Mireille Elcachar prendra part à la Veillée pour la suite du monde, samedi devant l’Hôtel de Ville.
Mireille Elcachar prendra part à la Veillée pour la suite du monde, samedi devant l’Hôtel de Ville.

Mères au front: «Ça suffit»

Le mouvement Mères au front en a assez de l’inaction du gouvernement face à la crise climatique. Une veillée silencieuse aura lieu samedi soir devant l’Hôtel de Ville pour inciter les dirigeants à agir.

« On a décidé que ça suffisait. Peu importe les mesures, les manifestations, les pétitions, les groupes environnementaux… le gouvernement ne fait toujours rien. Nous, les simples mères citoyennes, on est déterminées à multiplier les actions de visibilité pour que le gouvernement finisse par poser des actions concrètes «, soutient Mireille Elchacar, une mère bénévole ayant à cœur le futur de ses enfants.

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À Sherbrooke, de 20 à 25 femmes maximum – distanciation sociale oblige – participeront à l’événement panquébécois Veillée pour la suite du monde. Vêtues de noir avec le symbole de Mères au front épinglé sur la poitrine, un cœur vert équarri, mères et grands-mères veilleront en silence pendant environ une demi-heure, armées d’une source de lumière et d’une photo de leurs enfants. 

Un événement virtuel, dont les détails restent à finaliser, sera proposé pour celles qui souhaitent participer à distance. 

« Ce qu’on veut en bout de ligne, c’est que le gouvernement du Canada adopte une loi sur le climat pour obliger le pays à atteindre les cibles fixées par la science. Pendant la Covid-19, on a écouté la science, on a fait ce que la santé publique demandait, alors pourquoi ne pas faire la même chose pour l’environnement? C’est une crise aussi grave qui est là depuis longtemps, et il faut arrêter de déposer des rapports sans qu’il y ait de suite », explique Mme Elchacar, également coordonnatrice pour Amnistie internationale.

Passer à l’action

Le mouvement Mères au front a vu le jour peu avant le début de la pandémie, mais déjà, les membres ont passé à l’action. Plusieurs mères sont allées voir les députés fédéraux pour leur demander si leurs préoccupations étaient écoutées. Plusieurs lettres, dont une lettre ouverte à l’occasion du Jour de la Terre, ont été publiées. 

« On était censées faire une grande marche à la fête des Mères, qui a malheureusement dû être annulée, en disant que nous, les mères, on ne veut pas de chocolats ni de fleurs : on veut que les choses changent pour l’environnement », note la bénévole. 

C’est encore difficile pour Mères au front de déterminer si le gouvernement entend leurs demandes. « Le gouvernement a beau nous dire que l’environnement est dans ses préoccupations, mais il va quand même de l’avant avec des projets de sables bitumineux et de pipelines. Il y a vraiment un discours d’un côté, mais des actions de l’autre qui ne respectent pas les engagements en matière d’environnement », termine Mireille Elchacar.