L’engagement d’une jeune survivante

Mérite estrien

L’engagement d’une jeune survivante

Mélanie Noël
Mélanie Noël
La Tribune
Comme des milliers de jeunes Sherbrookois, Florence Breton a obtenu son diplôme d’études secondaires en juin. Par contre, celle qui a remporté le titre de finissante de l’année à l’école du Triolet, le Prix de l’engagement au Gala des Bravos de la CSRS et la médaille du lieutenant-gouverneur de la jeunesse a un parcours unique.

Après une première année de secondaire en sport-études gymnastique, les plans de Florence Breton sont chamboulés. L’été avant son secondaire 2, elle reçoit le diagnostic. Cancer de la glande thyroïde. Elle subit une première opération en août pour enlever la portion cancéreuse, reprend ses études, alternant école à la maison et école en classe, et remplace la gymnastique par la danse, une discipline exigeant moins d’heures d’entraînement. 

« La gym me demandait 30 h d’entraînement par semaine. Le médecin m’a dit que mon corps devait récupérer alors j’ai choisi la danse pour mes quatre autres années de secondaire et j’ai adoré », explique-t-elle.

En octobre de la même année, le médecin lui apprend qu’elle a une récidive. 

« Le même cancer, mais de l’autre côté de ma glande. On a dû me réopérer. C’était plus sérieux. La première fois, je voyais ça comme une étape de la vie comme les autres, mais la deuxième fois, la petite fille de 13 ans a vraiment réalisé l’ampleur de la chose. J’ai été aux soins intensifs. On a vraiment eu peur », explique la jeune femme, ajoutant que même quatre ans après cette épreuve, elle doit avoir un suivi médical régulier et sa médication doit parfois être réajustée.  

« Mon corps et mon cœur devaient accepter tout cela. J’ai toujours eu une personnalité hyper positive, un peu intense. Avec le recul, je trouve que j’ai été quand même bonne de ne jamais m’apitoyer sur mon sort. Au contraire, je me trouvais et je me trouve encore aujourd’hui chanceuse d’être en vie. » 

Ses excellents résultats académiques lui permettent de remporter plusieurs mérites scolaires au cours de son secondaire et Florence Breton trouve le temps de s’impliquer au sein de son école. Elle est bénévole lors de journées portes ouvertes, elle anime le gala académique virtuel en 2020, elle est porte-parole de Bouge en masse pendant deux ans, elle fait les messages du matin à l’Intercom. Impossible de tout énumérer.

En plus de ses études, elle est ambassadrice et bénévole depuis quatre ans pour plusieurs fondations, que ce soit la Fondation Charles-Bruneau, la Fondation du CHUS, la Fondation de Leucan, la Fondation Sur La Pointe des Pieds ou la Fondation Rêves d’enfants.

« J’essaie de profiter de la vie au max. Ça bouge, mais j’aime ça », souligne celle qui étudie en arts, lettres et communication profil médias au Cégep de Sherbrooke et travaille aussi à temps partiel. 

Ses engagements auprès des fondations lui ont permis de faire de belles rencontres. 

Autant des enfants qui, comme elle, ont été confrontés au cancer que des personnalités publiques, telles que Paul Doucet, Guillaume Lemay-Thivierge, France Beaudoin et Vincent Vallières, avec qui elle a animé des soirées-bénéfices ou des conférences de presse.

Même si elle est en rémission depuis quatre ans, des éléments la ramènent parfois au temps où elle passait beaucoup de temps à l’hôpital. « Je travaille dans une boutique et l’autre jour, en tenant une tringle de linge, j’ai eu un flash de la tringle à soluté », donne-t-elle en exemple. 

Très volubile, enthousiaste et rayonnante, la Sherbrookoise de 17 ans dégage une énergie contagieuse. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir ses moments plus sombres. Pendant deux ans, après le cancer, elle a eu besoin du réconfort de sa mère pour trouver le sommeil.

« Aussi récemment, j’ai appris qu’une amie avait une cinquième récidive. Quand j’y pense, je trouve ça difficile », confie-t-elle.

Mais chaque matin, Florence Breton chérit la vie et fait ce qu’elle peut pour la remercier. Elle combat notamment les moments difficiles en concoctant des biscuits en bonhommes sourires pour Leucan et en rêvant en grand d’un avenir rempli d’espoirs et d’ambitions. Elle a tout en elle pour les réaliser.

Changer des vies un ordinateur à la fois

Mérite estrien

Changer des vies un ordinateur à la fois

Lilia Gaulin
Lilia Gaulin
La Tribune
Dévouée envers les humains. Voilà ce qui décrit bien Christelle Lefèvre, une citoyenne impliquée qui a à cœur sa communauté. Sans sa volonté d’obtenir une société égalitaire, plusieurs personnes n’auraient pas eu accès à certaines ressources technologiques à un moment où il était primordial que petits et grands soient en mesure de rester connectés.

Le confinement lié à la COVID-19 aura permis à Christelle Lefèvre et à Sylvain Bergeron de mettre en place le projet Un ordi pour nos élèves. Cette initiative vise à donner des ordinateurs ainsi que d’autres appareils électroniques à des familles sherbrookoises dans le besoin. En trois mois, plus de 900 personnes ont reçu du matériel électronique. Près de 600 élèves ont été équipés, de tous les niveaux scolaires.

« L’école doit être un des premiers vecteurs d’égalité entre les enfants. Le confinement a causé des inégalités sur le plan du maintien des activités pédagogiques. L’objectif était de rétablir le tissu social tout en brisant l’isolement », mentionne la dame. 

Ce sont majoritairement les enseignants qui ont soumis le nom des familles. « C’était important de reconnecter la communauté. Au début, les gens ont répondu tellement rapidement. Ç’a été extraordinaire », ajoute celle qui avoue que la réalisation du projet n’aurait pas été possible sans le travail acharné du propriétaire du commerce Inforditech, Sylvain Bergeron. L’homme agit comme technicien dans le projet. 

Quelques adultes ont aussi pu tirer profit de cette initiative. 

« La technologie n’est pas un aspect négligeable. Si les parents ont un premier contact avec la technologie, ils ont une meilleure employabilité. Ce n’est pas tout le monde qui sait utiliser adéquatement la technologie. » Des téléphones intelligents et des tablettes électroniques ont également été remis au CIUSSS de l’Estrie-CHUS grâce à cette initiative. 

Christelle Lefèvre, qui a travaillé comme éducatrice spécialisée de 2002 à 2010, soutient que le projet n’aurait pas été possible sans l’apport de nombreux bénévoles. 

« Sans la communauté, il n’y aurait rien eu. Les bénévoles ont effectué de nombreuses livraisons. Ils ont fait beaucoup de kilomètres. Les gens ont été extraordinaires. » La dame évoque que les consignes sanitaires ont été respectées. « Nous avons effectué beaucoup de désinfection. Il était hors de question de prendre des risques. Nous avons été très rigoureux. » 

Ce projet a permis de faciliter le quotidien de plusieurs familles estriennes. « Quand nous allons livrer, les gens sont parfois très émotifs. Pour certaines personnes, les mauvaises nouvelles s’accumulent. Enfin, il y a quelque chose de positif dans leur vie », note Mme Lefèvre. 

Des demandes provenant de partout à travers le Québec ont été acheminées à l’instigatrice du projet. De nouvelles cellules ont été créées à Magog et dans la MRC du Haut-Saint-François. 

Malgré tous les efforts, des familles sont toujours dans le besoin sur le plan technologique et la demande ne dérougit pas. « Nous n’avons pas comblé tout le monde. Il y a encore des gens qui ne savent pas qu’on existe. Les besoins sont énormes. Les gens peuvent encore donner. » 

L’éducation, une passion

Ex-commissaire scolaire, éducatrice spécialisée, entraîneuse certifiée en programmation neurolinguistique, zoothérapeute : Christelle Lefèvre a l’éducation qui coule dans ses veines. 

La dame est une infatigable étudiante. Elle terminera d’ailleurs sa maîtrise en administration des affaires prochainement. Elle est également détentrice d’un certificat en gestion, en politiques appliquées et en psychologie de l’Université de Sherbrooke. « Apprendre, pour moi, c’est essentiel. C’est ma nourriture de base. Si je n’apprends pas, je m’éteins », lance-t-elle posément.  

« Quand tu apprends, c’est là que tu réalises que finalement, tu ne connaissais pas grand-chose. J’en veux toujours plus », ajoute-t-elle. 

L’ancienne commissaire scolaire espère une révolution au sein du système d’éducation québécois. 

« Les populations qui ne sont pas éduquées ne sont pas maîtres de leur vie. À travers l’éducation, il y a une reprise de pouvoirs individuels et collectifs. Une bonne éducation n’est pas seulement de former de la main-d’œuvre. Il faut former des citoyens avec un esprit critique. Tout n’est pas mauvais, mais il faut souvent remettre en question le système. L’école est le premier outil pour rétablir l’égalité des chances », souligne-t-elle en ajoutant que les conditions d’apprentissage ne sont pas évidentes pour tout le monde. 

Christelle Lefèvre est une dame de cœur. Impliquée pendant six ans à titre de commissaire scolaire, elle agit désormais à titre de consultante en entreprise. C’est la tête remplie de projets qu’elle entrevoie l’avenir. « Je ne veux pas m’arrêter. Je n’ai pas de plan. Je vais voir où la vie me mènera. Je m’épanouis en m’impliquant », conclut-elle.

Consacrer sa vie aux enfants

Mérite estrien

Consacrer sa vie aux enfants

Lilia Gaulin
Lilia Gaulin
La Tribune
Sherbrooke — La visite de Serge Bernard dans le quartier de l’école LaRocque, un jeudi matin du mois de juillet, est loin de passer inaperçue. Plusieurs enfants sont venus saluer, les uns après les autres, l’homme ayant œuvré au bon fonctionnement du service de garde pendant 32 ans.

Originaire de Drummondville, le technicien en éducation spécialisée a commencé sa carrière dans un centre d’hébergement à Notre-Dame-Du-Cap près de Trois-Rivières. À son retour à Sherbrooke quelques années plus tard, les services de garde en milieu scolaire étaient pratiquement inexistants. Afin de pourvoir à ce besoin, il a démarré de A à Z ce qui porte le nom aujourd’hui « Les Complices » de l’école LaRocque.

À ses débuts, Serge Bernard s’occupait de tout. Il pouvait accueillir les enfants, effectuer les animations et faire le ménage de la salle tout en comblant plusieurs tâches administratives. À cette époque, environ 20 élèves fréquentaient l’endroit. 

Le local du service de garde n’était pas du tout adapté à la présence des mômes. Le plafond laissait entrevoir d’énormes tuyaux et le mur du fond était fait de briques. Ce local servait également de bureau à M. Bernard. 

Quelques années plus tard, l’homme a fait l’acquisition de jouets, de ballons et de jeux de société. Il a également fait construire un vestiaire et il a aménagé un bureau. Le service de garde compte désormais huit éducateurs. 

L’implication avant tout

Afin de rentabiliser le service de garde, M. Bernard a organisé plusieurs activités comme des soirées de danse qui se déroulaient à Noël, à l’Halloween, à la Saint-Valentin et à la fin des classes. 

Chaque vendredi, il a mis sur pied une activité spéciale telle qu’un film, une fête des anniversaires ainsi qu’un jeu inspiré de Fort Boyard. « Je voulais que ce soit l’fun de venir à l’école LaRocque », évoque-t-il en souriant.  

L’éducateur spécialisé a également mis en branle un programme d’aide aux leçons et aux devoirs grâce à une entente avec le Département d’études sur l’adaptation scolaire et sociale de l’Université de Sherbrooke. Chaque futur enseignant avait à sa charge de quatre à cinq élèves. Depuis quelques années, La Maison des Grands-Parents de Sherbrooke a pris la relève.

Parmi les nombreuses activités dont il a été responsable, Serge Bernard avait un petit faible pour l’organisation d’un tournoi de soccer au printemps. « Il y avait même un camp d’entraînement. Il s’agissait d’un tournoi légendaire », s’exclame-t-il. 

Malgré l’ensemble du travail qui était nécessaire afin d’assurer le bon déroulement de l’événement, il organisait également un tournoi de hockey sur table lors de la période hivernale. Durant environ 10 ans, plusieurs enfants se sont inscrits dans les rangs du service de garde seulement pour participer à cet événement.

Une de ses plus grandes fiertés est d’avoir réussi à mettre en branle une offre dynamique. « Je ne voulais pas que ce soit un stationnement pour les enfants. Je voulais être en mesure de stimuler les jeunes. Je voulais aller plus loin. »

Le travail acharné de Serge Bernard lui a permis de remettre sur pied les services de garde des écoles Sacré-Cœur et Champlain.

« Je n’ai pas compté mes heures! » lance celui qui a pris sa retraite le 28 février dernier. 

Un milieu difficile

Tout au long de sa carrière, M. Bernard a œuvré dans un milieu défavorisé de la ville de Sherbrooke. Il était primordial pour l’homme de garder ses tarifs les plus bas possible. « La clientèle était plus difficile dans les premières années. Le milieu avait une réputation et les préjugés durent longtemps. » 

Il soutient que la clientèle a évolué au fil des années. « Les enfants immigrants respectent les adultes. Ils ont apporté du positif au service de garde. » Il estime que la présence du multiculturalisme a permis de briser les barrières du racisme à l’intérieur de l’établissement scolaire. « Lorsque je faisais mes équipes, je m’assurais de mélanger les nationalités pour que les jeunes apprennent à jouer ensemble. »

Lors de la dernière année scolaire, le service de garde de l’école LaRocque comptait 89 enfants réguliers. Il accueille également 70 enfants sur une base occasionnelle. « Il y a environ 268 élèves qui fréquentent l’école. Il y a donc plus de la moitié des enfants qui viennent au service de garde. »

L’homme a d’ailleurs souligné tout le travail qui a été réalisé par l’équipe-école qui l’a supporté durant plusieurs années.

Serge Bernard s’est donné corps et âme afin d’aider les enfants tout au long de sa carrière. Il se tourne maintenant vers l’avenir et souhaite passer davantage de temps auprès de sa famille dans les prochains mois. 

La passion et la détermination de Guylaine Larouche

Sports

La passion et la détermination de Guylaine Larouche

Sébastien Lajoie
Sébastien Lajoie
La Tribune
Être double médaillée d’or aux Jeux mondiaux d’hiver des maîtres et marathonienne longue distance en patinage de vitesse longue piste sur le mythique parcours de Weissensee. En moins de deux semaines, en janvier dernier, Guylaine Larouche a poussé sa passion pour le sport à des niveaux inégalés. Histoire d’une passionnée déterminée.

C’est en Autriche, lors des Mondiaux des maîtres, que la résidente d’Orford a conquis ses deux médailles or, en patinage de vitesse longue piste.

Elle est montée sur la plus haute marche du podium sur les distances de 3000 m et de 5000 m, en plus de récolter la quatrième position au 1000 m et au 1500 m, lors de ces Mondiaux d’hiver des maîtres, à Innsbruck.

L’enseignante d’éducation physique à la retraite a carburé aux défis toute sa vie. Au travail ou dans les sports, elle n’a jamais eu peur de repousser ses limites et de se fixer des objectifs ambitieux. Quitte à briser certains tabous.

C’est d’abord sur un vélo que Mme Larouche a pris la mesure de toute sa passion pour le sport.

« J’ai toujours été hyperactive, et j’ai toujours aimé faire du vélo. Mais, à l’époque, mon père ne voulait pas que ses filles aient un vélo... Certaines mentalités de l’époque étaient un peu bizarres! Alors j’ai attendu d’être en secondaire V pour finalement m’en procurer un. Je me suis vengée, je n’ai jamais cessé de faire du vélo par la suite! » a-t-elle rigolé.

Elle quitte son village de Saint-David-de-Falardeau, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, à l’âge de 18 ans, à destination de Sherbrooke, où elle fréquentera l’Université, en éducation physique, bien sûr.

Et c’est finalement au Collège du Mont Notre-Dame qu’elle amorcera sa carrière d’enseignante, à l’âge de 22 ans. 

Elle a également enseigné dans le Grand Nord québécois pendant deux ans, une expérience qui la marquera pour toujours.

« J’ai adoré ça. Ça m’a outillé pour le reste de mes jours. J’étais au 68e parallèle, j’ai vécu l’isolement. Il fallait s’adapter à leur culture et à leur façon d’apprendre. Cette expérience va rester dans mon cœur à tout jamais, ce fut une expérience marquante. »

En vélo, Guylaine Larouche s’est distinguée à maintes reprises, remportant entre autres la Coupe Canada en 1988, et en remportant le dernier championnat québécois sur piste au défunt Vélodrome de Montréal, en 1989, tout juste avant sa destruction.

Le vélo l’a également mené aux Jeux paralympiques d’Atlanta, en 1996. Elle a alors servi de guide à Julie Cournoyer.

Le tandem sherbrookois la médaille de bronze au kilomètre, une médaille d’argent à la poursuite, et la médaille d’or sur route.

« Ce fut une expérience très, très marquante pour moi. En compagnie de ces athlètes handicapés, c’était moi la marginale. Ça a changé ma notion sur la dignité humaine, et ça m’a appris beaucoup sur l’effort. J’ai vraiment apprécié. Julie n’avait pas fait de vélo depuis qu’elle était jeune. Pour s’entraîner, on utilisait un métronome pour la cadence. On faisait nos intervalles à l’aide d’un walkman; j’avais enregistré sur une cassette : départ, 1 minute, elle pouvait faire ses intervalles en suivant la cassette. On a été des pionnières. C’était vraiment super, ce fut une belle expérience! »

En plus du vélo et du patin, Guylaine Larouche a joué au hockey pendant une dizaine d’années, à raison de quatre fois par semaine.

Mais le patin demeure une forte passion.

« Le patin, c’est une passion. Je me sens bien quand je patine, c’est comme une danse. À Weissensee, j’ai réalisé un rêve. Participer à ce marathon sur glace, c’est un « must » pour moi. Ce fut mon coup de cœur. Ça a demandé beaucoup de préparation, mais le site était enchanteur, c’était comme dans un rêve, c’était comme une valse », a-t-elle indiqué à propos de cet événement qui se déroule sur 200 km, sur le lac de la petite municipalité située aux bords de ce lac autrichien, près des Alpes de Gailtal.

L’athlète de 62 ans a complété ses 16 boucles de 12,5 km en 8 heures, 19 minutes et 31 secondes.

Un temps qui lui a permis de compléter l’épreuve au 16e rang chez les femmes (sur 195 inscriptions) et 154e au cumulatif, sur les 971 inscriptions.

La détermination, et la passion, voilà deux valeurs qui ont animé Guylaine Larouche dans ses parcours professionnel et sportif.

« L’important, c’est de trouver des défis qui nous conviennent. J’aime côtoyer des gens qui tentent de se dépasser, qui persévèrent dans l’atteinte de leurs objectifs. Des fois, tu ne les atteins pas. Mais, être capable de garder le cap, d’avoir les yeux ouverts et de persévérer, ça a beaucoup de valeur à mes yeux. Je n’aurais pas pensé faire un marathon de patin en Autriche, il y a 20 ans! Être honnête avec toi-même, aimer ce que tu fais et foncer. Pas juste dans le sport, dans la vie aussi! »

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Née à Chicoutimi;

Professeure d’éducation physique au Collège du Mont Notre-Dame;

Impliquée dans la direction d’école à Montréal-Nord pendant 14 ans;

A participé aux Jeux paralympiques en 1996;

Résidente d’Orford depuis 20 ans;

À la retraite depuis six ans.

Carburer aux mille et un projets

Mérite estrien

Carburer aux mille et un projets

Mireille Vachon
Mireille Vachon
La Tribune
De l’environnement aux sports, en passant par l’éducation et les causes sociales, Emmanuelle Vincent-Racicot est très impliquée dans toutes les sphères de sa communauté. Depuis toujours, la native de Saint-Étienne-de-Bolton prend plaisir à donner de son temps pour répandre de la joie au sein de la population, toujours aux côtés de son conjoint, David Auclair.

L’année 2019 a été remplie de projets pour Mme Vincent-Racicot et son mari. L'année d'avant aussi avec l’arrivée de leur troisième enfant et leur déménagement de Saint-François-Xavier-de-Brompton à Saint-Étienne-de-Bolton.

« Étant donné que je suis revenue dans mon village natal et que je suis la septième génération à y habiter, j’ai senti une impulsion et un goût d’agir pour aider la communauté, la valoriser et faire en sorte que tout le monde se sente inclus. On est donc parti sur mille et un projets », raconte la lauréate du Mérite estrien.   

Parmi ceux-ci, le frigo libre-service « Touski-s’mange », installé au cœur de Saint-Étienne-de-Bolton depuis novembre 2018, connaît un vif succès. 

« On récupère les invendus alimentaires dans les commerces des environs et on les met à disposition de la population dans un frigo communautaire », explique-t-elle. 

Toutefois, avec la pandémie de COVID-19, la gestion est un peu plus complexe. À défaut de ne pas avoir accès au frigo communautaire habituel, le couple fait venir les gens chez lui à tour de rôle et aux trente minutes pour éviter les croisements. 

Depuis le début du projet, environ 150 familles ont bénéficié de plusieurs aliments encore comestibles destinés à la poubelle en raison de leur date de péremption échue.

« La première année, on a revalorisé vingt tonnes de nourriture, et depuis la COVID, déjà dix tonnes ont été redistribuées », souligne Emmanuelle Vincent-Racicot. 

En plus de limiter le gaspillage alimentaire, le « Touski-s’mange » est devenu un lieu de rassemblement, une occasion pour les Stéphanois – résidents de Saint-Étienne – de s’échanger des recettes et d’apprendre à se connaître. « Notre projet est encore plus beau que ce qu’on espérait », avoue-t-elle avec fierté.

À travers ce gros projet, l’inhalothérapeute de profession est temporairement animatrice paroissiale et célébrante pour son village depuis peu avant la pandémie. Elle et son mari ont également accueilli dans leur maison une famille de réfugiés irakiens pendant trois semaines pour créer des liens avec eux, les aider à s’intégrer dans leur nouveau milieu et leur « faire aimer notre beau Québec ».

À cela s’ajoutent plusieurs projets pour enfants : le parcours pour petits entrepreneurs, qui permettait aux jeunes de monter leur propre entreprise d’un jour, et l’heure du conte en pyjama, qui amenait les enfants à découvrir la lecture et l’écriture sous plusieurs facettes. L’idée d’un café-brioche intergénérationnel, où les enfants et les aînées pourraient se côtoyer et apprendre à se connaître dans le jeu et le partage de savoirs, est également sur la table. 

« C’est toujours fait de façon bénévole, mais c’est tellement passionnant pour moi que je le fais avec plaisir. Je le fais aussi pour mes enfants et tous les enfants du village. Pour qu’ils aient envie de rester dans notre village, pour qu’ils voient qu’il s’en passe des belles choses ici et qu’ils soient attachés à notre terre comme moi je le suis », exprime Mme Vincent-Racicot. 

Jamais sans son bras droit

Emmanuelle Vincent-Racicot et son conjoint David Auclair forment une équipe complémentaire.

« Moi, je suis l’imagination, l’impulsion et la créativité. Lui, il est quelqu’un de solide qui va persévérer, amener le projet à terme et le maintenir en vie sur une longue période », note-t-elle. 

« Évidemment, je suis très honorée et très fière de recevoir le Mérite estrien, déclare la lauréate. En même temps, j’aurais espéré gagner ce prix-là de façon conjointe avec mon époux, car on fait toujours nos projets ensemble. »

Dans un futur rapproché, le duo aimerait mettre sur pied une serre poulailler solaire passive, qui serait un lieu de rassemblement et de transmission de connaissances sur l’agriculture durable et responsable. Si la municipalité donne le feu vert, la serre poulailler verrait idéalement le jour l’été prochain.

Faire progresser la physique quantique en équipe

Mérite estrien

Faire progresser la physique quantique en équipe

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
Sherbrooke — Science, interdisciplinarité et engagement sont certainement les trois mots qui caractérisent le mieux le parcours de Julien Camirand Lemyre pendant ses études en physique à l’Université de Sherbrooke du baccalauréat jusqu’à aujourd’hui alors qu’il complète son postdoctorat.

« J’ai toujours eu de l’intérêt pour les sciences, pour mieux comprendre les choses qui nous entourent. Les progrès en physique quantique dépassent parfois l’entendement. C’est certain que c’est intéressant pour un jeune au cégep d’aller étudier dans ce domaine », rapporte celui qui a terminé son doctorat en physique et qui achève son postdoctorat en entrepreneuriat appliqué aux technologies quantiques.

Pendant ses études, Julien Camirand Lemyre a multiplié les projets, les engagements et les idées innovantes.

Dans le cadre de sa thèse de doctorat, cet expert de la manipulation de l’information quantique à l’aide de microaimants a contribué à une étude interuniversitaire publiée dans la prestigieuse revue Nature avec son directeur de recherche Michel Pioro-Ladrière, l’inventeur de la technique des microaimants.

Les microaimants représentent ni plus ni moins qu’un pas de géant pour l’informatique quantique.

« Plus de 150 ans après l’invention du tableau périodique des éléments, des microaimants intégrés à des atomes artificiels ouvrent de nouveaux horizons dans la manipulation de l’information quantique », assure Julien Camirand Lemyre, qui a réalisé ses études de troisième cycle en physique à l’Institut quantique (IQ) de l’Université de Sherbrooke.

« Ma recherche est basée sur ce qu’on appelle une boîte quantique. Je fabrique des puces qui se comportent comme des atomes artificiels et qui permettent de piéger un seul et unique électron. Ma contribution dans mon doctorat, c’est l’utilisation de ce qu’on appelle des microaimants. Mon travail consiste à trouver une façon d’ajouter l’aimant aux boîtes quantiques sans corrompre les propriétés quantiques de la boîte. Ce n’est pas une tâche facile », explique-t-il.

Face à ce complexe défi, Julien Camirand Lemyre n’allait certainement pas rester seul à travailler dans son laboratoire aux portes closes. Au contraire. Il savait que la solution viendrait avec de l’aide, que cette aide pourrait se trouver à l’Université de Sherbrooke ou ailleurs dans le monde, et aussi bien en physique que dans d’autres disciplines comme le génie.

Pour compléter ce projet, il est donc allé chercher l’expertise dans une autre équipe spécialiste de la physique quantique, dans un laboratoire de l’Université New South Wales en Australie.

« Je souhaite faire tomber les barrières entre les disciplines. Dans le cadre de ma maîtrise et de ma thèse, j’ai travaillé avec plein de gens, surtout avec les ingénieurs. À l’IQ, on souhaite créer des ponts entre les gens de différentes branches. En 2015, j’ai fondé le comité étudiant de l’IQ afin de remplir les fossés entre les différentes factions d’étudiants. Au comité étudiant, c’est aussi l’objectif de favoriser la réalisation de projets plus grands en ralliant les gens et les disciplines : génie, physique quantique et matériaux quantiques », explique-t-il.

Cela mène donc à une autre caractéristique de cet homme fort occupé : l’engagement, que ce soit dans les prochains ou envers les humains.

« J’ai joué avec le Vert & Or en badminton jusqu’à la fin de ma maîtrise. J’ai souvent eu des prix comme coéquipier de l’année pour souligner mon apport à soutenir les autres », indique-t-il.

Tous ces projets et toute ces réalisations, ce n’est pas seul, toutefois, qu’il les a accomplis. « J’ai eu la chance d’avoir des gens extraordinaires pour m’aider durant tout mon parcours », ajoute le jeune chercheur.

Après avoir mené tous ces projets, entouré par plein de collègues et de professeurs, Julien Camirand Lemyre s’est lancé dans un nouveau projet : il est maintenant papa d’une petite fille de 10 mois dont il est bien fier.

Et il termine maintenant son post-doctorat en Entrepreneuriat en science et en technologie quantique, un tout nouveau programme dont le but est de permettre à des personnes qui ont la fibre entrepreneuriale d’avoir du soutien pour démarrer leur projet.

Ce nouveau programme a rapidement porté ses fruits, puisque M. Camirand Lemyre a lancé en janvier sa propre entreprise, Nord Quantique, qui a pour mission de développer des prototypes de deuxième génération d’ordinateurs quantiques. Malgré son lancement en pleine pandémie, l’entreprise est en plein essor et embauche déjà des employés.

Et le travail se poursuit. L’ordinateur quantique révolutionnera le monde. Le travail doit se poursuivre sans relâche. « Je vais continuer de développer des processeurs quantiques », assure Julien Camirand Lemyre.

La capacité de s’adapter

Mérite estrien

La capacité de s’adapter

Alain Goupil
Alain Goupil
La Tribune
Ceux qui survivent sont ceux qui savent s’adapter, disait en résumé le biologiste anglais Charles Darwin, en parlant de sa théorie de l’évolution. C’est un peu ce qu’Alexandre Nault et ses employés ont mis en pratique à l’usine sherbrookoise The Color Group lorsque la COVID-19 a frappé le Québec, en mars dernier.

En effet, cinq jours seulement après que le premier ministre François Legault eut placé le Québec sur pause, Alexandre Nault et sa « Swat Team » ont réussi à convertir l’usine de fabrication de produits de beauté du boulevard Industriel, en une entreprise de fabrication de… gel désinfectant. 

En moins d’une semaine, tous les employés et l’équipement nécessaires à cette nouvelle production étaient en place, les ententes avec plusieurs clients et fournisseurs sherbrookois étaient signées, dont le CIUSSS de l’Estrie-CHUS, Ambulances de l’Estrie, ainsi qu’une entente avec un distributeur national. 

En moins d’une semaine, l’usine The Color Group pouvait ainsi répondre à l’appel lancé par les gouvernements auprès des entreprises manufacturières afin que celles-ci réorganisent leurs activités vers la production de produits essentiels en lien avec la pandémie.

« Je dois dire que ça été une semaine assez intense », reconnaît aujourd’hui Alexandre Nault, en riant, lorsqu’il relate toutes les étapes de cette conversion à vitesse grand V. 

« Une chance que j’ai pu compter sur ce que j’appelle ma SWAT Team, une équipe de choc de cinq personnes, qui s’est consacrée quasiment jour et nuit à la réussite du virage. » 

« Ce qui a facilité les choses, c’est que notre compagnie sœur de Toronto fabriquait déjà du gel désinfectant et des produits médicaux pour les hôpitaux. Ce qui nous restait à faire, c’était essentiellement un transfert technologique. De plus, nous avions déjà notre accréditation de Santé Canada. Cela nous a donc permis de nous lancer plus rapidement. »

Propriété de Canadian Custom Packaging, The Color Group a connu un essor considérable depuis son arrivée à Sherbrooke. Installée pendant plusieurs années sur le boulevard de Portland, l’entreprise a emménagé dans une nouvelle usine, sur le boulevard Industriel, en 2018, afin de pouvoir répondre à la demande.

En convertissant l’usine vers la production de gel désinfectant, Alexandre Nault dit avoir pu trouver de nombreux partenaires d’affaires à Sherbrooke même.

Il a ainsi pu faire l’acquisition de deux remplisseuses qui étaient disponibles localement via le Centre de valorisation de l’aliment (CVA), un maillage rendu possible grâce à Sherbrooke Innopole.

Afin d’augmenter sa productivité, l’entreprise sherbrookoise a également accueilli ses deux premiers employés robots collaboratifs (cobots). Grâce à une entente avec Uniro, un intégrateur en robotique de Sherbrooke, The Color Group a ainsi pu optimiser ses procédés de fabrication, explique M. Nault.

Tant et si bien qu’aujourd’hui, l’usine sherbrookoise The Color Group produit tout près de cinq tonnes de gel désinfectant par jour. Ce qui représente au total plus de 150 tonnes de gel réparti dans plus de 400 000 bouteilles depuis le début de la production.

Far West

Mais si cette conversion fut très rapide, elle ne fut pas pour autant exempte de défis. Notamment au chapitre de l’approvisionnement où les compagnies se livrent une guerre sans merci pour mettre la main sur le matériel dont elles ont besoin.

« Ce que les médias ont rapporté au mois d’avril au sujet des masques de protection qui étaient détournés directement sur les pistes d’aéroport, on l’a vécu nous aussi avec certaines de nos composantes. On a dû se battre pour mettre la main sur des pompes, des bouteilles, de l’alcool ou encore du gélifiant. C’est vraiment le Far West total! »

Or, si l’usine The Color Group a pu tirer son épingle du jeu dans cette crise sanitaire sans précédent, c’est d’abord et avant tout, insiste Alexandre Nault, parce qu’elle a pu compter sur l’implication de tous ses employés.

« Pendant que le Québec était sur pause, nous ici, on travaillait des 60 heures par semaine. On rêvait même la nuit aux façons dont on allait optimiser notre production et nos problèmes d’approvisionnement. Ça démontre à quel point il y a un bel esprit de famille et à quel point nos employés sont des gens dévoués pour l’entreprise. »

Repères: 

  • Né à Sherbrooke en 1980
  • Conjoint de Geneviève Paquette, M. Sc. inf. depuis 19 ans
  • Père de Sophia, 12 ans et Édward, 10 ans
  • A fréquenté l’école primaire Desranleau, le Séminaire de Sherbrooke et le Collégial du Séminaire de Sherbrooke
  • Quitte pour Montréal en 2001 pour compléter un baccalauréat en Design industriel à l’Université de Montréal et des études en gestion à HEC Montréal.
  • Maitrise en administration des affaires de l’Université de Sherbrooke en 2016
  • Soutient Leucan Estrie ainsi que la Fondation du Centre Jeunesse de l’Estrie.
  • Siège aux CA de Sherbrooke Innopole, de la Maison Régionale de l’Industrie et d’Emplois Compétences.
« L’éducation, faut y croire »

Mérite estrien

« L’éducation, faut y croire »

Lilia Gaulin
Lilia Gaulin
La Tribune
Le nom de Gilles Normand est bien connu à travers la grande région de Sherbrooke notamment dans le milieu de l’éducation et du bénévolat. L’homme, qui a occupé plusieurs fonctions, dont celle de président au sein de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS, devenue centre de services scolaire depuis) a travaillé d’arrache-pied tout au long de sa carrière afin de rendre la communauté meilleure.

Dès son plus jeune âge, Gilles Normand a baigné dans le monde de la politique principalement grâce à son père qui a été maire de Stukely Canton et qui a œuvré dans ce monde pendant près de 25 ans. 

C’est un de ses amis qui l’a invité à se présenter afin de devenir commissaire de quartier. Une décision qui viendra changer la vie de l’homme. La tête remplie de souvenirs, M. Normand se remémore avoir impliqué ses enfants dans sa campagne électorale. 

« Une de mes filles faisait des appels aux gens qu’elle connaissait. La plus vieille était assise à une des tables de circonscription afin de faire le décompte des gens qui venaient voter. Mon père était également présent », note l’homme, les yeux remplis d’étoiles. 

C’est le 14 juin 1998 que M. Normand est élu pour la première fois au sein du conseil des commissaires de la CSRS. Durant plusieurs années, il a concilié un emploi chez Bell Canada et ses fonctions de commissaire. 

« Je me rappelle que lorsque j’étais à l’école du village à Eastman et que le commissaire venait visiter il y avait une cérémonie. Les enseignants nous préparaient à cette visite. Ça m’avait un peu fasciné à ce moment. »

Gilles Normand est nommé président en 2010 à la suite du départ de son prédécesseur, Gilles Boudrias. Quatre ans plus tard, M. Normand remporte la première élection pour le poste de président au suffrage universel. Son implication dans plusieurs comités est sans équivoque. 

Tout au long de sa carrière, l’homme a eu comme cheval de bataille la formation professionnelle ainsi que la formation générale des adultes. Il a d’ailleurs reçu le titre de Grand ambassadeur du Centre de formation professionnelle 24-juin en raison de son engagement envers ce secteur d’enseignement. « Tout le monde a son importance et tout le monde a sa place. »

Présent à de nombreux événements, M. Normand ne comptait pas les heures travaillées. « J’ai tenté à ma façon d’être le plus présent possible sur le terrain afin de connaître les différents milieux, discuter avec les gens et connaître les besoins pour être en mesure d’avancer », souligne-t-il en entrevue avec La Tribune, surpris d’avoir été sélectionné pour un Mérite estrien. Humblement, M. Normand a mis en lumière le travail accompli par ses collègues au fil des années.

Durant 22 ans de vie politique, Gilles Normand a accompli une panoplie de réalisations. Deux de ses plus grandes fiertés sont la baisse du taux de décrochage scolaire ainsi que la hausse du taux de diplomation. « Ce sont plusieurs petites choses comme la recherche, la création de la fondation, les rénovations de la salle pour l’option des arts de la scène à La Montée et la construction du complexe Thibault GM, qui nous ont permis d’en arriver là. Ce sont des petits pas, mais ils font un changement majeur. Nous avons vraiment avancé. » M. Normand a rappelé à de nombreuses reprises que chaque petit geste compte en éducation. 

Le programme Accès 5 est très significatif pour l’homme. Ce projet permet le déploiement de cinq sphères d’action soit le suivi individuel, le soutien scolaire, la programmation parascolaire, l’approche intégrée et les actions spécifiques, ainsi que l’aide financière et matérielle, auprès des élèves qui sont susceptibles de décrochage scolaire. 

« C’était important pour moi d’être présent dans les écoles et dans la communauté afin de créer des contacts. Grâce à des partenaires, nous avons créé des projets. Quand nous sommes présents, nous créons des possibilités. »

Le Gala des Bravos est un événement d’une grande importance aux yeux de Gilles Normand. « C’est tellement important pour moi d’avoir un gala qui illustre la réussite des gens qui ont persévéré et qui sont restés à l’école malgré plusieurs difficultés comme des problèmes de santé. Il y a tellement de façons de réussir. »

En plus d’occuper des fonctions importantes à la CSRS, l’homme s’est également impliqué dans les sports. En 1980, il est devenu l’entraîneur de l’équipe féminine de handball du Cégep de Sherbrooke ainsi que de l’équipe senior féminine Sherbrooke-Metro. Au fil des années, il a également été entraîneur de balle-molle, de football et de soccer. 

De 1999 et 2006, il a œuvré activement au sein du club de soccer des Pulsars de Rock Forest en occupant plusieurs postes dont la vice-présidence et la présidence du conseil d’administration. 

Guidé par la passion, Gilles Normand a travaillé jour après jour, et ce, pendant plus de deux décennies pour les jeunes de la région.

L’ancien président de la CSRS est satisfait de ses 22 ans de carrière en politique. Toutefois, il est déçu de la manière dont cette aventure a pris fin avec l’abolition des postes de commissaires en raison de l’adoption de la loi 40 transformant les commissions scolaires en centres de services scolaires. 

Lorsque questionné sur son avenir, M. Normand est clair. Dans les prochains mois, il se concentrera sur un nouveau défi : le rôle de grand-père. « J’ai une carrière de grand-papa qui commence », lance-t-il en riant.

Repères 

  • Né le 20 juillet 1957 à Eastman
  • Marié à Linda Turgeon
  • Père de trois enfants 
  • Retraité de Bell Canada depuis 2013 après 34 ans de service
  • Joueur de golf et de balle-molle
  • Membre de l’équipe de football et de handball des Volontaires du Cégep de Sherbrooke de 1976 à 1979
Générateurs de succès

MÉRITE ESTRIEN

Générateurs de succès

Jérôme Gaudreau
Jérôme Gaudreau
La Tribune
Depuis leur rencontre chez les Draveurs de Trois-Rivières en 1991 et leur saison mémorable à Sherbrooke avec les Faucons en 1992-1993, Stéphane Julien et Jocelyn Thibault en ont fait du chemin. Après avoir gardé contact durant tout ce temps, les deux forment encore la paire aujourd’hui. Réunis en 2012 lors du retour du junior majeur, les deux amis de longue date ont mené le Phœnix cette année vers une saison remplie de succès.

La route empruntée par le Phœnix depuis sa naissance était par moment sinueuse. Face à tous ces obstacles, le Phœnix a trébuché à quelques occasions, mais a su bien se relever pour finalement atteindre le sommet cette année, sans toutefois avoir la chance de toucher l’apogée en raison de la pandémie.

« Seulement huit défaites en temps régulier, ce n’est pas arrivé souvent dans l’histoire de la LHJMQ, rappelle l’entraîneur-chef et nouveau directeur général du Phœnix, Stéphane Julien. Les gens trouvent ça impressionnant, moi je trouve ça incroyable. On a établi beaucoup de records collectifs et personnels. Il n’y avait aucun doute que le Phœnix allait terminer au premier rang. Il ne restait que cinq matchs à cette saison de 68 parties. Ce n’est pas comme si l’arrêt des activités était survenu au mois de janvier. »

Premier au classement de la Ligue de hockey junior majeur du Québec, premier du Top 10 de la Ligue canadienne de hockey, tous les regards étaient tournés sur le Phœnix de Sherbrooke à l’aube des séries éliminatoires. Et ce, même si le noyau était formé principalement de joueur de 18 ans.

« Pour ce qui est de la saison, on est rassasiés, assure Stéphane Julien, qui a connu une longue carrière d’hockeyeur en Europe avant de s’impliquer avec le Phœnix. On connaît tout l’effort qui a été déployé et on sait que l’honneur de l’équipe championne de la saison nous revient. Mais pour ce qui est des séries, il y a encore aujourd’hui une frustration chez nos joueurs, qui étaient en mission dès le premier jour. On est déçus de la fin abrupte. On voulait prendre part aux séries et gagner la coupe! Mais on ne saura jamais ce qui aurait pu arriver. »

Le Phœnix n’a réussi que deux fois à passer la première ronde en huit ans. La situation allait changer cette année, sans aucun doute.

« On n’a jamais paniqué quand ça allait mal dans le passé et on n’a jamais été trop excités par ce qui nous arrivait cette année », indique Jocelyn Thibault, qui a cédé cet été ses fonctions de directeur général à son ancien capitaine chez les Faucons, Stéphane Julien.

C’est par ailleurs loin d’être terminé pour le Phœnix de Sherbrooke, qui s’attend à une autre saison durant laquelle les victoires seront bien plus nombreuses que les défaites.

« Je ne vois pas pourquoi notre équipe ne pourrait pas connaître une fois de plus une saison gagnante, soutient Stéphane Julien. On possède un excellent gardien et de très bons vétérans. Peut-être qu’elle ne sera pas aussi exceptionnelle que la dernière, parce que ce genre de saison ne survient pas souvent, mais on a de bonnes chances. »

« La sélection de Samuel Poulin il y a trois ans est devenue un élément déclencheur, croit Jocelyn Thibault. Il est devenu notre pierre d’assise. »

Un concept d’équipe bien implanté

Arrivé à la barre de la formation en 2015 après avoir gravité autour de l’équipe d’entraîneurs lors des premières saisons, Stéphane Julien estime que l’histoire du Phœnix se divise en deux temps.

« Jocelyn et moi, on a commencé le deuxième cycle du Phœnix en ayant comme objectif de mener l’équipe vers un championnat une fois le club arrivé à terme. Lors des premières années, le Phœnix ne partait de rien. Il y a plusieurs facteurs qui mènent à la réussite d’un cycle, comme la qualité du repêchage. Les choses ont heureusement changé il y a trois ans. Il y a eu une étincelle. L’identité a changé à ce moment-là et l’équipe n’a jamais cessé de progresser. »Quand il repensera à la saison
2019-2020, sa dernière à titre de directeur général, Jocelyn Thibault se souviendra surtout du concept d’équipe.

« Je vais me rappeler du temps et des efforts que ça prend pour qu’une organisation devienne mature à tous les niveaux : côté administratif, scolaire ou sportif. On a atteint la maturité à tous les points de vue. »

Ancré dans la communauté

Le Phœnix n’a pas seulement connu du succès sur la patinoire. Il a également réussi à conquérir le cœur de toute une communauté.

« J’ai senti que la communauté s’appropriait son équipe depuis quelques années. On a gagné en notoriété », croit l’actionnaire Jocelyn Thibault, devenu cet été vice-président des opérations Hockey.

Si le Phœnix a besoin du soutien de la population, à l’inverse, le Phœnix offre une vitrine exceptionnelle à la ville de Sherbrooke selon le copropriétaire Jocelyn Thibault.

« Quand j’étais jeune, si j’allais au Canadien une fois par année, j’étais chanceux, mais j’allais voir les Voisins et le Titan de Laval chaque lundi soir. C’était eux, mes idoles. Je voulais faire ça moi aussi. Je crois également que le hockey junior devient un vecteur promotionnel important pour une région. Sans la présence d’un club de hockey junior, jamais Sherbrooke n’aurait obtenu une visibilité comme celle que le Phœnix a offerte cette année à la ville sur la scène provinciale et nationale. Jamais! » lance fièrement l’ancien gardien du Canadien de Montréal.

Repères

Stéphane Julien

  • Né le 7 avril 1974 à Saint-Tite
  • Marié à Isabelle Caron
  • Père d’Aurélie (21 ans) et Gabrielle (18 ans)
  • 14 saisons en Europe

Jocelyn Thibault

  • Né le 12 janvier 1975
  • Époux de Mélanie Trachy
  • Père de Noémie (21 ans), Zoé (18 ans) et Annabel (17 ans)
  • Repêché en 1re ronde par les Nordiques en 1993
  • 14 saisons dans la LNH
Fournir la pièce manquante

Mérite estrien

Fournir la pièce manquante

Marc Laprise
La Tribune
Au cours des cinq dernières années, le Sherbrookois Mario Aubé a contribué à la belle remise en forme du fabricant de meubles de bureau Bestar de Lac-Mégantic.

On est en 2015. « Mario Beaudoin de MB Capital, moi et un groupe d’investisseurs on cherchait à investir et l’opportunité de Bestar s’est présentée, explique Mario Aubé. On savait que Bestar était en difficulté. À ce moment-là l’entreprise était publique. Gilles Pansera (NDLR : l’ancien président de la compagnie) m’a approché et m’a dit “Mario, tu n’as plus de travail. Est-ce que ça te tente de devenir président de Bestar? ’’ »

Il y avait à peine une année que Mario Aubé avait mis un terme à une longue association de 20 ans avec Portes Lemieux de Windsor. Sortant d’une grosse entreprise récemment rachetée par l’Américaine Masonite, M. Aubé ne se sentait pas prêt à en intégrer une autre. Mais il était quand même disposé à faire travailler sa fibre entrepreneuriale. « Je lui ai dit, par contre, si vous êtes intéressés à vendre, je suis intéressé à acheter. »

Six ou sept mois plus tard, une fois les détails de la transaction réglés, le groupe sherbrookois prend les rênes de Bestar et lui… devient quand même président de l’entreprise.

Commence alors la transformation.

« C’est une belle histoire, raconte Mario Aubé. Il y a des gens formidables à Mégantic. Il manquait juste un petit morceau au casse-tête pour que tout se déroule mieux et on dirait que juste notre venue a complété le casse-tête. On a changé des choses à la production, à la mise en marché. On a acheté une compagnie qui s’appelle Plogg, qui est une compagnie web, parce qu’on savait qu’on devait être meilleurs sur le web. Les personnes étaient en place. Les produits étaient en place. Il manquait juste un bout de leadership pour boucler et s’assurer que tout se déroule correctement. Tout, un dans l’autre, a fait que Bestar a explosé. »

Depuis ce temps, les emplois ont quasiment doublé à Lac-Mégantic, passant de 125 en 2015 à près de 230 aujourd’hui. Une nouvelle usine sortait aussi de terre dans le parc industriel de Sherbrooke. Pour expliquer cette nouvelle construction, l’homme d’affaires avoue que son groupe savait que Bestar devait devenir plus flexible dans sa production. Et surtout, il voulait avoir un pied à Sherbrooke, là où logent deux universités, pour être en mesure d’attirer et de retenir des cadres supérieurs.

Après deux ans et demi, le groupe sent que la nouvelle et rapide croissance de l’entreprise a besoin d’un autre élan. Entre alors en scène un investisseur majeur. Novapac, un important groupe montréalais dans le domaine du placement privé, devient l’investisseur majoritaire de Bestar.

« Ça n’a rien changé au niveau des opérations. C’est juste qu’avec eux on s’est mis à parler d’acquisitions futures et potentielles parce qu’on savait que Bestar devait passer à une autre étape, assure Mario Aubé. Le marché nord-américain est un marché de gros joueurs. Pour assurer la pérennité à long terme, on se devait de faire quelque chose de différent. »

Ce quelque chose s’est concrétisé au début de l’année 2020 par l’achat de Bush Industries, une compagnie américaine de fabrication et de distribution de meubles de bureau. Une grosse bouchée pour l’entreprise méganticoise qui du coup incorporait à sa structure un joueur avec un chiffre d’affaires une fois et demie à deux fois plus important que le sien.

Le dossier, précise Mario Aubé, était celui de Novapac. « En tant que président, c’est quand même moi qui validais toutes les informations. On est allé visiter. Je participais très activement en tant que président de Bestar à l’entente, à m’assurer que ça convenait aux deux parties et que ça venait rejoindre les enjeux de Bestar. Je venais dans le fond valider que le fit était parfait. C’était mon rôle à moi. Il y a toujours la question monétaire, mais après il y a toujours une question de fit au niveau production, au niveau enjeux. »

Pour Mario Aubé, ce mariage est parfait. En parlant de Bush Industries, il précise qu’« ils sont très très bien positionnés sur le marché américain. Ils sont très très semblables et complémentaires à ce que Bestar fait. « Eux aussi ce sont des leaders dans le bureau. Ils étaient en ligne. Par contre ils ont une présence chez les détaillants dans le quotidien à vendre à des entreprises, ce que nous on ne faisait pas. Bestar est rendu 90 % en ligne. Bush était plus 60-40, donc ils avaient une présence différente de la nôtre. Complémentaire avec nos produits, en même temps une similitude au niveau de la production. Un très bon réseau de distribution. Était très très bien implanté. On avait un entrepôt à Reno au Nevada depuis un an, eux sont à Sacramento en Californie, en Pennsylvanie, avec un bon réseau et on sentait qu’on pouvait profiter de cet élan de distribution. »

Ceci dit, au terme de la transaction, le président a cédé sa place à une autre personne tout en demeurant propriétaire et administrateur de l’entreprise. La nouvelle organisation lui aurait demandé un investissement en temps et en déplacement qu’il n’était pas prêt à assumer. 

Avoir contribué au regain de Portes Lemieux et ensuite à la relance de Bestar, ce sont deux belles cartes de visite que détient Mario Aubé.

Le principal intéressé explique ce joli parcours depuis la fin de ses études par la chance. « J’ai rencontré les bonnes personnes. J’ai eu des opportunités, de la chance. On ne fait jamais rien tout seul », philosophe-t-il.

Repères

  • Né à Sherbrooke en 1969
  • Marié avec Marie-Josée Desrosiers depuis 27 ans
  • A deux enfants : Frédéric, 23 ans, et Florence, 20 ans
  • Détient un diplôme universitaire en administration du Providence College, au Rhode Island, où il a été admis avec une bourse d’études pour jouer au hockey
  • Actionnaire du Phoenix de Sherbrooke
  • Amateur de golf, de pêche et de lecture
De chercheur à vulgarisateur

Mérite estrien

De chercheur à vulgarisateur

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
En tant que microbiologiste et infectiologue, le Dr Alex Carignan savait bien qu’une pandémie risquait de survenir dans les prochaines années. Mais personne n’aurait pu prédire que la pandémie d’un nouveau type de coronavirus irait aussi vite, qu’elle entraînerait de telles conséquences sur l’ensemble de la planète. Pas même les infectiologues les plus chevronnés comme ce clinicien-chercheur du CIUSSS de l’Estrie-CHUS qui possède aussi une maîtrise en épidémiologie.

« Ce nouveau type de coronavirus s’est répandu comme une trainée de poudre sur la planète », indique Alex Carignan.

Des personnes infectées par la COVID-19 sont arrivées très vite en Estrie, qui est rapidement devenue l’une des régions les plus touchées du Québec dès la mi-mars, quand le virus faisait encore une entrée timide sur la Belle Province.

Le Dr Alex Carignan, comme l’ensemble de son équipe et de ses confrères de travail en infectiologie au CIUSSS de l’Estrie-CHUS, a été frappé de plein fouet par cette vague déferlante.

« Au début, il y avait tellement de questions et on avait très peu de réponses. D’un point de vue humain, c’était très difficile. On sentait l’inquiétude de nos collègues, des équipes de soins, des patients... Les gens se tournaient beaucoup vers nous en infectiologie pour avoir des réponses, mais on n’en avait pas tellement », se rappelle le Dr Carignan.

Le microbiologiste et infectiologue se souvient d’un soir où il a quitté l’hôpital tellement épuisé qu’il s’est mis à pleurer aussitôt à l’abri dans son véhicule. « Humainement, ç’a été une période difficile », rapporte-t-il.

Le temps a passé, les réponses ont commencé à prendre forme, les projets de recherche se sont multipliés, les difficultés rencontrées au début de la crise se sont atténuées. Et le Dr Carignan s’est imposé dans l’univers médiatique du Québec comme un chercheur incontournable et rassurant, un rôle que le médecin originaire de Bécancour n’avait pas prévu du tout.

« La caméra est sur moi, mais j’aime comparer mon rôle à celui d’un entrepreneur dans un projet de maison. Oui je mets les choses en place, mais sans la présence de l’électricien ou du plombier, mon travail ne vaudrait rien. C’est important pour moi de valoriser le travail d’équipe, il y a plusieurs personnes importantes autour de moi », insiste-t-il.

Car en plus de tout le boulot à abattre à l’hôpital, le clinicien-chercheur a aussi entrepris plusieurs projets de recherche de façon éclair sur la COVID-19.

« Dans ce contexte, ça n’a jamais été aussi rapide de mettre des projets sur pied et de trouver du financement. Il s’est passé 40 jours entre notre première idée sur la perte de l’odorat comme symptôme de la COVID et la publication scientifique. C’est fou! » s’étonne-t-il encore.

Et dans toute cette période folle, jamais Alex Carignan n’aurait voulu perdre de vue le plus important pour lui : sa famille.

« J’ai deux filles de 8 et 10 ans. Ma conjointe est en congé sabbatique et pouvait faire du télétravail. Une chance, parce que ç’aurait été encore plus difficile d’arriver à tout faire! Ma présence auprès de mes enfants demeure très importante pour moi », souligne-t-il.

Avant que la crise sanitaire surprenne la planète, le professeur de l’Université de Sherbrooke (UdeS), le chercheur du Centre de recherche du CHUS et le médecin spécialiste du CIUSSS du l’Estrie-CHUS avait bien d’autres projets en cours et était déjà fort occupé. En effet, les intérêts du Dr Carignan sont axés principalement sur l’épidémiologie des infections émergentes au Québec ainsi que sur l’immunisation.

Il s’intéresse notamment à la maladie de Lyme. En 2019, 461 cas humains de maladie de Lyme ont été rapportés au Québec, en comparaison à 32 en 2011, et une majorité de ces cas sont rapportés en Estrie et en Montérégie. « Les conséquences sur la santé peuvent être graves si la maladie n’est pas traitée à temps », soutient le Dr Carignan.

Il est présentement à la recherche de financement pour élaborer une Chaire de recherche hospitalo-facultaire sur la maladie de Lyme et les infections émergentes, car les tiques peuvent aussi transmettre de nombreuses autres maladies aux humains.

Intérêts pour la science... et les gens

Ce sont des intérêts envers la science et envers les êtres humains qui ont conduit Alex Carignan vers la médecine. « Ado, j’ai travaillé dans des magasins de sport, j’ai été préposé aux bénéficiaires pendant le cégep. La médecine était ce qui, à mon sens, permettait la meilleure combinaison entre la science et les gens », indique-t-il.

Son intérêt pour les maladies infectieuses est venu dès ses premiers pas à l’Université de Montréal où il a étudié la médecine. Mais il a fallu attendre un peu plus tard pour qu’il bifurque officiellement vers la microbiologie. « J’ai commencé ma spécialisation à l’UdeS en médecine interne et j’ai changé de programme en cours de route pour la spécialisation en microbiologie et infectiologie. C’est un travail très varié, autant par les patients que l’on rencontre que par les tâches : on travaille en prévention des infections, on voit des patients, on fait de la recherche... » indique-t-il.

Repères

  • Diplômé de microbiologie médicale et infectiologie à l’UdeS en 2008
  • Maîtrise en épidémiologie à la University of London au Royaume-Uni
  • Conjoint de Julie Perron
  • Père de Éliane et Flavie, 8 et 10 ans
La ténacité du métier

Mérite estrien

La ténacité du métier

Steve Bergeron
Steve Bergeron
La Tribune
MÉRITE ESTRIEN / Pendant quatre ans, il a été le Simon Phaneuf de la comédie Lâcher prise, un rôle qui lui a donné une visibilité qu’il n’avait encore jamais connue. Mais Jean-Moïse Martin n’a pas oublié d’où il vient : Sherbrooke en général, et les ateliers du Théâtre du Double Signe (TDS) en particulier.

« J’ai eu une vocation tardive. Je n’ai pas fait de théâtre au secondaire. J’avais 19 ans quand je me suis inscrit aux ateliers du Double Signe. Le mien était dirigé par Lilie Bergeron et ça a été une révélation », mentionne l’acteur, qui était d’ailleurs de la distribution de la pièce Minuit, présentée par le Double Signe en novembre 2017. Auparavant, il avait joué dans Mustang et Ce qu’on enterre, deux productions des défunts Turcs gobeurs d’opium. 

« J’essaie le plus possible de venir aux premières de théâtre sherbrookoises. Je trouve ça important. J’aime beaucoup le travail d’André Gélineau [directeur artistique du TDS, auparavant des Turcs] et je souhaite le voir rayonner davantage en dehors de Sherbrooke. J’apprécie aussi ce que fait Érika Tremblay-Roy au Petit Théâtre de Sherbrooke. Je rêve que cette ville devienne un lieu de création encore plus important. Et je sens que c’est encore ma gang. » 

C’est d’ailleurs à force de se faire dire par sa gang de tenter sa chance dans les écoles de théâtre (il s’est cherché pendant quelques années après son secondaire) que Jean-Moïse Martin a essayé. Quand il a appris qu’il figurait dans la douzaine d’étudiants retenus à l’École nationale de théâtre parmi environ 600 demandes, il a fondu en larmes, comme s’il venait de trouver sa voie. 

Depuis peu, le comédien de 42 ans a aussi commencé à redonner, en devenant coach auprès des jeunes aspirants acteurs.

« Et-j’ai-a-do-ré-ça, dit-il en détachant bien les syllabes. Quand j’ai vu comment les jeunes étaient allumés, j’ai réalisé que j’étais prêt à partager des choses et que j’en avais vraiment envie. Je m’écoutais parler aux étudiants et c’était comme si je retrouvais une boîte à outils que j’avais oubliée, des notions qu’on finit par tenir pour acquises comme acteur. Bref, je crois avoir trouvé un nouveau filon en enseignement. »

Sous l’aile de Denoncourt

Il faut dire que Jean-Moïse Martin a été tenace : il lui a fallu huit bonnes années pour véritablement vivre de son métier. C’est Serge Denoncourt qui l’a pris finalement sous son aile, en plus de le marquer par son talent de rassembleur.

« C’est lui aussi qui m’a dit qu’un acteur, c’était un sportif. Il faut être en forme autant dans son corps que dans sa tête », cite-t-il quand on lui parle des épiques bagarres de Simon Phaneuf avec ses deux frères (Emmanuel Schwartz et Mathieu Quesnel) dans Lâcher prise. 

« L’auteure Isabelle Langlois nous avait surnommés ses trois grands danois, raconte-t-il. C’est ce j’ai aimé de Lâcher prise : il y avait des moments de farce pure et d’autres très intelligents et très touchants. J’ai eu un petit deuil quand ça s’est arrêté — c’est probablement ma plus belle expérience de jeu à 

vie —, mais je reste un hyperactif qui ne déteste pas de passer d’un projet à un autre. »

Ce qui ne l’empêche pas d’avoir ses moments de doute. « Je pense que je me demande pourquoi je fais ce métier-là tous les jours de ma vie, avoue-t-il. Ici, on sent qu’il faut encore se battre pour défendre l’importance des acteurs, contrairement à la France, par exemple, où la culture du théâtre est très forte. Ce n’est pas qu’une passion : c’est un travail, celui de partager une histoire, de faire vivre des émotions aux gens, de les aider à s’y reconnaître. »


Repères

  • Né en 1978.
  • Deuxième d’une famille de trois enfants; il a une sœur aînée et une sœur cadette. 
  • Son père était vétérinaire et sa mère s’est surtout occupée du foyer.
  • A fréquenté l’école primaire Marie-Reine, le Séminaire Salésien et l’école Montcalm.
  • Diplômé de l’École nationale de théâtre en 2006.
  • A joué dans une vingtaine de pièces de théâtre, dont La mort d’un commis voyageur (Rideau vert), L’orangeraie (Théâtre Denise-Pelletier), Roméo et Juliette, Cyrano de Bergerac et Les trois mousquetaires (Juste pour rire et TNM).
  • A joué dans une quinzaine de fictions télé, dont Cerebrum, District 31, Blue Moon, Victor Lessard et Les beaux malaises. 
  • A interprété Simon Phaneuf de 2017 à 2020 dans la comédie Lâcher prise, ce qui lui a valu une nomination pour un Gémeaux en 2017, catégorie Meilleure interprétation masculine dans un rôle de soutien.
Toujours apprendre, toujours enseigner

Mérite estrien

Toujours apprendre, toujours enseigner

Marc Laprise
La Tribune
MÉRITE ESTRIEN / Comme le scout qu’il est depuis qu’il n’a que cinq ans, Mike McKenna sera toujours pompier. Son regard est franc et assuré quand il affirme que cette vocation ne le quittera jamais, même si depuis deux ans il est retourné à son premier métier, la menuiserie et à l’ébénisterie. La preuve étant qu’il donne encore aujourd’hui de la formation en prévention incendie aux quatre coins du Québec, tout comme il conserve précieusement son poste de deuxième vice-président, à titre de représentant du Québec, à la Fondation canadienne des pompiers morts en service (FCPMS). Il est également membre du comité-conseil de l’Association des chefs pompiers du Canada.

Pourtant, la prévention et le combat des incendies ne faisaient pas partie du plan de carrière de Mike McKenna. Après des études primaires et secondaires dans son Châteauguay natal, ce grand gaillard se dirige vers le Collège Champlain de Lennoxville pour des études en administration avant de retourner chez lui pendant un an pour compléter un diplôme d’études professionnelles en construction.

« Quand j’ai fini, j’ai dit à ma mère : ‘‘c’est fini pour moi les études’’. Elle a bien ri de moi, se rappelle l’ancien chef de la brigade des pompiers d’Ayer’s Cliff, North Hatley et Stanstead. La vie c’est une école. C’est perpétuel », lui a-t-elle fait comprendre.

On est en 1994. De retour en Estrie pour y rejoindre sa copine Karen Robinson et créer son atelier de menuiserie, Mike McKenna côtoie son futur beau-père qui est pompier volontaire à Ayer’s Cliff. 

« Je le voyais partir aux appels en vitesse et j’ai pris conscience que c’est quelque chose qui m’intéressait. Alors j’ai demandé au chef des pompiers d’Ayer’s Cliff si je pouvais devenir pompier avant même que je demande mon épouse en mariage », se remémore-t-il en riant.

S’en est suivi des cours de pompier, des formations d’officier, d’enquête incendie... « Juste en disant oui, je suis prêt à investir mon temps, ça m’a donné des forces et des expériences que je n’aurais pas pu prévoir », assure-t-il aujourd’hui.

Une dizaine d’années de formation et d’interventions passent quand, en 2004, on lui offre de devenir chef. « J’ai accepté le défi avec la seule condition que tous nos pompiers et nos officiers aient de la formation », se souvient-il. 

La municipalité accepte cette condition et consacre quelque 75 000 $, sur une période de trois ans, dans la formation de ses pompiers volontaires. 

La municipalité ne tarde pas à vérifier la valeur de son investissement. 

En 2005, un violent incendie ravage l’usine du fabricant d’armoires Cabico de Barnston-Ouest. Près de 80 pompiers de cinq services d’incendie interviennent pour éteindre le brasier. Par la suite, l’assureur de l’entreprise intente une action de 14 M$ contre Ayer’s Cliff, arguant une mauvaise intervention. « Mais la formation qu’on a suivie a sauvé notre village de cette action », raconte avec fierté l’ancien pompier.

Cependant, dans l’esprit de Mike McKenna, le plus grand gain dans cet événement c’est qu’aucun des pompiers qui sont intervenus ne s’est blessé. 

Dans les années qui ont suivi, les municipalités de North Hatley et de Stanstead demandent au chef McKenna de prendre la direction de leur service respectif. Un autre défi qu’il relève. « Pendant la même période, la Fondation canadienne des pompiers morts en service m’a demandé de devenir membre de son comité exécutif à Ottawa. Un véritable honneur », qu’il a bien sûr accepté.

Avec la demande de la FCPMS vient le rôle de représentant de l’organisme au comité de construction du monument commémoratif des pompiers morts en services, un projet de 4 M$. Bien vite, le chef pompier prend conscience d’aberrations dans la planification du travail. Pour honorer la mémoire de héros canadiens, on veut acheter du granit chinois et d’autres matériaux provenant d’ailleurs dans le monde. Mike McKenna s’y oppose et exige qu’on utilise du granit québécois et du liège ontarien. « Je voulais qu’on utilise des matériaux de chez nous payés par les taxes de chez nous. »

Il est aujourd’hui bien fier de ce monument qui commémore le courage des pompiers, qu’ils soient de l’armée, de l’entreprise ou du civil, avec des matériaux canadiens et le savoir-faire des gens d’ici.

Pour son travail, M. McKenna a été récompensé en 2012 de la médaille du Jubilé de diamant soulignant les 60 ans de règne de la reine Elisabeth II.

Un autre honneur qui touche M. McKenna, c’est le poste de maître de cérémonie qu’on lui confie depuis 10 ans lors de la fin de semaine annuelle consacrée aux pompiers morts en services. L’événement se déroule à la mi-septembre de chaque année. « On cherchait quelqu’un de bilingue. C’est important parce que c’est un projet national. Je suis tombé à la bonne place au bon moment », assure-t-il.

Et c’est en repensant à tout ce cheminement que dans son esprit la constatation est devenue évidente sur son parcours comme pompier. « Je devais être là. »


Repères

  • Natif de Châteauguay
  • Marié depuis 25 ans avec Karen Robinson
  • Père de deux garçons : Adam et Ian
  • Bénévole auprès de la troupe scout First Lennoxville
  • Siège au comité de gestion du camp des scouts du Lac Lovering
  • Membre de la direction du cimetière de Massawippi


Objectif : faire une différence

Mérite Estrien

Objectif : faire une différence

Marc Laprise
La Tribune
MÉRITE ESTRIEN / Jean Pelchat est heureux dans la vie. « J’ai trois beaux enfants, quatre petits-enfants, j’ai des sous dans mes poches et je redonne à la société. »

L’homme d’affaires confie être pleinement comblé par la vie. « Je n’attends pas énormément de chaque relation, mais j’attends quelque chose. Puis je veux donner quelque chose. Je veux faire une différence dans la vie des gens. » Comme il attend que les personnes qui croisent son chemin fassent une différence dans la sienne.

Un échange. Donnant-donnant. Ne serait-ce qu’un peu.

En écoutant Jean Pelchat résumer son parcours de vie, on saisit que son carburant, comme homme, comme homme d’affaires, comme bénévole ou comme mécène, c’est précisément ça : faire une différence, dans la vie de quelqu’un, si petite soit-elle.

La naissance du Souper du partage de Magog en est une manifestation.

Cette œuvre caritative découle d’une formation en leadership qu’il a suivie à Montréal. Les participants apprennent alors qu’il leur faudrait créer un projet pour redonner à la société. Mais celui-ci ne doit pas être lié avec la business.

« Je décide de faire un brunch du partage pour redonner dans la région de Magog, se rappelle Jean Pelchat. Première année, brunch à La Ruche, on fait 6000 $. Parfait. L’année suivante on fait 7800 $. Après ça, les gens me disent “oui, mais on pourrait faire plus, on pourrait t’aider nous autres.” Il y a des gens de la communauté qui me disent ça. »

Prenant ses interlocuteurs au mot, l’épicier se dit : parfait! Il prend le napperon du restaurant dans lequel ils se trouvent et rédige rapidement au dos un contrat qui engage chaque convive à s’impliquer dans l’organisation. « Et là il y a plusieurs personnes, des gens de Magog, qui signent le fameux napperon en question, que j’ai encore aujourd’hui. »

La suite se décline en 23 autres chapitres avec des suites à venir.

En octobre dernier, le Souper du partage, brunch compris, en était à sa 25e édition. L’événement a permis de récolter 126 000 $ et de préparer près de 350 paniers de Noël pour des familles démunies. Depuis ses débuts, l’organisation a récolté quelque 1,75 M$ et distribué environ 6600 paniers. 

Ceux qui le suivent depuis tant d’années confient que M. Pelchat n’a pas fait seul tout le travail, mais qu’il a été sans aucun doute le catalyseur de cet énorme succès.

Jean Pelchat, lui, se dit heureux d’avoir réussi à intéresser des gens qui avaient le goût de s’impliquer tout en ayant du plaisir. Parce que, dit-il, c’est important d’avoir du plaisir dans le bénévolat. « Si tu n’en as pas, tu t’éloignes du bénévolat. Alors si tu peux créer une façon intéressante de faire du bénévolat, de t’impliquer, sans que ce soit une charge, tous les jours, alors ça fait une grande, grande, grande différence. »

Aujourd’hui, le créateur du Souper du partage s’est éloigné un peu de l’organisation tout en restant disponible. Il se félicite de voir une belle équipe poursuivre l’aventure. « La relève est là. L’équipe est là. Ça va super bien. On est institué. Je trouve ça extraordinaire. »

Jean Pelchat a fait une différence à Magog comme ses collaborateurs l’ont fait dans sa vie. Et il poursuit sa quête.

Il est bénévole au Fonds du sport de l’Université de Sherbrooke depuis une dizaine d’années. 

On le retrouve également impliqué dans Amen St-Michel, organisme voué à la préservation de la Cathédrale St-Michel de Sherbrooke. Il est engagé depuis quatre ans dans cette œuvre qui jusqu’à présent a ramassé 8 millions $ pour la réfection de la cathédrale.

Tout ça, dit-il encore, fait une différence dans sa vie.


Repères

  • Natif de Sherbrooke
  • Sixième d’une famille de sept enfants
  • Détenteur d’un baccalauréat en théologie
  • Détenteur d’une maîtrise en administration des affaires
  • Père de trois enfants
  • Quatre fois grand-père
  • Président de CorpoSana, une société de financement qui gère des capitaux de risque et offre du financement aux entreprises en démarrage et en croissance
  • Investisseur pour Anges Québec
  • Grand amateur de trek : il a gravi le Kilimandjaro (Tanzanie) et l’Annapurna (Népal) et l’Aconcagua (Argentine).
  • En 2019 il a passé 23 jours sur le chemin de Compostelle, marchant 780 km
Gérer une croissance « fulgurante »

Mérite estrien

Gérer une croissance « fulgurante »

Simon Roberge, Initiative de journalisme local
Simon Roberge, Initiative de journalisme local
La Tribune
À l’arrivée de Luc Dionne à la tête de Tekna en 2014, l’entreprise sherbrookoise comptait 70 employés. Aujourd’hui, Tekna est le 3e fournisseur mondial de poudres métalliques destinées à l’impression 3D pour l’industrie de l’aéronautique, de l’automobile et des implants orthopédiques et emploi plus de 170 personnes, dont 150 au Québec.

« À mon arrivée, les revenus de l’entreprise avaient commencé à plafonner, explique l’homme de 55 ans. On s’est tourné vers les poudres métalliques qu’on pouvait produire. On a développé un procédé. On a introduit les produits sur le marché en 2015 et depuis ce temps les ventes ont doublé année après année. »

L’essor de l’entreprise s’est poursuivi avec l’ouverture de filiales Tekna en Inde, en Chine et en Corée du Sud puis par l’expansion en 2018 de sa production en France et l’établissement en 2019 d’une coentreprise avec Apéram, une filiale d’ArcelorMittal.

« À travers tout ça, on a développé près de 250 nouveaux clients qu’on n’avait pas dans nos bases de données, souligne le résident de Bromont. On avait une base de client typiquement universitaire, mais là on a des clients industriels répartis sur les cinq continents. »

Luc Dionne refuse toutefois de prendre le crédit pour cette croissance fulgurante.

« Je suis arrivé dans une équipe faite forte, admet-il. C’était des gens passionnés avec une belle culture et qui voulaient la réussite de l’entreprise. J’ai profité de cette mine d’or là et j’ai bâti sur une culture de collaboration et de respect. Je me fais un peu le porte-parole, mais le crédit revient à l’équipe. »

Luc Dionne a aussi mis de l’avant une mentalité qui a permis à l’usine de Sherbrooke de rayonner.

« Notre philosophie dès le départ était que le savoir-faire demeure au Québec, indique M. Dionne. Ce ne sont pas des technologies qui s’exportent toujours facilement et aujourd’hui c’est un success-story. »

Sous la direction de Luc Dionne, Tekna est aussi entrée dans une nouvelle phase alors que ses plus gros défis sont derrière elle.

« Nos clients, ce sont les plus gros fabricants d’avions de la planète ou des constructeurs automobiles, explique M. Dionne. Donc pour devenir un fournisseur intéressant pour ces entreprises, il fallait mettre en place une structure de qualité et des normes de production sévères. Et ça, on a réussi à le faire. Aujourd’hui, notre défi c’est plus d’être capable de bien exécuter selon les standards qu’on s’est nous-mêmes imposés. »

M. Dionne assure toutefois que de nombreux projets le tiennent occupé.

« On n’a jamais cessé d’investir en recherche et développement. On a de nouveaux produits sur nos tables à dessin dans des secteurs d’activités complètement différents notamment pour la microélectronique ou pour les piles rechargeables. »

Dans ce contexte d’une entreprise à maturité, est-ce le temps pour M. Dionne de se trouver un nouveau défi ou de prendre sa retraite? Pas tout de suite.

« Je ne vois pas de fin », lance-t-il en riant. J’ai deux filles extraordinaires et une femme extraordinaire. Je réussis à trouver l’équilibre et c’est ça le secret de la longévité. »

Repères :

Diplômé de l’École nationale d’aéronautique et du programme de baccalauréat en génie mécanique de l’École Polytechnique de Montréal.

Récipiendaire du prix Innovation Technologique 2020 de la Fondation et Alumni de l’École Polytechnique de Montréal.

Membre de la Table de stratégie économique pour la fabrication avancée dirigée par Innovation, Sciences et Développement Économique Canada en 2017 et de 2008 à 2010

Réjean Fontaine : Un travail qui irradie

Mérite estrien

Réjean Fontaine : Un travail qui irradie

« Mon conseil aux jeunes : avoir des rêves et y croire. Le chemin n’est pas droit. »

Voici en résumé le message d’encouragement qu’adresse le professeur Réjean Fontaine, chercheur à l’Université de Sherbrooke, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en tomographie d’émission par positrons basée sur le temps de vol de photons. De la radiographie médicale, quoi.

Le professeur Fontaine parle par expérience. Il donne en exemple son parcours académique et professionnel comme arguments. « Dès le secondaire, je voulais faire médecine nucléaire », raconte ce fils de Waterloo, qui a passé une partie de son adolescence sur les bancs du Séminaire Verbe-Divin de Granby. Dans sa classe, peut-être même dans toute l’école, le jeune Réjean était sans doute le seul à nourrir ce type d’ambition professionnelle, nous dit-il. 

Sa cote académique ne lui permettant pas de rejoindre une formation universitaire en médecine, c’est vers l’électronique que le jeune homme s’est engagé. Depuis la fin des années 1990, diplôme en main, Réjean Fontaine multiplie tour à tour les expériences en entreprises et à l’université, développant de la microélectronique pour des implants cochléaires jusqu’aux scanners d’imagerie médicale.

Se considérant comme un généraliste, le spécialiste s’applique à rendre les examens d’imagerie par résonnance magnétique (IRM) les plus précis possible. « L’IRM, explique-t-il, permet de détecter la structure du patient. Ses os. Nous travaillons pour détecter le cancer aux rayons X, pour voir la masse et vérifier le niveau d’activité métabolique. »

Voilà qu’il s’est drôlement rapproché de son rêve d’adolescent.

Les travaux du chercheur et de son équipe ont permis, au cours des dernières années, de créer un scanner préclinique pour petits animaux qui a fait passer la résolution de l’image d’abord à une précision de 1,3 millimètre puis de 0,65 millimètre. « Il s’agit d’une très grande intégration », dit-il, qui permet de grandes applications en médecine. Un des objectifs est de créer un scanner pour le cerveau dans le but de détecter, entre autres, l’alzheimer chez les patients.

Avec l’équipe de la Chaire de recherche de l’Université de Sherbrooke, M. Fontaine s’applique aussi à diminuer la dose de radiation requise pour un examen à rayon X. Ce qui permettrait d’ouvrir la porte à ce type d’examen chez les enfants.

Le 28 octobre dernier, les travaux de Réjean Fontaine l’ont conduit à Manchester, en Angleterre, pour la conférence annuelle sur les sciences nucléaires et de l’imagerie médicale, où ses paires lui ont attribué le prix Emilio Gatti Radiation Instrumentation Technical Achievement Award, remis à un chercheur pour reconnaître ses contributions techniques importantes et novatrices en milieu de carrière dans les domaines des détecteurs de radiation, en instrumentation et/ou pour de l’électronique appliquée en sciences nucléaires et/ou en techniques de mesure pour la radiation ionisante.

Reconnaissant, le lauréat précise qu’il s’agit du prix le plus important que le plus grand regroupement de chercheurs au monde pouvait lui remettre à cette étape de sa carrière. « Je suis honoré de l’avoir obtenu. Ça dépasse le fait d’être connu. Je suis reconnu. » Il tient cependant à partager cet honneur avec toute l’équipe qui l’entoure. « C’est donc un prix qui n’est pas seulement pour moi, mais pour l’ensemble des chercheurs de Sherbrooke en imagerie par radiation. »

Comme tout passionné de son travail, Réjean Fontaine assure faire « le plus beau métier du monde ». Un métier qu’il partage aussi, depuis quelques années, avec une équipe de chercheurs australiens pour le développement d’un implant oculaire, un projet d’un autre niveau de complexité.

Revenant sur son rêve de jeunesse, Réjean Fontaine se dit très content. « Je crois à la destinée. On la prend quand elle s’adresse à vous. »

Repères

  • Natif de Waterloo
  • Études secondaires à Granby
  • Études universitaires à Sherbrooke en génie électrique
  • Marié à Chantal Viscogliosi
  • Père de quatre enfants : Anne-Catherine, Hans-Olivier, Émilie, Eliot
  • Joueur de soccer et de badminton
  • Il a été entraîneur au soccer pendant une quinzaine d’années 
  • Travailleur manuel, il habite dans la maison construite de ses mains, sa deuxième.
Créer pour résoudre

Mérite estrien

Créer pour résoudre

Mélanie Noël
Mélanie Noël
La Tribune
MÉRITE ESTRIEN / Née dans un minuscule village d’un peu plus de 1000 habitants, la jeune Mylène Rioux ne voit que des champs quand elle regarde par la fenêtre. C’est souffrant pour elle de grandir dans si petit. Elle rêve de grandes villes, de projets, d’action.

« J’ai toujours su que je ne resterais pas où j’ai grandi. Je crois que s’en était fatiguant pour mes parents », lance-t-elle en riant, ajoutant que ce sont ses parents qui lui ont transmis sa fibre patriotique.

La bibliothèque de Windsor livre à domicile

Actualités

La bibliothèque de Windsor livre à domicile

La Tribune
Les citoyens de Windsor, Val-Joli et Saint-François-Xavier-de-Brompton auront de nouveau accès à la collection de la bibliothèque Patrick-Dignan dès lundi. Et ce, sans même quitter leur domicile.  

Des employés formés afin de respecter les mesures d’hygiène du gouvernement effectueront directement la livraison à domicile pour les résidents qui désirent emprunter des livres ou d’autres documents à la bibliothèque de Windsor. 

Sylvie Bureau, mairesse de Windsor, est convaincue que cette offre sera fortement sollicitée. « Depuis plusieurs semaines, les citoyens sont dans l’obligation de demeurer à la maison et, forcément, les activités de loisirs et de divertissement sont limitées. En offrant un service de livraison sécuritaire, nous adaptons notre offre de services et permettons à la population de bénéficier de l’importante collection de livres offerts à la bibliothèque, tout en assurant la sécurité de nos employés », explique-t-elle. 

Les citoyens peuvent peuvent vérifier la disponibilité des livres qu’ils désirent en emprunter visitant le site web de la Ville de Windsor dans la section « Loisirs, culture et communautaire », et en choisissant l’onglet « Bibliothèque Patrick-Dignan », puis la section « Catalogue ».

Ils seront ensuite en mesure d’effectuer leur réservation par courriel à l’adresse info@bibliotheque.windsor.qc.ca. 

Les abonnés qui n’ont pas accès à internet peuvent téléphoner au 819 845-7888, poste 5 entre 18 h et 21.

Chaque citoyen a droit à un maximum de quatre documents, et sera en mesure de remettre ceux qu’il a déjà en sa possession au livreur. Les livraisons sont limitées à une fois par semaine par domicile. 

Prioriser les soins à domicile

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Prioriser les soins à domicile

Simon Roberge, Initiative de journalisme local
Simon Roberge, Initiative de journalisme local
La Tribune
Le Dr Réjean Hébert le dit, le crie et le répète depuis 35 ans, le Québec doit insister sur les soins à domicile. L’ancien ministre de la Santé et des Services sociaux sous le gouvernement de Pauline Marois estime que la province doit revoir complément le financement de ses établissements de santé.

« Lorsqu’on regarde le budget qui est consacré aux soins de longue durée, il y a seulement 14 % de ce budget qui va pour les soins à domicile et 86 % qui va pour les CHSLD, explique Dr Hébert. Dans des pays comme le Danemark, par exemple, c’est presque l’inverse avec 75 % du budget pour les soins à domicile et 25 % pour l’hébergement. »

À lire aussi: Plus autonome, plus longtemps 

En avant avec les Maisons des aînés

Un virage à 180 degrés est donc nécessaire selon lui comme l’ont fait notamment le Japon, la Corée du Sud, la France, la Belgique, l’Autriche, les Pays-Bas et l’Italie.

« Il y a une quinzaine de pays à travers le monde qui ont fait ce changement-là ,qui ont mis en place des assurances de soin à long terme qui couvrent la perte d’autonomie. Ça leur permet de choisir de recevoir les soins à domicile ou d’aller dans une résidence. Et devinez quoi ? Ces gens choisissent de rester à la maison. »

Réjean Hébert rappelle qu’une initiative en ce sens au Québec est « morte au feuilleton » lorsque les élections ont été déclarées en 2014.

« C’est ça qu’on voulait faire avec l’assurance autonomie lorsque j’étais au gouvernement et c’est pour ça que je suis allé en politique d’ailleurs, explique celui qui s’est également présenté sous la bannière libérale aux dernières élections fédérales. Il faudra revenir à ça sinon les personnes âgées ne seront jamais une priorité. Actuellement, les CHSLD sont une des nombreuses missions des gros, gros établissements qui ont été mis en place en 2015 et ils ne reçoivent pas l’attention qui serait nécessaire, d’où leur fragilité pour répondre à la crise. »

Vivre d’humour et de bière

Mérite Estrien

Vivre d’humour et de bière

Simon Roberge, Initiative de journalisme local
Simon Roberge, Initiative de journalisme local
La Tribune
Pour quelqu’un qui n’aimait pas particulièrement la bière, on peut dire que Todd Pouliot s’est retrouvé plongé dans cet univers et pas qu’à moitié. Il est copropriétaire de la microbrasserie La Memphré en plus d’être l’instigateur du Festival La Grande Coulée au mont Orford.

« J’avais des amis qui m’appelait M. Sex on the beach parce que je buvais du vin et des cocktails, souligne Todd Pouliot en entrevue avec La Tribune. Je n’aimais pas la bière. Quand on a décidé d’investir dans notre équipement pour brasser notre bière, je me suis dit qu’il fallait que je me mette à aimer la bière et que je suive des formations. C’est ce que j’ai fait et maintenant je suis capable de dire les subtilités de chaque produit. »

La Memphré a ouvert ses portes en 1999, ce qui en fait l’une des doyennes chez les microbrasseries québécoises. Todd Pouliot s’est joint à l’aventure en 2002 après avoir songé à devenir enseignant. En 2009, sa bonne amie Jennifer D’Arcy est devenue sa partenaire d’affaire dans la microbrasserie. Et entre les débuts et aujourd’hui, c’est le jour et la nuit.

« C’est une autre réalité complètement, il n’y a rien, rien, mais rien de pareil, affirme Todd Pouliot. J’avais des gens qui arrivaient et me demandaient si j’avais de la Coors Light ou de la Bud Light. Je leur disais non et ils fermaient le menu et partaient. Maintenant, les gens me demandent ma sélection de IPA et connaissent les styles de bières. »

M. Pouliot est aussi l’instigateur du Festival La Grande Coulée qui se déroule au bas des pentes du mont Orford en septembre.

« Après les vendanges, il y avait toujours de super belles fins de semaine où il n’y avait rien, indique Todd Pouliot. Le monde s’est garroché la première année et on a été victime de notre succès. Maintenant, on fait un grand festival et je travaille là-dessus à l’année. Je veux que ça devienne un chouchou de la région. »

Faire rire

Dès qu’on rencontre Todd Pouliot, on sait qu’on a affaire à quelqu’un qui aime faire rire. Sans jamais avoir fait de l’humour professionnellement, Todd Pouliot se décrit comme un « gars de scène ».

« J’ai animé un gala des Omer avec Marc Labrèche et je n’étais pas stressé du tout, j’ai adoré ça, souligne le Magogois. Les gens pensent toujours que j’aime les projecteurs, mais je ne fais que prendre ma place. Je ne cours pas après l’attention. Je veux juste faire rire. »

Et même qu’un spectacle n’est pas impossible pour Todd Pouliot dans les prochaines années.

« Je me disais toujours qu’à 40 ou 45 ans j’allais me faire un show à Magog au Vieux Clocher et finalement je suis rendu à 45 ans et je ne l’ai toujours pas fait, mais j’aimerais peut-être le faire un jour. »

Rêver à la CS Brooks

S’il désire rester à La Memphré encore une bonne décennie, Todd Pouliot a un rêve pour la ville de Magog : celui d’utiliser l’ancienne usine de CS Brooks pour prolonger la rue Principale.

« Ce que j’aimerais le plus au monde, c’est de mettre la main sur la CS Brooks et développer ça pour devenir la plus belle ville de la planète, résume Todd Pouliot. C’est une vieille usine qui dort dans une des belles parties de la ville. Je suis là-dessus en ce moment. La ville est tellement dynamique, on ne veut pas que ce soit des tours à condos. J’ai 12 millions d’idées. »


Repères

- Père de quatre enfants. Il a eu son premier à 23 ans. Ils sont aujourd’hui âgés de 23, 21, 18 et 6 ans;

- La Memphré est bâtie dans la deuxième plus vieille maison de la ville de Magog;

- Todd Pouliot est président de la Fondation de l’école secondaire de la Ruche

Bal des finissants : une élève de Montcalm veut créer des souvenirs virtuels

Actualités

Bal des finissants : une élève de Montcalm veut créer des souvenirs virtuels

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
SHERBROOKE — Ils attendaient ce moment depuis si longtemps : la fin du secondaire. Le bal, la remise des diplômes... et la robe pour bon nombre d’adolescentes. Qu’à cela ne tienne : à défaut (peut-être) d’un album de finissants, Orfée Lemieux-Riendeau a lancé un appel aux finissants pour qu’ils lui partagent des vidéos sur ce passage marquant. Au moins, il y aura un souvenir virtuel.

Pour le moment, avec l’arrêt des classes, le projet d’album de finissants est sur la glace, selon elle. On se doute que des bals des finissants, dans leur forme traditionnelle, sont compromis, tout comme les remises de diplômes. Au mieux, ils seront reportés. 

La Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) a indiqué à La Tribune plus tôt cette semaine que la décision d’annuler ou non les bals n’a pas encore été prise. L’organisation a indiqué que la décision se prendra une fois que Québec aura décidé des modalités d’un retour (ou non) des élèves à l’école d’ici la fin de l’année scolaire. 

Sur le territoire de la Commission scolaire des Sommets, des élèves ont été avisés que leur bal serait reporté. 

Orfée Lemieux-Riendeau, une élève de l’école secondaire Montcalm, a joint le groupe Facebook « Les secondaires 5 en quarantaine », qui regroupe notamment des jeunes du Québec et de l’Ontario. « Je me suis dit : pourquoi on ne fait pas une vidéo? On n’aura peut-être pas accès à l’album de finissants. L’idée, c’est de créer un souvenir, comme un album, mais de façon virtuelle. » 

« My God, ce n’est pas facile, lance-t-elle quand on lui demande comment elle vit ces derniers instants du secondaire sans sa gang, et l’incertitude entourant la tenue des célébrations. Je ne suis pas la personne qui tenait le plus au bal. Ma remise de diplômes, je l’ai sur le cœur. On voit le bout et ça nous est enlevé. On essaie de se créer des souvenirs. » 

Une remise de diplômes devait se tenir à Montcalm avec les proches des finissants et Orfée y tenait tout particulièrement.

« J’adore l’école. J’ai eu de la difficulté à trouver ma place, mais la dernière année à Montcalm, on était tellement proches. La dernière année, c’est celle où on en profite. C’est ce qui est difficile », dit celle qui a été admise en éducation spécialisée au Cégep de Sherbrooke. Les élèves ont quitté le 13 mars dernier et ne savent pas quand et s’ils retourneront à l’école d’ici la fin des classes, renchérit-elle.

L’appel à tous a été lancé sur divers réseaux. Les finissants sont nombreux à lui envoyer des vidéos, avec lesquelles elle en fera un montage, aidée d’une amie. 

Un rite important

Quelle place occupent ces rites de passage dans la vie des jeunes?

« C’est fondamental. Quand on parle des remises de diplôme, de bal de fin d’études, de fin de secondaire, on parle d’un rite de passage vers autre chose, qui marque le changement d’un statut social, mais ça marque d’abord la fin de quelque chose. Ça marque la finalité, la transformation. J’insiste sur la fin, parce que ça permet de boucler la boucle, et j’aurais presque envie de vous dire que c’est une étape du deuil, dans le fond, du secondaire. Quand on commence, on est encore enfants et quand on finit, on n’est pas si loin d’être de jeunes adultes. Il y a énormément de transformations qui se font. Un diplôme de secondaire cinq, c’est comme un départ dans la vie. Il y a énormément de souvenirs pendant ces cinq années-là, il y a des liens d’amitié, le début du vécu amoureux, l’identité des jeunes se construit, parce que c’est pendant l’adolescence qu’ils prennent une distance de leurs parents, pour se définir comme individus », répond Christine Grou, psychologue et présidente de l’Ordre des psychologues du Québec.

Le bal et la remise de diplômes s’inscrivent habituellement comme des moments marquants. « Ça a un caractère soulageant : on boucle la boucle. Ça a, dans un tout autre registre, un peu la même vertu que les funérailles, le dernier rite de passage. Ce sont des moments marquants dans une vie. Ça explique les différentes initiatives et les reports d’événements. »

Le fait de tenir un événement en marge de l’officiel, avec des proches par exemple, montre qu’il s’agit d’un passage important : pas seulement pour le diplômé, pour tout le monde également. Il s’agit d’un geste significatif pour un diplômé.

À ceux qui auraient tendance à minimiser ce que les finissants vivent, Mme Grou rappelle l’importance de ce moment. « Les adolescents ont l’âge de raison, mais quand tu as 16, 17 ans, tu n’as pas 40 ou 55 ans de recul. Tu as 16 ans de vie et pour beaucoup, ce sera le premier élément marquant, le premier passage. Je ne dis pas que ce sera une catastrophe, mais que c’est un passage important. » 

Dre Grou a une pensée pour tous ces jeunes.

« Si j’avais un mot à dire, ce serait aux adolescents. En dépit de la pandémie, ils méritent toutes nos félicitations. Ce n’est pas rien d’en arriver là. Les initiatives qui vont leur permettre de fêter ensemble de façon sécuritaire et lorsque ce sera possible, ce sera extrêmement bénéfique. Si j’avais un mot à dire aux familles, c’est ne sous-estimons pas l’importance de ce moment-là pour nos jeunes. Il va y avoir quelques mois de pandémie, ils ont travaillé cinq ans pour en arriver là... sur 16 ou 17 ans de vie. » 

200 résidents de la FMSS au front avec un permis restrictif

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200 résidents de la FMSS au front avec un permis restrictif

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
SHERBROOKE — Environ 200 résidents de la faculté de médecine et des sciences de la santé (FMSS) de l’Université de Sherbrooke disposent d’un permis restrictif pour exercer leur profession.

Ces permis restrictifs s’avèrent une mesure spéciale du Collège des médecins du Québec dans le contexte d’urgence sanitaire. Ils permettent exceptionnellement aux résidents ayant complété leur formation d’exercer à titre de médecin sans avoir préalablement réussi « tous les examens prescrits par la réglementation en vigueur ». 

En conséquence, le Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada, le Collège des médecins de famille du Canada et le Conseil médical du Canada ont reporté les examens.

Selon le doyen de la FMSS, Dominique Dorion, ces examens, qui demandent une préparation intense et qui devaient avoir lieu à la fin mars et en avril, sont reportés en septembre. Rappelons que le Collège des médecins a annoncé sa décision à la fin mars. 

Dr Dorion rappelle que la formation en médecine compte quatre ans sur les bancs d’école, suivie de la résidence, qui est de deux ans pour la médecine de famille, et entre quatre et sept ans environ pour les différentes spécialités médicales. « Ce dont on parle, c’est la fin de formation des résidents. Habituellement, pour avoir un permis de pratique générale au Québec, ça prend deux choses : une attestation de l’université qui a formé l’étudiant (...) et le point numéro deux, c’est la réussite d’un examen de certification » administré par l’un des collèges.  

Il explique que les examens oraux, administrés en présence d’examinateurs qui viennent de partout au pays, ne pouvaient avoir lieu. 

« L’autre morceau, c’est qu’on ne pouvait pas libérer nos résidents. Ce sont des acteurs importants dans le milieu de la santé qui ne peuvent être libérés pour préparer leur examen. La situation est la même partout au Canada. »

Les permis restrictifs ne limitent pas la pratique des résidents, précise Dr Dorion. C’est plutôt que le permis est valide jusqu’à ce que les résidents aient passé les examens. Ces permis restrictifs sont valides jusqu’en juin 2021. 

« Ce ne sont pas des docteurs à rabais que l’on met sur le marché parce qu’ils n’ont pas le choix. Ils sont extrêmement compétents. Le taux de succès pour les examens du collège royal, dans la grande majorité des spécialités, pour les gens qui sont gradués de nos programmes du Canada (...) est bien en haut de 95 % chaque année. » 

Quant aux examens repoussés, Dr Dorion trace un parallèle avec les Olympiques, alors qu’étudiants et athlètes s’y préparaient depuis longtemps.

Les résidents de la faculté toujours en formation et qui se retrouvent en stage sont environ 800.

Qu’en est-il des étudiants qui doivent être admis en médecine à la prochaine rentrée scolaire? On retrouve habituellement deux types d’étudiants : ceux qui finissent le cégep et ceux qui terminent un parcours universitaire. 

« Pour la cohorte qui sort du cégep, le processus est en route présentement. Habituellement, on les sélectionne sur la cote R (cote de rendement académique). On utilise les trois dernières sessions. On a toute l’information que l’on a chaque année. » Habituellement, les étudiants qui aspirent à devenir médecins font l’objet d’une simulation, où l’on recherche des compétences et des aptitudes particulières. Cette simulation a été annulée cette année. « On aura cette information de moins pour choisir les étudiants. »

Cette façon de faire a été remplacée par une autre sorte de test, qui est similaire et qui existe depuis plusieurs années, appelé CASPer. « Ce n’est pas comme si on devait improviser de nouvelles façons de faire. » 

À la FMSS, on indique que sur les 650 professeur(e)s réguliers de la faculté, environ 500 sont des professeurs médecins qui se retrouvent en action, en plus des quelque 2000 chargés de cours et professeurs d’enseignement clinique. On retrouve également « au front » des professeurs en sciences infirmières, en réadaptation, en plus des ressources enseignantes de l’École des sciences infirmières.

Pas encore de mise à jour budgétaire à Sherbrooke

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Pas encore de mise à jour budgétaire à Sherbrooke

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
SHERBROOKE — Combien la Ville de Sherbrooke perd-elle en revenus chaque jour, chaque semaine, en raison de la pandémie de COVID-19? Le maire Steve Lussier dit suivre la situation de près, mais refuse de divulguer des chiffres. Il rapporte néanmoins ne pas envisager une hausse de taxes d’urgence pour le moment.

Selon M. Lussier, les élus ont discuté de la situation budgétaire à huis clos en début de semaine. « Nous prendrons des mesures exceptionnelles en raison de cette situation exceptionnelle. Il faut rectifier le tir. C’est pour ça que nous nous adressons à nos députés. Ce n’est pas vrai qu’on refilera toute cette facture aux citoyens. Le Service des finances amène des solutions. Nous avons des scénarios A, B et C. »

Quels sont ces scénarios? « On va se laisser le temps de parler aux députés et aux ministres. La ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, nous a indiqué qu’il y aurait peut-être un fonds municipal COVID-19 pour ceux qui en auraient besoin. Dans une crise, il faut regarder tous les scénarios, mais je n’envisage pas une hausse de taxes en cours d’année. »

À Gatineau, il y a une dizaine de jours, le maire Maxime Pedneaud-Jobin a laissé entendre que le manque à gagner en fin d’année pourrait être d’une douzaine de millions de dollars. Ce montant n’a toutefois pu être accompagné d’aucun document. À Sherbrooke, sans donner de chiffres, Steve Lussier indique que le manque à gagner serait semblable, proportionnellement. Pour les budgets d’exploitation et d’immobilisation, la Ville de Sherbrooke comptait dépenser 422 M$ en 2020, contre 651 M$ pour Gatineau. 

« Je ne donnerai pas le chiffre. Je vais finir par le dire, mais ce ne sera pas maintenant », a affirmé Steve Lussier. 

Écocentre

Le maire a aussi rappelé que les écocentres ouvriront au plus tard le 4 mai, sans être capable de donner plus de précisions. « Nous avons interpellé les services pour agir le plus rapidement possible. Les écocentres reçoivent en moyenne jusqu’à 800 personnes par jour. Il y a urgence d’agir parce que nous acheminons beaucoup plus de matières à l’enfouissement en ce moment. Pour le mois de mars, ce sont 15 camions de 53 pieds de plus, ce qui représente 125 000 $. »

M. Lussier n’était pas en mesure de préciser s’il s’agissait de dépenses supplémentaires ou d’un manque à gagner lié aux compensations pour les matières détournées de l’enfouissement.

Au Service des communications de la Ville de Sherbrooke, on précise qu’il s’agit d’une dépense supplémentaire tout en mentionnant que les quelques 400 tonnes de matières supplémentaires envoyées à l’enfouissement en mars sont de source inconnue. Il n’est donc pas possible de déterminer si la fermeture des écocentres en est la cause. On soupçonne que le balayage des cours et des terrains, généralement effectué en avril, pourrait avoir été effectué plus tôt cette année. On évaluera donc en fin d’année le réel impact de la pandémie sur les matières envoyées à l’enfouissement. 

Déménagements

Dans un communiqué, la Ville a par ailleurs mentionné que les entreprises de déménagement font partie de la liste des services prioritaires et que les déménagements sont permis en période de pandémie. « Lors de déménagements sans services professionnels, avec l’aide de parents ou de proches, la règle de distanciation physique de deux mètres continue de s’appliquer. Notez qu’il est interdit d’organiser un rassemblement, pour un repas par exemple, pendant ou après le déménagement. »

Enfin, le maire Steve Lussier a affirmé que les nouvelles lignes d’information mises à la disposition des citoyens à la Ville de Sherbrooke ont reçu 915 appels depuis le 6 avril. Des téléphonistes répondent aux questions des citoyens qui téléphonent au 819 823-8000 entre 8 h et 20 h en semaine et entre 9 h et 16 h la fin de semaine. 

Selon le Dr Dauphin, les Forces armées peuvent prêter main-forte

COVID-19

Selon le Dr Dauphin, les Forces armées peuvent prêter main-forte

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
Sherbrooke — Les Forces armées canadiennes disposent de ressources qualifiées pour venir prêter main-forte au réseau de la santé.

Telle est la perception du major à la retraite des Forces armées canadiennes, le Dr Marc Dauphin qui réside maintenant à Coaticook.

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« Il y a des médecins, des infirmières et même des gens formés pour travailler aux soins intensifs qui pourraient être disponibles. Cependant, il y en a un certain nombre, mais pas en quantité suffisante pour combler tous les besoins. Ils ont les compétences et sont qualifiés pour travailler en CHSLD ou dans les hôpitaux », estime l’ancien officier qui a assuré le commandement de l’Hôpital multinational de Rôle 3 de l’aérodrome de Kandahar en Afghanistan où il avait à sa charge une équipe médicale de 250 personnes de partout à travers le monde.

Dans son point de presse quotidien, le premier ministre François Legault a mentionné qu’entre soixante et cent membres des Forces armées canadiennes seraient disponibles pour accomplir des tâches dans le réseau de la santé.

« La demande des autorités civiles est la première étape. Par la suite, c’est au gouvernement fédéral de déterminer avec les Forces armées canadiennes si le personnel est disponible », explique le Dr Marc Dauphin qui a aussi travaillé comme urgentologue au CHUS.

Marc Dauphin explique que de véritables héros des Forces armées canadiennes ont développé une expertise en intervention lors de la pandémie du virus Ebola en 2017.

« L’expertise développée pourrait très bien servir dans le contexte de la COVID-19. Le personnel médical des Forces armées canadiennes est bien formé », assure Marc Dauphin.

Sherbrooke pourrait perdre des parts de marché en tourisme

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Sherbrooke pourrait perdre des parts de marché en tourisme

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
Le conseil d’administration de Destination Sherbrooke a réagi une nouvelle fois aux coupes annoncées de 1 M$ dans le tourisme sherbrookois, lundi soir, en rendant publique une analyse de l’impact économique du tourisme à Sherbrooke. Datant de mai 2019, le document préparé par Raymond Chabot Grant Thornton (RCGT) démontre que le tourisme sherbrookois est performant, mais que « la baisse des investissements pourrait présenter des risques de perte de marchés dans les prochaines années ».

Dans un communiqué, le C.A. explique rendre publique cette étude parce que plusieurs de ses questions demeurent sans réponse par rapport aux coupes annoncées jeudi dernier. Le budget 2020 de Destination Sherbrooke passera de 2,7 M$ à 1,7 M$. 

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« Le C.A. demande officiellement que soient rendus publics l’ensemble des documents, présentations et rapports produits par les consultants externes mandatés par le comité de développement économique sur lesquels le comité s’est basé pour prendre ses décisions. Aussi, le C.A. demande à la Ville de Sherbrooke de dévoiler les budgets reliés à l’octroi de ces mandats », lit-on dans le document.

La présidente de Destination Sherbrooke, Sylvie L. Bergeron, se demande si les élus ont eu accès au rapport de RCGT et s’ils sont allés jusqu’au bout de ses conclusions avant de prendre leur décision. « À notre avis, l’étude n’a pas été rendue publique assez rapidement. Le mandat n’est pas clair. Le rapport est positif et nous dit qu’on fait du bon travail. Qu’est-ce qui nous empêchait de le diffuser? On pense que la décision n’a pas été prise en se basant sur la réalité. »

2,4 M de visites

Le rapport de RCGT relève que Sherbrooke a généré 2 481 000 visites-personne en 2016, soit 25 % du tourisme dans les Cantons-de-l’Est. Les dépenses générées sont de l’ordre de 209 964 000 $, principalement en aliments et boissons, en vêtements et dans les véhicules privés ou de location. Le but principal d’un séjour à Sherbrooke est la visite de parents ou d’amis, alors que les vacances et les loisirs ne représentent que 19 % des visites, contre 3 % pour les conférences, congrès et autres activités liées au travail. 

Parmi les autres données, le tourisme d’agrément permet d’attirer 530 000 personnes annuellement, dont 370 000 pour des événements comme la Fête du lac des Nations et le Festival des traditions du monde. Le tourisme sportif attire entre 27 000 et 35 000 visiteurs, contre 10 000 à 12 000 personnes pour les congrès. 

En 2016, 6,6 % des visites-personne provenaient de l’extérieur du pays. 

On relève par ailleurs que le budget de fonctionnement de Destination Sherbrooke était de 4,8 M$ en 2018, dont 2,8 M$ provenaient de la Ville de Sherbrooke. Ce budget de fonctionnement a baissé de 1 M$, comme la contribution de la Ville, entre 2010 et 2018. 

La masse salariale représente 55 % des dépenses de Destination Sherbrooke (2,6 M$) alors que 928 000 $ sont investis en publicité. 

Les dépenses en immobilisations de la Ville de Sherbrooke, dans le domaine du tourisme, sont quant à elles en baisse. Après un sommet à 3,9 M$ en 2003, elles sont tombées à néant en 2019. 

On relève enfin que la performance touristique à Sherbrooke se compare à celle de Trois-Rivières, une ville de taille semblable, pour les années 2011 à 2016. L’amphithéâtre Cogeco a été inauguré en 2015. 

Le pouls des entreprises

Dans une enquête menée auprès des entreprises sherbrookoises, RCGT relève que 83 % des 225 répondants estiment que le tourisme est un secteur d’activités important, mais que seulement 71,5 % d’entre eux considèrent la destination attrayante. Un peu plus de la moitié (53 %) de ces entreprises considèrent l’offre touristique insuffisante. Leur priorité serait le développement de l’offre et de la promotion.

Dans les conclusions du rapport, outre la possibilité de perdre des marchés, RCGT rapporte que les investissements publics municipaux ont diminué de façon importante en 2018 et en 2019. La firme ajoute qu’un « renforcement de l’attractivité de la destination bénéficierait à la population et aux entreprises de manière globale ». 

RCGT écrit que « les entreprises considèrent que la destination pourrait bénéficier d’une meilleure attractivité auprès des visiteurs », et que « le développement d’un produit d’appel majeur propre à la destination aurait un impact sur la rétention des visiteurs ». 

Enfin, Sylvie L. Bergeron rappelle que le C.A. de Destination Sherbrooke a demandé une rencontre avec le comité politique responsable du développement économique à la Ville de Sherbrooke. « Ce n’est pas le temps de couper alors qu’il faut avoir les moyens de se relever. »

Mme Bergeron rappelle que le nombre d’employés à Destination Sherbrooke est plus grand que dans les organismes semblables dans les autres villes, mais qu’elle recourt moins à la sous-traitance. Cette façon de faire génère-t-elle des économies? « Nous pourrions le démontrer », indique-t-elle. 

Des tasses pour les «mousquetaires» de la COVID-19

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Des tasses pour les «mousquetaires» de la COVID-19

Tommy Brochu
Tommy Brochu
La Tribune
Pour encourager ses « trois mousquetaires » en François Legault, Horacio Arruda et Danielle McCann, Stéphanie Saint-Laurent, une artisane de l’Estrie, a fait parvenir des tasses personnalisées au trio le plus populaire du Québec.

L’idée de confectionner ces tasses est venue en écoutant le point de presse quotidien des autorités gouvernementales. « Pour nous, c’est facile d’être assis devant la télévision et de regarder tout ça. Ça doit être quelque chose de gérer tout ça. Je me suis dit que je pourrais leur offrir une création à leur image pour les soutenir et les remercier d’être là », raconte la propriétaire de Chewie et ses créations, qui a confectionné ces tasses à main levée. Chaque tasse lui prend environ deux heures, sans compter la préparation, le séchage et la cuisson. 

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« Quand j’ai affiché ça sur ma page Facebook, je ne m’attendais pas à autant de réactions, poursuit-elle. Des gens près du premier ministre sont entrés en contact avec moi pour me donner l’adresse où expédier les tasses. »

Les trois destinataires ont pris des photos avec leur tasse respective, clichés qui ont suscité beaucoup d’émotions à l’artiste. « Quand j’ai eu ces photos, je me suis mise à pleurer. Ça m’a vraiment fait chaud au cœur. J’ai trouvé ça le fun qu’ils puissent être pris en photos et qu’elles me soient envoyées. Ils auraient pu garder la tasse et ne rien me dire. Je n’avais pas d’attentes, j’ai donné pour donner. Ça a vraiment fait ma journée », explique celle qui fabrique ces tasses à Saint-Étienne-de-Bolton. 

Cependant, sur ses tasses, ses personnages n’ont pas deux mètres de distance (!) « Je ne pouvais pas trop les distancer, ça faisait un effet moins intéressant! Mais des gens me l’ont écrit. En blague, je pense! » répond Mme Saint-Laurent, le sourire aux lèvres. 

Un seul exemplaire de cette tasse a été mis en circulation : Mme Saint-Laurent a organisé une mise aux enchères, offrant l’argent aux Cuisines solidaires. L’article a finalement été vendu 200 $. « Ce n’est pas tout le monde qui voudrait payer 200 $ pour une tasse. Mais quand ça vient avec un don à une fondation, surtout comme une banque alimentaire, c’est un petit incitatif de plus », pense l’artisane.

« J’ai pris la décision de ne pas en reproduire d’autres pour les vendre au public, enchaîne-t-elle. Si j’en reproduis d’autres, je ferai d’autres enchères pour remettre l’argent à d’autres organismes. »

Des tablettes pour les patients atteints de la COVID-19

Actualités

Des tablettes pour les patients atteints de la COVID-19

Tommy Brochu
Tommy Brochu
La Tribune
Pour que les patients hospitalisés à l’Hôtel-Dieu de Sherbrooke à cause de la COVID-19 puissent parler à leur famille plus régulièrement, les pneumologues Félix-Antoine Vézina et Christophe He ont recueilli une quinzaine de tablettes intelligentes, permettant aux malades de voir plus souvent ceux qu’ils aiment.

« Christophe et moi sommes sur l’unité COVID-19 [à l’Hôtel-Dieu], explique le Dr Vézina en entrevue téléphonique avec La Tribune dimanche. Ce sont des patients âgés qui sont à risque de décès. On trouvait difficile de voir les patients rester dans leur chambre sans pouvoir avoir de visite sauf quand on jugeait qu’ils allaient décéder dans les 24 à 48 heures. On voulait qu’ils aient une alternative pour communiquer avec leur famille. Ils n’ont pas tous accès à des téléphones intelligents, surtout lorsqu’ils sont plus âgés. On voulait trouver un moyen pour rendre ça plus humain. » 

Les deux pneumologues ont constaté ce manque en parlant avec les patients. « J’ai reçu des commentaires comme quoi il est difficile de ne pas avoir de contact visuel, indique le Dr Vézina. Parfois, des patients ont de la difficulté à prendre un téléphone puisqu’ils sont malades. Le fait d’avoir une visite virtuelle va grandement aider les familles à passer au travers l’épreuve d’un proche qui est hospitalisé. »

« Juste l’isolement associé à la maladie, c’est quand même difficile, analyse Félix-Antoine Vézina. D’être seul dans sa chambre et malade, c’est lourd psychologiquement pour les patients. On va pouvoir l’utiliser à bon escient. »

Quant au nombre de tablettes, le duo de pneumologues n’a pas d’objectif en tête. « Au début, on pensait offrir ce service pour les gens en soins palliatifs. Mais par exemple, dimanche, quelqu’un qui n’est pas nécessairement en fin de vie a pu profiter d’un iPad pour bruncher avec sa famille pour Pâques. J’ai l’impression qu’on pourra les utiliser plus que pour la fin de vie uniquement », exprime Félix-Antoine Vézina, se disant touché par la générosité des gens.

« On pourrait en partager avec d’autres services », enchaîne le Dr He, assurant que toutes les précautions sont prises pour qu’il n’y ait pas de transmission. 

Les personnes voulant parler à un proche peuvent appeler au poste des infirmières. Un rendez-vous virtuel sera ensuite organisé. « C’est intéressant que les familles puissent être au courant de ça et n’hésitent pas à le demander, insiste Dr Vézina. On fait ça pour eux et pour les patients. »

Les gens voulant faire don d’une tablette peuvent contacter les responsables de cette initiative au covidchus1@gmail.com.

Une approche humaine de la vaccination

Mérite estrien

Une approche humaine de la vaccination

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
Le Dr Arnaud Gagneur s’est spécialisé en virologie après avoir terminé ses études en médecine et sa spécialisation en néonatalogie. Très vite, ses expériences auprès de ses petits patients français l’ont conduit à s’intéresser à la vaccination et à tous ses avantages pour les bambins.

« J’ai fait ma thèse de doctorat sur les modes de transmission des coronavirus, ce qui est bien spécial dans les circonstances actuelles... Il faut rappeler que les coronavirus sont connus depuis longtemps, c’est le virus du rhume », rappelle-t-il en cette période jamais vue de pandémie et de confinement à l’échelle planétaire.

Parallèlement, il s’est intéressé aux méningites après avoir soigné un grand nombre d’enfants touchés par cette maladie qui peut être grave ou même fatale dans la petite enfance.

« Quand les vaccins combinés sur les pneumocoques et les méningocoques sont sortis dans les années 2000, ça m’a intéressé à la vaccinologie », se souvient-il.

Alors qu’il travaillait toujours en France, le Dr Gagneur a perdu un de ses tout petits patients : le bébé de six mois a succombé à une méningite.

Peu après, le médecin a demandé à la maman du poupon pourquoi elle ne l’avait pas fait vacciner contre la méningite. Elle lui a tout simplement répondu : « Je ne savais pas que ça existait. »

« Sa réponse m’a complètement traumatisé. Il fallait faire plus en amont, les parents devaient connaître les bienfaits de la vaccination », se rappelle le Dr Arnaud Gagneur.

« Moi comme docteur, j’ai un tas de techniques compliquées pour sauver la vie des bébés, mais je n’ai pas réussi, alors qu’il existait pourtant un moyen bien plus simple et efficace de sauver cet enfant : le vaccin », soutient le Dr Gagneur.

Recruté en Estrie

C’est en 2008 que le médecin français a été recruté comme clinicien-chercheur à l’Hôpital Fleurimont du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, au Centre de recherche du CHUS et à l’Université de Sherbrooke alors qu’un concours était ouvert pour embaucher un néonatalogiste qui pourrait à la fois travailler à l’hôpital et faire de la recherche. Le Dr Gagneur était le candidat tout désigné pour ce poste.

« J’ai fait le grand saut à ce moment-là! J’avais quatre jeunes enfants; tout le monde est venu avec moi », raconte-t-il.

Il s’est donc installé à Sherbrooke alors qu’on commençait au Québec à offrir aux parents le vaccin contre le rotavirus, une forme grave de gastroentérite responsable d’une majorité des cas d’hospitalisations consécutives à une gastro chez les enfants.

« En France, l’acceptation de ce vaccin n’était pas bonne parce que les parents avaient beaucoup de questions sur le nouveau vaccin et que les cliniciens avaient peu de temps pour y répondre. C’est là que j’ai eu l’idée de donner de l’information plus rapidement, à l’endroit où on rencontre tous les parents, c’est-à-dire en maternité. Ainsi, les parents ont le temps de réfléchir, de prendre une décision sans stress. Ç’a fait une énorme différence », rapporte-t-il.

Et c’est ainsi qu’il a développé une stratégie éducative de promotion de la vaccination en maternité.

D’abord testée en Estrie, la stratégie a rapidement fait ses preuves et a mené le projet à un essai à l’échelle provinciale. Les résultats ont été probants. En effet, l’intention de vaccination a augmenté de 12 %, le score d’hésitation à la vaccination a diminué de 40 % et la couverture vaccinale des bébés à sept mois a monté de 6 %.

« Ça paraît peut-être peu quand on parle de 6 %, mais sachant qu’on partait déjà de taux à plus de 80 %, c’est une augmentation significative », se réjouit le clinicien-chercheur.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS) a décidé en 2017 d’implanter cette nouvelle stratégie dans les maternités du Québec dans le cadre d’un programme provincial de promotion de la vaccination, le programme EMMIE : Entretien motivationnel en maternité pour l’immunisation des enfants.

« Il est primordial que les parents comprennent pourquoi ils vaccinent leurs enfants et soient heureux et confiants avec leur décision. C’est ce que le programme EMMIE permet », soutient le Dr Gagneur.

Le programme est maintenant installé dans pratiquement toutes les maternités du Québec. Il fait son effet. Et il est apprécié. « Les parents sont satisfaits à 97-98 % après la rencontre », se réjouit le chercheur.

Et maintenant? Quand la pandémie sera sous contrôle et que le monde s’ouvrira de nouveau, Arnaud Gagneur ira présenter son travail dans les multiples congrès où on l’a déjà invité, partout où l’on souhaite s’inspirer d’EMMIE pour lancer un programme.

« Je m’estime vraiment chanceux. Comme chercheur, c’est notre objectif de pouvoir faire de la recherche qui aboutit. Je suis aussi heureux que ma contribution permette de donner de la visibilité à l’Estrie, au Centre de recherche du CHUS qui m’a accueilli. Le programme EMMIE est parti d’un petit projet financé à 50 000 $ en 2008. Ça démontre que le fait d’encourager les jeunes chercheurs, même avec des petits montants, ainsi que d’encourager les idées innovantes, ça peut mener à de grands résultats! »

« Mais ce qui me encore rend le plus heureux je crois, c’est que mon approche permet d’apaiser le clivage entre les deux clans, ceux qui sont pour la vaccination et ceux qui s’y opposent. On a vu des cas aux États-Unis d’enfants exclus de l’école quand ils n’étaient pas vaccinés. Ça peut être très difficile. Ici on est dans une approche respectueuse qui porte ses fruits. C’est une approche humaniste et bienveillante et c’est ce dont je suis le plus fier », conclut Arnaud Gageur.

L’école pour apprendre sur soi-même

Mérite estrien

L’école pour apprendre sur soi-même

Jasmine Rondeau
Jasmine Rondeau
La Tribune
C’est le monde à l’envers dans la classe de Sylvain Lévesque, à l’école Hamelin de Wotton. Alors que la technologie est utilisée pour tout sauf se distraire, et que ce sont les élèves qui assimilent la matière à la maison avant de l’expliquer au professeur, ce sur quoi on apprend le plus, c’est sur soi-même.

Le cursus des élèves de cinquième et de sixième année de M. Lévesque est rempli de projets : livres, vidéoclips, films, capsules d’apprentissages, culture de maïs-bénéfice... Tout ça dans le cadre d’une classe « semi-inversée », et bien ancrée dans sa communauté. La clé? « Une énergie contagieuse et beaucoup de flexibilité », explique l’enseignant de 44 ans, qui a toujours eu de grandes ambitions pour ses élèves.

La ruche comme un lieu de rapprochements

Mérite estrien

La ruche comme un lieu de rapprochements

Jean-François Gagnon
Jean-François Gagnon
La Tribune
L’apiculture pour rapprocher les gens et promouvoir les bonnes pratiques environnementales. Voilà comment on pourrait résumer l’essence même du Rucher boltonnois, un organisme à but non lucratif (OBNL) à la tête duquel on retrouve le conseiller municipal Alain Déry.

M. Déry a grandi dans un environnement fait en grande partie de béton et d’asphalte dans le quartier Ahuntsic, à Montréal. Mais il a rapidement eu une attirance pour la campagne, ce qui l’a un jour amené à acquérir un terrain en bordure du lac Nick, à Bolton-Est.

Sur ce terrain, le lauréat du Mérite estrien s’est construit une maison avec sa conjointe il y a sept ans. Et il s’est par la suite peu à peu intégré à son milieu d’adoption, lequel profite de son esprit d’entrepreneuriat.

Le Rucher boltonnois était à l’origine une initiative qui avait pour objectif d’inciter le public à cesser l’utilisation des pesticides. Mais le projet a pris une ampleur inattendue au grand bonheur de plusieurs.

« Je me disais au départ qu’en lançant un projet d’apiculture communautaire, on pourrait sensibiliser les gens à l’impact des pesticides étant donné que ce genre de produits sont nuisibles pour les abeilles », confie Alain Déry, un ancien entrepreneur dans le secteur des technologies de l’information et des communications.

Le président et directeur général du Rucher boltonnois ne prétend pas être un grand maître de l’apiculture depuis des lustres. N’empêche, il a suivi des cours et effectué des stages reliés à ce secteur d’activité, ce qui d’emblée faisait de lui une personne-ressource de premier choix pour superviser un projet semblable.

Le lancement des activités du projet J’Adopte une ruche a eu lieu en 2017. Cette année-là, 17 familles ont été initiées à l’apiculture et ont participé aux inspections de ruches tenues toutes les semaines. Les participants prennent également part à la récolte et obtiennent une partie du miel produit.

En 2018, le projet J’adopte une ruche regroupait déjà 54 « familles d’adoption » et comptait autant de ruches. Six ruchers sont alors créés dans trois villages, en l’occurrence Bolton-Est, Austin et Saint-Étienne-de-Bolton.

Toujours en 2018, le Rucher Boltonnois s’est impliqué avec l’entreprise Les Jardins VG dans la mise sur pied d’un marché public à Bolton-Est. L’organisme « a pris en charge les volets de promotion et de gestion ». Ce second projet n’a cessé de prendre de l’ampleur, si bien qu’il a même une composante hivernale en décembre désormais.

« On a misé sur le sociofinancement pour trouver des sous pour le marché public. On a vu que la population tenait à cette initiative, aussi supportée par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec. Les gens en ont d’ailleurs fait un succès par la suite », note M. Déry.

Selon Alain Déry, les participants à J’Adopte une ruche rêvent parfois de sauver les abeilles. Le président de l’OBNL remet toutefois les choses en perspective en notant que le Rucher boltonnois n’a évidemment pas les moyens d’accomplir une tâche si colossale, malgré qu’il réalise de « grands projets, une goutte de nectar à la fois ».

« Le succès de notre organisme s’explique également par le fait que les abeilles fascinent les gens. C’est une fascination qui remonte aux Égyptiens alors ce n’est pas d’hier. Et puis, parmi les autres éléments qui plaisent aux participants, il y a le fait qu’on sort en plein air et qu’on rassemble un beau groupe. »

M. Déry estime d’ailleurs que le Rucher boltonnois contribue à rapprocher les gens de Bolton-Est, qui sont éparpillés sur un territoire relativement large. « On a recréé un perron d’église. Des nouveaux réseaux d’amis se sont créés. Il y a des bienfaits sur la vie de groupe autrement dit », illustre-t-il, tout en mentionnant que l’OBNL compte 170 membres au total.

Toujours à l’affût des opportunités, Alain Déry et ses collaborateurs mijotent maintenant l’achat d’un bâtiment municipal pour offrir une adresse stable au Rucher boltonnois. La transaction est d’une valeur 285 000 $ et semble déjà assurée. Comme quoi il est possible de réaliser des choses étonnantes dans de petits milieux quand efforts et passion sont au rendez-vous.

Repères

- Âgé de 61 ans;

- Originaire de Montréal;

- Conseiller municipal à Bolton-Est;

- Président et directeur général du Rucher boltonnois;

- Ancien entrepreneur.