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L’école pour apprendre sur soi-même

C’est le monde à l’envers dans la classe de Sylvain Lévesque, à l’école Hamelin de Wotton. Alors que la technologie est utilisée pour tout sauf se distraire, et que ce sont les élèves qui assimilent la matière à la maison avant de l’expliquer au professeur, ce sur quoi on apprend le plus, c’est sur soi-même.

Le cursus des élèves de cinquième et de sixième année de M. Lévesque est rempli de projets : livres, vidéoclips, films, capsules d’apprentissages, culture de maïs-bénéfice... Tout ça dans le cadre d’une classe « semi-inversée », et bien ancrée dans sa communauté. La clé? « Une énergie contagieuse et beaucoup de flexibilité », explique l’enseignant de 44 ans, qui a toujours eu de grandes ambitions pour ses élèves.

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La ruche comme un lieu de rapprochements

L’apiculture pour rapprocher les gens et promouvoir les bonnes pratiques environnementales. Voilà comment on pourrait résumer l’essence même du Rucher boltonnois, un organisme à but non lucratif (OBNL) à la tête duquel on retrouve le conseiller municipal Alain Déry.

M. Déry a grandi dans un environnement fait en grande partie de béton et d’asphalte dans le quartier Ahuntsic, à Montréal. Mais il a rapidement eu une attirance pour la campagne, ce qui l’a un jour amené à acquérir un terrain en bordure du lac Nick, à Bolton-Est.

Sur ce terrain, le lauréat du Mérite estrien s’est construit une maison avec sa conjointe il y a sept ans. Et il s’est par la suite peu à peu intégré à son milieu d’adoption, lequel profite de son esprit d’entrepreneuriat.

Le Rucher boltonnois était à l’origine une initiative qui avait pour objectif d’inciter le public à cesser l’utilisation des pesticides. Mais le projet a pris une ampleur inattendue au grand bonheur de plusieurs.

« Je me disais au départ qu’en lançant un projet d’apiculture communautaire, on pourrait sensibiliser les gens à l’impact des pesticides étant donné que ce genre de produits sont nuisibles pour les abeilles », confie Alain Déry, un ancien entrepreneur dans le secteur des technologies de l’information et des communications.

Le président et directeur général du Rucher boltonnois ne prétend pas être un grand maître de l’apiculture depuis des lustres. N’empêche, il a suivi des cours et effectué des stages reliés à ce secteur d’activité, ce qui d’emblée faisait de lui une personne-ressource de premier choix pour superviser un projet semblable.

Le lancement des activités du projet J’Adopte une ruche a eu lieu en 2017. Cette année-là, 17 familles ont été initiées à l’apiculture et ont participé aux inspections de ruches tenues toutes les semaines. Les participants prennent également part à la récolte et obtiennent une partie du miel produit.

En 2018, le projet J’adopte une ruche regroupait déjà 54 « familles d’adoption » et comptait autant de ruches. Six ruchers sont alors créés dans trois villages, en l’occurrence Bolton-Est, Austin et Saint-Étienne-de-Bolton.

Toujours en 2018, le Rucher Boltonnois s’est impliqué avec l’entreprise Les Jardins VG dans la mise sur pied d’un marché public à Bolton-Est. L’organisme « a pris en charge les volets de promotion et de gestion ». Ce second projet n’a cessé de prendre de l’ampleur, si bien qu’il a même une composante hivernale en décembre désormais.

« On a misé sur le sociofinancement pour trouver des sous pour le marché public. On a vu que la population tenait à cette initiative, aussi supportée par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec. Les gens en ont d’ailleurs fait un succès par la suite », note M. Déry.

Selon Alain Déry, les participants à J’Adopte une ruche rêvent parfois de sauver les abeilles. Le président de l’OBNL remet toutefois les choses en perspective en notant que le Rucher boltonnois n’a évidemment pas les moyens d’accomplir une tâche si colossale, malgré qu’il réalise de « grands projets, une goutte de nectar à la fois ».

« Le succès de notre organisme s’explique également par le fait que les abeilles fascinent les gens. C’est une fascination qui remonte aux Égyptiens alors ce n’est pas d’hier. Et puis, parmi les autres éléments qui plaisent aux participants, il y a le fait qu’on sort en plein air et qu’on rassemble un beau groupe. »

M. Déry estime d’ailleurs que le Rucher boltonnois contribue à rapprocher les gens de Bolton-Est, qui sont éparpillés sur un territoire relativement large. « On a recréé un perron d’église. Des nouveaux réseaux d’amis se sont créés. Il y a des bienfaits sur la vie de groupe autrement dit », illustre-t-il, tout en mentionnant que l’OBNL compte 170 membres au total.

Toujours à l’affût des opportunités, Alain Déry et ses collaborateurs mijotent maintenant l’achat d’un bâtiment municipal pour offrir une adresse stable au Rucher boltonnois. La transaction est d’une valeur 285 000 $ et semble déjà assurée. Comme quoi il est possible de réaliser des choses étonnantes dans de petits milieux quand efforts et passion sont au rendez-vous.

Repères

- Âgé de 61 ans;

- Originaire de Montréal;

- Conseiller municipal à Bolton-Est;

- Président et directeur général du Rucher boltonnois;

- Ancien entrepreneur.

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Donneuse de voix

Pour Nadia Fortin, le cinéma est une façon de donner une voix à ceux et celles qu’on entend peu. Pour elle, aucun sujet n’est tabou. L’important est d’offrir une « passerelle de communication » à des personnes qui ont une vie particulière ou traversent des épreuves hors du commun. Et on peut dire qu’avec son court métrage Rouge D 4 Femme, qui fait sortir de l’ombre Josée Delorme (une dame de 49 ans vivant avec la paralysie cérébrale), sa démarche comme cinéaste a pris tout son sens.

« J’ai aussi besoin de la fiction dans mon travail de réalisatrice, mais j’aime le côté humain du documentaire. Ce sont de plus petites équipes, ce qui nous permet de suivre les personnes à plus long terme (un peu plus de cinq ans pour Rouge D 4 Femme). Il faut de la patience, mais ça ne me dérange pas, car mon sujet s’intègre à ma vie. Aujourd’hui, j’ai un vécu avec Josée. »

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Agents de changement

En travaillant sur la nouvelle cour de l’école LaRocque, Julie Bernard et Patrick Chabot n’ont pas que mis un peu de verdure dans une oasis d’asphalte. En plantant des arbres aux abords de l’école et en y aménageant une surface gazonnée avec tous les artisans du projet, le couple souhaite semer les graines du changement, celles qui nous permettront de penser les choses — dont nos cours d’école — différemment.

La réalisation de la cure de rajeunissement a été un travail de longue haleine, qui s’est étiré sur environ cinq ans. L’une des premières étapes a été la fermeture de la rue Mère-Teresa par la Ville de Sherbrooke, qui donne juste devant l’église Immaculée-Conception-de-la-Très-Sainte-Vierge-Marie; l’endroit est ainsi devenu un espace vert.

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Avec les jeunes depuis 31 ans

Depuis 31 ans, Stephan Cyr s’occupe des jeunes du quartier Ascot avec la même passion. D’abord animateur et à la comptabilité, il occupe aujourd’hui la direction de la maison des jeunes Le Flash.

« J’ai toujours vécu dans le quartier Ascot, raconte M. Cyr. Vers 17 ans, je me suis tenu au Spot Jeunesse sur la rue Saint-Louis. Après, j’ai entendu dire qu’il y avait une maison plus près de chez moi. J’ai grandi dans le quartier Chagnon-Goyette-Ledoux, qui était connu comme le ghetto de Sherbrooke. C’était appelé le Bronx de Sherbrooke. »

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Né pour les affaires

Patrick Pinard a eu la chance d’avoir un père qui a réussi en affaires et qui lui a ouvert des portes. Mais n’allez pas croire qu’il est devenu entrepreneur simplement pour suivre le modèle paternel. Non, car il croit que s’il n’avait pas marché dans les pas de son père dans le domaine de l’alimentation, il aurait malgré tout aspiré à diriger une entreprise.

« Je pense qu’on naît entrepreneur. Ça ne s’apprend pas. C’est une chose que tu as dans le sang ou non. Même si mon père ne m’avait pas précédé, je serais en affaires aujourd’hui. Peut-être dans un autre domaine, mais j’aurais une entreprise », assure M. Pinard.

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Un passionné avec trois Coupes Stanley

Du hockey, Luc Gauthier en mange. Le Sherbrookois n’a jamais été repêché dans la LNH. Ce qui ne l’a pas empêché de devenir capitaine du club-école du Canadien de Montréal. Ou de disputer trois parties avec le Tricolore. Ou encore d’avoir occupé le poste d’assistant-entraîneur de la filiale du CH dans la Ligue américaine. Pour une 23e année de suite, il parcourt aujourd’hui les arénas à la recherche de talent en étant recruteur dans la LNH... et possède trois bagues de la Coupe Stanley. Tout cela grâce à sa passion.

« J’ai grandi à Longueuil et j’ai commencé à jouer au hockey à cinq ans. J’ai toujours rêvé de jouer dans la LNH, mais c’est sous les ordres de Jacques Lemaire, avec les Chevaliers de Longueuil dans le junior majeur, que j’ai senti que c’était possible d’atteindre mon rêve. Mon plus beau souvenir est d’ailleurs notre participation en finale de la LHJMQ dans un Forum plein à craquer lors de notre saison d’expansion. Pour un petit gars de Longueuil qui regardait la Soirée du hockey le samedi soir, se retrouver une dizaine d’années plus tard sur la ligne bleue du Forum, c’était un moment incroyable. »

Invité par le Canadien de Montréal, le défenseur a ensuite paraphé une entente avec l’équipe de son enfance.

« Je me suis établi en tant que hockeyeur professionnel en jouant d’abord dans la Ligue internationale et ensuite dans la Ligue américaine à Sherbrooke. Je n’ai pas beaucoup joué de matchs dans la LNH : trois. J’ai par contre disputé près de 600 parties dans la Ligue américaine. Donc je n’avais jamais osé dire que j’avais joué dans la Ligue nationale. Jusqu’au jour où ma femme m’a rappelé que j’avais tout de même disputé trois matchs de plus dans la LNH que bien du monde. Depuis ce jour-là, je n’hésite pas à le dire. Je suis très fier de ma carrière. En étant capitaine du club-école, je sentais que j’avais une implication dans l’organisation. »

De joueur à entraîneur

Après sa carrière de hockeyeur, le Tricolore lui a offert le rôle d’assistant-entraîneur à Fredericton, poste qu’il a occupé de 1993 à 1997.

« Pour moi, c’était une décision naturelle. Même si je venais de connaître ma meilleure saison dans la Ligue américaine et que je n’étais pas blessé, le Canadien m’offrait la chance de continuer de jouer ou d’aller derrière le banc. J’étais encore sous contrat, mais l’organisation cherchait un assistant-entraîneur à Fredericton. Je me suis dit que si le train passait, il fallait que je saute dedans. »

Une décision d’affaires prise par le Canadien a mené à son départ. Après une vague de congédiements et une entente avec les Kings de Los Angeles, ces derniers pouvaient envoyer six de leurs meilleurs joueurs de ligue mineure à Fredericton et ils avaient l’option de choisir un nouvel entraîneur adjoint.

« J’ai alors obtenu la permission de parler avec d’autres équipes. Quelques jours plus tard, les Predators de Nashville m’ont approché pour devenir recruteur en 1997. »

À la base du succès

Après huit ans chez les Predators et trois saisons avec l’Avalanche du Colorado, une belle histoire d’amour est née en 2008 entre Luc Gauthier les Penguins de Pittsburgh, équipe avec laquelle il a soulevé trois Coupes Stanley. 

« Avec les Penguins, j’obtiens une belle reconnaissance. Je suis dans une organisation de première classe. Tout comme avec les autres équipes pour lesquelles j’ai travaillé d’ailleurs. Bien souvent, le recruteur n’est toutefois pas reconnu à sa juste valeur. On est la base d’une organisation. Oui, on se trompe parfois. À long terme, c’est facile de juger notre choix au repêchage quand ça fait cinq ans que le joueur a été repêché. Avoir une boule de cristal, on ne ferait pas d’erreur. »

Ce qui le motive le plus dans son travail?

« Le défi de trouver la perle rare et de repérer le talent grâce à mes critères. Il n’y a pas de livre ou de cours qui nous apprend ce travail. Je m’attarde évidemment beaucoup au talent des joueurs, mais aussi à leur vie à l’extérieur de l’aréna. Leur personnalité, c’est 40 % de mon évaluation. Je crois beaucoup à cette partie-là. »

Luc Gauthier confie que recruter n’est pas un métier différent d’un autre.

« Étant passionné, ça ne me dérange pas de partir une semaine sur la route. J’ai parfois l’impression de travailler quand je suis en déplacement, en auto ou en avion, mais ce n’est pas grave : une fois que j’entre dans l’aréna, je ne me crois pas au travail. C’est vrai, l’hiver j’étais moins souvent avec ma famille, mais je me reprenais l’été. Ça faisait tout de même un bel équilibre. »

Le fruit de tout ce travail : trois Coupes Stanley avec les Penguins, entouré de Sidney Crosby et du propriétaire Mario Lemieux.

« J’étais sur place quand on a gagné. C’était l’euphorie. Tout le monde était épuisé, mais fier. Chaque conquête de la Coupe Stanley a la même valeur à mes yeux. »

Dans ses temps libres, Luc Gauthier offre désormais aux jeunes des conférences sur la persévérance. Un ingrédient important dans la recette de son succès.

« Quand j’étais enfant, je rêvais peut-être de jouer dans la LNH, mais je voulais aussi gagner une Coupe Stanley. Je n’y suis pas parvenu comme joueur. Je l’ai toutefois vécu différemment. C’était quand même incroyable. En tant que joueur, ça doit être encore plus hallucinant. J’ai contribué à ce succès avec les Penguins, mais le gros du travail, c’est le joueur qui l’a fait. Je me sens tout de même privilégié. Je gagne ma vie grâce à ma passion. Je ne peux pas demander mieux. »

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Du cœur à l’ouvrage

MÉRITE ESTRIEN / C’est respectivement comme étudiant et professeur à l’Université de Sherbrooke que les docteurs Étienne Couture et Benoit Daneault se sont connus, il y a quelques années, avant que le désir de perfectionnement n’appelle ailleurs le Dr Couture. Même s’ils sont chaque jour impliqués dans de petits et grands miracles, ils n’auraient pas pu s’imaginer que dès leur deuxième semaine de réunion à l’Hôpital Fleurimont, les deux amis performeraient ensemble dans une intervention jamais réalisée dans leur établissement, laquelle permettrait à Gilles Bibeau d’échapper à la mort qu’on lui avait prédit.

Liés par leur passion et leur dévouement pour la cardiologie d’intervention, les Drs Couture et Daneault se décrivent comme perfectionnistes; discipline oblige. Leur carburant : faire une réelle différence.  

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« En cardiologie, il y a beaucoup d’actions, de réactions et de prises de décision dans des situations urgentes, explique le Dr Couture, qui a été séduit par l’ampleur du défi. On doit prendre des décisions de façon importante. Puis, en même temps, on a un contact assez privilégié avec les patients. »

« On arrive à se lier dans des relations patient-médecin sur du long terme, complète le Dr Daneault. Parfois, on n’a malheureusement pas autant d’impact qu’on voudrait, mais parfois, on va faire une différence significative. C’est très gratifiant dans la pratique de la médecine. J’ai d’ailleurs choisi la cardiologie parce que selon moi, c’était la spécialité qui avait la meilleure balance entre les interventions et les relations médecin-patient. Puis le stress est très stimulant. »

Non seulement les Drs Couture et Daneault prennent-ils chaque jour soin de l’organe le plus lyrique du corps humain, mais ils ont en plus choisi de devenir maîtres dans l’art de le soigner… à bout de bras. Équipés d’un long mais tout petit cathéter, les cardiologues d’intervention naviguent méticuleusement dans les vaisseaux pour atteindre les cœurs en détresse. 

Pour développer un tel talent, ils ont été accueillis chez les plus grands. Le Dr Couture a étudié à Ottawa et à Paris, tandis que le Dr Daneault a réalisé son fellowship à New York.

« Une des choses qui m’a attiré dans la cardiologie d’intervention, c’est le travail d’équipe », avance le Dr Couture, qui assure que sans les efforts concertés de l’ensemble de ses collègues et de l’administration du centre hospitalier, le dénouement du cas de M. Bibeau aurait pu être fort différent. 

Sauvé par la spécialisation

En décembre 2019, La Tribune racontait l’histoire de Gilles Bibeau, 76 ans. Le 8 novembre, celui-ci était passé d’une virée en forêt à un coma artificiel en l’espace d’une journée après que sa valve mitrale eut déchiré subitement. Sa femme et ses deux fils avaient passé un week-end à ses côtés, pendant lequel on leur avait annoncé qu’il était impossible d’opérer une troisième fois M. Bibeau, et de ce fait, le sauver. 

C’est alors que le Dr Couture amorçait sa deuxième semaine à l’Hôpital Fleurimont, et sa première journée en tant que chef de l’unité de soins coronariens, qu’il a réalisé que le patient se qualifiait à merveille pour une intervention complexe et non invasive qu’il avait réalisée trois fois en carrière : la valve-in-valve. 

« Il m’a téléphoné tout de suite pour m’en parler, raconte le Dr Daneault. Quand il m’a montré l’échographie, c’était clair que c’était ce qu’il fallait faire. Je n’avais jamais eu l’occasion d’être un premier ou deuxième intervenant sur cette procédure, mais elle impliquait beaucoup de gestes que je maîtrisais déjà. J’étais très emballé, mais l’excitation n’a duré que quelques secondes, parce qu’après, il fallait tomber en mode planification. » 

En 48 heures, les deux médecins ont orchestré l’intervention, qui nécessite de réunir huit membres du personnel médical et deux représentants de l’industrie — pour les prothèses utilisées — dans une même salle. En un peu plus d’une heure, les spécialistes avaient rétabli la valve mitrale que M. Bibeau avait reçue en 2002, le tout en passant par son aine droite, puis en traversant du côté droit au côté gauche de son cœur.

M. Bibeau a été extubé le lendemain, et a obtenu son congé de l’hôpital une semaine plus tard. « C’est notre récompense, après tout ça », note le Dr Daneault. 

« Je suis allé visiter la famille Bibeau à Noël, dit le Dr Couture. Il se verse encore quelques larmes quand on se voit. » 

Plus de services

Plus que jamais motivés, les deux médecins s’affairent actuellement à bâtir un programme d’intervention valvulaire mitrale au CIUSSS de l’Estrie — CHUS. 

Grâce à l’expertise du Dr Couture, l’établissement pourra désormais offrir aux patients une thérapie appelée Mitraclip, qui implique l’installation d’une prothèse dans la valve mitrale native — plus complexe que la valve aortique, qui fait déjà l’objet d’interventions en Estrie — et qui permet d’améliorer la qualité et l’espérance de vie des patients souffrant d’insuffisance cardiaque. 

« Ce sont souvent des patients qui n’ont pas d’options chirurgicales, commente le Dr Couture. Dans les dernières années, les patients éligibles qui étaient suivis ici étaient référés à Québec ou à Montréal. Par contre, ce sont des patients qui sont malades et dont la famille est souvent à Sherbrooke. Beaucoup n’étaient donc pas en mesure d’y aller. »

« À l’heure actuelle, le volume d’intervention mitrale qui se fait à travers le monde n’est pas très grand, mais dans cinq ans, on croit que le volume va être encore plus grand que le volume actuel des interventions sur les valves aortiques », précise le Dr Daneault.


Repères 

Diplômés en médecine par l’Université de Sherbrooke

Professeurs à la faculté de médecine et des sciences de la santé de l’UdeS

Cardiologues d’intervention 

Dr Couture : 34 ans, originaire d’Amqui 

Dr Daneault : 39 ans, originaire de Sainte-Thérèse

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Jamais trop jeune pour changer le monde

Les six enfants de la famille Russell lançaient en juin 2019 le projet #Remplisvert dans le cadre de La grande journée des petits entrepreneurs. Depuis, la fratrie originaire de Windsor inspire à travers la province des jeunes, des familles, de petites et grandes entreprises et des organismes gouvernementaux à revoir leurs habitudes afin de réduire leur empreinte écologique.

Chacun des enfants, âgés de 6 à 14 ans, a reçu un certificat de reconnaissance de la Chambre des communes du Canada et les félicitations, de vive voix, du ministre de l’Environnement du Québec.

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Trente ans de casse-tête

Lorsque Gilles Boire a entamé sa carrière de rhumatologue en 1989, les connaissances dans ce domaine médical étaient sommaires. « On avait quelques médicaments, vraiment très peu, qui dataient des années 1930, qu’on utilisait pour essayer de soulager les patients, généralement des femmes, qui voyaient l’arthrite comme une fatalité. » C’est pourtant un des facteurs qui a incité le médecin à choisir cette spécialité. « J’ai décidé que ce serait mon petit rôle d’en connaître plus, de faire de la recherche et de retourner chaque morceau de casse-tête. »

Et des morceaux de casse-tête, le Pr Boire en a retourné plusieurs pendant les 30 dernières années. Assez pour assembler quelques parties de ce très complexe puzzle que sont les maladies inflammatoires.

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Rendre l’apprentissage plus concret

Lorsqu’il a commencé à enseigner en sciences infirmières au Cégep de Sherbrooke en 1990, Ivan L. Simoneau voulait que ses étudiants puissent vivre des expériences concrètes avant de pratiquer sur un patient. Trente ans plus tard, sa mission est accomplie. Grâce à sa persévérance et à ses recherches, l’institution s’est dotée d’un Centre de recherche et de formation par simulation (CEREFS) pour que les étudiants arrivent sur le marché du travail encore plus prêts.

« La recherche a toujours fait partie de ma vie d’étudiant, jusqu’à ma vie de travailleur, décrit M. Simoneau, le sourire aux lèvres. La recherche collégiale a commencé dans le cadre de mes travaux de doctorat. J’ai examiné les connaissances en santé chez les étudiants du collégial. Évidemment, j’ai toujours gardé mes réflexes de chercheur. »

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Éclairer les esprits, et non les villes

Déjà à 10 ans, Johanne Roby connaissait sa vocation. « Moi, je veux être chercheuse », avait-elle dit avec assurance à son enseignant de quatrième année.

Aujourd’hui, Mme Roby est non seulement reconnue pour son travail de recherche sur la pollution lumineuse et son habileté à captiver ses étudiants, mais aussi pour son engagement et son leadership dans les multiples projets qu’elle entreprend. 

« Je carbure aux projets. Je suis une personne extrêmement curieuse. J’aime relever des défis et j’aime plein de choses en même temps », partage la mère de deux adolescentes.

Enseignante au département de chimie du Cégep de Sherbrooke depuis près de 20 ans, Mme Roby se fait un devoir de stimuler au maximum ceux qui franchissent la porte de sa classe en les intégrant à des projets de recherche multidisciplinaires. Plusieurs d’entre eux participent notamment au projet d’oasis de ciel étoilé à Sherbrooke que Mme Roby mène aux côtés de son collègue Martin Aubé. Le lancement sera d’ailleurs fait en mai prochain, se réjouit-elle.   

« Ce qui m’allume beaucoup, c’est de savoir que je participe à la création de la relève, dit celle qui avoue avoir toujours souhaité enseigner. Les allumer, les stimuler et faire d’eux de meilleurs bâtisseurs du futur. Les projets dans lesquels on est sont très sociétaux et communautaires. Il y a des étudiants qui se trouvent, qui se révèlent en ayant les deux mains dans un projet. » 

Alors qu’elle « allume » ses élèves, c’est plutôt l’inverse qu’elle cherche à faire avec la lumière artificielle depuis quelques années. « Je suis tombée en amour avec ce sujet-là. Mon collègue m’a embarquée là-dedans et je me suis mise à lire tout ce que je pouvais à propos de ça. C’était comme une révélation. Ce que l’éclairage artificiel et la lumière bleue peuvent faire à la santé humaine, c’est très inquiétant. Il fallait le dire à la population », lance celle qui, dès son entrée en poste au Cégep, envisageait d’entreprendre de grands projets. Ses années postdoctorales au Conseil national de recherches à Ottawa et comme chargée de projet en biopharmaceutique l’avaient gonflée à bloc. 

M. Aubé, les étudiants et elle dirigent une partie de leurs efforts vers la vulgarisation et la sensibilisation en ce qui a trait à la pollution lumineuse. « Les jeunes aiment beaucoup ça. On est deux enseignants très motivés. On les amène à plein d’endroits, on est par exemple allés au Mexique pour la cérémonie de clôture de l’Année internationale de la lumière et y rencontrer les conférenciers. Je pense que tout ça montre que quand on veut, on peut faire ce qu’on veut. Même s’il y a des montagnes, on passe par-dessus. C’est un peu ce qu’on veut montrer aux étudiants. Ils n’ont pas encore de discipline lorsqu’ils sont au Cégep, mais ils sont extrêmement créatifs », partage celle qui accorde 50 % de son temps à l’enseignement et 50 % à la recherche.  

Santé et sécurité   

La fascination de Mme Roby pour la santé humaine l’a également menée vers la mise sur pied d’un nouveau programme d’environnement, hygiène et sécurité au travail au Cégep (EHST). Elle a ainsi consacré deux ans à confectionner la grille de cheminement scolaire, à visiter différentes entreprises et à identifier les besoins régionaux en la matière. Elle enseigne d’ailleurs à la deuxième cohorte du programme en ce moment. « On est extrêmement fiers du résultat », dit-elle. 

Et puisqu’un projet n’attend jamais l’autre avec Mme Roby, celle-ci a dirigé et mis sur pied le comité de gestion des matières dangereuses au sein de l’établissement d’enseignement afin de répondre aux nouvelles exigences du SIMDUT 2015. 

Son implication et ses efforts de sensibilisation ont d’ailleurs été récompensés en mai dernier par la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESSST), qui lui a remis le prix Leader national en santé et sécurité au travail 2019. 

« J’ai ouvert les portes de tous les pavillons pour répertorier les matières dangereuses. J’embarque aussi les étudiants d’EHST là-dedans dans le cadre de mes cours de chimie pour qu’ils fassent de l’apprentissage en milieu de travail authentique. Je leur confie par exemple l’organisation d’un laboratoire comme projet de session. » 

Heureusement pour les milieux dans lesquels elle s’implique, Mme Roby est loin d’être prête à ralentir. « Je me dis souvent qu’il faut que je calme et j’ai essayé des sessions où je ne faisais seulement qu’enseigner, mais si je ne fais pas de projets au travail, je vais en faire ailleurs », note celle qui se passionne notamment pour la photographie, particulièrement de nuit.

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Passer à un autre niveau

Si Kim Boutin a atteint les plus hauts sommets possibles en 2018 lors des Jeux olympiques de PyeongChang, en Corée, elle a prouvé, depuis le début de la présente saison sur le circuit de la coupe du monde de patinage de vitesse courte piste ISU, sa prétention d’être l’une des meilleures patineuses au monde.

La triple médaillée olympique en Corée (une médaille d’argent au 1000 m et deux médailles de bronze aux 500 m et 1500 m) a soufflé le monde du patinage de vitesse en devenant la première femme à patiner sous les 42 secondes sur la distance de 500 m, en novembre.

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Quand la complémentarité mène au succès

Ils se sont rencontrés sur le perron de l’église il y a 31 ans, le jour où Pierre Meunier unissait ses jours à ceux de la grande amie d’enfance de Michel Auger. Les deux hommes dans la vingtaine ne savaient pas, ce jour-là, que deux décennies plus tard, ils deviendraient partenaires d’affaires pour le meilleur et pour le pire. Un mariage professionnel heureux et fructueux qui dure depuis 2008.

« Notre recette magique, c’est notre complémentarité », lance d’emblée M. Auger.

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Soldat et chef d’orchestre

Alexandre Grégoire est un homme qui jongle avec de nombreuses fonctions. D’abord, il est commandant du régiment Les Fusiliers de Sherbrooke, qui compte environ 350 membres. Il est aussi père de deux enfants de 11 et 8 ans et il enseigne à temps plein dans une classe de quatrième année. Et finalement, c’est un bénévole qui a à cœur de redonner à la communauté sherbrookoise de diverses façons sans oublier qu’il souhaite que l’histoire militaire sherbrookoise soit mieux connue.

Le lieutenant-colonel Alexandre Grégoire a fait son entrée dans la réserve des Forces armées canadiennes en 1998 quand il étudiait au Cégep de Saint-Hyacinthe. Il a été transféré chez les Fusiliers  alors qu’il venait s’installer à Sherbrooke pour y effectuer ses études en enseignement à l’Université de Sherbrooke.

« J’étais caporal, et j’ai alors décidé de faire le transfert vers les officiers. Cette décision m’a transformé. Je suis devenu un autre homme », indique M. Grégoire.

Il a donc occupé un poste de réserviste pendant ses études universitaires tout en poursuivant les formations pour gravir les échelons dans l’armée. À la fin de ses études, il a obtenu un contrat à temps complet comme capitaine-adjudant chez les Fusiliers pendant cinq ans alors que l’armée canadienne était plongée en pleine guerre en Afghanistan.

Une fois ce contrat terminé, deux choix s’offraient à lui : retourner à son travail d’enseignant en continuant d’être réserviste ou encore être transféré dans l’armée régulière. 

« Après ce contrat, c’était clair pour moi que je voulais aussi développer ma carrière civile et retourner à l’enseignement. C’était très important pour moi », indique M. Grégoire.

Mais il demeure réserviste. Les années passent pendant qu’il conjugue ses deux boulots avec sa vie familiale.

Puis vint la promotion. Le 23 septembre 2017, le lieutenant-colonel devient commandant des Fusiliers de Sherbrooke.

Lui qui habite à Drummondville continue donc les voyages à Sherbrooke pour toutes les activités et les entraînements des Fusiliers, sans oublier les formations qui, avec le temps, deviennent de plus en plus exigeantes.

En même temps, il voyage tous les jours du côté de Saint-Hyacinthe où il enseigne au primaire dans une classe de quatrième année. « C’est un travail que j’adore! »

Mais en même temps, son rôle de commandant le tient très occupé. « Être à la tête des Fusiliers, c’est un travail complexe. Il y a beaucoup de choses à faire », indique-t-il.

Il faut dire que le régiment fait partie des trois meilleures unités de réserve au Canada en infanterie. De plus, grâce à un nouveau mandat, le régiment devra être capable à partir de 2021 de fournir un peloton complet si l’armée effectue un déploiement. « Ça signifie qu’une centaine de personnes doivent être formées et actives en tout temps », indique le lieutenant-colonel.

La gestion d’un tel régiment est exigeante, mais M. Grégoire insiste pour dire qu’il ne le fait pas seul : « Je suis le chef d’orchestre, mais je ne joue pas tous les instruments ».

Malgré cet horaire chargé par deux emplois, Alexandre Grégoire trouve le temps de s’engager dans la société pour faire une différence.

Par exemple, en avril dernier, il fracassait un deuxième record consécutif de dons récoltés pour la campagne du pain partagé de Caritas avec une vingtaine de ses réservistes bénévoles pour l’occasion. Il a accepté la présidence d’honneur d’un souper-bénéfice au profit de Moisson Estrie puis a soutenu une collecte de denrées pour la Fondation Rock-Guertin. Il agit également comme répondant de deux corps de cadets à titre de bénévole.

Il est aussi soucieux de partager le riche héritage militaire de la région sherbrookoise avec la jeune génération. « Nous avons préparé une offre pédagogique pour les élèves de cinquième secondaire dans le cadre de leur cours d’univers social. Cent vingt élèves ont pu venir visiter le Musée des Fusiliers », explique-t-il en précisant que l’activité a eu lieu peu avant le jour du Souvenir, plus tôt cet automne.

« C’est un projet-pilote qui a été un beau succès », souligne-t-il.

Parallèlement à tous ces projets, le lieutenant-colonel est aussi père de deux enfants, Louis, 11 ans, et Léa-Rose, 8 ans. « J’essaie de faire un bon dosage de mon temps et je mise beaucoup sur tous les moments du quotidien que nous pouvons passer ensemble. Mes enfants vont à l’école à Saint-Hyacinthe, donc ils voyagent avec moi le matin et le soir. Et l’heure des repas, c’est un moment privilégié pour la famille », indique-t-il.

Or le père de famille passe au moins une journée par fin de semaine avec les Fusiliers, parfois les week-ends complets. Il reconnait que c’est un sacrifice que font sa conjointe et ses enfants.

« Le samedi 26 septembre 2020, ce sera la passation de mon commandement des Fusiliers et probablement ma retraite des Forces armées canadiennes. J’aurai donné beaucoup, ma famille aussi, ce sera le temps de retrouver un rythme de vie un peu plus normal », indique-t-il.

REPÈRES

  • Né le 10 novembre 1979 à Arthabaska
  • Conjoint de Christine Bibeau et père de Louis, 11 ans, et Léa-Rose, 8 ans
  • Commandant des Fusiliers de Sherbrooke depuis le 23 septembre 2017
  • Membre des Forces armées canadiennes depuis 1998
  • Enseignant au primaire

Mérite estrien

Faire avancer la science une cellule à la fois

Florian Bentzinger est né et a grandi dans la partie allemande de la Suisse. Ses études doctorales et postdoctorales l’ont mené un peu partout dans le monde. Son père habite au Brésil, sa mère en Suisse, son frère, en Corée du Sud. De son côté, c’est à Sherbrooke qu’il a choisi de venir s’établir pour poursuivre sa carrière en biologie moléculaire grâce à un emploi de chercheur au Centre de recherche du CHUS et de professeur à l’Université de Sherbrooke. L’objectif de ce jeune chercheur des plus prometteurs : faire avancer la science, une cellule souche à la fois.

« Je suis venu visiter le Centre de recherche du CHUS et j’ai été impressionné par le dynamisme de l’Institut de pharmacologie de Sherbrooke. On vient d’ailleurs de recruter encore deux jeunes chercheurs! Le directeur Louis Gendron est jeune, dynamique, il rayonne à l’international. Il m’a fait une impression forte », relate Florian Bentzinger.

La recherche fondamentale est souvent beaucoup trop méconnue dans la population, souligne le chercheur. Or elle est la base de toutes les grandes découvertes scientifiques. « Nous ce qu’on veut faire, c’est de la recherche qui veut servir à tout le monde. On essaie donc d’avoir des interactions avec le public. C’est important que les gens comprennent ce qu’on fait. Les sciences sont aujourd’hui très spécialisées, et ça prend de la vulgarisation pour que les gens comprennent ce qui se fait dans chacune de ces niches-là », rapporte Florian Bentzinger.

« Par exemple quand on va à des congrès sur les cellules souches, on invite des patients qui ont été greffés par des cellules souches. Pour nous, c’est inspirant, ça nous touche, ça nous remet en contexte pourquoi on fait nos recherches », rajoute M. Bentzinger.

Sur les défauts dans les cellules souches cellulaires

Spécialiste en biologie moléculaire, Florian Bentzinger a effectué une maîtrise en science-biologie moléculaire et un doctorat en biologie moléculaire à l’Université de Basel en Suisse. Il a complété ses études à l’Institut de recherche de l’Hôpital d’Ottawa en réalisant un postdoctorat, qui lui a permis d’étudier en profondeur la biologie des cellules souches musculaires. Aujourd’hui Florian Bentzinger est reconnu pour son expertise sur les défauts des cellules souches.

Si Florian Bentzinger travaille sur plusieurs projets, il est notamment à la recherche de nouveaux traitements pour la dystrophie musculaire. En effet, dans le cadre de ses recherches, le chercheur d’origine suisse tente de déterminer la raison pour laquelle on retrouve des défauts dans les cellules souches. 

« Je souhaite identifier de nouvelles cibles thérapeutiques et développer de nouvelles approches pour traiter les dysfonctionnements des cellules souches, et ainsi créer des traitements pour la dystrophie musculaire. Une telle percée favoriserait la régénérescence des tissus musculaires, un phénomène rendu possible grâce au rôle des cellules souches », explique-t-il.

Mais ce n’est pas tout. Le chercheur fait le lien entre la dystrophie musculaire et le vieillissement.

« J’aimerais comprendre pourquoi certaines cellules souches ne se régénèrent pas lors du vieillissement d’un être humain. J’aimerais identifier la molécule au phénomène de régénération des cellules afin de la fabriquer en laboratoire et l’implanter dans le corps humain. Ainsi, une personne âgée qui subirait une chirurgie de la hanche pourrait mieux récupérer lors de sa convalescence. Ses muscles pourraient se régénérer plus efficacement », explique-t-il.

Les défis sont grands pour le chercheur, et M. Bentzinger croit pouvoir réussir à relever plusieurs de ces défis à Sherbrooke, sa terre d’accueil. Car il est ici pour rester.

« Je viens juste d’appliquer pour ma résidence permanente. C’est un processus long. J’ai déménagé beaucoup dans ma carrière, il faut recommencer tout à zéro à chaque fois... C’est assez là. J’en ai plein mon casque, comme on dit en québécois. C’était mon idéal d’être ici. La vie me plait ici, avec les parcs nationaux, le vélo, le ski de fond, le Mont-Bellevue dans ma cour arrière... » rapporte-t-il avec un grand sourire.

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Entrepreneur en vraie vie

Pour André Gauthier, l’école était facile, ce qui lui a permis, assez jeune, de concilier études et travail. Pendant qu’il termine ses études collégiales en finances, il donne un bon coup de main à ses parents, qui sont propriétaires du motel La Marquise. Lorsqu’il reçoit, en 1979, son acceptation à la faculté d’administration, son père lui propose d’être son partenaire d’affaires. Il ira finalement à « l’université de la vraie vie », une décision que l’entrepreneur n’a jamais regrettée.

Au cours des quatre dernières décennies, il a vécu des aventures entrepreneuriales qui valent bien des diplômes. Les succès et l’analyse de ses échecs lui ont permis de fonder Agendrix, en 2010, une entreprise en forte croissance qui a créé un logiciel de gestion des horaires des employés. Agendrix est aujourd’hui utilisé dans quelque 5000 milieux de travail dispersés dans 28 pays.

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De la puissance d’enfanter

Depuis plus de 25 ans, Lyne Castonguay a été une figure de proue dans le milieu de la périnatalité et une des pionnières du mouvement qui a mené à la légalisation de la pratique de sage-femme au Québec, en 1999.

Son implication s’est d’abord fait sentir dans la création de l’organisme Naissance renaissance Sherbrooke, devenu Naissance renaissance Estrie, ainsi que dans Bedon & Bout’chou.

Mérite estrien

Trois génies au service de l’environnement

À leur sortie du baccalauréat en génie mécanique, Jean-Félix Tremblay, Samuel Duval et Jean-David Lantagne croyaient trop en leur projet pour ne pas emprunter le chemin escarpé : démarrer une entreprise qui promet de dépolluer les plages. Et pourtant, parmi les trois jeunes actionnaires d’Hoola One, aucun ne s’imaginait un jour devenir entrepreneur.

Tout s’est décidé à la fin de l’année 2018. Alors que la fin de leurs études approchait, ils se sont interrogés sur l’impact qu’ils désiraient avoir sur la société.

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En amour avec Scotstown

Chantal Ouellet ne devait qu’être de passage à Scotstown lorsqu’elle est venue s’y établir avec son conjoint à la fin des années 70. Le destin en a décidé autrement et notre lauréate du Mérite estrien, de nature impliquée et conciliatrice, est devenue la première conseillère municipale et la première mairesse du village, menant à terme d’importants projets en plus de voler au secours de l’appareil municipal en temps troubles.

Mme Ouellet rit quand elle se remémore les circonstances qui l’ont amenée à habiter Scotstown alors qu’elle était dans la mi-vingtaine. La femme, qui a grandi à Saint-Éleuthère, dans le Bas-Saint-Laurent, avant d’habiter Montréal, l’Abitibi et l’Outaouais, ne comptait pas rester sous le ciel étoilé du mont Mégantic bien longtemps.

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L'éducation pour relancer un milieu

Encore relativement jeune, l’organisme Phelps aide s’efforce de favoriser la réussite scolaire chez les jeunes de la région de Stanstead. Les succès qu’il obtient depuis sa fondation ont fait écarquiller les yeux de bien des gens, à commencer sans doute par ses deux fondatrices, Cathérine Van der Linden et Jeanie Markwick.

Connaissant toutes deux bien le monde des affaires, Mmes Van der Linden et Marwick ont décidé de fonder Phelps aide sur un coup de tête. « On était à l’aréna Pat-Burns et on venait d’apprendre que le taux de décrochage pour les jeunes du coin de Stanstead était énorme. On ne pouvait pas accepter ça et on a décidé sur-le-champ de créer un organisme pour changer cette réalité », raconte la première de deux femmes.

Pour mettre sur pied l’organisation souhaitée, les deux fondatrices ont notamment discuté avec des élus municipaux et divers intervenants du milieu afin d’avoir les coudées franches et de bien saisir les enjeux. Elles ont également étudié le modèle de Pathways to education, une organisation de Toronto qui œuvre aussi auprès de la jeunesse.

« On s’est dit dès le début qu’il fallait s’adapter à la réalité du milieu, qui par essence est rural. On est loin des écoles secondaires et postsecondaires ici et il fallait en tenir compte », souligne Cathérine Van der Linden.

Dès après sa fondation il y a sept ans, Phelps aide a commencé à collaborer avec l’école secondaire Alexander Galt, à Sherbrooke. Les dirigeants de l’organisme se sont toutefois rapidement aperçu qu’il leur faudrait également cibler la clientèle plus jeune s’ils voulaient obtenir des résultats optimaux.

Aujourd’hui, des jeunes âgés de 8 à 30 ans participent aux activités des différents programmes créés par Phelps aide. L’organisme offre aux enfants de l’aide pour faire leurs devoirs, organise des jeux pour développer le goût d’apprendre chez les élèves du primaire, accompagne certains jeunes dans leurs démarches pour dénicher du travail et plus encore.

Près de 200 jeunes profitent du soutien de l’organisme, qui compte quelques employés permanents et un peu plus de 50 bénévoles. Le taux de décrochage des élèves du secondaire paraît avoir chuté de façon importante à Stanstead grâce aux efforts déployés. « Aucun de nos participants du secondaire n’a décroché l’an dernier », note d’ailleurs Mme Van der Linden.

La qualité de vie

Un des objectifs poursuivis par les deux fondatrices de Phelps aide consiste à améliorer la qualité de vie des habitants de la région de Stanstead. « On veut une économie plus forte. Il y a tellement de potentiel ici », fait valoir Jeanie Markwick.

À ce sujet, Cathérine Van der Linden remarque que plusieurs employeurs du milieu ont présentement du mal à trouver les travailleurs dont ils ont besoin. « Les entreprises qui recherchent de la main-d’œuvre nous appellent constamment. Les jeunes du coin ne comprennent pas à quel point il y a des opportunités pour eux ici. On essaie de changer les perceptions », affirme-t-elle.

Sa collègue renchérit en déclarant que les jeunes qui croient que Stanstead n’a rien à leur offrir ont réellement tout faux. « Ce n’est qu’une excuse », estime-t-elle.

Milieu d’adoption

Ni Jeanie Markwick ni Cathérine Van der Linden ne sont nées au Québec. La première a vu le jour à Détroit, aux États-Unis, tandis que la seconde a grandi en Belgique. Elles se sont toutes les deux installées en sol québécois pendant les années 1990.

Les deux femmes habitent également toutes deux dans la région de Montréal. Mais elles possèdent chacune une demeure dans le secteur de Stanstead et ont l’intention de venir s’établir sur place de manière permanente à moyen ou long terme.

« Je dois dire que mon cœur est ici aujourd’hui. J’adore vraiment le secteur. Il y a tellement une bonne vibration, je trouve. Et, en plus, j’ai créé de belles amitiés à travers mon implication dans Phelps aide », indique Mme Markwick quand on lui demande d’expliquer son attachement au milieu.

Jeanie Marwick est copropriétaire d’une entreprise qui offre des conseils financiers à des investisseurs. Quant à Mme Vander Linden, elle affirme consacrer tout son temps à la recherche de financement pour l’organisme qu’elle a cofondé. Phelps aide est supporté par de nombreux donateurs distincts et cela fait sa force selon ses fondatrices.

Repères

— Jeanie Markwick est d’origine américaine;

— Cathérine Van der Linden est d’origine belge;

— Les deux femmes sont arrivées au Canada dans les années 1990; 

— Elles connaissent toutes deux bien le domaine des affaires;

— Elles ont cofondé l’organisme Phelps aide;

— Phelps aide offre du support à 200 jeunes.

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Claude-Gilles Gagné, l'homme qui a battu la machine

Au moment où la carrière d’enseignant de Claude-Gilles Gagné est arrivée à terme, il a choisi de venir s’installer à Weedon dans l’espoir de profiter d’une retraite tranquille. Détenteur de compétences inestimables et d’un esprit vif, M. Gagné a rapidement été approché pour faire partie de différents comités et s’est retrouvé aux premières lignes d’une bataille qui allait déterminer l’avenir de son village d’adoption.

Natif de Richmond, diplômé en littérature de l’Université de Sherbrooke ainsi qu’en relations industrielles de l’Université Laval, Claude-Gilles Gagné a eu une vie bien remplie. Après avoir réalisé que l’enseignement au primaire et au secondaire n’était pas sa tasse de thé, il a fait la transition vers l’enseignement aux adultes, où il s’est épanoui pleinement. 

« Je n’étais pas à ma place avec les enfants, je m’en suis rendu compte assez rapidement, se souvient-il. J’ai été appelé à enseigner aux jeunes décrocheurs ainsi qu’aux immigrants vietnamiens peu de temps après et j’ai adoré l’expérience. Plusieurs de ces jeunes étaient tellement attachants et brillants; ils avaient un réel désir d’apprendre. »

Conjointement avec l’enseignement aux adultes, le lauréat du Mérite estrien a passé plusieurs années à faire de l’éducation syndicale. Son amour pour la langue française demeure cependant inégalée. 

« J’ai un amour profond pour ma langue et ses textes, explique-t-il. J’ai toujours voulu amener mes élèves à prendre contact avec la littérature et le théâtre en rendant la langue française intéressante et facile pour eux. De plus, j’aime beaucoup animer des groupes et donner un spectacle, donc l’enseignement était vraiment l’emploi idéal pour moi. »

Un atout de taille pour Weedon

Lorsque l’heure de la retraite a sonné pour Claude-Gilles Gagné, il a décidé de venir s’installer sur les berges de la rivière au Saumon avec son conjoint. Son frère habitait le village depuis belle lurette et il appréciait ses paysages et sa tranquillité, ce qui l’a poussé à s’y installer à son tour. 

« Peu de temps après mon arrivée au village, j’ai été approché par la Société d’histoire de Weedon pour faire l’inventaire des documents d’archives, relate-t-il. Mes connaissances en informatique et ma maîtrise du français ont fait de moi une cible prisée et comme de fait, les responsables du journal local, L’Éveil du citoyen de Weedon, m’ont recruté pour faire la correction du mensuel. »

Impliqué à hauteur de plusieurs heures par semaine auprès de ces deux organismes, M. Gagné s’est plu à remplir ses nouvelles fonctions. 

« Je suis un épicurien dans tous les aspects de ma vie, dont le bénévolat, explique-t-il. J’aime faire des choses utiles et je ne suis pas capable de rester assis à ne rien faire. Je fais du bénévolat à mes heures, dans un cadre qui n’est pas restrictif, pour le bien de ma communauté. De plus, j’aime les gens et c’est une excellente manière d’en rencontrer. »

Mérite estrien

Agir pour la justice

« Il faut s’ouvrir les yeux et agir! » se dit Colette Lemieux devant une cause qui lui tient à cœur. Celle qui donne de son temps depuis aussi longtemps qu’elle se souvienne clame que le don de soi circule dans son sang.

« C’est dans mon sang, j’imagine! En tant que citoyenne, je fais ce que j’ai à faire. J’ouvre mes yeux, et j’agis! » résume Mme Lemieux en entrevue avec La Tribune, humblement surprise d’avoir été sélectionnée au titre de mérite estrien. Pour elle, s’impliquer de façon bénévole fait partie intégrante de sa vie depuis plusieurs années.

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«Toutes les minutes comptent»

Rencontrer Jessica Harnois n’est jamais banal. La sommelière bien connue aime les gens et cela se sent. Qui plus est, on perçoit rapidement son dynamisme et l’amour qu’elle éprouve pour son travail. Facile dans ce contexte de devenir réceptif au message de cette ambassadrice des vins du Québec.

Jessica Harnois agit à titre de porte-parole de la Fête des vendanges Magog-Orford depuis huit ans. Elle est également le visage des vins de marque Bù et livre toutes les semaines des chroniques au 98,5 FM, à Montréal.

Mérite estrien

Vers une percée pour la compréhension du cerveau

Kevin Whittingstall s’est intéressé tôt à la physique pure. Après son baccalauréat à l’Université Concordia de Montréal, c’est à la maîtrise puis au doctorat à la Dalhousie University d’Halifax, en Nouvelle-Écosse, qu’il a commencé à s’intéresser à l’imagerie médicale chez l’humain. Un nouvel intérêt qui a mené cet homme originaire de l’Estrie à passer cinq années à faire un postdoctorat consacré aux neurosciences en Allemagne.

Pendant ce temps, à Saint-Jean-sur-Richelieu, grandissait un adolescent passionné par les mathématiques qui s’ennuyant à l’école dans cette matière dans laquelle il excellait. Pour se donner un objectif, pour se dépasser, Michaël Bernier a alors choisi de consacrer toutes ses énergies à l’informatique… alors qu’il n’y avait jamais eu d’ordinateur chez lui. Cette nouvelle passion allait l’amener à la maîtrise à l’Université de Sherbrooke (UdeS). Il aimait les ordinateurs, oui, mais il voulait aussi que son savoir permette un jour d’aider les gens… et les neurosciences allaient devenir toutes indiquées pour ça.

Mérite estrien

Se démarquer dans son domaine et comme employeur

Dans un discret édifice à bureaux au coin des rues Alexandre et Aberdeen, à Sherbrooke, la trentaine d’employés de Dunin Technologie planchent sur des produits informatiques basés sur l’intelligence artificielle. Derrière les ordinateurs se trouvent une grande proportion de personnes immigrantes ou vivant avec le syndrome d’Asperger. Celles-ci seraient la clé du succès de l’entreprise, selon le président Serge Dumoulin, qui a vu sa compagnie être récompensée aussi bien sur le plan de l’innovation qu’à titre d’employeur remarquable.

« Plusieurs entrepreneurs de la génération d’avant étaient motivés par l’argent, mais ce n’est pas mon cas. Je pense que ça prend une raison d’être, une motivation pour se lever le matin et aller travailler », soutient M. Dumoulin.

Mérite estrien

La passion de l’implication de Sonia Montminy

S’il y a bien une chose qu’on ne peut absolument pas reprocher à Sonia Montminy, c’est d’avoir trop peu de champs d’intérêt. Sa présence au fil des ans à d’innombrables comités aux missions tout aussi variées témoigne de son désir incessant de s’impliquer, qu’elle a acquis dès son plus jeune âge.

C’est à l’école que Sonia Montminy, copropriétaire avec son conjoint de l’entreprise spécialisée dans la fabrication d’échangeurs de chaleur industriels Caron et fils à Coaticook, a commencé à s’impliquer activement dans tout ce qui s’offrait à elle.

Mérite estrien

Jacques Duquette : une inébranlable passion pour le soccer

C’est un peu par hasard que le soccer est entré dans la vie de Jacques Duquette. Si le contact s’est fait de façon un peu fortuite, cette passion pour le ballon rond ne l’a jamais quitté. Une passion pour le sport qui a par la suite développé une passion pour l’enseignement du soccer.

Près d’un demi-siècle après qu’il eut dirigé pour la première fois les Alouettes catégorie atome moustique sur les terrains du parc Jacques-Cartier, Jacques Duquette a été intronisé au Temple de la renommée de soccer Québec, en novembre 2018.

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Infirmière, la profession de tous les possibles

Comment peut-on résumer ce qu’est la profession d’infirmière au Québec? « C’est une profession de tous les possibles », soutient Patricia Bourgault, vice-doyenne aux sciences infirmières et directrice de l’École des sciences infirmières de l’Université de Sherbrooke (UdeS).

Patricia Bourgault est devenue infirmière il y a un quart de siècle parce qu’elle éprouvait le désir d’aider et qu’elle avait un grand intérêt pour le monde de la santé. Très vite elle a décidé de poursuivre ses études; après la technique elle a poursuivi au baccalauréat, à la maîtrise… jusqu’au postdoctorat en sciences infirmières. « Je dois dire que j’aimais beaucoup les études », convient Mme Bourgault.