d’un esprit vif, M. Gagné a rapidement été approché pour faire partie de différents comités et s’est retrouvé aux premières lignes d’une bataille qui allait déterminer l’avenir de son village d’adoption.

Natif de Richmond, diplômé en littérature de l’Université de Sherbrooke ainsi qu’en relations industrielles de l’Université Laval, Claude-Gilles Gagné a eu une vie bien remplie. Après avoir réalisé que l’enseignement au primaire et au secondaire n’était pas sa tasse de thé, il a fait la transition vers l’enseignement aux adultes, où il s’est épanoui pleinement. 

« Je n’étais pas à ma place avec les enfants, je m’en suis rendu compte assez rapidement, se souvient-il. J’ai été appelé à enseigner aux jeunes décrocheurs ainsi qu’aux immigrants vietnamiens peu de temps après et j’ai adoré l’expérience. Plusieurs de ces jeunes étaient tellement attachants et brillants; ils avaient un réel désir d’apprendre. »

Conjointement avec l’enseignement aux adultes, le lauréat du Mérite estrien a passé plusieurs années à faire de l’éducation syndicale. Son amour pour la langue française demeure cependant inégalée. 

« J’ai un amour profond pour ma langue et ses textes, explique-t-il. J’ai toujours voulu amener mes élèves à prendre contact avec la littérature et le théâtre en rendant la langue française intéressante et facile pour eux. De plus, j’aime beaucoup animer des groupes et donner un spectacle, donc l’enseignement était vraiment l’emploi idéal pour moi. »

Un atout de taille pour Weedon

Lorsque l’heure de la retraite a sonné pour Claude-Gilles Gagné, il a décidé de venir s’installer sur les berges de la rivière au Saumon avec son conjoint. Son frère habitait le village depuis belle lurette et il appréciait ses paysages et sa tranquillité, ce qui l’a poussé à s’y installer à son tour. 

« Peu de temps après mon arrivée au village, j’ai été approché par la Société d’histoire de Weedon pour faire l’inventaire des documents d’archives, relate-t-il. Mes connaissances en informatique et ma maîtrise du français ont fait de moi une cible prisée et comme de fait, les responsables du journal local, L’Éveil du citoyen de Weedon, m’ont recruté pour faire la correction du mensuel. »

Impliqué à hauteur de plusieurs heures par semaine auprès de ces deux organismes, M. Gagné s’est plu à remplir ses nouvelles fonctions. 

« Je suis un épicurien dans tous les aspects de ma vie, dont le bénévolat, explique-t-il. J’aime faire des choses utiles et je ne suis pas capable de rester assis à ne rien faire. Je fais du bénévolat à mes heures, dans un cadre qui n’est pas restrictif, pour le bien de ma communauté. De plus, j’aime les gens et c’est une excellente manière d’en rencontrer. »

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Agir pour la justice

« Il faut s’ouvrir les yeux et agir! » se dit Colette Lemieux devant une cause qui lui tient à cœur. Celle qui donne de son temps depuis aussi longtemps qu’elle se souvienne clame que le don de soi circule dans son sang.

« C’est dans mon sang, j’imagine! En tant que citoyenne, je fais ce que j’ai à faire. J’ouvre mes yeux, et j’agis! » résume Mme Lemieux en entrevue avec La Tribune, humblement surprise d’avoir été sélectionnée au titre de mérite estrien. Pour elle, s’impliquer de façon bénévole fait partie intégrante de sa vie depuis plusieurs années.

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«Toutes les minutes comptent»

Rencontrer Jessica Harnois n’est jamais banal. La sommelière bien connue aime les gens et cela se sent. Qui plus est, on perçoit rapidement son dynamisme et l’amour qu’elle éprouve pour son travail. Facile dans ce contexte de devenir réceptif au message de cette ambassadrice des vins du Québec.

Jessica Harnois agit à titre de porte-parole de la Fête des vendanges Magog-Orford depuis huit ans. Elle est également le visage des vins de marque Bù et livre toutes les semaines des chroniques au 98,5 FM, à Montréal.

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Vers une percée pour la compréhension du cerveau

Kevin Whittingstall s’est intéressé tôt à la physique pure. Après son baccalauréat à l’Université Concordia de Montréal, c’est à la maîtrise puis au doctorat à la Dalhousie University d’Halifax, en Nouvelle-Écosse, qu’il a commencé à s’intéresser à l’imagerie médicale chez l’humain. Un nouvel intérêt qui a mené cet homme originaire de l’Estrie à passer cinq années à faire un postdoctorat consacré aux neurosciences en Allemagne.

Pendant ce temps, à Saint-Jean-sur-Richelieu, grandissait un adolescent passionné par les mathématiques qui s’ennuyant à l’école dans cette matière dans laquelle il excellait. Pour se donner un objectif, pour se dépasser, Michaël Bernier a alors choisi de consacrer toutes ses énergies à l’informatique… alors qu’il n’y avait jamais eu d’ordinateur chez lui. Cette nouvelle passion allait l’amener à la maîtrise à l’Université de Sherbrooke (UdeS). Il aimait les ordinateurs, oui, mais il voulait aussi que son savoir permette un jour d’aider les gens… et les neurosciences allaient devenir toutes indiquées pour ça.

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Se démarquer dans son domaine et comme employeur

Dans un discret édifice à bureaux au coin des rues Alexandre et Aberdeen, à Sherbrooke, la trentaine d’employés de Dunin Technologie planchent sur des produits informatiques basés sur l’intelligence artificielle. Derrière les ordinateurs se trouvent une grande proportion de personnes immigrantes ou vivant avec le syndrome d’Asperger. Celles-ci seraient la clé du succès de l’entreprise, selon le président Serge Dumoulin, qui a vu sa compagnie être récompensée aussi bien sur le plan de l’innovation qu’à titre d’employeur remarquable.

« Plusieurs entrepreneurs de la génération d’avant étaient motivés par l’argent, mais ce n’est pas mon cas. Je pense que ça prend une raison d’être, une motivation pour se lever le matin et aller travailler », soutient M. Dumoulin.

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La passion de l’implication de Sonia Montminy

S’il y a bien une chose qu’on ne peut absolument pas reprocher à Sonia Montminy, c’est d’avoir trop peu de champs d’intérêt. Sa présence au fil des ans à d’innombrables comités aux missions tout aussi variées témoigne de son désir incessant de s’impliquer, qu’elle a acquis dès son plus jeune âge.

C’est à l’école que Sonia Montminy, copropriétaire avec son conjoint de l’entreprise spécialisée dans la fabrication d’échangeurs de chaleur industriels Caron et fils à Coaticook, a commencé à s’impliquer activement dans tout ce qui s’offrait à elle.

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Jacques Duquette : une inébranlable passion pour le soccer

C’est un peu par hasard que le soccer est entré dans la vie de Jacques Duquette. Si le contact s’est fait de façon un peu fortuite, cette passion pour le ballon rond ne l’a jamais quitté. Une passion pour le sport qui a par la suite développé une passion pour l’enseignement du soccer.

Près d’un demi-siècle après qu’il eut dirigé pour la première fois les Alouettes catégorie atome moustique sur les terrains du parc Jacques-Cartier, Jacques Duquette a été intronisé au Temple de la renommée de soccer Québec, en novembre 2018.

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Infirmière, la profession de tous les possibles

Comment peut-on résumer ce qu’est la profession d’infirmière au Québec? « C’est une profession de tous les possibles », soutient Patricia Bourgault, vice-doyenne aux sciences infirmières et directrice de l’École des sciences infirmières de l’Université de Sherbrooke (UdeS).

Patricia Bourgault est devenue infirmière il y a un quart de siècle parce qu’elle éprouvait le désir d’aider et qu’elle avait un grand intérêt pour le monde de la santé. Très vite elle a décidé de poursuivre ses études; après la technique elle a poursuivi au baccalauréat, à la maîtrise… jusqu’au postdoctorat en sciences infirmières. « Je dois dire que j’aimais beaucoup les études », convient Mme Bourgault.

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Défricheur d’énergie verte

Sciure de bois et écorces, pneus usagés, déchets industriels… Pendant que la plupart des gens cherchent désespérément à se débarrasser de ces détritus, Jean-Michel Lavoie, lui, en remplit les fioles et appareils de son laboratoire. Pour ce professeur en génie chimique et biotechnologique à l’Université de Sherbrooke, toute matière première issue du vivant, ou biomasse, cache un précieux potentiel énergétique.

« Mon grand-père avait une boutique de fabrication de meubles et armoires en bois, et quand j’étais petit, je balayais tout le temps dans sa boutique… Je ne sais pas, je trouvais ça intéressant de jouer avec la sciure de bois. Ma mère a toujours pensé que c’est ce qui a stimulé mon intérêt pour la biomasse », relate le chercheur avec amusement.

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L’accord parfait de deux expertises

À Québec en 2012, une seule tour de refroidissement contaminée par la légionelle a infecté 181 personnes et a causé la mort de 13 d’entre elles. Cette situation, qui a nécessité une enquête d’envergure, a mené en 2014 à l’adoption par le gouvernement provincial d’une nouvelle réglementation sur les tours de refroidissement de l’eau des immeubles, où la bactérie peut s’accumuler et être projetée dans l’air ambiant. En 2017 à Granby, neuf personnes ont été atteintes de la légionellose. Si personne n’en décède, n’empêche que la Santé publique de l’Estrie a travaillé d’arrache-pied pour en trouver la cause... en vain.

Et s’il existait un appareil capable de détecter rapidement et automatiquement dans les tours de refroidissement le taux de présence de la légionelle, cette bactérie responsable de causer la légionellose, une infection pulmonaire potentiellement mortelle chez les humains?

Cet appareil existe maintenant — il s’agit du BioAlert, créé par la jeune entreprise sherbrookoise SpiBio.

L’idée de l’appareil est née sur un comptoir de cuisine, quelque part en 2010, grâce aux expertises de deux colocataires. En effet, Étienne Lemieux terminait son doctorat en biologie cellulaire, alors que son colocataire Dominic Carrier terminait sa maîtrise en génie électrique. Quels sont donc les liens entre biologie cellulaire et génie électrique? Dans la pratique courante, voilà deux disciplines assez peu utilisées dans un même projet.

Mais pour créer un appareil capable de traiter de façon automatisée le taux de légionelle dans l’eau, c’était le maillage parfait!

« Nous avons eu beaucoup de discussions ensemble et nous avons eu cette idée », dit Étienne Lemieux.

« C’est de l’expertise de biochimie couplée à de l’ingénierie. Nos deux expertises nous ont permis de réfléchir out of the box », ajoute-t-il.

Il aura fallu quatre années avant de lancer l’entreprise SpiBio qui a négocié quelques virages serrés avant d’avoir le vent dans les voiles aujourd’hui.

Après un travail aussi acharné que passionné, c’est en 2017 que les deux amis et partenaires d’affaires ont pu faire leurs premières validations technologiques grâce à des partenaires chez qui ils ont installé le BioAlert. En 2018, la commercialisation a commencé à petite échelle. Aujourd’hui, l’équipe de travail s’agrandit et le carnet de commandes se remplit rapidement : en juillet, SpiBio compte 12 employés et des embauches se feront sous peu. Depuis un certain temps, l’entreprise s’est installée dans l’Espace LABz, un centre multilocatif géré par Sherbrooke Innopole et s’adressant aux entreprises œuvrant dans le secteur des sciences de la vie ou des technologies propres.

Le marché pour le BioAlert est immense. Au Québec, il y aurait 2600 tours de refroidissement. Aux États-Unis, il y en aurait entre 250 000 et 300 000.

Il y a les tours de refroidissements dans de nombreuses tours résidentielles et le marché est important, mais pour commencer, c’est au marché commercial que SpiBio va s’attaquer.

« Le commercial est plus facile, car les gestionnaires connaissent les coûts importants reliés à la fermeture d’une tour de refroidissement dans une usine par exemple », soutient Étienne Lemieux.

L’intérêt pour le produit sherbrookois — et dont une majorité de fournisseurs sont canadiens — commence à se faire sentir de la part de plusieurs clients qui ont un grand rayonnement avec plusieurs installations partout dans le monde.

Alors l’avenir est rayonnant pour les deux complices et partenaires d’affaires.

Un avenir chargé de très nombreux défis cependant. « Nous avons la chance d’avoir des conjointes très compréhensives, car ce n’est pas évident de vivre avec un entrepreneur. C’est presque obsessif », remarque Étienne Lemieux.

Les deux partenaires veulent empêcher la propagation de la légionelle, quand on sait qu’une seule tour de refroidissement peut contaminer dans un rayon de trois à douze kilomètres autour d’elle. C’est d’ailleurs ce qui est arrivé dans le cas de la ville de Québec en 2012.

« Nous avons trouvé un réel problème, et il est à la hauteur de notre ambition. Beaucoup de gens ont échoué avant nous. Nous, maintenant, nous sommes à déployer nos ailes », souligne Dominic Carrier en précisant que la technologie qu’ils ont développée pour détecter la légionelle pourrait être utilisée pour détecter d’autres bactéries.

« Nous avons l’ambition de créer quelque chose de plus grand que nous-mêmes », conclut M. Lemieux.


Repères

Étienne Lemieux

Président, directeur général et fondateur de SpiBio

Maîtrise et doctorat en biologie cellulaire

Maîtrise en administration des affaires

Certificat de 3e cycle en Enrichissements des compétences en recherche

Conjoint de Jessica Gagné-Sansfaçon et papa de Mariane Lemieux, 2 ans et demi


Dominic Carrier

Originaire de Drummondville

Vice-président et fondateur de SpiBio

Maîtrise en génie électrique

Conjoint de Adeline Cuggia

Mérite estrien

Convier des émotions par la musique

Lorsque Joey Thibault a choisi de s’inscrire au programme de musique-harmonie à l’école secondaire, il ne se doutait pas que cette décision allait déterminer son avenir. Sa passion pour la musique l’a amené à convier des émotions pendant 25 ans au sein du Groupe Show en tant que trompettiste, chef d’orchestre, puis directeur général, en plus d’inculquer des valeurs de dépassement à des centaines de musiciens qu’il a dirigés.

Joey Thibault se souvient bien de ses premiers contacts avec la musique, qui se sont opérés par le biais de sa mère dès sa jeunesse. « Mon père était policier et il travaillait de nuit quand j’étais à l’école primaire, se remémore l’homme natif de Cookshire-Eaton. Je passais mes soirées à chanter et à enregistrer des chansons avec ma mère, qui jouait du piano. »

Sa passion pour la musique était née. À son entrée à l’école Louis-Saint-Laurent d’East Angus, il joint les rangs de l’harmonie scolaire, embarquant dans une aventure qui allait lui faire vivre d’innombrables expériences mémorables.

« Je suis convaincu que si je n’avais pas coché l’option musique-harmonie à mon entrée au secondaire, ma vie serait totalement différente aujourd’hui, confie-t-il. Je n’aurais pas rencontré ma femme et mon parcours aurait été complètement différent. Cette décision a mis un enseignant spécial sur ma route, Serge Poirier, qui m’a incité à me présenter comme soliste en secondaire deux au Festival des harmonies, que j’avais gagné contre toutes attentes. »

La grande famille du Groupe Show

Après avoir servi en tant que musicien dans les Forces armées canadiennes et étudié au Conservatoire de musique de Chicoutimi, Joey Thibault revient dans la région. En plus de diriger l’Harmonie de Coaticook, il se joint au populaire Groupe Show en tant que trompettiste en 1996.

« Ils ont été tellement cordiaux dans leur accueil, ils m’ont pris dans leur groupe à bras ouverts! Le Groupe Show a sa propre couleur et est comme une grande famille, je suis très fier d’en faire partie. Ce que j’aime plus que tout, c’est de donner des frissons et de faire sourire les gens du public, de leur apporter du bonheur et du répit, peu importe les épreuves qu’ils vivent. »

Au fil de ses années avec le Groupe Show, Joey Thibault est devenu son directeur général en 2013. Adepte de la rigueur à la suite de ses années dans les Forces armées, il a amené une philosophie nouvelle à la troupe, ce qui a influencé sa dynamique et ses performances pour le mieux.

« Je me qualifierais de meneur invisible, explique l’homme de 49 ans. Mon but est de rassembler tous les éléments de la troupe et de les faire opérer sur une longueur d’onde commune. Je crois fermement qu’il faut additionner plaisir, rigueur et engagement pour obtenir un rendu dont nous pouvons être fiers. Même si les 55 musiciens et l’équipe sont composés de bénévoles, notre rendu est de qualité professionnelle grâce à ces valeurs. »

Bien qu’il ait laissé ses fonctions de directeur général cette année, il demeure chef d’orchestre au Groupe Show, en plus d’exercer deux emplois connexes. Il est ainsi technicien de publication en ligne pour l’Université de Sherbrooke et il crée du contenu de relations publiques pour les Forces armées canadiennes, une organisation à laquelle il appartient depuis 1989. 

« Mon but au sein des Forces armées est principalement de faire connaître qui sont les réservistes et que font-ils, explique Joey Thibault. J’essaie de démocratiser ce qu’ils font et d’illustrer que ce sont des gens comme vous et moi qui habitent dans nos communautés. Ils vivent des histoires qui méritent d’être racontées. »

De retour au bercail

Par le passé, le Groupe Show tenait un spectacle annuel à la salle Maurice-O’Bready de l’Université de Sherbrooke. Bien que cette tradition se soit perdue au cours de la dernière décennie, les organisateurs optant plutôt pour le théâtre Centennial, la troupe va faire un retour en grande pompe à la grande salle de spectacle le 17 octobre.

« Ça va être tout un spectacle, je suis content qu’on revienne à la salle Maurice-O’Bready après une longue absence. L’évènement servira à souligner en grand les 45 ans d’existence de la troupe. On veut organiser par le fait même une grande réunion des anciens et organiser des retrouvailles. Il y a plus de 1000 musiciens qui ont fait partie du Groupe Show au fil de sa longue existence, c’est vraiment une grande famille tissée serrée, même avec le temps », conclut Joey Thibault.

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Un parcours parsemé d’anges

Bien qu’elle soit issue d’une famille d’entrepreneurs et d’amoureux de la cuisine, Pasquale Beauvais n’a pas bâti BioBon en une journée. Le succès de son entreprise et de ses végé-pâtés est le résultat de plusieurs longues années de travail acharné, de dévouement et de dépassement, ainsi que de l’appui inconditionnel d’anges rencontrés sur son chemin.

« Je peux dire avec certitude que l’entrepreneuriat, c’est dans mon sang, déclare d’emblée Pasquale Beauvais, présidente et directrice générale de BioBon, qui produit plus de 50 000 végé-pâtés par semaine et emploie 20 personnes. Mes parents ont tous deux eu des entreprises et quand j’étais jeune, on me demandait quelle entreprise je voulais avoir plus tard, pas quel emploi. »

En plus d’avoir cette prédisposition à exploiter une entreprise dès son jeune âge, Mme Beauvais était très proche de ses grands-parents maternels, qui étaient tous deux des habitués du fourneau. 

« Ma grand-mère et mon grand-père, ce qui était rare pour l’époque, cuisinaient beaucoup. Ils étaient cuisiniers dans des camps de bûcherons dans le nord pendant plusieurs années. J’allais souvent chez eux après l’école et la vie se déroulait dans la cuisine, autour de la table à manger. C’est à ce moment que j’ai pris goût pour la cuisine et la préparation des aliments. Mon grand-père maternel était aussi beurrier ! » s’exclame la récipiendaire du Mérite estrien. 

Des débuts modestes

Bien que son avenir semblait déjà dessiné, il fallait que Pasquale Beauvais acquière plus de connaissances et d’expérience avant de se lancer dans l’entrepreneuriat alimentaire. Après avoir travaillé pendant 12 ans au Verger le Gros Pierre, soit jusqu’à l’âge de 23 ans, elle est allée étudier l’arboriculture en Europe, question de parfaire ses aptitudes. 

« Lorsque je suis revenue, j’ai suivi un cours sur la réalisation des plans d’affaires. J’avais développé deux projets dans le cadre du cours : une entreprise de production et de vente de cerises de terre ainsi qu’une pâtisserie artisanale, explique-t-elle. Comme la deuxième a généré plus d’intérêt, j’ai commencé en faisant de la transformation d’aliments dans les vergers du coin et j’ai ensuite mis sur pied un service de plats congelés pour agents immobiliers montréalais ainsi que pour les personnes âgées. »

Après un certain temps, ses quatre fours de cuisine ne fournissaient plus à la demande et une belle opportunité s’est présentée à elle. « Les propriétaires d’une pâtisserie-boulangerie de Waterville s’en allaient dans l’Ouest pour tenter un nouveau projet. Ils ont offert de me louer leur cuisine pendant une durée de trois ans, ce que j’ai immédiatement accepté, se souvient-elle. C’est dans ces circonstances que j’ai commencé à fréquenter le marché public de North Hatley, où une personne vendait des végé-pâtés. »

Suite au départ à la retraite du vendeur de végé-pâtés, Pasquale a commencé à entretenir l’idée d’en fournir à la clientèle locale, qui en raffolait. « Ma fille n’a jamais mangé de viande et à l’époque, les produits végétariens manquaient vraiment de goût et le marché n’était pas développé comme il l’est aujourd’hui. J’en faisais donc pour elle et j’en amenais une douzaine par semaine au marché pour mes clients. »

Embûches et triomphe

Lorsque ses clients sont retournés vers Québec et Montréal après l’été, ils ont voulu continuer de se procurer les végé-pâtés de Pasquale, ce qui l’a poussée à lancer un réseau de distribution. 

« J’ai commencé à mettre sous vide des pâtés pour les envoyer à mes clients à l’extérieur. À ce moment, les gens de Waterville sont revenus et j’ai dû quitter le local. J’ai rapidement emménagé dans une ancienne fromagerie à Compton, la ville où j’ai grandi. J’avais besoin de m’acheter tout le matériel d’un coup et mes parents m’ont acheté les équipements dont j’avais besoin, ce qui m’a sauvé beaucoup de temps et de soucis. » 

Cela faisait 10 mois seulement que Pasquale était installée à Compton lorsqu’un règlement de zonage a fait en sorte qu’elle devait déménager sa production. « C’est à ce moment que le bon samaritain qui possédait la ferme sur laquelle mon entreprise était située a fait en sorte que j’obtienne un délai d’un an, qui m’a permis de me trouver un endroit convenable. »

Une fois de plus, la chance lui a souri. Un vendeur d’assurances local, Gérard Leblanc, a volé à son secours en lui offrant ses anciens locaux à un prix en dessous de sa valeur réelle. 

« J’avais maintenant une pâtisserie-boulangerie sur la rue principale à Compton. J’habitais en haut et l’entreprise fonctionnait 24 heures sur 24, sept jours sur sept. À force de travailler des semaines de 80 et 90 heures, j’ai ressenti de l’épuisement et j’ai songé à tout abandonner, confie-t-elle. J’étais mère monoparentale et je sentais que je n’étais pas assez présente pour ma fille ni pour moi-même. C’est à ce moment que Gaétane et Guylaine, deux de mes extraordinaires employées encore à ce jour, ont pris une charge de travail plus importante pour me permettre de me recentrer sur mes priorités. »

Après avoir fait un important travail d’introspection, Pasquale a décidé d’abandonner la boulangerie et de concentrer ses efforts dans la production de végé-pâtés. « J’ai vendu le commerce et j’ai été m’installer dans le motel agroalimentaire de Coaticook et le reste de l’histoire est connue de tous. On trouvait ça tellement grand quand on est arrivée, on ne pensait jamais finir par louer la presque totalité des locaux. »

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Faire parler le « personnage » du centro

Pour Kristelle Holliday, directrice générale du Théâtre des petites lanternes (TPL) depuis maintenant sept ans, la place de l’art dans une communauté n’est plus à remettre en doute. Dans le théâtre qu’elle porte, où le fourmillement d’idées s’étend des ruelles du centre-ville jusqu’aux salles de la République du Congo, on ne tente pas de s’adresser au cœur de Sherbrooke : ont préfère lui laisser la parole.

« Pour moi, l’artiste a la responsabilité d’être à l’écoute de son milieu et d’être présent pour celui-ci », partage avec passion celle qui, depuis l’an dernier, porte également le chapeau de codirectrice artistique au TPL. Notamment à travers son projet Quatre-quarts, Mme Holliday mise sur les liens sociaux, la mémoire collective et l’amour d’un quartier au profit d’un « théâtre citoyen » signé TPL et qui se veut créateur de racines.

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De l’importance d’être « au service des gens »

Qui ne connaît pas Jean Arel? Après avoir été pendant 40 ans « la voix du sport en Estrie », il poursuit sa carrière devant la caméra en tant que journaliste d’ICI Radio-Canada Estrie, ce qui fait que les Estriens peuvent aujourd’hui mettre un visage sur sa voix. Et son métier le comble toujours autant parce qu’il lui permet d’être « au service des gens ».

Car ce qui anime encore Jean Arel, même à l’aube d’un demi-siècle de carrière, c’est ce contact avec les gens. Et, dit-il, l’importance de bien faire son travail.

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Défoncer des portes

Toute première karatéka canadienne à avoir obtenu son cinquième dan en Kyokushin, France Carrier a dû défoncer bien des portes pour y arriver. Première femme à avoir atteint ce niveau dans un sport plus que sexiste, la femme de 66 ans peut se réjouir de son exploit. Aujourd’hui, elle gère cinq écoles de karaté et offre des cours aux Estriens.

« C’était vraiment quelque chose, raconte la dame qui a passé cette grande étape de sa vie en 2017. Le Japon n’acceptait pas les femmes qui voulaient passer le cinquième dan. Ça faisait près de 10 ans que je courais après André Gilbert parce qu’il fallait faire quelque chose. Ça n’avait pas de sens, j’avais des élèves de troisième dan! Il fallait faire avancer les choses, que les femmes aient leur place. Un moment donné, il m’a dit qu’il allait tout faire pour m’amener au Japon. »

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L’environnement à cœur, de Sherbrooke jusqu’à Houston

Lorsqu’il n’est pas occupé à faire de la randonnée dans les montagnes texanes ou à donner des conférences à travers le monde, l’ingénieur Carl Bernier s’occupe de sauver la planète. Le bientôt doctorant de l’Université Rice, située à Houston au Texas, entreprend en ce moment des recherches sur la vulnérabilité des réservoirs pétroliers aux conditions climatiques extrêmes.

C’est en 2012 que Carl Bernier termine son baccalauréat en génie civil à l’Université de Sherbrooke. En 2013, toujours à Sherbrooke, il amorce sa recherche de maîtrise sur la sécurité des barrages au Québec. C’est pendant un stage au Texas, à la fin de sa maîtrise, qu’il rencontre sa directrice de recherche et qu’il décide de quitter le Québec pour s’installer aux États-Unis pour y faire son doctorat à l’Université Rice. 

Au mois d’août, Carl Bernier terminera son doctorat. Il est actuellement en recherche d’emploi pour être professeur. 

Bien qu’il aimerait revenir au Québec, il pense devoir rester quelques années de plus aux États-Unis, puisque les possibilités d’emploi dans son domaine de recherche y sont plus nombreuses.  

Les priorités aux bonnes places

Pourquoi ce sujet de recherche? Pour Carl Bernier, la réponse est évidente. En 2005, l’ouragan Katrina a fait de nombreux ravages, dont plusieurs ruptures de réservoirs de pétrole. C’est plus de 26 millions de litres de pétrole qui ont été déversés dans l’environnement. 

« Il y a eu des impacts environnementaux assez importants. Après quelques recherches dans la littérature existante, on s’est rendu compte qu’il n’y avait aucune étude sur le sujet. Il y a donc un problème », souligne l’ingénieur. 

« Aux États-Unis, des réservoirs de pétrole, surtout à Houston, ce n’est pas ce qui manque, enchaîne-t-il. On a donc décidé, dans mon projet de recherche, de développer des modèles qui estiment la performance des infrastructures pétrolières lors d’un ouragan. Aussi, nous avons développé des modèles pour estimer la probabilité qu’il y ait une rupture ou un déversement lors des conditions extrêmes. On voulait savoir ce que l’on pouvait faire pour améliorer la sécurité de ces infrastructures pour éviter d’éventuels déversements. »

Pour lui, il était inconcevable de ne rien faire. Les dommages environnementaux étaient importants et il fallait agir pour éviter que de tels événements ne se reproduisent. 

Son premier objectif est d’abord d’améliorer et de changer les normes de dimensions de ces structures pour ainsi obtenir une meilleure performance dans le futur et éviter ces accidents nocifs pour l’environnement. 

L’ingénieur, très humblement, affirme que son champ de recherche est essentiel pour une société et une planète en santé. 

« Tout le monde est affecté par les ouragans. Aux États-Unis, personne n’est à l’abri. Par exemple, à Houston, l’industrie pétrolière est juste à côté. S’il y a un déversement ou un accident industriel, il y a de graves conséquences pour les gens qui habitent près, en plus des conséquences sociales, économiques et environnementales. Au Québec, c’est un peu la même chose. Personne n’est à l’abri des inondations. Il y a des infrastructures qui sont touchées par les inondations. Au niveau social, beaucoup de personnes sont affectées. »

Pour sa carrière, il souhaite continuer à faire de la recherche et se trouver un poste en tant que professeur. Car le contact avec les étudiants le captive. 

« J’aime le contact avec les étudiants. Quand on fait de la recherche seul, l’ambiance est plus monotone. Enseigner, c’est être en contact avec les autres et pouvoir échanger. Ça me permet aussi de transmettre mes connaissances et d’échanger avec les étudiants. Être capable d’adresser les problématiques des changements climatiques avec les étudiants, c’est gratifiant pour moi. »

Reconnaissance

Lors de sa carrière et de ses études, Carl Bernier a été récipiendaire de plusieurs prix de reconnaissance. 

Dernièrement, il a reçu la bourse Nettie S. Autrey, qui est très convoitée par les étudiants en sciences naturelles et en génie. Pour lui, cette bourse est une reconnaissance de toutes ses réalisations. « Ça montre que ce que je fais a un impact », admet-il fièrement.

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La chute qui a tout changé

Tout a commencé par un accident de vélo sur le Réseau des Grandes-Fourches qui a laissé Sylvain Roy au sol pendant 20 longues minutes avant que quelqu’un accepte de s’arrêter pour le secourir.

« C’était le 1er juin 1999 au matin. J’ai fait une vilaine chute à l’entrée de la passerelle de la 410, raconte-t-il. Il y a des gens qui m’ont croisé. (...) Il y a même quelqu’un qui faisait du jogging qui m’a enjambé en pointant sa montre comme pour me dire qu’il n’avait pas le temps de m’aider. C’est finalement deux jeunes du Triolet qui m’ont ramassé et qui m’ont supporté jusqu’à la rue Delorme où j’ai pu faire le 911. »