Mérite estrien

De secrétaire à fée marraine

Mardi matin au secrétariat des écoles des Quatre-Vents et de l’Écollectif. Élèves, parents ou personnel de l’école défilent pour une kyrielle de raisons dans le bureau d’Émilie Paquet. La secrétaire de l’établissement a réponse à tout (ou presque!) : du simple bobo d’un enfant aux difficultés que connaît le frigo. Émilie Paquet n’est pas seulement la porte d’entrée de l’école : c’est aussi sa fée marraine, et, pendant les Fêtes, une véritable mère Noël.

L’école des Quatre-Vents est l’école de quartier. Elle accueille plusieurs enfants provenant de milieux défavorisés ou issus de l’immigration. L’établissement accueille aussi l’Écollectif, qui est « tout un autre monde ». Émilie Paquet est bien dans ces deux mondes et ne changerait pas de place avec personne.

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Percer les mystères du vieillissement du cerveau

Les recherches en cours du professeur-chercheur Stephen Cunnane pourraient très bientôt ouvrir la porte à un traitement alimentaire capable de ralentir la progression de la maladie d’Alzheimer.

Les acides gras alimentaires ont toujours été le fil conducteur des recherches de Stephen Cunnane. Ce professeur-chercheur à la faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke (UdeS) et au Centre de recherche sur le vieillissement du CIUSSS de l’Estrie–CHUS est reconnu internationalement pour ses travaux entourant les cétones, des molécules « carburant » du cerveau fabriquées par le foie à partir de certains gras alimentaires. On les trouve, par exemple, en faible quantité dans l’huile de noix de coco ou dans certains suppléments nutritionnels.

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Émile Langevin en mode solution

Pour Émile Langevin, la vie n’est pas très compliquée. Lorsqu’il fait face à un problème, il trouve une solution et ainsi va la vie. Il y a toutefois un problème qu’il ne peut régler lui-même puisqu’il est atteint depuis sa naissance de la dystrophie musculaire de Duchenne, une maladie génétique provoquant une dégénérescence progressive de l’ensemble des muscles de l’organisme.

« Je ne peux pas faire d’activité physique, explique-t-il. Dans la maison je peux marcher, mais dehors les distances sont trop grandes et je dois me déplacer en fauteuil roulant. Je ne peux pas vraiment monter des marches non plus. Ça fait trois ou quatre ans que c’est pas mal stable, mais ça peut se détériorer rapidement tout d’un coup. »

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Courir avec le sourire

Lorsqu’elle court, Marianne Quirion sourit. C’est même la marque de commerce de la jeune fille qui excelle dans presque tout ce qu’elle fait. Elle est championne provinciale au saut en longueur en plus d’être championne régionale à l’épreuve du 800 mètres. Elle fait partie de l’équipe étoile de l’Estrie en soccer et s’aligne avec l’équipe de basketball de son école. Elle est aussi la représentante des élèves de son année. Ah oui, elle est camelot pour La Tribune et fait du gardiennage. Elle n’a que 12 ans.

Le point commun de tous les sports que Marianne pratique est la course. Elle adore courir. La famille Quirion court d’ailleurs souvent ensemble et Marianne, même à 12 ans, est la plus rapide.

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Chercher des réponses, trouver un sens

Serge Marchand a passé toute sa carrière de chercheur à s’intéresser à la douleur. Cette douleur qui cloue les patients à leur chaise, celle qui les empêche de fonctionner, cette douleur souvent mécomprise par les médecins. Comme chercheur clinique, Serge Marchand a participé à faire évoluer les traitements et la compréhension médicale face à la douleur. « Je me suis dit tellement souvent à quel point j’étais chanceux d’être payé pour faire un travail aussi extraordinaire », soutient-il.

D’emblée, Serge Marchand se souvient de son enfance. Dans son milieu, il n’y avait pas d’universitaires. Son père était mineur à Val-d’Or, sa mère travaillait à la buanderie de l’hôpital. « Quand j’étais petit, je ne pensais pas que j’avais accès à l’université. C’est à 22 ou 23 ans que j’ai rencontré quelqu’un dans la caravane de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), qui se déplaçait pour rencontrer les jeunes. Et j’ai eu le déclic à ce moment-là. J’avais déjà un enfant et j’ai décidé d’entrer à l’université », se souvient celui qui a ensuite cumulé les diplômes jusqu’au postdoctorat.

Au début de sa carrière, Serge Marchand était tout simplement allergique aux réunions et aux postes administratifs. « Quand j’étais un jeune chercheur à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, je détestais les réunions. Je voyais passer des offres pour des postes administratifs et ça ne m’intéressait tellement pas! » se souvient-il en riant.

Mais l’allergie s’est estompée petit à petit. Il a accepté quelques mandats de nature administrative pour mettre l’épaule à la roue à sa façon.

À travers ses recherches, ses projets et les étudiants qu’il supervise, celui qui détient un doctorat et un postdoctorat en neuropsychologie est ainsi devenu directeur scientifique du Centre de recherche clinique du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CRC du CHUS). Ce mandat de presque cinq ans lui a permis de réaliser plusieurs beaux projets, notamment du côté des infrastructures du CRC.

« À la fin de mon mandat, je n’ai pas voulu en demander un deuxième. J’ai repris mon laboratoire, mes recherches, j’étais heureux comme ça. Mais je me suis rendu compte que c’était devenu un peu plus lourd. Les subventions de recherche sont difficiles à avoir. Je passais plus de temps à remplir des demandes qu’à enseigner à mes étudiants », dit-il.

Puis un bon jour, on vient le voir pour lui parler du poste de directeur scientifique du Fonds de recherche du Québec — santé (FRQS). Intéressé? « Je n’étais pas certain », dit-il en toute franchise.

En connaissant mieux le poste qui lui était offert et l’équipe qui allait l’entourer, Serge Marchand a été séduit. Tellement séduit qu’il a décidé d’accepter le poste — tout en conservant son poste de professeur titulaire à l’Université de Sherbrooke pour encore au moins une année.

Avec un portefeuille de 120 M$ par année, le FRQS est l’organisme provincial chargé de financer la recherche au Québec, tant les chercheurs que les infrastructures.

« Mon travail consiste à prendre des décisions sur les orientations que nous prenons dans un contexte où, bien que nous ayons des millions, il n’y a pas encore assez d’argent pour tout le monde. Est-ce que nous poussons dans la bonne direction? Quelles sont les meilleures décisions stratégiques pour aider les chercheurs à travailler? »

« C’est un emploi qui amène à travailler sur de nombreux dossiers à la fois, certains sur du long terme, d’autres plus ponctuels. Il y a vraiment beaucoup à faire, et ça m’amène à voyager beaucoup dans le monde aussi », dit-il.

Prendre les rênes du FRQS est passionnant, mais cela ne va pas sans une certaine réorganisation familiale.

« Mon épouse a un doctorat. Nous avons travaillé ensemble, nous avons même publié plusieurs fois ensemble. Mais en même temps que je voulais accepter ce travail, elle aussi voulait réaliser un rêve : étudier en médecine. On a donc décidé de se lancer tous les deux dans nos projets. Pendant que je suis à Montréal presque tous les jours de la semaine, elle fait son externat en s’occupant seule de ses quatre enfants de 12 à 18 ans. C’est un peu fou, mais on y arrive », soutient le chercheur sans cacher son admiration pour celle qui partage sa vie.

Quand son contrat au FRQS se terminera dans cinq ans, Serge Marchand ne se tournera certainement pas vers la retraite. Mais il ne sait pas encore ce qu’il fera. « Je regarde ça de loin encore. Mon mandat commence à peine », dit-il. Chose certaine, il gardera certainement le Centre de recherche du CHUS dans son cœur.

Repères

- À 60 ans, il a deux filles, cinq petits-enfants et vit avec les quatre enfants de son épouse
- Il a trois frères et deux sœurs
- Il est originaire de Val-d’Or
- Il a étudié à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, à l’Université de Montréal et à l’Université de San Francisco en Californie
- Il a été directeur scientifique du Centre de recherche du CHUS de 2008 à 2013

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En amour avec le vélo... et Bellevue

D’aussi loin qu’il se souvienne, Luc Dugal a toujours adoré le vélo. Le vélo de route, le vélo de montagne, le cyclotourisme, le vélo pour aller au boulot. Une passion profondément ancrée, qui s’est mariée tout naturellement avec les reliefs accidentés de Sherbrooke. Ses côtes abruptes et douces et surtout, son mont Bellevue.

Dès son arrivée à Sherbrooke, au tournant des années 2000, Luc Dugal a poursuivi ce qu’il avait entamé dans sa Mauricie natale; organiser des courses de vélo.

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Digne d'un scénario de film

Enfant, elle n’aurait jamais rêvé d’une vie aussi belle. Consacrer une bonne partie de sa vie professionnelle à regarder des films de cinéma. Et le faire entourée des membres de sa famille.

Karen Hansen devait avoir 7 ans la première fois qu’elle s’est rendue en autobus, avec ses copines du mouvement scout, au cinéma voir La Mélodie du bonheur.

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Le bénévole à vélo

Si les personnes atteintes de cancer et leurs proches bénéficient d’un meilleur accompagnement face à cette maladie depuis 15 ans, elles le doivent, en partie du moins, au « bénévole à vélo » qu’est Jules Lincourt.

Depuis 2003, cet inspecteur de la SCHL, aujourd’hui à la retraite, a en effet parcouru pas moins de 35 400 kilomètres à vélo, amassant près de 27 000 $ qu’il a remis à trois organismes de la région, soit la Rose des vents, la Maison Aube-Lumière et la Fondation Claude-Durocher.

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La femme derrière Kanak

Rarement a-t-on vu un chien remporter autant de prix. Depuis que Kanak, le chien de soutien émotionnel, est entré en fonction au Service de police de Sherbrooke (SPS) en 2016, les récompenses se sont multipliées. Si Kanak est là, Mélanie Bédard est à quelques pas. C’est grâce à cette sergente-détective que le SPS est devenu le premier corps de police au Québec à travailler avec un chien de soutien.

Le labrador retriever entraîné par la Fondation Mira se fait réconfortant auprès des victimes d’abus sexuel, de violence ou encore auprès de ceux et celles qui ont été témoins d’un événement traumatique.