Générateurs de succès

MÉRITE ESTRIEN

Générateurs de succès

Depuis leur rencontre chez les Draveurs de Trois-Rivières en 1991 et leur saison mémorable à Sherbrooke avec les Faucons en 1992-1993, Stéphane Julien et Jocelyn Thibault en ont fait du chemin. Après avoir gardé contact durant tout ce temps, les deux forment encore la paire aujourd’hui. Réunis en 2012 lors du retour du junior majeur, les deux amis de longue date ont mené le Phœnix cette année vers une saison remplie de succès.

La route empruntée par le Phœnix depuis sa naissance était par moment sinueuse. Face à tous ces obstacles, le Phœnix a trébuché à quelques occasions, mais a su bien se relever pour finalement atteindre le sommet cette année, sans toutefois avoir la chance de toucher l’apogée en raison de la pandémie.

« Seulement huit défaites en temps régulier, ce n’est pas arrivé souvent dans l’histoire de la LHJMQ, rappelle l’entraîneur-chef et nouveau directeur général du Phœnix, Stéphane Julien. Les gens trouvent ça impressionnant, moi je trouve ça incroyable. On a établi beaucoup de records collectifs et personnels. Il n’y avait aucun doute que le Phœnix allait terminer au premier rang. Il ne restait que cinq matchs à cette saison de 68 parties. Ce n’est pas comme si l’arrêt des activités était survenu au mois de janvier. »

Premier au classement de la Ligue de hockey junior majeur du Québec, premier du Top 10 de la Ligue canadienne de hockey, tous les regards étaient tournés sur le Phœnix de Sherbrooke à l’aube des séries éliminatoires. Et ce, même si le noyau était formé principalement de joueur de 18 ans.

« Pour ce qui est de la saison, on est rassasiés, assure Stéphane Julien, qui a connu une longue carrière d’hockeyeur en Europe avant de s’impliquer avec le Phœnix. On connaît tout l’effort qui a été déployé et on sait que l’honneur de l’équipe championne de la saison nous revient. Mais pour ce qui est des séries, il y a encore aujourd’hui une frustration chez nos joueurs, qui étaient en mission dès le premier jour. On est déçus de la fin abrupte. On voulait prendre part aux séries et gagner la coupe! Mais on ne saura jamais ce qui aurait pu arriver. »

Le Phœnix n’a réussi que deux fois à passer la première ronde en huit ans. La situation allait changer cette année, sans aucun doute.

« On n’a jamais paniqué quand ça allait mal dans le passé et on n’a jamais été trop excités par ce qui nous arrivait cette année », indique Jocelyn Thibault, qui a cédé cet été ses fonctions de directeur général à son ancien capitaine chez les Faucons, Stéphane Julien.

C’est par ailleurs loin d’être terminé pour le Phœnix de Sherbrooke, qui s’attend à une autre saison durant laquelle les victoires seront bien plus nombreuses que les défaites.

« Je ne vois pas pourquoi notre équipe ne pourrait pas connaître une fois de plus une saison gagnante, soutient Stéphane Julien. On possède un excellent gardien et de très bons vétérans. Peut-être qu’elle ne sera pas aussi exceptionnelle que la dernière, parce que ce genre de saison ne survient pas souvent, mais on a de bonnes chances. »

« La sélection de Samuel Poulin il y a trois ans est devenue un élément déclencheur, croit Jocelyn Thibault. Il est devenu notre pierre d’assise. »

Un concept d’équipe bien implanté

Arrivé à la barre de la formation en 2015 après avoir gravité autour de l’équipe d’entraîneurs lors des premières saisons, Stéphane Julien estime que l’histoire du Phœnix se divise en deux temps.

« Jocelyn et moi, on a commencé le deuxième cycle du Phœnix en ayant comme objectif de mener l’équipe vers un championnat une fois le club arrivé à terme. Lors des premières années, le Phœnix ne partait de rien. Il y a plusieurs facteurs qui mènent à la réussite d’un cycle, comme la qualité du repêchage. Les choses ont heureusement changé il y a trois ans. Il y a eu une étincelle. L’identité a changé à ce moment-là et l’équipe n’a jamais cessé de progresser. »Quand il repensera à la saison
2019-2020, sa dernière à titre de directeur général, Jocelyn Thibault se souviendra surtout du concept d’équipe.

« Je vais me rappeler du temps et des efforts que ça prend pour qu’une organisation devienne mature à tous les niveaux : côté administratif, scolaire ou sportif. On a atteint la maturité à tous les points de vue. »

Ancré dans la communauté

Le Phœnix n’a pas seulement connu du succès sur la patinoire. Il a également réussi à conquérir le cœur de toute une communauté.

« J’ai senti que la communauté s’appropriait son équipe depuis quelques années. On a gagné en notoriété », croit l’actionnaire Jocelyn Thibault, devenu cet été vice-président des opérations Hockey.

Si le Phœnix a besoin du soutien de la population, à l’inverse, le Phœnix offre une vitrine exceptionnelle à la ville de Sherbrooke selon le copropriétaire Jocelyn Thibault.

« Quand j’étais jeune, si j’allais au Canadien une fois par année, j’étais chanceux, mais j’allais voir les Voisins et le Titan de Laval chaque lundi soir. C’était eux, mes idoles. Je voulais faire ça moi aussi. Je crois également que le hockey junior devient un vecteur promotionnel important pour une région. Sans la présence d’un club de hockey junior, jamais Sherbrooke n’aurait obtenu une visibilité comme celle que le Phœnix a offerte cette année à la ville sur la scène provinciale et nationale. Jamais! » lance fièrement l’ancien gardien du Canadien de Montréal.

Repères

Stéphane Julien

  • Né le 7 avril 1974 à Saint-Tite
  • Marié à Isabelle Caron
  • Père d’Aurélie (21 ans) et Gabrielle (18 ans)
  • 14 saisons en Europe

Jocelyn Thibault

  • Né le 12 janvier 1975
  • Époux de Mélanie Trachy
  • Père de Noémie (21 ans), Zoé (18 ans) et Annabel (17 ans)
  • Repêché en 1re ronde par les Nordiques en 1993
  • 14 saisons dans la LNH
Fournir la pièce manquante

Mérite estrien

Fournir la pièce manquante

Au cours des cinq dernières années, le Sherbrookois Mario Aubé a contribué à la belle remise en forme du fabricant de meubles de bureau Bestar de Lac-Mégantic.

On est en 2015. « Mario Beaudoin de MB Capital, moi et un groupe d’investisseurs on cherchait à investir et l’opportunité de Bestar s’est présentée, explique Mario Aubé. On savait que Bestar était en difficulté. À ce moment-là l’entreprise était publique. Gilles Pansera (NDLR : l’ancien président de la compagnie) m’a approché et m’a dit “Mario, tu n’as plus de travail. Est-ce que ça te tente de devenir président de Bestar? ’’ »

Il y avait à peine une année que Mario Aubé avait mis un terme à une longue association de 20 ans avec Portes Lemieux de Windsor. Sortant d’une grosse entreprise récemment rachetée par l’Américaine Masonite, M. Aubé ne se sentait pas prêt à en intégrer une autre. Mais il était quand même disposé à faire travailler sa fibre entrepreneuriale. « Je lui ai dit, par contre, si vous êtes intéressés à vendre, je suis intéressé à acheter. »

Six ou sept mois plus tard, une fois les détails de la transaction réglés, le groupe sherbrookois prend les rênes de Bestar et lui… devient quand même président de l’entreprise.

Commence alors la transformation.

« C’est une belle histoire, raconte Mario Aubé. Il y a des gens formidables à Mégantic. Il manquait juste un petit morceau au casse-tête pour que tout se déroule mieux et on dirait que juste notre venue a complété le casse-tête. On a changé des choses à la production, à la mise en marché. On a acheté une compagnie qui s’appelle Plogg, qui est une compagnie web, parce qu’on savait qu’on devait être meilleurs sur le web. Les personnes étaient en place. Les produits étaient en place. Il manquait juste un bout de leadership pour boucler et s’assurer que tout se déroule correctement. Tout, un dans l’autre, a fait que Bestar a explosé. »

Depuis ce temps, les emplois ont quasiment doublé à Lac-Mégantic, passant de 125 en 2015 à près de 230 aujourd’hui. Une nouvelle usine sortait aussi de terre dans le parc industriel de Sherbrooke. Pour expliquer cette nouvelle construction, l’homme d’affaires avoue que son groupe savait que Bestar devait devenir plus flexible dans sa production. Et surtout, il voulait avoir un pied à Sherbrooke, là où logent deux universités, pour être en mesure d’attirer et de retenir des cadres supérieurs.

Après deux ans et demi, le groupe sent que la nouvelle et rapide croissance de l’entreprise a besoin d’un autre élan. Entre alors en scène un investisseur majeur. Novapac, un important groupe montréalais dans le domaine du placement privé, devient l’investisseur majoritaire de Bestar.

« Ça n’a rien changé au niveau des opérations. C’est juste qu’avec eux on s’est mis à parler d’acquisitions futures et potentielles parce qu’on savait que Bestar devait passer à une autre étape, assure Mario Aubé. Le marché nord-américain est un marché de gros joueurs. Pour assurer la pérennité à long terme, on se devait de faire quelque chose de différent. »

Ce quelque chose s’est concrétisé au début de l’année 2020 par l’achat de Bush Industries, une compagnie américaine de fabrication et de distribution de meubles de bureau. Une grosse bouchée pour l’entreprise méganticoise qui du coup incorporait à sa structure un joueur avec un chiffre d’affaires une fois et demie à deux fois plus important que le sien.

Le dossier, précise Mario Aubé, était celui de Novapac. « En tant que président, c’est quand même moi qui validais toutes les informations. On est allé visiter. Je participais très activement en tant que président de Bestar à l’entente, à m’assurer que ça convenait aux deux parties et que ça venait rejoindre les enjeux de Bestar. Je venais dans le fond valider que le fit était parfait. C’était mon rôle à moi. Il y a toujours la question monétaire, mais après il y a toujours une question de fit au niveau production, au niveau enjeux. »

Pour Mario Aubé, ce mariage est parfait. En parlant de Bush Industries, il précise qu’« ils sont très très bien positionnés sur le marché américain. Ils sont très très semblables et complémentaires à ce que Bestar fait. « Eux aussi ce sont des leaders dans le bureau. Ils étaient en ligne. Par contre ils ont une présence chez les détaillants dans le quotidien à vendre à des entreprises, ce que nous on ne faisait pas. Bestar est rendu 90 % en ligne. Bush était plus 60-40, donc ils avaient une présence différente de la nôtre. Complémentaire avec nos produits, en même temps une similitude au niveau de la production. Un très bon réseau de distribution. Était très très bien implanté. On avait un entrepôt à Reno au Nevada depuis un an, eux sont à Sacramento en Californie, en Pennsylvanie, avec un bon réseau et on sentait qu’on pouvait profiter de cet élan de distribution. »

Ceci dit, au terme de la transaction, le président a cédé sa place à une autre personne tout en demeurant propriétaire et administrateur de l’entreprise. La nouvelle organisation lui aurait demandé un investissement en temps et en déplacement qu’il n’était pas prêt à assumer. 

Avoir contribué au regain de Portes Lemieux et ensuite à la relance de Bestar, ce sont deux belles cartes de visite que détient Mario Aubé.

Le principal intéressé explique ce joli parcours depuis la fin de ses études par la chance. « J’ai rencontré les bonnes personnes. J’ai eu des opportunités, de la chance. On ne fait jamais rien tout seul », philosophe-t-il.

Repères

  • Né à Sherbrooke en 1969
  • Marié avec Marie-Josée Desrosiers depuis 27 ans
  • A deux enfants : Frédéric, 23 ans, et Florence, 20 ans
  • Détient un diplôme universitaire en administration du Providence College, au Rhode Island, où il a été admis avec une bourse d’études pour jouer au hockey
  • Actionnaire du Phoenix de Sherbrooke
  • Amateur de golf, de pêche et de lecture
De chercheur à vulgarisateur

Mérite estrien

De chercheur à vulgarisateur

En tant que microbiologiste et infectiologue, le Dr Alex Carignan savait bien qu’une pandémie risquait de survenir dans les prochaines années. Mais personne n’aurait pu prédire que la pandémie d’un nouveau type de coronavirus irait aussi vite, qu’elle entraînerait de telles conséquences sur l’ensemble de la planète. Pas même les infectiologues les plus chevronnés comme ce clinicien-chercheur du CIUSSS de l’Estrie-CHUS qui possède aussi une maîtrise en épidémiologie.

« Ce nouveau type de coronavirus s’est répandu comme une trainée de poudre sur la planète », indique Alex Carignan.

Des personnes infectées par la COVID-19 sont arrivées très vite en Estrie, qui est rapidement devenue l’une des régions les plus touchées du Québec dès la mi-mars, quand le virus faisait encore une entrée timide sur la Belle Province.

Le Dr Alex Carignan, comme l’ensemble de son équipe et de ses confrères de travail en infectiologie au CIUSSS de l’Estrie-CHUS, a été frappé de plein fouet par cette vague déferlante.

« Au début, il y avait tellement de questions et on avait très peu de réponses. D’un point de vue humain, c’était très difficile. On sentait l’inquiétude de nos collègues, des équipes de soins, des patients... Les gens se tournaient beaucoup vers nous en infectiologie pour avoir des réponses, mais on n’en avait pas tellement », se rappelle le Dr Carignan.

Le microbiologiste et infectiologue se souvient d’un soir où il a quitté l’hôpital tellement épuisé qu’il s’est mis à pleurer aussitôt à l’abri dans son véhicule. « Humainement, ç’a été une période difficile », rapporte-t-il.

Le temps a passé, les réponses ont commencé à prendre forme, les projets de recherche se sont multipliés, les difficultés rencontrées au début de la crise se sont atténuées. Et le Dr Carignan s’est imposé dans l’univers médiatique du Québec comme un chercheur incontournable et rassurant, un rôle que le médecin originaire de Bécancour n’avait pas prévu du tout.

« La caméra est sur moi, mais j’aime comparer mon rôle à celui d’un entrepreneur dans un projet de maison. Oui je mets les choses en place, mais sans la présence de l’électricien ou du plombier, mon travail ne vaudrait rien. C’est important pour moi de valoriser le travail d’équipe, il y a plusieurs personnes importantes autour de moi », insiste-t-il.

Car en plus de tout le boulot à abattre à l’hôpital, le clinicien-chercheur a aussi entrepris plusieurs projets de recherche de façon éclair sur la COVID-19.

« Dans ce contexte, ça n’a jamais été aussi rapide de mettre des projets sur pied et de trouver du financement. Il s’est passé 40 jours entre notre première idée sur la perte de l’odorat comme symptôme de la COVID et la publication scientifique. C’est fou! » s’étonne-t-il encore.

Et dans toute cette période folle, jamais Alex Carignan n’aurait voulu perdre de vue le plus important pour lui : sa famille.

« J’ai deux filles de 8 et 10 ans. Ma conjointe est en congé sabbatique et pouvait faire du télétravail. Une chance, parce que ç’aurait été encore plus difficile d’arriver à tout faire! Ma présence auprès de mes enfants demeure très importante pour moi », souligne-t-il.

Avant que la crise sanitaire surprenne la planète, le professeur de l’Université de Sherbrooke (UdeS), le chercheur du Centre de recherche du CHUS et le médecin spécialiste du CIUSSS du l’Estrie-CHUS avait bien d’autres projets en cours et était déjà fort occupé. En effet, les intérêts du Dr Carignan sont axés principalement sur l’épidémiologie des infections émergentes au Québec ainsi que sur l’immunisation.

Il s’intéresse notamment à la maladie de Lyme. En 2019, 461 cas humains de maladie de Lyme ont été rapportés au Québec, en comparaison à 32 en 2011, et une majorité de ces cas sont rapportés en Estrie et en Montérégie. « Les conséquences sur la santé peuvent être graves si la maladie n’est pas traitée à temps », soutient le Dr Carignan.

Il est présentement à la recherche de financement pour élaborer une Chaire de recherche hospitalo-facultaire sur la maladie de Lyme et les infections émergentes, car les tiques peuvent aussi transmettre de nombreuses autres maladies aux humains.

Intérêts pour la science... et les gens

Ce sont des intérêts envers la science et envers les êtres humains qui ont conduit Alex Carignan vers la médecine. « Ado, j’ai travaillé dans des magasins de sport, j’ai été préposé aux bénéficiaires pendant le cégep. La médecine était ce qui, à mon sens, permettait la meilleure combinaison entre la science et les gens », indique-t-il.

Son intérêt pour les maladies infectieuses est venu dès ses premiers pas à l’Université de Montréal où il a étudié la médecine. Mais il a fallu attendre un peu plus tard pour qu’il bifurque officiellement vers la microbiologie. « J’ai commencé ma spécialisation à l’UdeS en médecine interne et j’ai changé de programme en cours de route pour la spécialisation en microbiologie et infectiologie. C’est un travail très varié, autant par les patients que l’on rencontre que par les tâches : on travaille en prévention des infections, on voit des patients, on fait de la recherche... » indique-t-il.

Repères

  • Diplômé de microbiologie médicale et infectiologie à l’UdeS en 2008
  • Maîtrise en épidémiologie à la University of London au Royaume-Uni
  • Conjoint de Julie Perron
  • Père de Éliane et Flavie, 8 et 10 ans
La ténacité du métier

Mérite estrien

La ténacité du métier

MÉRITE ESTRIEN / Pendant quatre ans, il a été le Simon Phaneuf de la comédie Lâcher prise, un rôle qui lui a donné une visibilité qu’il n’avait encore jamais connue. Mais Jean-Moïse Martin n’a pas oublié d’où il vient : Sherbrooke en général, et les ateliers du Théâtre du Double Signe (TDS) en particulier.

« J’ai eu une vocation tardive. Je n’ai pas fait de théâtre au secondaire. J’avais 19 ans quand je me suis inscrit aux ateliers du Double Signe. Le mien était dirigé par Lilie Bergeron et ça a été une révélation », mentionne l’acteur, qui était d’ailleurs de la distribution de la pièce Minuit, présentée par le Double Signe en novembre 2017. Auparavant, il avait joué dans Mustang et Ce qu’on enterre, deux productions des défunts Turcs gobeurs d’opium. 

« J’essaie le plus possible de venir aux premières de théâtre sherbrookoises. Je trouve ça important. J’aime beaucoup le travail d’André Gélineau [directeur artistique du TDS, auparavant des Turcs] et je souhaite le voir rayonner davantage en dehors de Sherbrooke. J’apprécie aussi ce que fait Érika Tremblay-Roy au Petit Théâtre de Sherbrooke. Je rêve que cette ville devienne un lieu de création encore plus important. Et je sens que c’est encore ma gang. » 

C’est d’ailleurs à force de se faire dire par sa gang de tenter sa chance dans les écoles de théâtre (il s’est cherché pendant quelques années après son secondaire) que Jean-Moïse Martin a essayé. Quand il a appris qu’il figurait dans la douzaine d’étudiants retenus à l’École nationale de théâtre parmi environ 600 demandes, il a fondu en larmes, comme s’il venait de trouver sa voie. 

Depuis peu, le comédien de 42 ans a aussi commencé à redonner, en devenant coach auprès des jeunes aspirants acteurs.

« Et-j’ai-a-do-ré-ça, dit-il en détachant bien les syllabes. Quand j’ai vu comment les jeunes étaient allumés, j’ai réalisé que j’étais prêt à partager des choses et que j’en avais vraiment envie. Je m’écoutais parler aux étudiants et c’était comme si je retrouvais une boîte à outils que j’avais oubliée, des notions qu’on finit par tenir pour acquises comme acteur. Bref, je crois avoir trouvé un nouveau filon en enseignement. »

Sous l’aile de Denoncourt

Il faut dire que Jean-Moïse Martin a été tenace : il lui a fallu huit bonnes années pour véritablement vivre de son métier. C’est Serge Denoncourt qui l’a pris finalement sous son aile, en plus de le marquer par son talent de rassembleur.

« C’est lui aussi qui m’a dit qu’un acteur, c’était un sportif. Il faut être en forme autant dans son corps que dans sa tête », cite-t-il quand on lui parle des épiques bagarres de Simon Phaneuf avec ses deux frères (Emmanuel Schwartz et Mathieu Quesnel) dans Lâcher prise. 

« L’auteure Isabelle Langlois nous avait surnommés ses trois grands danois, raconte-t-il. C’est ce j’ai aimé de Lâcher prise : il y avait des moments de farce pure et d’autres très intelligents et très touchants. J’ai eu un petit deuil quand ça s’est arrêté — c’est probablement ma plus belle expérience de jeu à 

vie —, mais je reste un hyperactif qui ne déteste pas de passer d’un projet à un autre. »

Ce qui ne l’empêche pas d’avoir ses moments de doute. « Je pense que je me demande pourquoi je fais ce métier-là tous les jours de ma vie, avoue-t-il. Ici, on sent qu’il faut encore se battre pour défendre l’importance des acteurs, contrairement à la France, par exemple, où la culture du théâtre est très forte. Ce n’est pas qu’une passion : c’est un travail, celui de partager une histoire, de faire vivre des émotions aux gens, de les aider à s’y reconnaître. »


Repères

  • Né en 1978.
  • Deuxième d’une famille de trois enfants; il a une sœur aînée et une sœur cadette. 
  • Son père était vétérinaire et sa mère s’est surtout occupée du foyer.
  • A fréquenté l’école primaire Marie-Reine, le Séminaire Salésien et l’école Montcalm.
  • Diplômé de l’École nationale de théâtre en 2006.
  • A joué dans une vingtaine de pièces de théâtre, dont La mort d’un commis voyageur (Rideau vert), L’orangeraie (Théâtre Denise-Pelletier), Roméo et Juliette, Cyrano de Bergerac et Les trois mousquetaires (Juste pour rire et TNM).
  • A joué dans une quinzaine de fictions télé, dont Cerebrum, District 31, Blue Moon, Victor Lessard et Les beaux malaises. 
  • A interprété Simon Phaneuf de 2017 à 2020 dans la comédie Lâcher prise, ce qui lui a valu une nomination pour un Gémeaux en 2017, catégorie Meilleure interprétation masculine dans un rôle de soutien.
Toujours apprendre, toujours enseigner

Mérite estrien

Toujours apprendre, toujours enseigner

MÉRITE ESTRIEN / Comme le scout qu’il est depuis qu’il n’a que cinq ans, Mike McKenna sera toujours pompier. Son regard est franc et assuré quand il affirme que cette vocation ne le quittera jamais, même si depuis deux ans il est retourné à son premier métier, la menuiserie et à l’ébénisterie. La preuve étant qu’il donne encore aujourd’hui de la formation en prévention incendie aux quatre coins du Québec, tout comme il conserve précieusement son poste de deuxième vice-président, à titre de représentant du Québec, à la Fondation canadienne des pompiers morts en service (FCPMS). Il est également membre du comité-conseil de l’Association des chefs pompiers du Canada.

Pourtant, la prévention et le combat des incendies ne faisaient pas partie du plan de carrière de Mike McKenna. Après des études primaires et secondaires dans son Châteauguay natal, ce grand gaillard se dirige vers le Collège Champlain de Lennoxville pour des études en administration avant de retourner chez lui pendant un an pour compléter un diplôme d’études professionnelles en construction.

« Quand j’ai fini, j’ai dit à ma mère : ‘‘c’est fini pour moi les études’’. Elle a bien ri de moi, se rappelle l’ancien chef de la brigade des pompiers d’Ayer’s Cliff, North Hatley et Stanstead. La vie c’est une école. C’est perpétuel », lui a-t-elle fait comprendre.

On est en 1994. De retour en Estrie pour y rejoindre sa copine Karen Robinson et créer son atelier de menuiserie, Mike McKenna côtoie son futur beau-père qui est pompier volontaire à Ayer’s Cliff. 

« Je le voyais partir aux appels en vitesse et j’ai pris conscience que c’est quelque chose qui m’intéressait. Alors j’ai demandé au chef des pompiers d’Ayer’s Cliff si je pouvais devenir pompier avant même que je demande mon épouse en mariage », se remémore-t-il en riant.

S’en est suivi des cours de pompier, des formations d’officier, d’enquête incendie... « Juste en disant oui, je suis prêt à investir mon temps, ça m’a donné des forces et des expériences que je n’aurais pas pu prévoir », assure-t-il aujourd’hui.

Une dizaine d’années de formation et d’interventions passent quand, en 2004, on lui offre de devenir chef. « J’ai accepté le défi avec la seule condition que tous nos pompiers et nos officiers aient de la formation », se souvient-il. 

La municipalité accepte cette condition et consacre quelque 75 000 $, sur une période de trois ans, dans la formation de ses pompiers volontaires. 

La municipalité ne tarde pas à vérifier la valeur de son investissement. 

En 2005, un violent incendie ravage l’usine du fabricant d’armoires Cabico de Barnston-Ouest. Près de 80 pompiers de cinq services d’incendie interviennent pour éteindre le brasier. Par la suite, l’assureur de l’entreprise intente une action de 14 M$ contre Ayer’s Cliff, arguant une mauvaise intervention. « Mais la formation qu’on a suivie a sauvé notre village de cette action », raconte avec fierté l’ancien pompier.

Cependant, dans l’esprit de Mike McKenna, le plus grand gain dans cet événement c’est qu’aucun des pompiers qui sont intervenus ne s’est blessé. 

Dans les années qui ont suivi, les municipalités de North Hatley et de Stanstead demandent au chef McKenna de prendre la direction de leur service respectif. Un autre défi qu’il relève. « Pendant la même période, la Fondation canadienne des pompiers morts en service m’a demandé de devenir membre de son comité exécutif à Ottawa. Un véritable honneur », qu’il a bien sûr accepté.

Avec la demande de la FCPMS vient le rôle de représentant de l’organisme au comité de construction du monument commémoratif des pompiers morts en services, un projet de 4 M$. Bien vite, le chef pompier prend conscience d’aberrations dans la planification du travail. Pour honorer la mémoire de héros canadiens, on veut acheter du granit chinois et d’autres matériaux provenant d’ailleurs dans le monde. Mike McKenna s’y oppose et exige qu’on utilise du granit québécois et du liège ontarien. « Je voulais qu’on utilise des matériaux de chez nous payés par les taxes de chez nous. »

Il est aujourd’hui bien fier de ce monument qui commémore le courage des pompiers, qu’ils soient de l’armée, de l’entreprise ou du civil, avec des matériaux canadiens et le savoir-faire des gens d’ici.

Pour son travail, M. McKenna a été récompensé en 2012 de la médaille du Jubilé de diamant soulignant les 60 ans de règne de la reine Elisabeth II.

Un autre honneur qui touche M. McKenna, c’est le poste de maître de cérémonie qu’on lui confie depuis 10 ans lors de la fin de semaine annuelle consacrée aux pompiers morts en services. L’événement se déroule à la mi-septembre de chaque année. « On cherchait quelqu’un de bilingue. C’est important parce que c’est un projet national. Je suis tombé à la bonne place au bon moment », assure-t-il.

Et c’est en repensant à tout ce cheminement que dans son esprit la constatation est devenue évidente sur son parcours comme pompier. « Je devais être là. »


Repères

  • Natif de Châteauguay
  • Marié depuis 25 ans avec Karen Robinson
  • Père de deux garçons : Adam et Ian
  • Bénévole auprès de la troupe scout First Lennoxville
  • Siège au comité de gestion du camp des scouts du Lac Lovering
  • Membre de la direction du cimetière de Massawippi


Objectif : faire une différence

Mérite Estrien

Objectif : faire une différence

MÉRITE ESTRIEN / Jean Pelchat est heureux dans la vie. « J’ai trois beaux enfants, quatre petits-enfants, j’ai des sous dans mes poches et je redonne à la société. »

L’homme d’affaires confie être pleinement comblé par la vie. « Je n’attends pas énormément de chaque relation, mais j’attends quelque chose. Puis je veux donner quelque chose. Je veux faire une différence dans la vie des gens. » Comme il attend que les personnes qui croisent son chemin fassent une différence dans la sienne.

Un échange. Donnant-donnant. Ne serait-ce qu’un peu.

En écoutant Jean Pelchat résumer son parcours de vie, on saisit que son carburant, comme homme, comme homme d’affaires, comme bénévole ou comme mécène, c’est précisément ça : faire une différence, dans la vie de quelqu’un, si petite soit-elle.

La naissance du Souper du partage de Magog en est une manifestation.

Cette œuvre caritative découle d’une formation en leadership qu’il a suivie à Montréal. Les participants apprennent alors qu’il leur faudrait créer un projet pour redonner à la société. Mais celui-ci ne doit pas être lié avec la business.

« Je décide de faire un brunch du partage pour redonner dans la région de Magog, se rappelle Jean Pelchat. Première année, brunch à La Ruche, on fait 6000 $. Parfait. L’année suivante on fait 7800 $. Après ça, les gens me disent “oui, mais on pourrait faire plus, on pourrait t’aider nous autres.” Il y a des gens de la communauté qui me disent ça. »

Prenant ses interlocuteurs au mot, l’épicier se dit : parfait! Il prend le napperon du restaurant dans lequel ils se trouvent et rédige rapidement au dos un contrat qui engage chaque convive à s’impliquer dans l’organisation. « Et là il y a plusieurs personnes, des gens de Magog, qui signent le fameux napperon en question, que j’ai encore aujourd’hui. »

La suite se décline en 23 autres chapitres avec des suites à venir.

En octobre dernier, le Souper du partage, brunch compris, en était à sa 25e édition. L’événement a permis de récolter 126 000 $ et de préparer près de 350 paniers de Noël pour des familles démunies. Depuis ses débuts, l’organisation a récolté quelque 1,75 M$ et distribué environ 6600 paniers. 

Ceux qui le suivent depuis tant d’années confient que M. Pelchat n’a pas fait seul tout le travail, mais qu’il a été sans aucun doute le catalyseur de cet énorme succès.

Jean Pelchat, lui, se dit heureux d’avoir réussi à intéresser des gens qui avaient le goût de s’impliquer tout en ayant du plaisir. Parce que, dit-il, c’est important d’avoir du plaisir dans le bénévolat. « Si tu n’en as pas, tu t’éloignes du bénévolat. Alors si tu peux créer une façon intéressante de faire du bénévolat, de t’impliquer, sans que ce soit une charge, tous les jours, alors ça fait une grande, grande, grande différence. »

Aujourd’hui, le créateur du Souper du partage s’est éloigné un peu de l’organisation tout en restant disponible. Il se félicite de voir une belle équipe poursuivre l’aventure. « La relève est là. L’équipe est là. Ça va super bien. On est institué. Je trouve ça extraordinaire. »

Jean Pelchat a fait une différence à Magog comme ses collaborateurs l’ont fait dans sa vie. Et il poursuit sa quête.

Il est bénévole au Fonds du sport de l’Université de Sherbrooke depuis une dizaine d’années. 

On le retrouve également impliqué dans Amen St-Michel, organisme voué à la préservation de la Cathédrale St-Michel de Sherbrooke. Il est engagé depuis quatre ans dans cette œuvre qui jusqu’à présent a ramassé 8 millions $ pour la réfection de la cathédrale.

Tout ça, dit-il encore, fait une différence dans sa vie.


Repères

  • Natif de Sherbrooke
  • Sixième d’une famille de sept enfants
  • Détenteur d’un baccalauréat en théologie
  • Détenteur d’une maîtrise en administration des affaires
  • Père de trois enfants
  • Quatre fois grand-père
  • Président de CorpoSana, une société de financement qui gère des capitaux de risque et offre du financement aux entreprises en démarrage et en croissance
  • Investisseur pour Anges Québec
  • Grand amateur de trek : il a gravi le Kilimandjaro (Tanzanie) et l’Annapurna (Népal) et l’Aconcagua (Argentine).
  • En 2019 il a passé 23 jours sur le chemin de Compostelle, marchant 780 km
Gérer une croissance « fulgurante »

Mérite estrien

Gérer une croissance « fulgurante »

À l’arrivée de Luc Dionne à la tête de Tekna en 2014, l’entreprise sherbrookoise comptait 70 employés. Aujourd’hui, Tekna est le 3e fournisseur mondial de poudres métalliques destinées à l’impression 3D pour l’industrie de l’aéronautique, de l’automobile et des implants orthopédiques et emploi plus de 170 personnes, dont 150 au Québec.

« À mon arrivée, les revenus de l’entreprise avaient commencé à plafonner, explique l’homme de 55 ans. On s’est tourné vers les poudres métalliques qu’on pouvait produire. On a développé un procédé. On a introduit les produits sur le marché en 2015 et depuis ce temps les ventes ont doublé année après année. »

L’essor de l’entreprise s’est poursuivi avec l’ouverture de filiales Tekna en Inde, en Chine et en Corée du Sud puis par l’expansion en 2018 de sa production en France et l’établissement en 2019 d’une coentreprise avec Apéram, une filiale d’ArcelorMittal.

« À travers tout ça, on a développé près de 250 nouveaux clients qu’on n’avait pas dans nos bases de données, souligne le résident de Bromont. On avait une base de client typiquement universitaire, mais là on a des clients industriels répartis sur les cinq continents. »

Luc Dionne refuse toutefois de prendre le crédit pour cette croissance fulgurante.

« Je suis arrivé dans une équipe faite forte, admet-il. C’était des gens passionnés avec une belle culture et qui voulaient la réussite de l’entreprise. J’ai profité de cette mine d’or là et j’ai bâti sur une culture de collaboration et de respect. Je me fais un peu le porte-parole, mais le crédit revient à l’équipe. »

Luc Dionne a aussi mis de l’avant une mentalité qui a permis à l’usine de Sherbrooke de rayonner.

« Notre philosophie dès le départ était que le savoir-faire demeure au Québec, indique M. Dionne. Ce ne sont pas des technologies qui s’exportent toujours facilement et aujourd’hui c’est un success-story. »

Sous la direction de Luc Dionne, Tekna est aussi entrée dans une nouvelle phase alors que ses plus gros défis sont derrière elle.

« Nos clients, ce sont les plus gros fabricants d’avions de la planète ou des constructeurs automobiles, explique M. Dionne. Donc pour devenir un fournisseur intéressant pour ces entreprises, il fallait mettre en place une structure de qualité et des normes de production sévères. Et ça, on a réussi à le faire. Aujourd’hui, notre défi c’est plus d’être capable de bien exécuter selon les standards qu’on s’est nous-mêmes imposés. »

M. Dionne assure toutefois que de nombreux projets le tiennent occupé.

« On n’a jamais cessé d’investir en recherche et développement. On a de nouveaux produits sur nos tables à dessin dans des secteurs d’activités complètement différents notamment pour la microélectronique ou pour les piles rechargeables. »

Dans ce contexte d’une entreprise à maturité, est-ce le temps pour M. Dionne de se trouver un nouveau défi ou de prendre sa retraite? Pas tout de suite.

« Je ne vois pas de fin », lance-t-il en riant. J’ai deux filles extraordinaires et une femme extraordinaire. Je réussis à trouver l’équilibre et c’est ça le secret de la longévité. »

Repères :

Diplômé de l’École nationale d’aéronautique et du programme de baccalauréat en génie mécanique de l’École Polytechnique de Montréal.

Récipiendaire du prix Innovation Technologique 2020 de la Fondation et Alumni de l’École Polytechnique de Montréal.

Membre de la Table de stratégie économique pour la fabrication avancée dirigée par Innovation, Sciences et Développement Économique Canada en 2017 et de 2008 à 2010

Réjean Fontaine : Un travail qui irradie

Mérite estrien

Réjean Fontaine : Un travail qui irradie

« Mon conseil aux jeunes : avoir des rêves et y croire. Le chemin n’est pas droit. »

Voici en résumé le message d’encouragement qu’adresse le professeur Réjean Fontaine, chercheur à l’Université de Sherbrooke, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en tomographie d’émission par positrons basée sur le temps de vol de photons. De la radiographie médicale, quoi.

Le professeur Fontaine parle par expérience. Il donne en exemple son parcours académique et professionnel comme arguments. « Dès le secondaire, je voulais faire médecine nucléaire », raconte ce fils de Waterloo, qui a passé une partie de son adolescence sur les bancs du Séminaire Verbe-Divin de Granby. Dans sa classe, peut-être même dans toute l’école, le jeune Réjean était sans doute le seul à nourrir ce type d’ambition professionnelle, nous dit-il. 

Sa cote académique ne lui permettant pas de rejoindre une formation universitaire en médecine, c’est vers l’électronique que le jeune homme s’est engagé. Depuis la fin des années 1990, diplôme en main, Réjean Fontaine multiplie tour à tour les expériences en entreprises et à l’université, développant de la microélectronique pour des implants cochléaires jusqu’aux scanners d’imagerie médicale.

Se considérant comme un généraliste, le spécialiste s’applique à rendre les examens d’imagerie par résonnance magnétique (IRM) les plus précis possible. « L’IRM, explique-t-il, permet de détecter la structure du patient. Ses os. Nous travaillons pour détecter le cancer aux rayons X, pour voir la masse et vérifier le niveau d’activité métabolique. »

Voilà qu’il s’est drôlement rapproché de son rêve d’adolescent.

Les travaux du chercheur et de son équipe ont permis, au cours des dernières années, de créer un scanner préclinique pour petits animaux qui a fait passer la résolution de l’image d’abord à une précision de 1,3 millimètre puis de 0,65 millimètre. « Il s’agit d’une très grande intégration », dit-il, qui permet de grandes applications en médecine. Un des objectifs est de créer un scanner pour le cerveau dans le but de détecter, entre autres, l’alzheimer chez les patients.

Avec l’équipe de la Chaire de recherche de l’Université de Sherbrooke, M. Fontaine s’applique aussi à diminuer la dose de radiation requise pour un examen à rayon X. Ce qui permettrait d’ouvrir la porte à ce type d’examen chez les enfants.

Le 28 octobre dernier, les travaux de Réjean Fontaine l’ont conduit à Manchester, en Angleterre, pour la conférence annuelle sur les sciences nucléaires et de l’imagerie médicale, où ses paires lui ont attribué le prix Emilio Gatti Radiation Instrumentation Technical Achievement Award, remis à un chercheur pour reconnaître ses contributions techniques importantes et novatrices en milieu de carrière dans les domaines des détecteurs de radiation, en instrumentation et/ou pour de l’électronique appliquée en sciences nucléaires et/ou en techniques de mesure pour la radiation ionisante.

Reconnaissant, le lauréat précise qu’il s’agit du prix le plus important que le plus grand regroupement de chercheurs au monde pouvait lui remettre à cette étape de sa carrière. « Je suis honoré de l’avoir obtenu. Ça dépasse le fait d’être connu. Je suis reconnu. » Il tient cependant à partager cet honneur avec toute l’équipe qui l’entoure. « C’est donc un prix qui n’est pas seulement pour moi, mais pour l’ensemble des chercheurs de Sherbrooke en imagerie par radiation. »

Comme tout passionné de son travail, Réjean Fontaine assure faire « le plus beau métier du monde ». Un métier qu’il partage aussi, depuis quelques années, avec une équipe de chercheurs australiens pour le développement d’un implant oculaire, un projet d’un autre niveau de complexité.

Revenant sur son rêve de jeunesse, Réjean Fontaine se dit très content. « Je crois à la destinée. On la prend quand elle s’adresse à vous. »

Repères

  • Natif de Waterloo
  • Études secondaires à Granby
  • Études universitaires à Sherbrooke en génie électrique
  • Marié à Chantal Viscogliosi
  • Père de quatre enfants : Anne-Catherine, Hans-Olivier, Émilie, Eliot
  • Joueur de soccer et de badminton
  • Il a été entraîneur au soccer pendant une quinzaine d’années 
  • Travailleur manuel, il habite dans la maison construite de ses mains, sa deuxième.
Créer pour résoudre

Mérite estrien

Créer pour résoudre

MÉRITE ESTRIEN / Née dans un minuscule village d’un peu plus de 1000 habitants, la jeune Mylène Rioux ne voit que des champs quand elle regarde par la fenêtre. C’est souffrant pour elle de grandir dans si petit. Elle rêve de grandes villes, de projets, d’action.

« J’ai toujours su que je ne resterais pas où j’ai grandi. Je crois que s’en était fatiguant pour mes parents », lance-t-elle en riant, ajoutant que ce sont ses parents qui lui ont transmis sa fibre patriotique.

La bibliothèque de Windsor livre à domicile

Actualités

La bibliothèque de Windsor livre à domicile

Les citoyens de Windsor, Val-Joli et Saint-François-Xavier-de-Brompton auront de nouveau accès à la collection de la bibliothèque Patrick-Dignan dès lundi. Et ce, sans même quitter leur domicile.  

Des employés formés afin de respecter les mesures d’hygiène du gouvernement effectueront directement la livraison à domicile pour les résidents qui désirent emprunter des livres ou d’autres documents à la bibliothèque de Windsor. 

Sylvie Bureau, mairesse de Windsor, est convaincue que cette offre sera fortement sollicitée. « Depuis plusieurs semaines, les citoyens sont dans l’obligation de demeurer à la maison et, forcément, les activités de loisirs et de divertissement sont limitées. En offrant un service de livraison sécuritaire, nous adaptons notre offre de services et permettons à la population de bénéficier de l’importante collection de livres offerts à la bibliothèque, tout en assurant la sécurité de nos employés », explique-t-elle. 

Les citoyens peuvent peuvent vérifier la disponibilité des livres qu’ils désirent en emprunter visitant le site web de la Ville de Windsor dans la section « Loisirs, culture et communautaire », et en choisissant l’onglet « Bibliothèque Patrick-Dignan », puis la section « Catalogue ».

Ils seront ensuite en mesure d’effectuer leur réservation par courriel à l’adresse info@bibliotheque.windsor.qc.ca. 

Les abonnés qui n’ont pas accès à internet peuvent téléphoner au 819 845-7888, poste 5 entre 18 h et 21.

Chaque citoyen a droit à un maximum de quatre documents, et sera en mesure de remettre ceux qu’il a déjà en sa possession au livreur. Les livraisons sont limitées à une fois par semaine par domicile. 

Prioriser les soins à domicile

Actualités

Prioriser les soins à domicile

Le Dr Réjean Hébert le dit, le crie et le répète depuis 35 ans, le Québec doit insister sur les soins à domicile. L’ancien ministre de la Santé et des Services sociaux sous le gouvernement de Pauline Marois estime que la province doit revoir complément le financement de ses établissements de santé.

« Lorsqu’on regarde le budget qui est consacré aux soins de longue durée, il y a seulement 14 % de ce budget qui va pour les soins à domicile et 86 % qui va pour les CHSLD, explique Dr Hébert. Dans des pays comme le Danemark, par exemple, c’est presque l’inverse avec 75 % du budget pour les soins à domicile et 25 % pour l’hébergement. »

À lire aussi: Plus autonome, plus longtemps 

En avant avec les Maisons des aînés

Un virage à 180 degrés est donc nécessaire selon lui comme l’ont fait notamment le Japon, la Corée du Sud, la France, la Belgique, l’Autriche, les Pays-Bas et l’Italie.

« Il y a une quinzaine de pays à travers le monde qui ont fait ce changement-là ,qui ont mis en place des assurances de soin à long terme qui couvrent la perte d’autonomie. Ça leur permet de choisir de recevoir les soins à domicile ou d’aller dans une résidence. Et devinez quoi ? Ces gens choisissent de rester à la maison. »

Réjean Hébert rappelle qu’une initiative en ce sens au Québec est « morte au feuilleton » lorsque les élections ont été déclarées en 2014.

« C’est ça qu’on voulait faire avec l’assurance autonomie lorsque j’étais au gouvernement et c’est pour ça que je suis allé en politique d’ailleurs, explique celui qui s’est également présenté sous la bannière libérale aux dernières élections fédérales. Il faudra revenir à ça sinon les personnes âgées ne seront jamais une priorité. Actuellement, les CHSLD sont une des nombreuses missions des gros, gros établissements qui ont été mis en place en 2015 et ils ne reçoivent pas l’attention qui serait nécessaire, d’où leur fragilité pour répondre à la crise. »

Vivre d’humour et de bière

Mérite Estrien

Vivre d’humour et de bière

Pour quelqu’un qui n’aimait pas particulièrement la bière, on peut dire que Todd Pouliot s’est retrouvé plongé dans cet univers et pas qu’à moitié. Il est copropriétaire de la microbrasserie La Memphré en plus d’être l’instigateur du Festival La Grande Coulée au mont Orford.

« J’avais des amis qui m’appelait M. Sex on the beach parce que je buvais du vin et des cocktails, souligne Todd Pouliot en entrevue avec La Tribune. Je n’aimais pas la bière. Quand on a décidé d’investir dans notre équipement pour brasser notre bière, je me suis dit qu’il fallait que je me mette à aimer la bière et que je suive des formations. C’est ce que j’ai fait et maintenant je suis capable de dire les subtilités de chaque produit. »

La Memphré a ouvert ses portes en 1999, ce qui en fait l’une des doyennes chez les microbrasseries québécoises. Todd Pouliot s’est joint à l’aventure en 2002 après avoir songé à devenir enseignant. En 2009, sa bonne amie Jennifer D’Arcy est devenue sa partenaire d’affaire dans la microbrasserie. Et entre les débuts et aujourd’hui, c’est le jour et la nuit.

« C’est une autre réalité complètement, il n’y a rien, rien, mais rien de pareil, affirme Todd Pouliot. J’avais des gens qui arrivaient et me demandaient si j’avais de la Coors Light ou de la Bud Light. Je leur disais non et ils fermaient le menu et partaient. Maintenant, les gens me demandent ma sélection de IPA et connaissent les styles de bières. »

M. Pouliot est aussi l’instigateur du Festival La Grande Coulée qui se déroule au bas des pentes du mont Orford en septembre.

« Après les vendanges, il y avait toujours de super belles fins de semaine où il n’y avait rien, indique Todd Pouliot. Le monde s’est garroché la première année et on a été victime de notre succès. Maintenant, on fait un grand festival et je travaille là-dessus à l’année. Je veux que ça devienne un chouchou de la région. »

Faire rire

Dès qu’on rencontre Todd Pouliot, on sait qu’on a affaire à quelqu’un qui aime faire rire. Sans jamais avoir fait de l’humour professionnellement, Todd Pouliot se décrit comme un « gars de scène ».

« J’ai animé un gala des Omer avec Marc Labrèche et je n’étais pas stressé du tout, j’ai adoré ça, souligne le Magogois. Les gens pensent toujours que j’aime les projecteurs, mais je ne fais que prendre ma place. Je ne cours pas après l’attention. Je veux juste faire rire. »

Et même qu’un spectacle n’est pas impossible pour Todd Pouliot dans les prochaines années.

« Je me disais toujours qu’à 40 ou 45 ans j’allais me faire un show à Magog au Vieux Clocher et finalement je suis rendu à 45 ans et je ne l’ai toujours pas fait, mais j’aimerais peut-être le faire un jour. »

Rêver à la CS Brooks

S’il désire rester à La Memphré encore une bonne décennie, Todd Pouliot a un rêve pour la ville de Magog : celui d’utiliser l’ancienne usine de CS Brooks pour prolonger la rue Principale.

« Ce que j’aimerais le plus au monde, c’est de mettre la main sur la CS Brooks et développer ça pour devenir la plus belle ville de la planète, résume Todd Pouliot. C’est une vieille usine qui dort dans une des belles parties de la ville. Je suis là-dessus en ce moment. La ville est tellement dynamique, on ne veut pas que ce soit des tours à condos. J’ai 12 millions d’idées. »


Repères

- Père de quatre enfants. Il a eu son premier à 23 ans. Ils sont aujourd’hui âgés de 23, 21, 18 et 6 ans;

- La Memphré est bâtie dans la deuxième plus vieille maison de la ville de Magog;

- Todd Pouliot est président de la Fondation de l’école secondaire de la Ruche

Bal des finissants : une élève de Montcalm veut créer des souvenirs virtuels

Actualités

Bal des finissants : une élève de Montcalm veut créer des souvenirs virtuels

SHERBROOKE — Ils attendaient ce moment depuis si longtemps : la fin du secondaire. Le bal, la remise des diplômes... et la robe pour bon nombre d’adolescentes. Qu’à cela ne tienne : à défaut (peut-être) d’un album de finissants, Orfée Lemieux-Riendeau a lancé un appel aux finissants pour qu’ils lui partagent des vidéos sur ce passage marquant. Au moins, il y aura un souvenir virtuel.

Pour le moment, avec l’arrêt des classes, le projet d’album de finissants est sur la glace, selon elle. On se doute que des bals des finissants, dans leur forme traditionnelle, sont compromis, tout comme les remises de diplômes. Au mieux, ils seront reportés. 

La Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) a indiqué à La Tribune plus tôt cette semaine que la décision d’annuler ou non les bals n’a pas encore été prise. L’organisation a indiqué que la décision se prendra une fois que Québec aura décidé des modalités d’un retour (ou non) des élèves à l’école d’ici la fin de l’année scolaire. 

Sur le territoire de la Commission scolaire des Sommets, des élèves ont été avisés que leur bal serait reporté. 

Orfée Lemieux-Riendeau, une élève de l’école secondaire Montcalm, a joint le groupe Facebook « Les secondaires 5 en quarantaine », qui regroupe notamment des jeunes du Québec et de l’Ontario. « Je me suis dit : pourquoi on ne fait pas une vidéo? On n’aura peut-être pas accès à l’album de finissants. L’idée, c’est de créer un souvenir, comme un album, mais de façon virtuelle. » 

« My God, ce n’est pas facile, lance-t-elle quand on lui demande comment elle vit ces derniers instants du secondaire sans sa gang, et l’incertitude entourant la tenue des célébrations. Je ne suis pas la personne qui tenait le plus au bal. Ma remise de diplômes, je l’ai sur le cœur. On voit le bout et ça nous est enlevé. On essaie de se créer des souvenirs. » 

Une remise de diplômes devait se tenir à Montcalm avec les proches des finissants et Orfée y tenait tout particulièrement.

« J’adore l’école. J’ai eu de la difficulté à trouver ma place, mais la dernière année à Montcalm, on était tellement proches. La dernière année, c’est celle où on en profite. C’est ce qui est difficile », dit celle qui a été admise en éducation spécialisée au Cégep de Sherbrooke. Les élèves ont quitté le 13 mars dernier et ne savent pas quand et s’ils retourneront à l’école d’ici la fin des classes, renchérit-elle.

L’appel à tous a été lancé sur divers réseaux. Les finissants sont nombreux à lui envoyer des vidéos, avec lesquelles elle en fera un montage, aidée d’une amie. 

Un rite important

Quelle place occupent ces rites de passage dans la vie des jeunes?

« C’est fondamental. Quand on parle des remises de diplôme, de bal de fin d’études, de fin de secondaire, on parle d’un rite de passage vers autre chose, qui marque le changement d’un statut social, mais ça marque d’abord la fin de quelque chose. Ça marque la finalité, la transformation. J’insiste sur la fin, parce que ça permet de boucler la boucle, et j’aurais presque envie de vous dire que c’est une étape du deuil, dans le fond, du secondaire. Quand on commence, on est encore enfants et quand on finit, on n’est pas si loin d’être de jeunes adultes. Il y a énormément de transformations qui se font. Un diplôme de secondaire cinq, c’est comme un départ dans la vie. Il y a énormément de souvenirs pendant ces cinq années-là, il y a des liens d’amitié, le début du vécu amoureux, l’identité des jeunes se construit, parce que c’est pendant l’adolescence qu’ils prennent une distance de leurs parents, pour se définir comme individus », répond Christine Grou, psychologue et présidente de l’Ordre des psychologues du Québec.

Le bal et la remise de diplômes s’inscrivent habituellement comme des moments marquants. « Ça a un caractère soulageant : on boucle la boucle. Ça a, dans un tout autre registre, un peu la même vertu que les funérailles, le dernier rite de passage. Ce sont des moments marquants dans une vie. Ça explique les différentes initiatives et les reports d’événements. »

Le fait de tenir un événement en marge de l’officiel, avec des proches par exemple, montre qu’il s’agit d’un passage important : pas seulement pour le diplômé, pour tout le monde également. Il s’agit d’un geste significatif pour un diplômé.

À ceux qui auraient tendance à minimiser ce que les finissants vivent, Mme Grou rappelle l’importance de ce moment. « Les adolescents ont l’âge de raison, mais quand tu as 16, 17 ans, tu n’as pas 40 ou 55 ans de recul. Tu as 16 ans de vie et pour beaucoup, ce sera le premier élément marquant, le premier passage. Je ne dis pas que ce sera une catastrophe, mais que c’est un passage important. » 

Dre Grou a une pensée pour tous ces jeunes.

« Si j’avais un mot à dire, ce serait aux adolescents. En dépit de la pandémie, ils méritent toutes nos félicitations. Ce n’est pas rien d’en arriver là. Les initiatives qui vont leur permettre de fêter ensemble de façon sécuritaire et lorsque ce sera possible, ce sera extrêmement bénéfique. Si j’avais un mot à dire aux familles, c’est ne sous-estimons pas l’importance de ce moment-là pour nos jeunes. Il va y avoir quelques mois de pandémie, ils ont travaillé cinq ans pour en arriver là... sur 16 ou 17 ans de vie. » 

200 résidents de la FMSS au front avec un permis restrictif

Actualités

200 résidents de la FMSS au front avec un permis restrictif

SHERBROOKE — Environ 200 résidents de la faculté de médecine et des sciences de la santé (FMSS) de l’Université de Sherbrooke disposent d’un permis restrictif pour exercer leur profession.

Ces permis restrictifs s’avèrent une mesure spéciale du Collège des médecins du Québec dans le contexte d’urgence sanitaire. Ils permettent exceptionnellement aux résidents ayant complété leur formation d’exercer à titre de médecin sans avoir préalablement réussi « tous les examens prescrits par la réglementation en vigueur ». 

En conséquence, le Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada, le Collège des médecins de famille du Canada et le Conseil médical du Canada ont reporté les examens.

Selon le doyen de la FMSS, Dominique Dorion, ces examens, qui demandent une préparation intense et qui devaient avoir lieu à la fin mars et en avril, sont reportés en septembre. Rappelons que le Collège des médecins a annoncé sa décision à la fin mars. 

Dr Dorion rappelle que la formation en médecine compte quatre ans sur les bancs d’école, suivie de la résidence, qui est de deux ans pour la médecine de famille, et entre quatre et sept ans environ pour les différentes spécialités médicales. « Ce dont on parle, c’est la fin de formation des résidents. Habituellement, pour avoir un permis de pratique générale au Québec, ça prend deux choses : une attestation de l’université qui a formé l’étudiant (...) et le point numéro deux, c’est la réussite d’un examen de certification » administré par l’un des collèges.  

Il explique que les examens oraux, administrés en présence d’examinateurs qui viennent de partout au pays, ne pouvaient avoir lieu. 

« L’autre morceau, c’est qu’on ne pouvait pas libérer nos résidents. Ce sont des acteurs importants dans le milieu de la santé qui ne peuvent être libérés pour préparer leur examen. La situation est la même partout au Canada. »

Les permis restrictifs ne limitent pas la pratique des résidents, précise Dr Dorion. C’est plutôt que le permis est valide jusqu’à ce que les résidents aient passé les examens. Ces permis restrictifs sont valides jusqu’en juin 2021. 

« Ce ne sont pas des docteurs à rabais que l’on met sur le marché parce qu’ils n’ont pas le choix. Ils sont extrêmement compétents. Le taux de succès pour les examens du collège royal, dans la grande majorité des spécialités, pour les gens qui sont gradués de nos programmes du Canada (...) est bien en haut de 95 % chaque année. » 

Quant aux examens repoussés, Dr Dorion trace un parallèle avec les Olympiques, alors qu’étudiants et athlètes s’y préparaient depuis longtemps.

Les résidents de la faculté toujours en formation et qui se retrouvent en stage sont environ 800.

Qu’en est-il des étudiants qui doivent être admis en médecine à la prochaine rentrée scolaire? On retrouve habituellement deux types d’étudiants : ceux qui finissent le cégep et ceux qui terminent un parcours universitaire. 

« Pour la cohorte qui sort du cégep, le processus est en route présentement. Habituellement, on les sélectionne sur la cote R (cote de rendement académique). On utilise les trois dernières sessions. On a toute l’information que l’on a chaque année. » Habituellement, les étudiants qui aspirent à devenir médecins font l’objet d’une simulation, où l’on recherche des compétences et des aptitudes particulières. Cette simulation a été annulée cette année. « On aura cette information de moins pour choisir les étudiants. »

Cette façon de faire a été remplacée par une autre sorte de test, qui est similaire et qui existe depuis plusieurs années, appelé CASPer. « Ce n’est pas comme si on devait improviser de nouvelles façons de faire. » 

À la FMSS, on indique que sur les 650 professeur(e)s réguliers de la faculté, environ 500 sont des professeurs médecins qui se retrouvent en action, en plus des quelque 2000 chargés de cours et professeurs d’enseignement clinique. On retrouve également « au front » des professeurs en sciences infirmières, en réadaptation, en plus des ressources enseignantes de l’École des sciences infirmières.

Pas encore de mise à jour budgétaire à Sherbrooke

Actualités

Pas encore de mise à jour budgétaire à Sherbrooke

SHERBROOKE — Combien la Ville de Sherbrooke perd-elle en revenus chaque jour, chaque semaine, en raison de la pandémie de COVID-19? Le maire Steve Lussier dit suivre la situation de près, mais refuse de divulguer des chiffres. Il rapporte néanmoins ne pas envisager une hausse de taxes d’urgence pour le moment.

Selon M. Lussier, les élus ont discuté de la situation budgétaire à huis clos en début de semaine. « Nous prendrons des mesures exceptionnelles en raison de cette situation exceptionnelle. Il faut rectifier le tir. C’est pour ça que nous nous adressons à nos députés. Ce n’est pas vrai qu’on refilera toute cette facture aux citoyens. Le Service des finances amène des solutions. Nous avons des scénarios A, B et C. »

Quels sont ces scénarios? « On va se laisser le temps de parler aux députés et aux ministres. La ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, nous a indiqué qu’il y aurait peut-être un fonds municipal COVID-19 pour ceux qui en auraient besoin. Dans une crise, il faut regarder tous les scénarios, mais je n’envisage pas une hausse de taxes en cours d’année. »

À Gatineau, il y a une dizaine de jours, le maire Maxime Pedneaud-Jobin a laissé entendre que le manque à gagner en fin d’année pourrait être d’une douzaine de millions de dollars. Ce montant n’a toutefois pu être accompagné d’aucun document. À Sherbrooke, sans donner de chiffres, Steve Lussier indique que le manque à gagner serait semblable, proportionnellement. Pour les budgets d’exploitation et d’immobilisation, la Ville de Sherbrooke comptait dépenser 422 M$ en 2020, contre 651 M$ pour Gatineau. 

« Je ne donnerai pas le chiffre. Je vais finir par le dire, mais ce ne sera pas maintenant », a affirmé Steve Lussier. 

Écocentre

Le maire a aussi rappelé que les écocentres ouvriront au plus tard le 4 mai, sans être capable de donner plus de précisions. « Nous avons interpellé les services pour agir le plus rapidement possible. Les écocentres reçoivent en moyenne jusqu’à 800 personnes par jour. Il y a urgence d’agir parce que nous acheminons beaucoup plus de matières à l’enfouissement en ce moment. Pour le mois de mars, ce sont 15 camions de 53 pieds de plus, ce qui représente 125 000 $. »

M. Lussier n’était pas en mesure de préciser s’il s’agissait de dépenses supplémentaires ou d’un manque à gagner lié aux compensations pour les matières détournées de l’enfouissement.

Au Service des communications de la Ville de Sherbrooke, on précise qu’il s’agit d’une dépense supplémentaire tout en mentionnant que les quelques 400 tonnes de matières supplémentaires envoyées à l’enfouissement en mars sont de source inconnue. Il n’est donc pas possible de déterminer si la fermeture des écocentres en est la cause. On soupçonne que le balayage des cours et des terrains, généralement effectué en avril, pourrait avoir été effectué plus tôt cette année. On évaluera donc en fin d’année le réel impact de la pandémie sur les matières envoyées à l’enfouissement. 

Déménagements

Dans un communiqué, la Ville a par ailleurs mentionné que les entreprises de déménagement font partie de la liste des services prioritaires et que les déménagements sont permis en période de pandémie. « Lors de déménagements sans services professionnels, avec l’aide de parents ou de proches, la règle de distanciation physique de deux mètres continue de s’appliquer. Notez qu’il est interdit d’organiser un rassemblement, pour un repas par exemple, pendant ou après le déménagement. »

Enfin, le maire Steve Lussier a affirmé que les nouvelles lignes d’information mises à la disposition des citoyens à la Ville de Sherbrooke ont reçu 915 appels depuis le 6 avril. Des téléphonistes répondent aux questions des citoyens qui téléphonent au 819 823-8000 entre 8 h et 20 h en semaine et entre 9 h et 16 h la fin de semaine. 

Selon le Dr Dauphin, les Forces armées peuvent prêter main-forte

COVID-19

Selon le Dr Dauphin, les Forces armées peuvent prêter main-forte

Sherbrooke — Les Forces armées canadiennes disposent de ressources qualifiées pour venir prêter main-forte au réseau de la santé.

Telle est la perception du major à la retraite des Forces armées canadiennes, le Dr Marc Dauphin qui réside maintenant à Coaticook.

À LIRE AUSSI: Trudeau promet l’aide de l’armée; Legault parle de 60 à 100 militaires [VIDÉO]

Le gouvernement Legault supplie les médecins d’aller «en mission humanitaire dans les CHSLD» [VIDÉO]

125 membres des Forces armées iront aider dans les CHSLD du Québec, annonce Trudeau

« Il y a des médecins, des infirmières et même des gens formés pour travailler aux soins intensifs qui pourraient être disponibles. Cependant, il y en a un certain nombre, mais pas en quantité suffisante pour combler tous les besoins. Ils ont les compétences et sont qualifiés pour travailler en CHSLD ou dans les hôpitaux », estime l’ancien officier qui a assuré le commandement de l’Hôpital multinational de Rôle 3 de l’aérodrome de Kandahar en Afghanistan où il avait à sa charge une équipe médicale de 250 personnes de partout à travers le monde.

Dans son point de presse quotidien, le premier ministre François Legault a mentionné qu’entre soixante et cent membres des Forces armées canadiennes seraient disponibles pour accomplir des tâches dans le réseau de la santé.

« La demande des autorités civiles est la première étape. Par la suite, c’est au gouvernement fédéral de déterminer avec les Forces armées canadiennes si le personnel est disponible », explique le Dr Marc Dauphin qui a aussi travaillé comme urgentologue au CHUS.

Marc Dauphin explique que de véritables héros des Forces armées canadiennes ont développé une expertise en intervention lors de la pandémie du virus Ebola en 2017.

« L’expertise développée pourrait très bien servir dans le contexte de la COVID-19. Le personnel médical des Forces armées canadiennes est bien formé », assure Marc Dauphin.

Sherbrooke pourrait perdre des parts de marché en tourisme

Actualités

Sherbrooke pourrait perdre des parts de marché en tourisme

Le conseil d’administration de Destination Sherbrooke a réagi une nouvelle fois aux coupes annoncées de 1 M$ dans le tourisme sherbrookois, lundi soir, en rendant publique une analyse de l’impact économique du tourisme à Sherbrooke. Datant de mai 2019, le document préparé par Raymond Chabot Grant Thornton (RCGT) démontre que le tourisme sherbrookois est performant, mais que « la baisse des investissements pourrait présenter des risques de perte de marchés dans les prochaines années ».

Dans un communiqué, le C.A. explique rendre publique cette étude parce que plusieurs de ses questions demeurent sans réponse par rapport aux coupes annoncées jeudi dernier. Le budget 2020 de Destination Sherbrooke passera de 2,7 M$ à 1,7 M$. 

À LIRE AUSSI: Destination Sherbrooke se questionne

« Le C.A. demande officiellement que soient rendus publics l’ensemble des documents, présentations et rapports produits par les consultants externes mandatés par le comité de développement économique sur lesquels le comité s’est basé pour prendre ses décisions. Aussi, le C.A. demande à la Ville de Sherbrooke de dévoiler les budgets reliés à l’octroi de ces mandats », lit-on dans le document.

La présidente de Destination Sherbrooke, Sylvie L. Bergeron, se demande si les élus ont eu accès au rapport de RCGT et s’ils sont allés jusqu’au bout de ses conclusions avant de prendre leur décision. « À notre avis, l’étude n’a pas été rendue publique assez rapidement. Le mandat n’est pas clair. Le rapport est positif et nous dit qu’on fait du bon travail. Qu’est-ce qui nous empêchait de le diffuser? On pense que la décision n’a pas été prise en se basant sur la réalité. »

2,4 M de visites

Le rapport de RCGT relève que Sherbrooke a généré 2 481 000 visites-personne en 2016, soit 25 % du tourisme dans les Cantons-de-l’Est. Les dépenses générées sont de l’ordre de 209 964 000 $, principalement en aliments et boissons, en vêtements et dans les véhicules privés ou de location. Le but principal d’un séjour à Sherbrooke est la visite de parents ou d’amis, alors que les vacances et les loisirs ne représentent que 19 % des visites, contre 3 % pour les conférences, congrès et autres activités liées au travail. 

Parmi les autres données, le tourisme d’agrément permet d’attirer 530 000 personnes annuellement, dont 370 000 pour des événements comme la Fête du lac des Nations et le Festival des traditions du monde. Le tourisme sportif attire entre 27 000 et 35 000 visiteurs, contre 10 000 à 12 000 personnes pour les congrès. 

En 2016, 6,6 % des visites-personne provenaient de l’extérieur du pays. 

On relève par ailleurs que le budget de fonctionnement de Destination Sherbrooke était de 4,8 M$ en 2018, dont 2,8 M$ provenaient de la Ville de Sherbrooke. Ce budget de fonctionnement a baissé de 1 M$, comme la contribution de la Ville, entre 2010 et 2018. 

La masse salariale représente 55 % des dépenses de Destination Sherbrooke (2,6 M$) alors que 928 000 $ sont investis en publicité. 

Les dépenses en immobilisations de la Ville de Sherbrooke, dans le domaine du tourisme, sont quant à elles en baisse. Après un sommet à 3,9 M$ en 2003, elles sont tombées à néant en 2019. 

On relève enfin que la performance touristique à Sherbrooke se compare à celle de Trois-Rivières, une ville de taille semblable, pour les années 2011 à 2016. L’amphithéâtre Cogeco a été inauguré en 2015. 

Le pouls des entreprises

Dans une enquête menée auprès des entreprises sherbrookoises, RCGT relève que 83 % des 225 répondants estiment que le tourisme est un secteur d’activités important, mais que seulement 71,5 % d’entre eux considèrent la destination attrayante. Un peu plus de la moitié (53 %) de ces entreprises considèrent l’offre touristique insuffisante. Leur priorité serait le développement de l’offre et de la promotion.

Dans les conclusions du rapport, outre la possibilité de perdre des marchés, RCGT rapporte que les investissements publics municipaux ont diminué de façon importante en 2018 et en 2019. La firme ajoute qu’un « renforcement de l’attractivité de la destination bénéficierait à la population et aux entreprises de manière globale ». 

RCGT écrit que « les entreprises considèrent que la destination pourrait bénéficier d’une meilleure attractivité auprès des visiteurs », et que « le développement d’un produit d’appel majeur propre à la destination aurait un impact sur la rétention des visiteurs ». 

Enfin, Sylvie L. Bergeron rappelle que le C.A. de Destination Sherbrooke a demandé une rencontre avec le comité politique responsable du développement économique à la Ville de Sherbrooke. « Ce n’est pas le temps de couper alors qu’il faut avoir les moyens de se relever. »

Mme Bergeron rappelle que le nombre d’employés à Destination Sherbrooke est plus grand que dans les organismes semblables dans les autres villes, mais qu’elle recourt moins à la sous-traitance. Cette façon de faire génère-t-elle des économies? « Nous pourrions le démontrer », indique-t-elle. 

Des tasses pour les «mousquetaires» de la COVID-19

Actualités

Des tasses pour les «mousquetaires» de la COVID-19

Pour encourager ses « trois mousquetaires » en François Legault, Horacio Arruda et Danielle McCann, Stéphanie Saint-Laurent, une artisane de l’Estrie, a fait parvenir des tasses personnalisées au trio le plus populaire du Québec.

L’idée de confectionner ces tasses est venue en écoutant le point de presse quotidien des autorités gouvernementales. « Pour nous, c’est facile d’être assis devant la télévision et de regarder tout ça. Ça doit être quelque chose de gérer tout ça. Je me suis dit que je pourrais leur offrir une création à leur image pour les soutenir et les remercier d’être là », raconte la propriétaire de Chewie et ses créations, qui a confectionné ces tasses à main levée. Chaque tasse lui prend environ deux heures, sans compter la préparation, le séchage et la cuisson. 

À LIRE AUSSI: Trois mousquetaires et leur tasse

« Quand j’ai affiché ça sur ma page Facebook, je ne m’attendais pas à autant de réactions, poursuit-elle. Des gens près du premier ministre sont entrés en contact avec moi pour me donner l’adresse où expédier les tasses. »

Les trois destinataires ont pris des photos avec leur tasse respective, clichés qui ont suscité beaucoup d’émotions à l’artiste. « Quand j’ai eu ces photos, je me suis mise à pleurer. Ça m’a vraiment fait chaud au cœur. J’ai trouvé ça le fun qu’ils puissent être pris en photos et qu’elles me soient envoyées. Ils auraient pu garder la tasse et ne rien me dire. Je n’avais pas d’attentes, j’ai donné pour donner. Ça a vraiment fait ma journée », explique celle qui fabrique ces tasses à Saint-Étienne-de-Bolton. 

Cependant, sur ses tasses, ses personnages n’ont pas deux mètres de distance (!) « Je ne pouvais pas trop les distancer, ça faisait un effet moins intéressant! Mais des gens me l’ont écrit. En blague, je pense! » répond Mme Saint-Laurent, le sourire aux lèvres. 

Un seul exemplaire de cette tasse a été mis en circulation : Mme Saint-Laurent a organisé une mise aux enchères, offrant l’argent aux Cuisines solidaires. L’article a finalement été vendu 200 $. « Ce n’est pas tout le monde qui voudrait payer 200 $ pour une tasse. Mais quand ça vient avec un don à une fondation, surtout comme une banque alimentaire, c’est un petit incitatif de plus », pense l’artisane.

« J’ai pris la décision de ne pas en reproduire d’autres pour les vendre au public, enchaîne-t-elle. Si j’en reproduis d’autres, je ferai d’autres enchères pour remettre l’argent à d’autres organismes. »

Des tablettes pour les patients atteints de la COVID-19

Actualités

Des tablettes pour les patients atteints de la COVID-19

Pour que les patients hospitalisés à l’Hôtel-Dieu de Sherbrooke à cause de la COVID-19 puissent parler à leur famille plus régulièrement, les pneumologues Félix-Antoine Vézina et Christophe He ont recueilli une quinzaine de tablettes intelligentes, permettant aux malades de voir plus souvent ceux qu’ils aiment.

« Christophe et moi sommes sur l’unité COVID-19 [à l’Hôtel-Dieu], explique le Dr Vézina en entrevue téléphonique avec La Tribune dimanche. Ce sont des patients âgés qui sont à risque de décès. On trouvait difficile de voir les patients rester dans leur chambre sans pouvoir avoir de visite sauf quand on jugeait qu’ils allaient décéder dans les 24 à 48 heures. On voulait qu’ils aient une alternative pour communiquer avec leur famille. Ils n’ont pas tous accès à des téléphones intelligents, surtout lorsqu’ils sont plus âgés. On voulait trouver un moyen pour rendre ça plus humain. » 

Les deux pneumologues ont constaté ce manque en parlant avec les patients. « J’ai reçu des commentaires comme quoi il est difficile de ne pas avoir de contact visuel, indique le Dr Vézina. Parfois, des patients ont de la difficulté à prendre un téléphone puisqu’ils sont malades. Le fait d’avoir une visite virtuelle va grandement aider les familles à passer au travers l’épreuve d’un proche qui est hospitalisé. »

« Juste l’isolement associé à la maladie, c’est quand même difficile, analyse Félix-Antoine Vézina. D’être seul dans sa chambre et malade, c’est lourd psychologiquement pour les patients. On va pouvoir l’utiliser à bon escient. »

Quant au nombre de tablettes, le duo de pneumologues n’a pas d’objectif en tête. « Au début, on pensait offrir ce service pour les gens en soins palliatifs. Mais par exemple, dimanche, quelqu’un qui n’est pas nécessairement en fin de vie a pu profiter d’un iPad pour bruncher avec sa famille pour Pâques. J’ai l’impression qu’on pourra les utiliser plus que pour la fin de vie uniquement », exprime Félix-Antoine Vézina, se disant touché par la générosité des gens.

« On pourrait en partager avec d’autres services », enchaîne le Dr He, assurant que toutes les précautions sont prises pour qu’il n’y ait pas de transmission. 

Les personnes voulant parler à un proche peuvent appeler au poste des infirmières. Un rendez-vous virtuel sera ensuite organisé. « C’est intéressant que les familles puissent être au courant de ça et n’hésitent pas à le demander, insiste Dr Vézina. On fait ça pour eux et pour les patients. »

Les gens voulant faire don d’une tablette peuvent contacter les responsables de cette initiative au covidchus1@gmail.com.

Une approche humaine de la vaccination

Mérite estrien

Une approche humaine de la vaccination

Le Dr Arnaud Gagneur s’est spécialisé en virologie après avoir terminé ses études en médecine et sa spécialisation en néonatalogie. Très vite, ses expériences auprès de ses petits patients français l’ont conduit à s’intéresser à la vaccination et à tous ses avantages pour les bambins.

« J’ai fait ma thèse de doctorat sur les modes de transmission des coronavirus, ce qui est bien spécial dans les circonstances actuelles... Il faut rappeler que les coronavirus sont connus depuis longtemps, c’est le virus du rhume », rappelle-t-il en cette période jamais vue de pandémie et de confinement à l’échelle planétaire.

Parallèlement, il s’est intéressé aux méningites après avoir soigné un grand nombre d’enfants touchés par cette maladie qui peut être grave ou même fatale dans la petite enfance.

« Quand les vaccins combinés sur les pneumocoques et les méningocoques sont sortis dans les années 2000, ça m’a intéressé à la vaccinologie », se souvient-il.

Alors qu’il travaillait toujours en France, le Dr Gagneur a perdu un de ses tout petits patients : le bébé de six mois a succombé à une méningite.

Peu après, le médecin a demandé à la maman du poupon pourquoi elle ne l’avait pas fait vacciner contre la méningite. Elle lui a tout simplement répondu : « Je ne savais pas que ça existait. »

« Sa réponse m’a complètement traumatisé. Il fallait faire plus en amont, les parents devaient connaître les bienfaits de la vaccination », se rappelle le Dr Arnaud Gagneur.

« Moi comme docteur, j’ai un tas de techniques compliquées pour sauver la vie des bébés, mais je n’ai pas réussi, alors qu’il existait pourtant un moyen bien plus simple et efficace de sauver cet enfant : le vaccin », soutient le Dr Gagneur.

Recruté en Estrie

C’est en 2008 que le médecin français a été recruté comme clinicien-chercheur à l’Hôpital Fleurimont du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, au Centre de recherche du CHUS et à l’Université de Sherbrooke alors qu’un concours était ouvert pour embaucher un néonatalogiste qui pourrait à la fois travailler à l’hôpital et faire de la recherche. Le Dr Gagneur était le candidat tout désigné pour ce poste.

« J’ai fait le grand saut à ce moment-là! J’avais quatre jeunes enfants; tout le monde est venu avec moi », raconte-t-il.

Il s’est donc installé à Sherbrooke alors qu’on commençait au Québec à offrir aux parents le vaccin contre le rotavirus, une forme grave de gastroentérite responsable d’une majorité des cas d’hospitalisations consécutives à une gastro chez les enfants.

« En France, l’acceptation de ce vaccin n’était pas bonne parce que les parents avaient beaucoup de questions sur le nouveau vaccin et que les cliniciens avaient peu de temps pour y répondre. C’est là que j’ai eu l’idée de donner de l’information plus rapidement, à l’endroit où on rencontre tous les parents, c’est-à-dire en maternité. Ainsi, les parents ont le temps de réfléchir, de prendre une décision sans stress. Ç’a fait une énorme différence », rapporte-t-il.

Et c’est ainsi qu’il a développé une stratégie éducative de promotion de la vaccination en maternité.

D’abord testée en Estrie, la stratégie a rapidement fait ses preuves et a mené le projet à un essai à l’échelle provinciale. Les résultats ont été probants. En effet, l’intention de vaccination a augmenté de 12 %, le score d’hésitation à la vaccination a diminué de 40 % et la couverture vaccinale des bébés à sept mois a monté de 6 %.

« Ça paraît peut-être peu quand on parle de 6 %, mais sachant qu’on partait déjà de taux à plus de 80 %, c’est une augmentation significative », se réjouit le clinicien-chercheur.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS) a décidé en 2017 d’implanter cette nouvelle stratégie dans les maternités du Québec dans le cadre d’un programme provincial de promotion de la vaccination, le programme EMMIE : Entretien motivationnel en maternité pour l’immunisation des enfants.

« Il est primordial que les parents comprennent pourquoi ils vaccinent leurs enfants et soient heureux et confiants avec leur décision. C’est ce que le programme EMMIE permet », soutient le Dr Gagneur.

Le programme est maintenant installé dans pratiquement toutes les maternités du Québec. Il fait son effet. Et il est apprécié. « Les parents sont satisfaits à 97-98 % après la rencontre », se réjouit le chercheur.

Et maintenant? Quand la pandémie sera sous contrôle et que le monde s’ouvrira de nouveau, Arnaud Gagneur ira présenter son travail dans les multiples congrès où on l’a déjà invité, partout où l’on souhaite s’inspirer d’EMMIE pour lancer un programme.

« Je m’estime vraiment chanceux. Comme chercheur, c’est notre objectif de pouvoir faire de la recherche qui aboutit. Je suis aussi heureux que ma contribution permette de donner de la visibilité à l’Estrie, au Centre de recherche du CHUS qui m’a accueilli. Le programme EMMIE est parti d’un petit projet financé à 50 000 $ en 2008. Ça démontre que le fait d’encourager les jeunes chercheurs, même avec des petits montants, ainsi que d’encourager les idées innovantes, ça peut mener à de grands résultats! »

« Mais ce qui me encore rend le plus heureux je crois, c’est que mon approche permet d’apaiser le clivage entre les deux clans, ceux qui sont pour la vaccination et ceux qui s’y opposent. On a vu des cas aux États-Unis d’enfants exclus de l’école quand ils n’étaient pas vaccinés. Ça peut être très difficile. Ici on est dans une approche respectueuse qui porte ses fruits. C’est une approche humaniste et bienveillante et c’est ce dont je suis le plus fier », conclut Arnaud Gageur.

L’école pour apprendre sur soi-même

Mérite estrien

L’école pour apprendre sur soi-même

C’est le monde à l’envers dans la classe de Sylvain Lévesque, à l’école Hamelin de Wotton. Alors que la technologie est utilisée pour tout sauf se distraire, et que ce sont les élèves qui assimilent la matière à la maison avant de l’expliquer au professeur, ce sur quoi on apprend le plus, c’est sur soi-même.

Le cursus des élèves de cinquième et de sixième année de M. Lévesque est rempli de projets : livres, vidéoclips, films, capsules d’apprentissages, culture de maïs-bénéfice... Tout ça dans le cadre d’une classe « semi-inversée », et bien ancrée dans sa communauté. La clé? « Une énergie contagieuse et beaucoup de flexibilité », explique l’enseignant de 44 ans, qui a toujours eu de grandes ambitions pour ses élèves.

La ruche comme un lieu de rapprochements

Mérite estrien

La ruche comme un lieu de rapprochements

L’apiculture pour rapprocher les gens et promouvoir les bonnes pratiques environnementales. Voilà comment on pourrait résumer l’essence même du Rucher boltonnois, un organisme à but non lucratif (OBNL) à la tête duquel on retrouve le conseiller municipal Alain Déry.

M. Déry a grandi dans un environnement fait en grande partie de béton et d’asphalte dans le quartier Ahuntsic, à Montréal. Mais il a rapidement eu une attirance pour la campagne, ce qui l’a un jour amené à acquérir un terrain en bordure du lac Nick, à Bolton-Est.

Sur ce terrain, le lauréat du Mérite estrien s’est construit une maison avec sa conjointe il y a sept ans. Et il s’est par la suite peu à peu intégré à son milieu d’adoption, lequel profite de son esprit d’entrepreneuriat.

Le Rucher boltonnois était à l’origine une initiative qui avait pour objectif d’inciter le public à cesser l’utilisation des pesticides. Mais le projet a pris une ampleur inattendue au grand bonheur de plusieurs.

« Je me disais au départ qu’en lançant un projet d’apiculture communautaire, on pourrait sensibiliser les gens à l’impact des pesticides étant donné que ce genre de produits sont nuisibles pour les abeilles », confie Alain Déry, un ancien entrepreneur dans le secteur des technologies de l’information et des communications.

Le président et directeur général du Rucher boltonnois ne prétend pas être un grand maître de l’apiculture depuis des lustres. N’empêche, il a suivi des cours et effectué des stages reliés à ce secteur d’activité, ce qui d’emblée faisait de lui une personne-ressource de premier choix pour superviser un projet semblable.

Le lancement des activités du projet J’Adopte une ruche a eu lieu en 2017. Cette année-là, 17 familles ont été initiées à l’apiculture et ont participé aux inspections de ruches tenues toutes les semaines. Les participants prennent également part à la récolte et obtiennent une partie du miel produit.

En 2018, le projet J’adopte une ruche regroupait déjà 54 « familles d’adoption » et comptait autant de ruches. Six ruchers sont alors créés dans trois villages, en l’occurrence Bolton-Est, Austin et Saint-Étienne-de-Bolton.

Toujours en 2018, le Rucher Boltonnois s’est impliqué avec l’entreprise Les Jardins VG dans la mise sur pied d’un marché public à Bolton-Est. L’organisme « a pris en charge les volets de promotion et de gestion ». Ce second projet n’a cessé de prendre de l’ampleur, si bien qu’il a même une composante hivernale en décembre désormais.

« On a misé sur le sociofinancement pour trouver des sous pour le marché public. On a vu que la population tenait à cette initiative, aussi supportée par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec. Les gens en ont d’ailleurs fait un succès par la suite », note M. Déry.

Selon Alain Déry, les participants à J’Adopte une ruche rêvent parfois de sauver les abeilles. Le président de l’OBNL remet toutefois les choses en perspective en notant que le Rucher boltonnois n’a évidemment pas les moyens d’accomplir une tâche si colossale, malgré qu’il réalise de « grands projets, une goutte de nectar à la fois ».

« Le succès de notre organisme s’explique également par le fait que les abeilles fascinent les gens. C’est une fascination qui remonte aux Égyptiens alors ce n’est pas d’hier. Et puis, parmi les autres éléments qui plaisent aux participants, il y a le fait qu’on sort en plein air et qu’on rassemble un beau groupe. »

M. Déry estime d’ailleurs que le Rucher boltonnois contribue à rapprocher les gens de Bolton-Est, qui sont éparpillés sur un territoire relativement large. « On a recréé un perron d’église. Des nouveaux réseaux d’amis se sont créés. Il y a des bienfaits sur la vie de groupe autrement dit », illustre-t-il, tout en mentionnant que l’OBNL compte 170 membres au total.

Toujours à l’affût des opportunités, Alain Déry et ses collaborateurs mijotent maintenant l’achat d’un bâtiment municipal pour offrir une adresse stable au Rucher boltonnois. La transaction est d’une valeur 285 000 $ et semble déjà assurée. Comme quoi il est possible de réaliser des choses étonnantes dans de petits milieux quand efforts et passion sont au rendez-vous.

Repères

- Âgé de 61 ans;

- Originaire de Montréal;

- Conseiller municipal à Bolton-Est;

- Président et directeur général du Rucher boltonnois;

- Ancien entrepreneur.

Donneuse de voix

Mérite estrien

Donneuse de voix

Pour Nadia Fortin, le cinéma est une façon de donner une voix à ceux et celles qu’on entend peu. Pour elle, aucun sujet n’est tabou. L’important est d’offrir une « passerelle de communication » à des personnes qui ont une vie particulière ou traversent des épreuves hors du commun. Et on peut dire qu’avec son court métrage Rouge D 4 Femme, qui fait sortir de l’ombre Josée Delorme (une dame de 49 ans vivant avec la paralysie cérébrale), sa démarche comme cinéaste a pris tout son sens.

« J’ai aussi besoin de la fiction dans mon travail de réalisatrice, mais j’aime le côté humain du documentaire. Ce sont de plus petites équipes, ce qui nous permet de suivre les personnes à plus long terme (un peu plus de cinq ans pour Rouge D 4 Femme). Il faut de la patience, mais ça ne me dérange pas, car mon sujet s’intègre à ma vie. Aujourd’hui, j’ai un vécu avec Josée. »

Agents de changement

Mérite estrien

Agents de changement

En travaillant sur la nouvelle cour de l’école LaRocque, Julie Bernard et Patrick Chabot n’ont pas que mis un peu de verdure dans une oasis d’asphalte. En plantant des arbres aux abords de l’école et en y aménageant une surface gazonnée avec tous les artisans du projet, le couple souhaite semer les graines du changement, celles qui nous permettront de penser les choses — dont nos cours d’école — différemment.

La réalisation de la cure de rajeunissement a été un travail de longue haleine, qui s’est étiré sur environ cinq ans. L’une des premières étapes a été la fermeture de la rue Mère-Teresa par la Ville de Sherbrooke, qui donne juste devant l’église Immaculée-Conception-de-la-Très-Sainte-Vierge-Marie; l’endroit est ainsi devenu un espace vert.

Avec les jeunes depuis 31 ans

Mérite estrien

Avec les jeunes depuis 31 ans

Depuis 31 ans, Stephan Cyr s’occupe des jeunes du quartier Ascot avec la même passion. D’abord animateur et à la comptabilité, il occupe aujourd’hui la direction de la maison des jeunes Le Flash.

« J’ai toujours vécu dans le quartier Ascot, raconte M. Cyr. Vers 17 ans, je me suis tenu au Spot Jeunesse sur la rue Saint-Louis. Après, j’ai entendu dire qu’il y avait une maison plus près de chez moi. J’ai grandi dans le quartier Chagnon-Goyette-Ledoux, qui était connu comme le ghetto de Sherbrooke. C’était appelé le Bronx de Sherbrooke. »

Né pour les affaires

Mérite estrien

Né pour les affaires

Patrick Pinard a eu la chance d’avoir un père qui a réussi en affaires et qui lui a ouvert des portes. Mais n’allez pas croire qu’il est devenu entrepreneur simplement pour suivre le modèle paternel. Non, car il croit que s’il n’avait pas marché dans les pas de son père dans le domaine de l’alimentation, il aurait malgré tout aspiré à diriger une entreprise.

« Je pense qu’on naît entrepreneur. Ça ne s’apprend pas. C’est une chose que tu as dans le sang ou non. Même si mon père ne m’avait pas précédé, je serais en affaires aujourd’hui. Peut-être dans un autre domaine, mais j’aurais une entreprise », assure M. Pinard.

Un passionné avec trois Coupes Stanley

Mérite estrien

Un passionné avec trois Coupes Stanley

Du hockey, Luc Gauthier en mange. Le Sherbrookois n’a jamais été repêché dans la LNH. Ce qui ne l’a pas empêché de devenir capitaine du club-école du Canadien de Montréal. Ou de disputer trois parties avec le Tricolore. Ou encore d’avoir occupé le poste d’assistant-entraîneur de la filiale du CH dans la Ligue américaine. Pour une 23e année de suite, il parcourt aujourd’hui les arénas à la recherche de talent en étant recruteur dans la LNH... et possède trois bagues de la Coupe Stanley. Tout cela grâce à sa passion.

« J’ai grandi à Longueuil et j’ai commencé à jouer au hockey à cinq ans. J’ai toujours rêvé de jouer dans la LNH, mais c’est sous les ordres de Jacques Lemaire, avec les Chevaliers de Longueuil dans le junior majeur, que j’ai senti que c’était possible d’atteindre mon rêve. Mon plus beau souvenir est d’ailleurs notre participation en finale de la LHJMQ dans un Forum plein à craquer lors de notre saison d’expansion. Pour un petit gars de Longueuil qui regardait la Soirée du hockey le samedi soir, se retrouver une dizaine d’années plus tard sur la ligne bleue du Forum, c’était un moment incroyable. »

Invité par le Canadien de Montréal, le défenseur a ensuite paraphé une entente avec l’équipe de son enfance.

« Je me suis établi en tant que hockeyeur professionnel en jouant d’abord dans la Ligue internationale et ensuite dans la Ligue américaine à Sherbrooke. Je n’ai pas beaucoup joué de matchs dans la LNH : trois. J’ai par contre disputé près de 600 parties dans la Ligue américaine. Donc je n’avais jamais osé dire que j’avais joué dans la Ligue nationale. Jusqu’au jour où ma femme m’a rappelé que j’avais tout de même disputé trois matchs de plus dans la LNH que bien du monde. Depuis ce jour-là, je n’hésite pas à le dire. Je suis très fier de ma carrière. En étant capitaine du club-école, je sentais que j’avais une implication dans l’organisation. »

De joueur à entraîneur

Après sa carrière de hockeyeur, le Tricolore lui a offert le rôle d’assistant-entraîneur à Fredericton, poste qu’il a occupé de 1993 à 1997.

« Pour moi, c’était une décision naturelle. Même si je venais de connaître ma meilleure saison dans la Ligue américaine et que je n’étais pas blessé, le Canadien m’offrait la chance de continuer de jouer ou d’aller derrière le banc. J’étais encore sous contrat, mais l’organisation cherchait un assistant-entraîneur à Fredericton. Je me suis dit que si le train passait, il fallait que je saute dedans. »

Une décision d’affaires prise par le Canadien a mené à son départ. Après une vague de congédiements et une entente avec les Kings de Los Angeles, ces derniers pouvaient envoyer six de leurs meilleurs joueurs de ligue mineure à Fredericton et ils avaient l’option de choisir un nouvel entraîneur adjoint.

« J’ai alors obtenu la permission de parler avec d’autres équipes. Quelques jours plus tard, les Predators de Nashville m’ont approché pour devenir recruteur en 1997. »

À la base du succès

Après huit ans chez les Predators et trois saisons avec l’Avalanche du Colorado, une belle histoire d’amour est née en 2008 entre Luc Gauthier les Penguins de Pittsburgh, équipe avec laquelle il a soulevé trois Coupes Stanley. 

« Avec les Penguins, j’obtiens une belle reconnaissance. Je suis dans une organisation de première classe. Tout comme avec les autres équipes pour lesquelles j’ai travaillé d’ailleurs. Bien souvent, le recruteur n’est toutefois pas reconnu à sa juste valeur. On est la base d’une organisation. Oui, on se trompe parfois. À long terme, c’est facile de juger notre choix au repêchage quand ça fait cinq ans que le joueur a été repêché. Avoir une boule de cristal, on ne ferait pas d’erreur. »

Ce qui le motive le plus dans son travail?

« Le défi de trouver la perle rare et de repérer le talent grâce à mes critères. Il n’y a pas de livre ou de cours qui nous apprend ce travail. Je m’attarde évidemment beaucoup au talent des joueurs, mais aussi à leur vie à l’extérieur de l’aréna. Leur personnalité, c’est 40 % de mon évaluation. Je crois beaucoup à cette partie-là. »

Luc Gauthier confie que recruter n’est pas un métier différent d’un autre.

« Étant passionné, ça ne me dérange pas de partir une semaine sur la route. J’ai parfois l’impression de travailler quand je suis en déplacement, en auto ou en avion, mais ce n’est pas grave : une fois que j’entre dans l’aréna, je ne me crois pas au travail. C’est vrai, l’hiver j’étais moins souvent avec ma famille, mais je me reprenais l’été. Ça faisait tout de même un bel équilibre. »

Le fruit de tout ce travail : trois Coupes Stanley avec les Penguins, entouré de Sidney Crosby et du propriétaire Mario Lemieux.

« J’étais sur place quand on a gagné. C’était l’euphorie. Tout le monde était épuisé, mais fier. Chaque conquête de la Coupe Stanley a la même valeur à mes yeux. »

Dans ses temps libres, Luc Gauthier offre désormais aux jeunes des conférences sur la persévérance. Un ingrédient important dans la recette de son succès.

« Quand j’étais enfant, je rêvais peut-être de jouer dans la LNH, mais je voulais aussi gagner une Coupe Stanley. Je n’y suis pas parvenu comme joueur. Je l’ai toutefois vécu différemment. C’était quand même incroyable. En tant que joueur, ça doit être encore plus hallucinant. J’ai contribué à ce succès avec les Penguins, mais le gros du travail, c’est le joueur qui l’a fait. Je me sens tout de même privilégié. Je gagne ma vie grâce à ma passion. Je ne peux pas demander mieux. »

Du cœur à l’ouvrage

Mérite Estrien

Du cœur à l’ouvrage

MÉRITE ESTRIEN / C’est respectivement comme étudiant et professeur à l’Université de Sherbrooke que les docteurs Étienne Couture et Benoit Daneault se sont connus, il y a quelques années, avant que le désir de perfectionnement n’appelle ailleurs le Dr Couture. Même s’ils sont chaque jour impliqués dans de petits et grands miracles, ils n’auraient pas pu s’imaginer que dès leur deuxième semaine de réunion à l’Hôpital Fleurimont, les deux amis performeraient ensemble dans une intervention jamais réalisée dans leur établissement, laquelle permettrait à Gilles Bibeau d’échapper à la mort qu’on lui avait prédit.

Liés par leur passion et leur dévouement pour la cardiologie d’intervention, les Drs Couture et Daneault se décrivent comme perfectionnistes; discipline oblige. Leur carburant : faire une réelle différence.  

À LIRE AUSSI : Quand « les astres s'alignent »

« En cardiologie, il y a beaucoup d’actions, de réactions et de prises de décision dans des situations urgentes, explique le Dr Couture, qui a été séduit par l’ampleur du défi. On doit prendre des décisions de façon importante. Puis, en même temps, on a un contact assez privilégié avec les patients. »

« On arrive à se lier dans des relations patient-médecin sur du long terme, complète le Dr Daneault. Parfois, on n’a malheureusement pas autant d’impact qu’on voudrait, mais parfois, on va faire une différence significative. C’est très gratifiant dans la pratique de la médecine. J’ai d’ailleurs choisi la cardiologie parce que selon moi, c’était la spécialité qui avait la meilleure balance entre les interventions et les relations médecin-patient. Puis le stress est très stimulant. »

Non seulement les Drs Couture et Daneault prennent-ils chaque jour soin de l’organe le plus lyrique du corps humain, mais ils ont en plus choisi de devenir maîtres dans l’art de le soigner… à bout de bras. Équipés d’un long mais tout petit cathéter, les cardiologues d’intervention naviguent méticuleusement dans les vaisseaux pour atteindre les cœurs en détresse. 

Pour développer un tel talent, ils ont été accueillis chez les plus grands. Le Dr Couture a étudié à Ottawa et à Paris, tandis que le Dr Daneault a réalisé son fellowship à New York.

« Une des choses qui m’a attiré dans la cardiologie d’intervention, c’est le travail d’équipe », avance le Dr Couture, qui assure que sans les efforts concertés de l’ensemble de ses collègues et de l’administration du centre hospitalier, le dénouement du cas de M. Bibeau aurait pu être fort différent. 

Sauvé par la spécialisation

En décembre 2019, La Tribune racontait l’histoire de Gilles Bibeau, 76 ans. Le 8 novembre, celui-ci était passé d’une virée en forêt à un coma artificiel en l’espace d’une journée après que sa valve mitrale eut déchiré subitement. Sa femme et ses deux fils avaient passé un week-end à ses côtés, pendant lequel on leur avait annoncé qu’il était impossible d’opérer une troisième fois M. Bibeau, et de ce fait, le sauver. 

C’est alors que le Dr Couture amorçait sa deuxième semaine à l’Hôpital Fleurimont, et sa première journée en tant que chef de l’unité de soins coronariens, qu’il a réalisé que le patient se qualifiait à merveille pour une intervention complexe et non invasive qu’il avait réalisée trois fois en carrière : la valve-in-valve. 

« Il m’a téléphoné tout de suite pour m’en parler, raconte le Dr Daneault. Quand il m’a montré l’échographie, c’était clair que c’était ce qu’il fallait faire. Je n’avais jamais eu l’occasion d’être un premier ou deuxième intervenant sur cette procédure, mais elle impliquait beaucoup de gestes que je maîtrisais déjà. J’étais très emballé, mais l’excitation n’a duré que quelques secondes, parce qu’après, il fallait tomber en mode planification. » 

En 48 heures, les deux médecins ont orchestré l’intervention, qui nécessite de réunir huit membres du personnel médical et deux représentants de l’industrie — pour les prothèses utilisées — dans une même salle. En un peu plus d’une heure, les spécialistes avaient rétabli la valve mitrale que M. Bibeau avait reçue en 2002, le tout en passant par son aine droite, puis en traversant du côté droit au côté gauche de son cœur.

M. Bibeau a été extubé le lendemain, et a obtenu son congé de l’hôpital une semaine plus tard. « C’est notre récompense, après tout ça », note le Dr Daneault. 

« Je suis allé visiter la famille Bibeau à Noël, dit le Dr Couture. Il se verse encore quelques larmes quand on se voit. » 

Plus de services

Plus que jamais motivés, les deux médecins s’affairent actuellement à bâtir un programme d’intervention valvulaire mitrale au CIUSSS de l’Estrie — CHUS. 

Grâce à l’expertise du Dr Couture, l’établissement pourra désormais offrir aux patients une thérapie appelée Mitraclip, qui implique l’installation d’une prothèse dans la valve mitrale native — plus complexe que la valve aortique, qui fait déjà l’objet d’interventions en Estrie — et qui permet d’améliorer la qualité et l’espérance de vie des patients souffrant d’insuffisance cardiaque. 

« Ce sont souvent des patients qui n’ont pas d’options chirurgicales, commente le Dr Couture. Dans les dernières années, les patients éligibles qui étaient suivis ici étaient référés à Québec ou à Montréal. Par contre, ce sont des patients qui sont malades et dont la famille est souvent à Sherbrooke. Beaucoup n’étaient donc pas en mesure d’y aller. »

« À l’heure actuelle, le volume d’intervention mitrale qui se fait à travers le monde n’est pas très grand, mais dans cinq ans, on croit que le volume va être encore plus grand que le volume actuel des interventions sur les valves aortiques », précise le Dr Daneault.


Repères 

Diplômés en médecine par l’Université de Sherbrooke

Professeurs à la faculté de médecine et des sciences de la santé de l’UdeS

Cardiologues d’intervention 

Dr Couture : 34 ans, originaire d’Amqui 

Dr Daneault : 39 ans, originaire de Sainte-Thérèse

Jamais trop jeune pour changer le monde

Mérite estrien

Jamais trop jeune pour changer le monde

Les six enfants de la famille Russell lançaient en juin 2019 le projet #Remplisvert dans le cadre de La grande journée des petits entrepreneurs. Depuis, la fratrie originaire de Windsor inspire à travers la province des jeunes, des familles, de petites et grandes entreprises et des organismes gouvernementaux à revoir leurs habitudes afin de réduire leur empreinte écologique.

Chacun des enfants, âgés de 6 à 14 ans, a reçu un certificat de reconnaissance de la Chambre des communes du Canada et les félicitations, de vive voix, du ministre de l’Environnement du Québec.

Trente ans de casse-tête

Mérite estrien

Trente ans de casse-tête

Lorsque Gilles Boire a entamé sa carrière de rhumatologue en 1989, les connaissances dans ce domaine médical étaient sommaires. « On avait quelques médicaments, vraiment très peu, qui dataient des années 1930, qu’on utilisait pour essayer de soulager les patients, généralement des femmes, qui voyaient l’arthrite comme une fatalité. » C’est pourtant un des facteurs qui a incité le médecin à choisir cette spécialité. « J’ai décidé que ce serait mon petit rôle d’en connaître plus, de faire de la recherche et de retourner chaque morceau de casse-tête. »

Et des morceaux de casse-tête, le Pr Boire en a retourné plusieurs pendant les 30 dernières années. Assez pour assembler quelques parties de ce très complexe puzzle que sont les maladies inflammatoires.