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Mérite estrien

Claude-Gilles Gagné, l'homme qui a battu la machine

Au moment où la carrière d’enseignant de Claude-Gilles Gagné est arrivée à terme, il a choisi de venir s’installer à Weedon dans l’espoir de profiter d’une retraite tranquille. Détenteur de compétences inestimables et d’un esprit vif, M. Gagné a rapidement été approché pour faire partie de différents comités et s’est retrouvé aux premières lignes d’une bataille qui allait déterminer l’avenir de son village d’adoption.

Natif de Richmond, diplômé en littérature de l’Université de Sherbrooke ainsi qu’en relations industrielles de l’Université Laval, Claude-Gilles Gagné a eu une vie bien remplie. Après avoir réalisé que l’enseignement au primaire et au secondaire n’était pas sa tasse de thé, il a fait la transition vers l’enseignement aux adultes, où il s’est épanoui pleinement. 

« Je n’étais pas à ma place avec les enfants, je m’en suis rendu compte assez rapidement, se souvient-il. J’ai été appelé à enseigner aux jeunes décrocheurs ainsi qu’aux immigrants vietnamiens peu de temps après et j’ai adoré l’expérience. Plusieurs de ces jeunes étaient tellement attachants et brillants; ils avaient un réel désir d’apprendre. »

Conjointement avec l’enseignement aux adultes, le lauréat du Mérite estrien a passé plusieurs années à faire de l’éducation syndicale. Son amour pour la langue française demeure cependant inégalée. 

« J’ai un amour profond pour ma langue et ses textes, explique-t-il. J’ai toujours voulu amener mes élèves à prendre contact avec la littérature et le théâtre en rendant la langue française intéressante et facile pour eux. De plus, j’aime beaucoup animer des groupes et donner un spectacle, donc l’enseignement était vraiment l’emploi idéal pour moi. »

Un atout de taille pour Weedon

Lorsque l’heure de la retraite a sonné pour Claude-Gilles Gagné, il a décidé de venir s’installer sur les berges de la rivière au Saumon avec son conjoint. Son frère habitait le village depuis belle lurette et il appréciait ses paysages et sa tranquillité, ce qui l’a poussé à s’y installer à son tour. 

« Peu de temps après mon arrivée au village, j’ai été approché par la Société d’histoire de Weedon pour faire l’inventaire des documents d’archives, relate-t-il. Mes connaissances en informatique et ma maîtrise du français ont fait de moi une cible prisée et comme de fait, les responsables du journal local, L’Éveil du citoyen de Weedon, m’ont recruté pour faire la correction du mensuel. »

Impliqué à hauteur de plusieurs heures par semaine auprès de ces deux organismes, M. Gagné s’est plu à remplir ses nouvelles fonctions. 

« Je suis un épicurien dans tous les aspects de ma vie, dont le bénévolat, explique-t-il. J’aime faire des choses utiles et je ne suis pas capable de rester assis à ne rien faire. Je fais du bénévolat à mes heures, dans un cadre qui n’est pas restrictif, pour le bien de ma communauté. De plus, j’aime les gens et c’est une excellente manière d’en rencontrer. »

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Agir pour la justice

« Il faut s’ouvrir les yeux et agir! » se dit Colette Lemieux devant une cause qui lui tient à cœur. Celle qui donne de son temps depuis aussi longtemps qu’elle se souvienne clame que le don de soi circule dans son sang.

« C’est dans mon sang, j’imagine! En tant que citoyenne, je fais ce que j’ai à faire. J’ouvre mes yeux, et j’agis! » résume Mme Lemieux en entrevue avec La Tribune, humblement surprise d’avoir été sélectionnée au titre de mérite estrien. Pour elle, s’impliquer de façon bénévole fait partie intégrante de sa vie depuis plusieurs années.

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«Toutes les minutes comptent»

Rencontrer Jessica Harnois n’est jamais banal. La sommelière bien connue aime les gens et cela se sent. Qui plus est, on perçoit rapidement son dynamisme et l’amour qu’elle éprouve pour son travail. Facile dans ce contexte de devenir réceptif au message de cette ambassadrice des vins du Québec.

Jessica Harnois agit à titre de porte-parole de la Fête des vendanges Magog-Orford depuis huit ans. Elle est également le visage des vins de marque Bù et livre toutes les semaines des chroniques au 98,5 FM, à Montréal.

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Vers une percée pour la compréhension du cerveau

Kevin Whittingstall s’est intéressé tôt à la physique pure. Après son baccalauréat à l’Université Concordia de Montréal, c’est à la maîtrise puis au doctorat à la Dalhousie University d’Halifax, en Nouvelle-Écosse, qu’il a commencé à s’intéresser à l’imagerie médicale chez l’humain. Un nouvel intérêt qui a mené cet homme originaire de l’Estrie à passer cinq années à faire un postdoctorat consacré aux neurosciences en Allemagne.

Pendant ce temps, à Saint-Jean-sur-Richelieu, grandissait un adolescent passionné par les mathématiques qui s’ennuyant à l’école dans cette matière dans laquelle il excellait. Pour se donner un objectif, pour se dépasser, Michaël Bernier a alors choisi de consacrer toutes ses énergies à l’informatique… alors qu’il n’y avait jamais eu d’ordinateur chez lui. Cette nouvelle passion allait l’amener à la maîtrise à l’Université de Sherbrooke (UdeS). Il aimait les ordinateurs, oui, mais il voulait aussi que son savoir permette un jour d’aider les gens… et les neurosciences allaient devenir toutes indiquées pour ça.

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Se démarquer dans son domaine et comme employeur

Dans un discret édifice à bureaux au coin des rues Alexandre et Aberdeen, à Sherbrooke, la trentaine d’employés de Dunin Technologie planchent sur des produits informatiques basés sur l’intelligence artificielle. Derrière les ordinateurs se trouvent une grande proportion de personnes immigrantes ou vivant avec le syndrome d’Asperger. Celles-ci seraient la clé du succès de l’entreprise, selon le président Serge Dumoulin, qui a vu sa compagnie être récompensée aussi bien sur le plan de l’innovation qu’à titre d’employeur remarquable.

« Plusieurs entrepreneurs de la génération d’avant étaient motivés par l’argent, mais ce n’est pas mon cas. Je pense que ça prend une raison d’être, une motivation pour se lever le matin et aller travailler », soutient M. Dumoulin.

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La passion de l’implication de Sonia Montminy

S’il y a bien une chose qu’on ne peut absolument pas reprocher à Sonia Montminy, c’est d’avoir trop peu de champs d’intérêt. Sa présence au fil des ans à d’innombrables comités aux missions tout aussi variées témoigne de son désir incessant de s’impliquer, qu’elle a acquis dès son plus jeune âge.

C’est à l’école que Sonia Montminy, copropriétaire avec son conjoint de l’entreprise spécialisée dans la fabrication d’échangeurs de chaleur industriels Caron et fils à Coaticook, a commencé à s’impliquer activement dans tout ce qui s’offrait à elle.

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Jacques Duquette : une inébranlable passion pour le soccer

C’est un peu par hasard que le soccer est entré dans la vie de Jacques Duquette. Si le contact s’est fait de façon un peu fortuite, cette passion pour le ballon rond ne l’a jamais quitté. Une passion pour le sport qui a par la suite développé une passion pour l’enseignement du soccer.

Près d’un demi-siècle après qu’il eut dirigé pour la première fois les Alouettes catégorie atome moustique sur les terrains du parc Jacques-Cartier, Jacques Duquette a été intronisé au Temple de la renommée de soccer Québec, en novembre 2018.

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Infirmière, la profession de tous les possibles

Comment peut-on résumer ce qu’est la profession d’infirmière au Québec? « C’est une profession de tous les possibles », soutient Patricia Bourgault, vice-doyenne aux sciences infirmières et directrice de l’École des sciences infirmières de l’Université de Sherbrooke (UdeS).

Patricia Bourgault est devenue infirmière il y a un quart de siècle parce qu’elle éprouvait le désir d’aider et qu’elle avait un grand intérêt pour le monde de la santé. Très vite elle a décidé de poursuivre ses études; après la technique elle a poursuivi au baccalauréat, à la maîtrise… jusqu’au postdoctorat en sciences infirmières. « Je dois dire que j’aimais beaucoup les études », convient Mme Bourgault.

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Défricheur d’énergie verte

Sciure de bois et écorces, pneus usagés, déchets industriels… Pendant que la plupart des gens cherchent désespérément à se débarrasser de ces détritus, Jean-Michel Lavoie, lui, en remplit les fioles et appareils de son laboratoire. Pour ce professeur en génie chimique et biotechnologique à l’Université de Sherbrooke, toute matière première issue du vivant, ou biomasse, cache un précieux potentiel énergétique.

« Mon grand-père avait une boutique de fabrication de meubles et armoires en bois, et quand j’étais petit, je balayais tout le temps dans sa boutique… Je ne sais pas, je trouvais ça intéressant de jouer avec la sciure de bois. Ma mère a toujours pensé que c’est ce qui a stimulé mon intérêt pour la biomasse », relate le chercheur avec amusement.

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L’accord parfait de deux expertises

À Québec en 2012, une seule tour de refroidissement contaminée par la légionelle a infecté 181 personnes et a causé la mort de 13 d’entre elles. Cette situation, qui a nécessité une enquête d’envergure, a mené en 2014 à l’adoption par le gouvernement provincial d’une nouvelle réglementation sur les tours de refroidissement de l’eau des immeubles, où la bactérie peut s’accumuler et être projetée dans l’air ambiant. En 2017 à Granby, neuf personnes ont été atteintes de la légionellose. Si personne n’en décède, n’empêche que la Santé publique de l’Estrie a travaillé d’arrache-pied pour en trouver la cause... en vain.

Et s’il existait un appareil capable de détecter rapidement et automatiquement dans les tours de refroidissement le taux de présence de la légionelle, cette bactérie responsable de causer la légionellose, une infection pulmonaire potentiellement mortelle chez les humains?

Cet appareil existe maintenant — il s’agit du BioAlert, créé par la jeune entreprise sherbrookoise SpiBio.

L’idée de l’appareil est née sur un comptoir de cuisine, quelque part en 2010, grâce aux expertises de deux colocataires. En effet, Étienne Lemieux terminait son doctorat en biologie cellulaire, alors que son colocataire Dominic Carrier terminait sa maîtrise en génie électrique. Quels sont donc les liens entre biologie cellulaire et génie électrique? Dans la pratique courante, voilà deux disciplines assez peu utilisées dans un même projet.

Mais pour créer un appareil capable de traiter de façon automatisée le taux de légionelle dans l’eau, c’était le maillage parfait!

« Nous avons eu beaucoup de discussions ensemble et nous avons eu cette idée », dit Étienne Lemieux.

« C’est de l’expertise de biochimie couplée à de l’ingénierie. Nos deux expertises nous ont permis de réfléchir out of the box », ajoute-t-il.

Il aura fallu quatre années avant de lancer l’entreprise SpiBio qui a négocié quelques virages serrés avant d’avoir le vent dans les voiles aujourd’hui.

Après un travail aussi acharné que passionné, c’est en 2017 que les deux amis et partenaires d’affaires ont pu faire leurs premières validations technologiques grâce à des partenaires chez qui ils ont installé le BioAlert. En 2018, la commercialisation a commencé à petite échelle. Aujourd’hui, l’équipe de travail s’agrandit et le carnet de commandes se remplit rapidement : en juillet, SpiBio compte 12 employés et des embauches se feront sous peu. Depuis un certain temps, l’entreprise s’est installée dans l’Espace LABz, un centre multilocatif géré par Sherbrooke Innopole et s’adressant aux entreprises œuvrant dans le secteur des sciences de la vie ou des technologies propres.

Le marché pour le BioAlert est immense. Au Québec, il y aurait 2600 tours de refroidissement. Aux États-Unis, il y en aurait entre 250 000 et 300 000.

Il y a les tours de refroidissements dans de nombreuses tours résidentielles et le marché est important, mais pour commencer, c’est au marché commercial que SpiBio va s’attaquer.

« Le commercial est plus facile, car les gestionnaires connaissent les coûts importants reliés à la fermeture d’une tour de refroidissement dans une usine par exemple », soutient Étienne Lemieux.

L’intérêt pour le produit sherbrookois — et dont une majorité de fournisseurs sont canadiens — commence à se faire sentir de la part de plusieurs clients qui ont un grand rayonnement avec plusieurs installations partout dans le monde.

Alors l’avenir est rayonnant pour les deux complices et partenaires d’affaires.

Un avenir chargé de très nombreux défis cependant. « Nous avons la chance d’avoir des conjointes très compréhensives, car ce n’est pas évident de vivre avec un entrepreneur. C’est presque obsessif », remarque Étienne Lemieux.

Les deux partenaires veulent empêcher la propagation de la légionelle, quand on sait qu’une seule tour de refroidissement peut contaminer dans un rayon de trois à douze kilomètres autour d’elle. C’est d’ailleurs ce qui est arrivé dans le cas de la ville de Québec en 2012.

« Nous avons trouvé un réel problème, et il est à la hauteur de notre ambition. Beaucoup de gens ont échoué avant nous. Nous, maintenant, nous sommes à déployer nos ailes », souligne Dominic Carrier en précisant que la technologie qu’ils ont développée pour détecter la légionelle pourrait être utilisée pour détecter d’autres bactéries.

« Nous avons l’ambition de créer quelque chose de plus grand que nous-mêmes », conclut M. Lemieux.


Repères

Étienne Lemieux

Président, directeur général et fondateur de SpiBio

Maîtrise et doctorat en biologie cellulaire

Maîtrise en administration des affaires

Certificat de 3e cycle en Enrichissements des compétences en recherche

Conjoint de Jessica Gagné-Sansfaçon et papa de Mariane Lemieux, 2 ans et demi


Dominic Carrier

Originaire de Drummondville

Vice-président et fondateur de SpiBio

Maîtrise en génie électrique

Conjoint de Adeline Cuggia

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Convier des émotions par la musique

Lorsque Joey Thibault a choisi de s’inscrire au programme de musique-harmonie à l’école secondaire, il ne se doutait pas que cette décision allait déterminer son avenir. Sa passion pour la musique l’a amené à convier des émotions pendant 25 ans au sein du Groupe Show en tant que trompettiste, chef d’orchestre, puis directeur général, en plus d’inculquer des valeurs de dépassement à des centaines de musiciens qu’il a dirigés.

Joey Thibault se souvient bien de ses premiers contacts avec la musique, qui se sont opérés par le biais de sa mère dès sa jeunesse. « Mon père était policier et il travaillait de nuit quand j’étais à l’école primaire, se remémore l’homme natif de Cookshire-Eaton. Je passais mes soirées à chanter et à enregistrer des chansons avec ma mère, qui jouait du piano. »

Sa passion pour la musique était née. À son entrée à l’école Louis-Saint-Laurent d’East Angus, il joint les rangs de l’harmonie scolaire, embarquant dans une aventure qui allait lui faire vivre d’innombrables expériences mémorables.

« Je suis convaincu que si je n’avais pas coché l’option musique-harmonie à mon entrée au secondaire, ma vie serait totalement différente aujourd’hui, confie-t-il. Je n’aurais pas rencontré ma femme et mon parcours aurait été complètement différent. Cette décision a mis un enseignant spécial sur ma route, Serge Poirier, qui m’a incité à me présenter comme soliste en secondaire deux au Festival des harmonies, que j’avais gagné contre toutes attentes. »

La grande famille du Groupe Show

Après avoir servi en tant que musicien dans les Forces armées canadiennes et étudié au Conservatoire de musique de Chicoutimi, Joey Thibault revient dans la région. En plus de diriger l’Harmonie de Coaticook, il se joint au populaire Groupe Show en tant que trompettiste en 1996.

« Ils ont été tellement cordiaux dans leur accueil, ils m’ont pris dans leur groupe à bras ouverts! Le Groupe Show a sa propre couleur et est comme une grande famille, je suis très fier d’en faire partie. Ce que j’aime plus que tout, c’est de donner des frissons et de faire sourire les gens du public, de leur apporter du bonheur et du répit, peu importe les épreuves qu’ils vivent. »

Au fil de ses années avec le Groupe Show, Joey Thibault est devenu son directeur général en 2013. Adepte de la rigueur à la suite de ses années dans les Forces armées, il a amené une philosophie nouvelle à la troupe, ce qui a influencé sa dynamique et ses performances pour le mieux.

« Je me qualifierais de meneur invisible, explique l’homme de 49 ans. Mon but est de rassembler tous les éléments de la troupe et de les faire opérer sur une longueur d’onde commune. Je crois fermement qu’il faut additionner plaisir, rigueur et engagement pour obtenir un rendu dont nous pouvons être fiers. Même si les 55 musiciens et l’équipe sont composés de bénévoles, notre rendu est de qualité professionnelle grâce à ces valeurs. »

Bien qu’il ait laissé ses fonctions de directeur général cette année, il demeure chef d’orchestre au Groupe Show, en plus d’exercer deux emplois connexes. Il est ainsi technicien de publication en ligne pour l’Université de Sherbrooke et il crée du contenu de relations publiques pour les Forces armées canadiennes, une organisation à laquelle il appartient depuis 1989. 

« Mon but au sein des Forces armées est principalement de faire connaître qui sont les réservistes et que font-ils, explique Joey Thibault. J’essaie de démocratiser ce qu’ils font et d’illustrer que ce sont des gens comme vous et moi qui habitent dans nos communautés. Ils vivent des histoires qui méritent d’être racontées. »

De retour au bercail

Par le passé, le Groupe Show tenait un spectacle annuel à la salle Maurice-O’Bready de l’Université de Sherbrooke. Bien que cette tradition se soit perdue au cours de la dernière décennie, les organisateurs optant plutôt pour le théâtre Centennial, la troupe va faire un retour en grande pompe à la grande salle de spectacle le 17 octobre.

« Ça va être tout un spectacle, je suis content qu’on revienne à la salle Maurice-O’Bready après une longue absence. L’évènement servira à souligner en grand les 45 ans d’existence de la troupe. On veut organiser par le fait même une grande réunion des anciens et organiser des retrouvailles. Il y a plus de 1000 musiciens qui ont fait partie du Groupe Show au fil de sa longue existence, c’est vraiment une grande famille tissée serrée, même avec le temps », conclut Joey Thibault.

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Un parcours parsemé d’anges

Bien qu’elle soit issue d’une famille d’entrepreneurs et d’amoureux de la cuisine, Pasquale Beauvais n’a pas bâti BioBon en une journée. Le succès de son entreprise et de ses végé-pâtés est le résultat de plusieurs longues années de travail acharné, de dévouement et de dépassement, ainsi que de l’appui inconditionnel d’anges rencontrés sur son chemin.

« Je peux dire avec certitude que l’entrepreneuriat, c’est dans mon sang, déclare d’emblée Pasquale Beauvais, présidente et directrice générale de BioBon, qui produit plus de 50 000 végé-pâtés par semaine et emploie 20 personnes. Mes parents ont tous deux eu des entreprises et quand j’étais jeune, on me demandait quelle entreprise je voulais avoir plus tard, pas quel emploi. »

En plus d’avoir cette prédisposition à exploiter une entreprise dès son jeune âge, Mme Beauvais était très proche de ses grands-parents maternels, qui étaient tous deux des habitués du fourneau. 

« Ma grand-mère et mon grand-père, ce qui était rare pour l’époque, cuisinaient beaucoup. Ils étaient cuisiniers dans des camps de bûcherons dans le nord pendant plusieurs années. J’allais souvent chez eux après l’école et la vie se déroulait dans la cuisine, autour de la table à manger. C’est à ce moment que j’ai pris goût pour la cuisine et la préparation des aliments. Mon grand-père maternel était aussi beurrier ! » s’exclame la récipiendaire du Mérite estrien. 

Des débuts modestes

Bien que son avenir semblait déjà dessiné, il fallait que Pasquale Beauvais acquière plus de connaissances et d’expérience avant de se lancer dans l’entrepreneuriat alimentaire. Après avoir travaillé pendant 12 ans au Verger le Gros Pierre, soit jusqu’à l’âge de 23 ans, elle est allée étudier l’arboriculture en Europe, question de parfaire ses aptitudes. 

« Lorsque je suis revenue, j’ai suivi un cours sur la réalisation des plans d’affaires. J’avais développé deux projets dans le cadre du cours : une entreprise de production et de vente de cerises de terre ainsi qu’une pâtisserie artisanale, explique-t-elle. Comme la deuxième a généré plus d’intérêt, j’ai commencé en faisant de la transformation d’aliments dans les vergers du coin et j’ai ensuite mis sur pied un service de plats congelés pour agents immobiliers montréalais ainsi que pour les personnes âgées. »

Après un certain temps, ses quatre fours de cuisine ne fournissaient plus à la demande et une belle opportunité s’est présentée à elle. « Les propriétaires d’une pâtisserie-boulangerie de Waterville s’en allaient dans l’Ouest pour tenter un nouveau projet. Ils ont offert de me louer leur cuisine pendant une durée de trois ans, ce que j’ai immédiatement accepté, se souvient-elle. C’est dans ces circonstances que j’ai commencé à fréquenter le marché public de North Hatley, où une personne vendait des végé-pâtés. »

Suite au départ à la retraite du vendeur de végé-pâtés, Pasquale a commencé à entretenir l’idée d’en fournir à la clientèle locale, qui en raffolait. « Ma fille n’a jamais mangé de viande et à l’époque, les produits végétariens manquaient vraiment de goût et le marché n’était pas développé comme il l’est aujourd’hui. J’en faisais donc pour elle et j’en amenais une douzaine par semaine au marché pour mes clients. »

Embûches et triomphe

Lorsque ses clients sont retournés vers Québec et Montréal après l’été, ils ont voulu continuer de se procurer les végé-pâtés de Pasquale, ce qui l’a poussée à lancer un réseau de distribution. 

« J’ai commencé à mettre sous vide des pâtés pour les envoyer à mes clients à l’extérieur. À ce moment, les gens de Waterville sont revenus et j’ai dû quitter le local. J’ai rapidement emménagé dans une ancienne fromagerie à Compton, la ville où j’ai grandi. J’avais besoin de m’acheter tout le matériel d’un coup et mes parents m’ont acheté les équipements dont j’avais besoin, ce qui m’a sauvé beaucoup de temps et de soucis. » 

Cela faisait 10 mois seulement que Pasquale était installée à Compton lorsqu’un règlement de zonage a fait en sorte qu’elle devait déménager sa production. « C’est à ce moment que le bon samaritain qui possédait la ferme sur laquelle mon entreprise était située a fait en sorte que j’obtienne un délai d’un an, qui m’a permis de me trouver un endroit convenable. »

Une fois de plus, la chance lui a souri. Un vendeur d’assurances local, Gérard Leblanc, a volé à son secours en lui offrant ses anciens locaux à un prix en dessous de sa valeur réelle. 

« J’avais maintenant une pâtisserie-boulangerie sur la rue principale à Compton. J’habitais en haut et l’entreprise fonctionnait 24 heures sur 24, sept jours sur sept. À force de travailler des semaines de 80 et 90 heures, j’ai ressenti de l’épuisement et j’ai songé à tout abandonner, confie-t-elle. J’étais mère monoparentale et je sentais que je n’étais pas assez présente pour ma fille ni pour moi-même. C’est à ce moment que Gaétane et Guylaine, deux de mes extraordinaires employées encore à ce jour, ont pris une charge de travail plus importante pour me permettre de me recentrer sur mes priorités. »

Après avoir fait un important travail d’introspection, Pasquale a décidé d’abandonner la boulangerie et de concentrer ses efforts dans la production de végé-pâtés. « J’ai vendu le commerce et j’ai été m’installer dans le motel agroalimentaire de Coaticook et le reste de l’histoire est connue de tous. On trouvait ça tellement grand quand on est arrivée, on ne pensait jamais finir par louer la presque totalité des locaux. »

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Faire parler le « personnage » du centro

Pour Kristelle Holliday, directrice générale du Théâtre des petites lanternes (TPL) depuis maintenant sept ans, la place de l’art dans une communauté n’est plus à remettre en doute. Dans le théâtre qu’elle porte, où le fourmillement d’idées s’étend des ruelles du centre-ville jusqu’aux salles de la République du Congo, on ne tente pas de s’adresser au cœur de Sherbrooke : ont préfère lui laisser la parole.

« Pour moi, l’artiste a la responsabilité d’être à l’écoute de son milieu et d’être présent pour celui-ci », partage avec passion celle qui, depuis l’an dernier, porte également le chapeau de codirectrice artistique au TPL. Notamment à travers son projet Quatre-quarts, Mme Holliday mise sur les liens sociaux, la mémoire collective et l’amour d’un quartier au profit d’un « théâtre citoyen » signé TPL et qui se veut créateur de racines.

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De l’importance d’être « au service des gens »

Qui ne connaît pas Jean Arel? Après avoir été pendant 40 ans « la voix du sport en Estrie », il poursuit sa carrière devant la caméra en tant que journaliste d’ICI Radio-Canada Estrie, ce qui fait que les Estriens peuvent aujourd’hui mettre un visage sur sa voix. Et son métier le comble toujours autant parce qu’il lui permet d’être « au service des gens ».

Car ce qui anime encore Jean Arel, même à l’aube d’un demi-siècle de carrière, c’est ce contact avec les gens. Et, dit-il, l’importance de bien faire son travail.

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Défoncer des portes

Toute première karatéka canadienne à avoir obtenu son cinquième dan en Kyokushin, France Carrier a dû défoncer bien des portes pour y arriver. Première femme à avoir atteint ce niveau dans un sport plus que sexiste, la femme de 66 ans peut se réjouir de son exploit. Aujourd’hui, elle gère cinq écoles de karaté et offre des cours aux Estriens.

« C’était vraiment quelque chose, raconte la dame qui a passé cette grande étape de sa vie en 2017. Le Japon n’acceptait pas les femmes qui voulaient passer le cinquième dan. Ça faisait près de 10 ans que je courais après André Gilbert parce qu’il fallait faire quelque chose. Ça n’avait pas de sens, j’avais des élèves de troisième dan! Il fallait faire avancer les choses, que les femmes aient leur place. Un moment donné, il m’a dit qu’il allait tout faire pour m’amener au Japon. »

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L’environnement à cœur, de Sherbrooke jusqu’à Houston

Lorsqu’il n’est pas occupé à faire de la randonnée dans les montagnes texanes ou à donner des conférences à travers le monde, l’ingénieur Carl Bernier s’occupe de sauver la planète. Le bientôt doctorant de l’Université Rice, située à Houston au Texas, entreprend en ce moment des recherches sur la vulnérabilité des réservoirs pétroliers aux conditions climatiques extrêmes.

C’est en 2012 que Carl Bernier termine son baccalauréat en génie civil à l’Université de Sherbrooke. En 2013, toujours à Sherbrooke, il amorce sa recherche de maîtrise sur la sécurité des barrages au Québec. C’est pendant un stage au Texas, à la fin de sa maîtrise, qu’il rencontre sa directrice de recherche et qu’il décide de quitter le Québec pour s’installer aux États-Unis pour y faire son doctorat à l’Université Rice. 

Au mois d’août, Carl Bernier terminera son doctorat. Il est actuellement en recherche d’emploi pour être professeur. 

Bien qu’il aimerait revenir au Québec, il pense devoir rester quelques années de plus aux États-Unis, puisque les possibilités d’emploi dans son domaine de recherche y sont plus nombreuses.  

Les priorités aux bonnes places

Pourquoi ce sujet de recherche? Pour Carl Bernier, la réponse est évidente. En 2005, l’ouragan Katrina a fait de nombreux ravages, dont plusieurs ruptures de réservoirs de pétrole. C’est plus de 26 millions de litres de pétrole qui ont été déversés dans l’environnement. 

« Il y a eu des impacts environnementaux assez importants. Après quelques recherches dans la littérature existante, on s’est rendu compte qu’il n’y avait aucune étude sur le sujet. Il y a donc un problème », souligne l’ingénieur. 

« Aux États-Unis, des réservoirs de pétrole, surtout à Houston, ce n’est pas ce qui manque, enchaîne-t-il. On a donc décidé, dans mon projet de recherche, de développer des modèles qui estiment la performance des infrastructures pétrolières lors d’un ouragan. Aussi, nous avons développé des modèles pour estimer la probabilité qu’il y ait une rupture ou un déversement lors des conditions extrêmes. On voulait savoir ce que l’on pouvait faire pour améliorer la sécurité de ces infrastructures pour éviter d’éventuels déversements. »

Pour lui, il était inconcevable de ne rien faire. Les dommages environnementaux étaient importants et il fallait agir pour éviter que de tels événements ne se reproduisent. 

Son premier objectif est d’abord d’améliorer et de changer les normes de dimensions de ces structures pour ainsi obtenir une meilleure performance dans le futur et éviter ces accidents nocifs pour l’environnement. 

L’ingénieur, très humblement, affirme que son champ de recherche est essentiel pour une société et une planète en santé. 

« Tout le monde est affecté par les ouragans. Aux États-Unis, personne n’est à l’abri. Par exemple, à Houston, l’industrie pétrolière est juste à côté. S’il y a un déversement ou un accident industriel, il y a de graves conséquences pour les gens qui habitent près, en plus des conséquences sociales, économiques et environnementales. Au Québec, c’est un peu la même chose. Personne n’est à l’abri des inondations. Il y a des infrastructures qui sont touchées par les inondations. Au niveau social, beaucoup de personnes sont affectées. »

Pour sa carrière, il souhaite continuer à faire de la recherche et se trouver un poste en tant que professeur. Car le contact avec les étudiants le captive. 

« J’aime le contact avec les étudiants. Quand on fait de la recherche seul, l’ambiance est plus monotone. Enseigner, c’est être en contact avec les autres et pouvoir échanger. Ça me permet aussi de transmettre mes connaissances et d’échanger avec les étudiants. Être capable d’adresser les problématiques des changements climatiques avec les étudiants, c’est gratifiant pour moi. »

Reconnaissance

Lors de sa carrière et de ses études, Carl Bernier a été récipiendaire de plusieurs prix de reconnaissance. 

Dernièrement, il a reçu la bourse Nettie S. Autrey, qui est très convoitée par les étudiants en sciences naturelles et en génie. Pour lui, cette bourse est une reconnaissance de toutes ses réalisations. « Ça montre que ce que je fais a un impact », admet-il fièrement.

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La chute qui a tout changé

Tout a commencé par un accident de vélo sur le Réseau des Grandes-Fourches qui a laissé Sylvain Roy au sol pendant 20 longues minutes avant que quelqu’un accepte de s’arrêter pour le secourir.

« C’était le 1er juin 1999 au matin. J’ai fait une vilaine chute à l’entrée de la passerelle de la 410, raconte-t-il. Il y a des gens qui m’ont croisé. (...) Il y a même quelqu’un qui faisait du jogging qui m’a enjambé en pointant sa montre comme pour me dire qu’il n’avait pas le temps de m’aider. C’est finalement deux jeunes du Triolet qui m’ont ramassé et qui m’ont supporté jusqu’à la rue Delorme où j’ai pu faire le 911. »

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Injecté d’images et d’histoires

La poussière retombe tranquillement sur l’exceptionnelle année que vient de traverser Jérémy Comte. Même si la tournée des festivals n’est pas encore terminée pour son court métrage Fauve — le film était d’ailleurs en lice aux Prix Iris du cinéma québécois il y a deux jours —, le réalisateur de 28 ans voit sa vie reprendre un cours un peu plus normal, après le tourbillon de sa nomination aux Oscars en février.

« La dernière année est passée tellement vite! On dirait presque un flash! Je recommence à respirer un peu plus », commente celui qui, grâce à Fauve, a rapporté des statuettes d’importants festivals internationaux (Sundance, Palm Springs, Aspen, Melbourne, Vladivostok...), tout en étant reconnu par ses pairs québécois et canadiens, entre autres lors de festivals de films à Québec, Rimouski, Saguenay, Montréal, Vancouver, Edmonton, Calgary et Toronto.

« C’est rare pour un court métrage d’avoir une vie aussi longue! » ajoute celui qui, même s’il estime avoir encore « tellement à grandir », a malgré tout commencé à « redonner », en étant porte-parole de la Course des régions en 2018 (il l’avait remportée en 2011) et membre du jury du Festival REGARD de Saguenay en mars dernier, après en avoir été lauréat.

« C’est très important d’être présent dans la communauté du cinéma. Et lorsqu’on regarde le milieu de près, on s’aperçoit qu’il n’y a pas d’âge pour percer. Orson Welles a réalisé un chef-d’œuvre à 25 ans [Citizen Kane], et d’autres, à 40 ou 50 ans. Pour mon expérience de jury, j’ai autant reçu que donné. Visionner 70 courts métrages et en débattre avec d’autres m’a fait prendre conscience de la subjectivité des émotions. Je sais maintenant qu’il ne faut pas trop s’en faire si on ne remporte pas un prix. »

N’empêche que toutes les récompenses et nominations reçues depuis 18 mois lui auront donné un formidable électrochoc pour concrétiser son premier long métrage, dont il vient de terminer l’écriture et pour lequel il part maintenant en quête de financement.

Fantaisie ancrée

Le film Fantasia de Walt Disney a été marquant dans le choix de Jérémy Comte de devenir cinéaste. Ce long métrage d’animation, réalisé en 1940 et comportant notamment des séquences expérimentales où le dessinateur tente de transformer la musique en images, a profondément marqué le petit garçon, qui regardait la cassette VHS en boucle.

« Les images et les couleurs me transportaient et me faisaient oublier tout le reste. Je pense que c’est là que le poids du cinéma s’est ancré en moi. C’est ma source fondamentale d’émotions. Ces images-là reviennent dans ma vie de façon récurrente. Lors de mon accident de moto au Ghana [il y était en repérage pour l’écriture de son premier long métrage], on m’a injecté de la kétamine, un anesthésiant hallucinogène, et j’ai vu des images et des formes semblables au film », raconte celui qui a grandi dans une famille où la créativité était fortement encouragée.

Ce sont ses expériences de théâtre au primaire qui ont été déterminantes dans son choix de carrière. « C’est là que je suis tombé amoureux du fait de raconter une histoire. Mais j’ai aussi pris conscience qu’au cinéma, c’était sans limites. Je pouvais représenter mes histoires, les écrire, les jouer ou rester derrière, lancer des messages et des émotions. Je suis quelqu’un de très visuel. Souvent, je ne trouve pas les mots pour exprimer des émotions, mais dans ma tête, j’ai une image très claire. »

Il aimerait d’ailleurs tourner des scènes de son long métrage à venir à Sherbrooke. « Parce qu’une partie de mon inspiration vient d’ici. »

Mérite estrien

Pousser comme il l’entend

Se dépasser et surpasser ses limites, non pas face à un adversaire, mais envers soi même. C’est l’attitude de l’haltérophile Nicolas Viens, qui vient tout juste de terminer au 2e rang aux championnats canadiens chez les 102 kg. Il a levé 141 kg à l’arraché et 170 kg à l’épaulé jeté.

Sa passion pour l’haltérophilie s’est développée sur le tard.

Actualités

Détresse suicidaire chez les aidants naturels

TROIS-RIVIÈRES — Les aidants naturels vivent de la détresse, c’est bien connu, en particulier ceux qui aident un proche ayant des troubles cognitifs. Ce qui est moins connu, c’est que certains de ces aidants finissent par songer au suicide.

C’est une doctorante de 4e année en psychologie de l’Université du Québec à Trois-Rivières, Audrey Teasdale-Dubé, qui a eu l’idée de se pencher sur la question. Ce sujet d’étude, une première pour le Canada, lui est venu lorsqu’elle a travaillé pour la ligne d’écoute de Prévention Suicide. «Beaucoup de personnes âgées appelaient», dit-elle.

Mérite estrien

Dr Yannick Poulin : médecin et philantrope

Le Dr Yannick Poulin est non seulement pneumologue et intensiviste dans les deux hôpitaux universitaires du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, mais il est aussi extrêmement engagé auprès de plusieurs fondations : la Fondation Claude-Durocher, la Fondation Justin-Lefebvre ainsi que Leucan. S’il est heureux de travailler tous les jours à sauver des vies à l’hôpital, c’est son travail caritatif qui le rend le plus fier.

Il faut savoir que le médecin est un homme de passions. Et une personne qui déborde d’énergie.

À l’école secondaire, le joueur de hockey a choisi de se diriger vers la médecine parce qu’il avait des intérêts vers plusieurs sujets. «La médecine permettait de garder des portes ouvertes; elles ne fermaient rien», se souvient-il.

Aujourd’hui à 40 ans, il ne changerait rien à son parcours; il adore la médecine, tout ce qu’elle lui apporte et tout ce qu’elle permet d’offrir à ceux qu’il soigne. Même si le métier demande un grand investissement. «J’adore la pneumologie et les soins intensifs; ça amène un grand dépassement de soi», souligne-t-il.

«Mais ce n’est pas ça l’essentiel. Ce qui me rend le plus fier, ce qui est le plus important encore pour moi, ce sont mes différents projets de philanthropie», précise le Dr Poulin.

Yannick Poulin est en effet l’instigateur de deux projets qui sont devenus des incontournables dans le paysage caritatif estrien, soit la Fondation Justin-Lefebvre qui vient supporter des familles dans le besoin en offrant des équipements sportifs et scolaires tout en encourageant le don d’organes, et Les Vins de Sophie, un événement annuel qui permet de récolter des fonds pour Leucan, la Fondation Claude-Durocher et la Fondation Justin-Lefebvre.

«Je suis une personne qui a beaucoup d’énergie, et ces différents projets permettent de la canaliser, d’occuper mon esprit», précise-t-il.

Cette passion pour ces nobles causes a commencé quand la jeune fille d’un collègue a reçu un diagnostic du cancer de l’ovaire. «Même si on est médecin, on se rend compte alors que la maladie peut nous toucher, nous ou les gens très proches de nous», se rappelle-t-il.

Quand la jeune fille a été déclarée guérie après ses cinq années de rémission, sa grande sœur a décidé de faire raser ses cheveux pour amasser des dons pour Leucan.

«Je me suis dit qu’elle ne pouvait pas se faire couper les cheveux pour 1000 $ avec tous les contacts que j’avais», dit-il.

Il a donc décidé d’organiser une soirée, les Vins de Sophie, où les gens pourraient bien manger et boire du bon vin pour un certain prix d’entrée. «L’objectif, c’était de faire un profit plus grand que 0», dit-il.

Mais l’événement a été un succès. «On a amassé 14 000 $ pour les cheveux de la grande sœur», se réjouit-il.

Les années ont passé. Des amis se sont joints à lui. Se sont appropriés la cause au même titre que lui. Après sept éditions, les Vins de Sophie ont permis d’amasser plus de 400 000 $ pour les causes qui lui tiennent à cœur.

«Maintenant, nous donnons l’argent pour gâter des enfants malades; nous envoyons des familles à Walt Disney. C’est le genre de cause qui me plait, parce que les gens peuvent voir où s’en va leur argent», dit-il.

La Fondation Claude-Durocher s’adresse aux personnes atteintes de cancer dont la situation financière est critique ou s’est grandement détériorée à cause de la maladie. «Ça aussi, c’est une cause concrète; on sait dans quoi va l’argent.»

Et enfin, le Beauceron d’origine a participé à la mise sur pied de la Fondation Justin-Lefebvre, une toute jeune fondation créée pour rendre hommage au petit Justin qui s’est noyé en juin 2017. «Justin était le meilleur ami de mon fils Elliot. Mon garçon était tellement habitué de me voir participer à toutes sortes de fondations que quand Justin est mort, il m’a dit qu’il fallait faire une fondation pour son ami. L’idée est partie de là», raconte le Dr Poulin, qui est aussi très bien entouré dans cette fondation.

Si la fondation a pour mission d’aider les enfants, elle vise aussi à soutenir le don d’organes – un précieux don que Justin a pu faire au moment de sa mort.

«Le don d’organes est une autre cause qui m’interpelle, car je suis impliqué dans le don d’organes à cause de mon travail aux soins intensifs», dit-il.

«En deux ans à la Fondation Justin-Lefebvre, nous avons amassé presque 200 000 $», ajoute-t-il.

S’engager dans toutes ces causes, travailler aux soins intensifs auprès de patients extrêmement malades, faire de multiples gardes de soir, de nuit et de fin de semaine, être le père de deux garçons de 9 ans et bientôt 1 an, voilà qui pourrait paraître impossible à tout concilier. Mais pas pour Yannick Poulin.

«J’ai de la chance; j’ai beaucoup d’énergie, je n’ai pas besoin de beaucoup de sommeil, et je dois occuper mon esprit. Je suis content que mon implication puisse faire une différence pour des gens près de chez nous», conclut-il.

REPÈRES:

– Originaire de Saint-Georges-de-Beauce

– Diplômé en pneumologie de l’Université de Sherbrooke

– Surspécialisé en soins intensifs et en ventilation mécanique après une formation à l’Hôpital Henri-Mondor de Paris

– Conjoint de Laurence Guay, gastroentérologue au CIUSSS de l’Estrie-CHUS

– Père de deux garçons, Elliot, 9 ans, et Isaac, 9 mois

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Dany Marcotte : au-delà du devoir

La passion que Dany Marcotte a développée à un jeune âge pour l’organisation d’évènements l’a amené à devenir un des bénévoles dévoués de l’Estrie. En plus de s’impliquer dans une multitude d’évènements sportifs, il fait vivre des projets rassembleurs et enrichissants à ses élèves dans le but de leur faire découvrir leur vrai potentiel.

Que ce soit à la Fête du lac des Nations, à la Coupe Rogers, aux Jeux olympiques d’hiver de Vancouver ou aux Jeux du Québec et du Canada, Dany Marcotte répond toujours présent lorsqu’il est temps de trouver des bénévoles prêts à investir un nombre incalculable d’heures dans la préparation d’un évènement. Il le fait car il apprécie l’ambiance festive de ces évènements, mais aussi par passion pour l’organisation, ce qu’il a développé dès l’âge de 15 ans.

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Mettre en lumière la petite histoire

Après plus de 15 années à œuvrer bénévolement et à temps plein dans l’ombre, Denis Beaulieu est bien malgré lui projeté sous les feux de la rampe ce printemps.

Coup sur coup, il reçoit le Prix La Tribune de la Société d’histoire de Sherbrooke, le Mérite estrien, le Prix Renaud-Brochu de la Fédération québécoise des sociétés de généalogie du Québec et la Médaille d’argent du lieutenant-gouverneur du Québec.

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Félix Potvin sur l’autoroute de l’excellence

Rien ne destinait Félix Potvin vers le coaching au hockey, le sport qui l’a fait connaître lors de sa longue carrière sous la grande tente et qui a pris fin avec le lock-out de la Ligue nationale en 2004-2005. Pourtant, aujourd’hui, sa notoriété va d’un océan à l’autre avec ses succès à la barre des Cantonniers de Magog qu’il vient de conduire deux années de suite à la grande finale canadienne midget AAA, un exploit rarissime considérant le fait que tout près de 150 équipes midget AAA ont cet objectif dans leur mire chaque automne quand une nouvelle saison de hockey prend son envol.

C’est un coup de fil de Stéphan Lebeau, alors entraîneur à Magog, avant la saison 2007-2008, qui l’a amené à se joindre à la famille des Cantonniers. « Stéphan m’a demandé de prendre charge des gardiens de but. Je n’avais pas vu ça venir. Il a essuyé un premier refus, mais je suis revenu sur ma décision. J’ai adoré l’expérience, le contact avec ces adolescents, et je me suis dit que je voulais donner plus », raconte l’homme le plus populaire en ville à Magog.

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L’Amazon du pneu

Lorsqu’on passe devant PMCtire sur la rue King Est, on ne se doute pas que l’entreprise est l’une des références technologiques à Sherbrooke en plus de brasser des millions de dollars par année dans le domaine émergent de la vente de pneus en ligne. Pourtant c’est bel et bien le cas pour PMCtire qui a connu une croissance phénoménale depuis ses débuts en 2008.

L’entreprise, qui vend plusieurs dizaines de milliers de pneus et de roues chaque année partout au Canada, a été fondée un peu sur un coup de tête par Pascal Boutin et Yannick Plante.

« Il n’y avait pas de site web pour la vente de pneus et on s’est dit qu’on pouvait démarrer ça, explique Yannick Plante, qui est aujourd’hui vice-président opération. À ma fête de 30 ans, Pascal m’a annoncé qu’il avait lâché son emploi pour se lancer dans le web et ç’a adonné. »

« Finalement, c’était l’année où les pneus d’hiver sont devenus obligatoires donc le commerce a vraiment décollé, souligne Pascal Boutin, président. Les ventes ont été bonnes dès le départ. On était chacun chez nous et je suis devenu vendeur de pneus. Je ne connaissais rien dans le domaine. »

L’idée était bonne et la croissance est telle pour l’entreprise sherbrookoise qu’elle a déjà déménagé à six reprises depuis sa création en 2008.

En 2012, les demandes s’accumulaient pour l’installation de pneus pour la clientèle de l’Estrie. C’est à ce moment que Patrick Jutras s’est joint à l’aventure en tant que spécialiste en mécanique. PMC mécanique était né.

« Quand on a ouvert, on avait deux portes de garage, mais trois semaines après il en a fallu une troisième, lance Patrick Jutras. En ce moment on est à six portes. » 

Ce fut ensuite au tour de Benoit St-André, vice-président technologies de PMCtire, de se greffer à l’équipe. Il a été instrumental pour gérer la croissance rapide.

« Lorsqu’on commence un commerce en ligne, ça va bien, mentionne-t-il. On n’a pas beaucoup de produits. Il y a beaucoup d’entreprises qui ne survivent pas, pas à cause qu’elles n’ont pas un bon modèle d’affaires, mais parce qu’elles ne sont pas capables d’absorber la croissance. Nous on est capables d’ajouter des gammes de produits et de continuer à satisfaire le client malgré le fait que notre volume continue d’augmenter. On a pratiquement doublé notre chiffre d’affaires depuis 2015. »

La référence

Même si le premier réflexe des gens qui désirent s’acheter des pneus n’est pas nécessairement de regarder en ligne, la vente des pneus y augmente d’année en année.

« Quand on a commencé la vente de pneus en ligne, c’était 1 % ou 2 %, et ce qu’on a eu comme dernières données, c’est 7 % des achats pour les pneus et les roues qui sont faits en ligne, explique Yannick Plante. En Europe, ça monte à 12-14 %. On a des pneus pour faire de la course, on a des pneus très larges pour la boue. On a 26 marques de pneus, dont plusieurs exclusives. On a en ce moment 88 000 produits différents sur notre site web. » 

« Ce qui nous a démarqués dès le début, c’est la création de contenus, souligne Pascal Boutin. On créait beaucoup de contenu informatif pour orienter le client et l’aider. On a une évaluation des produits aussi. Ils sont tous évalués de façon impartiale sans prioriser une marque. »

Les particuliers constituent le gros de la clientèle de l’entreprise, mais près de 400 garages affiliés à travers le Canada acceptent aussi la livraison. PMCtire est également l’un des rares garages spécialisés dans la réparation de véhicules électriques. L’entreprise fait donc, sans faire de vague, rayonner Sherbrooke à travers le Québec et même d’un océan à l’autre.

REPÈRES

PMCtire a été fondée par Pascal Boutin et Yannick Plante en 2008

Patrick Jutras et Benoît St-André ont joint le groupe de proprios ensuite

PMCtire effectue la vente en ligne de pneus

Vente auprès de particuliers et de quelque 400 garages

Mérite estrien

Annie Lessard : la vie en mille projets

Les engagements qu’elle prend en dehors des heures de bureau, Annie Lessard ne les a jamais considérés comme du bénévolat, mais plutôt comme des projets. Une possibilité d’aider, de rencontre des gens, de mettre son expertise à profit d’autrui.

« Quand on m’a contactée pour le Mérite estrien, j’ai cru que c’était une erreur », lance celle qui pourtant accumule les années d’implication au sein de la communauté d’affaires de la région.

Mérite estrien

Lutter pour les femmes en physique

Pourquoi est-ce que les femmes s’intéressent moins aux sciences — et particulièrement à la physique — lorsque le temps est venu de choisir leur domaine d’études? C’est la question que se sont posée Sophie Rochette, Maude Lizaire et Marie-Eve Boulanger, toutes étudiantes en physique à l’Université de Sherbrooke. À quelques mois d’avis, elles ont donc décidé d’organiser la prestigieuse conférence annuelle Femme en physique Canada.

« Le problème, c’est la sous-représentation des femmes et d’autres minorités en physique, indique Sophie Rochette. La problématique, c’est que ce sont des emplois très stimulants, souvent très payants, mais peu de femmes y ont accès, malheureusement. On sait que la diversité en général augmente la réussite en recherche. Ça augmente la créativité, les idées et l’applicabilité des choses qui sont développées. »

« Il y a plusieurs préjugés, enchaîne Marie-Eve Boulanger. On entre dans le monde de la physique. Les gens disent que c’est difficile, que ce sont des mathématiques, qu’il y a beaucoup de garçons. Quand le choix de carrière arrive, on dit que la physique est difficile, donc la jeune femme ne va pas là-dedans. Pourtant, elles ont tout le potentiel pour réussir, mais peuvent être découragées même avant d’être entrées dans le programme. Après, les femmes réussissent à entrer, mais vivent des embûches. Elles cherchent des modèles. Plus tu montes, moins il en reste. Quand tu es la dernière, tu peux te poser la question “qu’est-ce que je fais ici?” »

La conférence

La conférence Femme en physique Canada existe depuis 2011 et n’avait jamais été présentée au Québec auparavant « C’était un concours. Il fallait créer notre dossier de candidature pour appliquer et pouvoir accueillir la conférence. On avait sept mois pour l’organiser. On n’a pas chômé! » assure Mme Boulanger en souriant. 

« C’est une conférence de grande envergure, renchérit Mme Lizaire. On avait un budget de 60 000 $ et 150 invités. Si on enlève le coût des inscriptions, on est allées chercher plus de 40 000 $ en six mois », dit-elle.

De plus, à mesure que l’événement approchait, plus les mentalités changeaient, une situation plaisante pour Maude Lizaire. « Au début, les gens appelaient ça “notre truc de filles”. On leur disait : non, l’événement national! On a eu de grosses pointures. Ça a permis de nous donner de la crédibilité », décrit-elle.

La tenue de la conférence Femme en physique Canada a été « extrêmement gratifiante » pour les trois femmes. « Les participants nous disaient que c’était la meilleure conférence et la moins chère à laquelle ils avaient assisté, affirme Mme Lizaire. Les conférencières venaient nous voir en nous disant que c’était un honneur de recevoir une aussi belle lettre d’invitation. Mais derrière chaque lettre, il y avait des heures de travail! Et on faisait tout ça en continuant nos maîtrises ou doctorat! » ajoute Marie-Eve Boulanger.

Des gens au département ont même eu une prise de conscience grâce à cette conférence « Et elle a fait du bien, commente Maude Lizaire. On a senti qu’au département, il y a le sentiment d’urgence qu’on peut ressentir. C’est sérieux. C’est plus simple pour le domaine de la physique en général que d’ouvrir ses yeux à cette question. »

Les hautes instances vont même demander conseil à ce trio. « Maintenant, la direction et les professeurs viennent nous chercher pour trouver des solutions. Le département et l’Université veulent agir. En ce moment, il y a une vague de changement. Ça fait du bien, c’est plaisant, mais il ne faut pas qu’elle s’essouffle », résume Sophie Rochette.

Mérite estrien

Guy Lacombe : un pilier de la gériatrie au Québec

Guy Lacombe est tombé amoureux de la médecine clinique dès ses premiers pas à la faculté. Très tôt aussi, il a trouvé la voie qu’il allait suivre tout au long de sa carrière à la fois passionnante, stimulante et équilibrée : celle de la gériatrie, les soins aux personnes âgées. Dès le départ, il a développé une expertise dans les maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer.

Le Dr Lacombe a été le tout premier résident en gériatrie du programme de médecine interne de l’Université de Sherbrooke, en 1982. Son intérêt s’est porté sur le vieillissement du cerveau. « Très tôt dans ma vie, j’ai vu des gens vivre vieux : mes arrière-grands-tantes ont toutes vécu jusqu’à plus de 90 ans! J’ai vu que le vieillissement, ça peut être réussi », soutient le médecin interniste et gériatre.

Mérite estrien

Un côté sombre de l’histoire canadienne

Associé à l’Institut Wilson de l’histoire canadienne, le professeur David Webster porte un regard élargi sur l’histoire du Canada en ne se limitant pas à ce qui s’est passé à l’intérieur de ses frontières. Pour bien comprendre le Canada, fait valoir le professeur associé au département d’histoire de l’Université Bishop’s, il faut aussi l’observer à travers ses implications internationales. Même si ces implications ne sont pas toujours glorieuses.

David Webster a enseigné un peu partout en Amérique du Nord, notamment à San Francisco, Regina et Toronto, avant de s’arrêter dans les Cantons-de-l’Est en 2012. L’historien s’est forgé à travers les années une réputation d’expert dans le domaine des relations internationales entre le Canada et les pays asiatiques. Il a d’ailleurs écrit ou contribué à la publication de 12 ouvrages portant sur ces relations.

Par son travail, David Webster fait partie de la courte liste d’historiens qui ont reçu le titre d’associé au prestigieux Institut Wilson de l’histoire canadienne pour la période 2017-2020. 

« L’institut vise une approche de l’histoire canadienne à laquelle j’adhère, explique-t-il. On ne peut pas comprendre l’histoire du Canada si l’on s’arrête à ses frontières. L’histoire canadienne est aussi l’histoire internationale. »

Timor oriental

David Webster s’est spécialisé au fil du temps sur un tout petit pays dont peu de gens connaissent même l’existence : le Timor oriental. Il a d’ailleurs déjà publié à ce sujet le livre Fire and the Full Moon : Canada and Indonesia in a Decolonizing World et est en révision d’un autre, Challenge the Wind : Canada, Canadians and East Timor, qui devrait être publié d’ici la fin de l’année.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le Canada ne joue pas le rôle de héros dans cette histoire.

Colonie portugaise pendant plusieurs siècles, le Timor oriental a été envahi par les forces armées indonésiennes en 1975. Les crimes de guerre ont été nombreux pendant l’occupation indonésienne qui aura duré 24 ans. On estime à au moins 100 000, le nombre de décès chez la population du Timor oriental avant qu’elle obtienne officiellement son indépendance en 2002.

« Avant d’envahir, le général Suharto est venu à Washington et Ottawa pour informer qu’il allait régler la situation du Timor oriental en l’annexant, souligne David Webster. À aucun moment le Canada ne s’est opposé. L’invasion s’est déroulée durant la fin de semaine, et le lundi matin, quelqu’un aux affaires externes a déclaré que c’était dommage que des gens allaient mourir, mais que la seule solution envisageable pour le Timor oriental est d’être une partie de l’Indonésie. Et puis pour 23 des 24 années de l’occupation indonésienne, le gouvernement canadien a dit que la situation du Timor oriental était sans espoir et que le Canada ne pouvait rien faire. Le Canada a donné du support diplomatique à l’Indonésie et a voté en faveur de l’Indonésie aux Nations-Unis concernant ce conflit. Le Canada a même vendu des armes et de l’équipement militaire à l’Indonésie. Les forces armées indonésiennes avaient ciblé en particulier les communautés indigènes. Il y a eu toutes sortes de crimes contre les femmes et les enfants, de la torture, des exécutions, etc. ».

David Webster n’hésite pas à comparer ce que le Canada a fait ou permis à l’Indonésie de faire au Timor oriental avec le traitement réservé aux autochtones ici en Amérique.

« Il y a eu des vols d’enfants de leur famille pour les amener en Indonésie, explique-t-il. Le Canada continue à vendre des armes à travers le monde à plusieurs régimes dangereux. L’Arabie saoudite est l’exemple parfait. Justin Trudeau va dire les bonnes choses, mais ne les fera pas nécessairement. Il va dire que le Canada se tient debout pour les droits humains, mais il ne s’est jamais excusé pour ce que le Canada a fait au Timor oriental et il ne le fera pas. »

« Le Canada a souvent tendance dans ses échanges avec d’autres pays à vouloir enseigner quelque chose, résume-t-il. Il y a encore cette attitude de missionnaire où le Canada pense avoir beaucoup à enseigner, mais peu à apprendre. Mais en fait le Canada a beaucoup à apprendre d’autres pays. Il y a tellement de similarités particulièrement dans le traitement des peuples indigènes dans différents pays. Nous pouvons en apprendre beaucoup en ne nous limitant pas à nos frontières. »