Mérite estrien

L’Amazon du pneu

Lorsqu’on passe devant PMCtire sur la rue King Est, on ne se doute pas que l’entreprise est l’une des références technologiques à Sherbrooke en plus de brasser des millions de dollars par année dans le domaine émergent de la vente de pneus en ligne. Pourtant c’est bel et bien le cas pour PMCtire qui a connu une croissance phénoménale depuis ses débuts en 2008.

L’entreprise, qui vend plusieurs dizaines de milliers de pneus et de roues chaque année partout au Canada, a été fondée un peu sur un coup de tête par Pascal Boutin et Yannick Plante.

« Il n’y avait pas de site web pour la vente de pneus et on s’est dit qu’on pouvait démarrer ça, explique Yannick Plante, qui est aujourd’hui vice-président opération. À ma fête de 30 ans, Pascal m’a annoncé qu’il avait lâché son emploi pour se lancer dans le web et ç’a adonné. »

« Finalement, c’était l’année où les pneus d’hiver sont devenus obligatoires donc le commerce a vraiment décollé, souligne Pascal Boutin, président. Les ventes ont été bonnes dès le départ. On était chacun chez nous et je suis devenu vendeur de pneus. Je ne connaissais rien dans le domaine. »

L’idée était bonne et la croissance est telle pour l’entreprise sherbrookoise qu’elle a déjà déménagé à six reprises depuis sa création en 2008.

En 2012, les demandes s’accumulaient pour l’installation de pneus pour la clientèle de l’Estrie. C’est à ce moment que Patrick Jutras s’est joint à l’aventure en tant que spécialiste en mécanique. PMC mécanique était né.

« Quand on a ouvert, on avait deux portes de garage, mais trois semaines après il en a fallu une troisième, lance Patrick Jutras. En ce moment on est à six portes. » 

Ce fut ensuite au tour de Benoit St-André, vice-président technologies de PMCtire, de se greffer à l’équipe. Il a été instrumental pour gérer la croissance rapide.

« Lorsqu’on commence un commerce en ligne, ça va bien, mentionne-t-il. On n’a pas beaucoup de produits. Il y a beaucoup d’entreprises qui ne survivent pas, pas à cause qu’elles n’ont pas un bon modèle d’affaires, mais parce qu’elles ne sont pas capables d’absorber la croissance. Nous on est capables d’ajouter des gammes de produits et de continuer à satisfaire le client malgré le fait que notre volume continue d’augmenter. On a pratiquement doublé notre chiffre d’affaires depuis 2015. »

La référence

Même si le premier réflexe des gens qui désirent s’acheter des pneus n’est pas nécessairement de regarder en ligne, la vente des pneus y augmente d’année en année.

« Quand on a commencé la vente de pneus en ligne, c’était 1 % ou 2 %, et ce qu’on a eu comme dernières données, c’est 7 % des achats pour les pneus et les roues qui sont faits en ligne, explique Yannick Plante. En Europe, ça monte à 12-14 %. On a des pneus pour faire de la course, on a des pneus très larges pour la boue. On a 26 marques de pneus, dont plusieurs exclusives. On a en ce moment 88 000 produits différents sur notre site web. » 

« Ce qui nous a démarqués dès le début, c’est la création de contenus, souligne Pascal Boutin. On créait beaucoup de contenu informatif pour orienter le client et l’aider. On a une évaluation des produits aussi. Ils sont tous évalués de façon impartiale sans prioriser une marque. »

Les particuliers constituent le gros de la clientèle de l’entreprise, mais près de 400 garages affiliés à travers le Canada acceptent aussi la livraison. PMCtire est également l’un des rares garages spécialisés dans la réparation de véhicules électriques. L’entreprise fait donc, sans faire de vague, rayonner Sherbrooke à travers le Québec et même d’un océan à l’autre.

REPÈRES

PMCtire a été fondée par Pascal Boutin et Yannick Plante en 2008

Patrick Jutras et Benoît St-André ont joint le groupe de proprios ensuite

PMCtire effectue la vente en ligne de pneus

Vente auprès de particuliers et de quelque 400 garages

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Annie Lessard : la vie en mille projets

Les engagements qu’elle prend en dehors des heures de bureau, Annie Lessard ne les a jamais considérés comme du bénévolat, mais plutôt comme des projets. Une possibilité d’aider, de rencontre des gens, de mettre son expertise à profit d’autrui.

« Quand on m’a contactée pour le Mérite estrien, j’ai cru que c’était une erreur », lance celle qui pourtant accumule les années d’implication au sein de la communauté d’affaires de la région.

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Lutter pour les femmes en physique

Pourquoi est-ce que les femmes s’intéressent moins aux sciences — et particulièrement à la physique — lorsque le temps est venu de choisir leur domaine d’études? C’est la question que se sont posée Sophie Rochette, Maude Lizaire et Marie-Eve Boulanger, toutes étudiantes en physique à l’Université de Sherbrooke. À quelques mois d’avis, elles ont donc décidé d’organiser la prestigieuse conférence annuelle Femme en physique Canada.

« Le problème, c’est la sous-représentation des femmes et d’autres minorités en physique, indique Sophie Rochette. La problématique, c’est que ce sont des emplois très stimulants, souvent très payants, mais peu de femmes y ont accès, malheureusement. On sait que la diversité en général augmente la réussite en recherche. Ça augmente la créativité, les idées et l’applicabilité des choses qui sont développées. »

« Il y a plusieurs préjugés, enchaîne Marie-Eve Boulanger. On entre dans le monde de la physique. Les gens disent que c’est difficile, que ce sont des mathématiques, qu’il y a beaucoup de garçons. Quand le choix de carrière arrive, on dit que la physique est difficile, donc la jeune femme ne va pas là-dedans. Pourtant, elles ont tout le potentiel pour réussir, mais peuvent être découragées même avant d’être entrées dans le programme. Après, les femmes réussissent à entrer, mais vivent des embûches. Elles cherchent des modèles. Plus tu montes, moins il en reste. Quand tu es la dernière, tu peux te poser la question “qu’est-ce que je fais ici?” »

La conférence

La conférence Femme en physique Canada existe depuis 2011 et n’avait jamais été présentée au Québec auparavant « C’était un concours. Il fallait créer notre dossier de candidature pour appliquer et pouvoir accueillir la conférence. On avait sept mois pour l’organiser. On n’a pas chômé! » assure Mme Boulanger en souriant. 

« C’est une conférence de grande envergure, renchérit Mme Lizaire. On avait un budget de 60 000 $ et 150 invités. Si on enlève le coût des inscriptions, on est allées chercher plus de 40 000 $ en six mois », dit-elle.

De plus, à mesure que l’événement approchait, plus les mentalités changeaient, une situation plaisante pour Maude Lizaire. « Au début, les gens appelaient ça “notre truc de filles”. On leur disait : non, l’événement national! On a eu de grosses pointures. Ça a permis de nous donner de la crédibilité », décrit-elle.

La tenue de la conférence Femme en physique Canada a été « extrêmement gratifiante » pour les trois femmes. « Les participants nous disaient que c’était la meilleure conférence et la moins chère à laquelle ils avaient assisté, affirme Mme Lizaire. Les conférencières venaient nous voir en nous disant que c’était un honneur de recevoir une aussi belle lettre d’invitation. Mais derrière chaque lettre, il y avait des heures de travail! Et on faisait tout ça en continuant nos maîtrises ou doctorat! » ajoute Marie-Eve Boulanger.

Des gens au département ont même eu une prise de conscience grâce à cette conférence « Et elle a fait du bien, commente Maude Lizaire. On a senti qu’au département, il y a le sentiment d’urgence qu’on peut ressentir. C’est sérieux. C’est plus simple pour le domaine de la physique en général que d’ouvrir ses yeux à cette question. »

Les hautes instances vont même demander conseil à ce trio. « Maintenant, la direction et les professeurs viennent nous chercher pour trouver des solutions. Le département et l’Université veulent agir. En ce moment, il y a une vague de changement. Ça fait du bien, c’est plaisant, mais il ne faut pas qu’elle s’essouffle », résume Sophie Rochette.

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Guy Lacombe : un pilier de la gériatrie au Québec

Guy Lacombe est tombé amoureux de la médecine clinique dès ses premiers pas à la faculté. Très tôt aussi, il a trouvé la voie qu’il allait suivre tout au long de sa carrière à la fois passionnante, stimulante et équilibrée : celle de la gériatrie, les soins aux personnes âgées. Dès le départ, il a développé une expertise dans les maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer.

Le Dr Lacombe a été le tout premier résident en gériatrie du programme de médecine interne de l’Université de Sherbrooke, en 1982. Son intérêt s’est porté sur le vieillissement du cerveau. « Très tôt dans ma vie, j’ai vu des gens vivre vieux : mes arrière-grands-tantes ont toutes vécu jusqu’à plus de 90 ans! J’ai vu que le vieillissement, ça peut être réussi », soutient le médecin interniste et gériatre.

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Un côté sombre de l’histoire canadienne

Associé à l’Institut Wilson de l’histoire canadienne, le professeur David Webster porte un regard élargi sur l’histoire du Canada en ne se limitant pas à ce qui s’est passé à l’intérieur de ses frontières. Pour bien comprendre le Canada, fait valoir le professeur associé au département d’histoire de l’Université Bishop’s, il faut aussi l’observer à travers ses implications internationales. Même si ces implications ne sont pas toujours glorieuses.

David Webster a enseigné un peu partout en Amérique du Nord, notamment à San Francisco, Regina et Toronto, avant de s’arrêter dans les Cantons-de-l’Est en 2012. L’historien s’est forgé à travers les années une réputation d’expert dans le domaine des relations internationales entre le Canada et les pays asiatiques. Il a d’ailleurs écrit ou contribué à la publication de 12 ouvrages portant sur ces relations.

Par son travail, David Webster fait partie de la courte liste d’historiens qui ont reçu le titre d’associé au prestigieux Institut Wilson de l’histoire canadienne pour la période 2017-2020. 

« L’institut vise une approche de l’histoire canadienne à laquelle j’adhère, explique-t-il. On ne peut pas comprendre l’histoire du Canada si l’on s’arrête à ses frontières. L’histoire canadienne est aussi l’histoire internationale. »

Timor oriental

David Webster s’est spécialisé au fil du temps sur un tout petit pays dont peu de gens connaissent même l’existence : le Timor oriental. Il a d’ailleurs déjà publié à ce sujet le livre Fire and the Full Moon : Canada and Indonesia in a Decolonizing World et est en révision d’un autre, Challenge the Wind : Canada, Canadians and East Timor, qui devrait être publié d’ici la fin de l’année.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le Canada ne joue pas le rôle de héros dans cette histoire.

Colonie portugaise pendant plusieurs siècles, le Timor oriental a été envahi par les forces armées indonésiennes en 1975. Les crimes de guerre ont été nombreux pendant l’occupation indonésienne qui aura duré 24 ans. On estime à au moins 100 000, le nombre de décès chez la population du Timor oriental avant qu’elle obtienne officiellement son indépendance en 2002.

« Avant d’envahir, le général Suharto est venu à Washington et Ottawa pour informer qu’il allait régler la situation du Timor oriental en l’annexant, souligne David Webster. À aucun moment le Canada ne s’est opposé. L’invasion s’est déroulée durant la fin de semaine, et le lundi matin, quelqu’un aux affaires externes a déclaré que c’était dommage que des gens allaient mourir, mais que la seule solution envisageable pour le Timor oriental est d’être une partie de l’Indonésie. Et puis pour 23 des 24 années de l’occupation indonésienne, le gouvernement canadien a dit que la situation du Timor oriental était sans espoir et que le Canada ne pouvait rien faire. Le Canada a donné du support diplomatique à l’Indonésie et a voté en faveur de l’Indonésie aux Nations-Unis concernant ce conflit. Le Canada a même vendu des armes et de l’équipement militaire à l’Indonésie. Les forces armées indonésiennes avaient ciblé en particulier les communautés indigènes. Il y a eu toutes sortes de crimes contre les femmes et les enfants, de la torture, des exécutions, etc. ».

David Webster n’hésite pas à comparer ce que le Canada a fait ou permis à l’Indonésie de faire au Timor oriental avec le traitement réservé aux autochtones ici en Amérique.

« Il y a eu des vols d’enfants de leur famille pour les amener en Indonésie, explique-t-il. Le Canada continue à vendre des armes à travers le monde à plusieurs régimes dangereux. L’Arabie saoudite est l’exemple parfait. Justin Trudeau va dire les bonnes choses, mais ne les fera pas nécessairement. Il va dire que le Canada se tient debout pour les droits humains, mais il ne s’est jamais excusé pour ce que le Canada a fait au Timor oriental et il ne le fera pas. »

« Le Canada a souvent tendance dans ses échanges avec d’autres pays à vouloir enseigner quelque chose, résume-t-il. Il y a encore cette attitude de missionnaire où le Canada pense avoir beaucoup à enseigner, mais peu à apprendre. Mais en fait le Canada a beaucoup à apprendre d’autres pays. Il y a tellement de similarités particulièrement dans le traitement des peuples indigènes dans différents pays. Nous pouvons en apprendre beaucoup en ne nous limitant pas à nos frontières. »

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De la piste de course à l’hôpital

Maïté Bouchard n’aime pas faire les choses à moitié. Et ça lui sourit. Cette belle habitude lui permet aujourd’hui de viser un poste de médecin et de rêver aux Jeux olympiques.

La jeune Sherbrookoise a essayé bien des sports avant de tomber en amour avec l’athlétisme. Le vélo, la natation, le ski de fond et le soccer.

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La famille que l’on choisit

Chaque samedi, les membres de la chorale les Oisillons se réunissent pour chanter. Cette réunion hebdomadaire est vite devenue nécessaire pour la plupart d’entre eux. Un moment pour décrocher, pour se confier, pour sourire. Voilà 40 ans que la chorale existe, et aujourd’hui elle est tenue entre autres par deux femmes qui ont grandi avec elle. Elles espèrent offrir aux enfants qui en ont besoin la même famille qui les a soutenues autrefois.

« Pour avoir été membre de la chorale dans des années de vie où ce n’était pas si facile à la maison, la chorale c’était une bouffée d’air dans ma semaine. J’allais chanter et je ne pensais à rien. Ils prenaient tellement bien soin de moi. Mon objectif est donc de garder la chorale en vie, c’est une belle œuvre et je ne voulais pas qu’elle tombe », exprime Denise Madore, présidente du conseil d’administration de la chorale les Oisillons, mais autrefois choriste, puis chef de chœur.

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Combattre le Parkinson un coup à la fois

Andréanne et Claude étaient un couple très actif. Jusqu’à ce que la maladie de Parkinson frappe Claude; les premiers symptômes sont apparus en 2012. Le diagnostic tombe comme une brique, en 2014. Plutôt que de baisser les bras, la professeure agrégée à la faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke a décidé d’aider son conjoint à combattre le Parkinson, un coup de poing à la fois.

Depuis 2017, Andréanne Tanguay œuvre en tant que directrice scientifique et coordonnatrice du programme Rock Steady Boxing, qui se tient au Club de boxe de Sherbrooke.

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Richard Bourassa : le vétérinaire à l’écoute des éleveurs

« Un magnifique cadeau de la vie ». C’est en ces termes que Richard Bourassa parle de son métier après 37 ans de pratique.

Tous les matins de la semaine, le médecin vétérinaire franchit les portes de l’Hôpital vétérinaire de Sherbrooke dès 6 h. Vers 8 h, il enfile sa combinaison de travail et ses bottes pour aller prendre soin des élevages de grands animaux de l’Estrie. Il revient à la clinique seulement vers 18 h. Et après ces longues journées de travail, il lui arrive encore de troquer son pyjama pour sa « chienne » afin de répondre à l’appel d’urgence d’un éleveur.