Près de 1500 personnes ont assisté à la 24e cérémonie hommage organisée par l’Association canadienne du don d’organe.

« Merci aux donneurs et à leurs familles »

« Merci aux donneurs et à leurs familles pour votre geste d’une grande générosité, ainsi qu’à tous ceux qui jouent un rôle dans le transport et la transplantation des organes. Aux familles, sachez que malgré le deuil qui afflige plusieurs d’entre vous, j’espère que cette cérémonie vous apportera réconfort et joie à l’idée d’avoir redonné la vie », a soutenu le lieutenant-gouverneur du Québec Michel Doyon, souvent ému aux larmes tout au long de la cérémonie.

C’est vendredi matin que se tenait la 24e cérémonie de l’Association canadienne des dons d’organes (ACDO), qui vise à remettre de façon posthume des titres d’ambassadeurs de la santé et de grand samaritain en reconnaissance aux donneurs d’organes et de tissu du Québec. Ce type de cérémonie est unique en Amérique du Nord.

Naissance à Sherbrooke

Toute l’organisation québécoise autour du don d’organes a pris vie à Sherbrooke il y a 30 ans à l’initiative de Richard Tremblay, alors directeur de Métro Police, le service de police qui desservait alors Lennoxville et Ascot. L’ancien policier est le fondateur de l’ACDO, dont il est toujours président.

« À l’époque, le transport des organes et des équipes médicales se faisait par taxi et par ambulance, ce qui était très inconfortable, pas pratique du tout. Aujourd’hui, nous avons des camions spéciaux destinés non seulement au transport des organes, mais aussi des équipes qui font les prélèvements et les greffes », explique M. Tremblay.

Dans un contexte où le temps est extrêmement précieux pour assurer la viabilité des organes, ce nouveau mode de transport fait une différence et contribue à sauver plusieurs vies.

L’organisation derrière le transport est aujourd’hui extrêmement bien rodée. « Nous avons une centaine de policiers-bénévoles qui font environ 200 transports par année. Pour les policiers, ce bénévolat a beaucoup de sens parce qu’une partie de notre mission est de protéger la vie et le transport des organes et des équipes médicales fait partie intégrante de cette mission », a expliqué Patrick Bélanger, inspecteur-chef à la Sûreté du Québec et lui-même bénévole depuis plus de 20 ans.

4500 noms au cénotaphe

Après la cérémonie de remise des médailles, les familles étaient invitées à se rendre au cénotaphe des donneurs installé au parc Jacob-Nicol au coin des boulevards Jacques-Cartier et Portland.

Ce cénotaphe est apparu à Sherbrooke en 1994. « Au départ, il y avait huit noms. Aujourd’hui, nous en avons près de 4500! Nous en sommes très fiers », se réjouit Richard Tremblay.

Chaque année au Québec, il y a environ 170 donneurs d’organes au Québec, ce qui permet quelque 500 transplantations.

Sur les 650 références reçues chaque année chez Transplant Québec, il y a encore environ 21 % de refus qui viennent de la part des familles. « Pour améliorer cette pratique, il y a une seule façon de faire : parler de sa volonté de donner ses organes autour de soi. Dans des pays qui performent le mieux pour le don d’organes, comme l’Espagne, il y a un taux de refus des familles de 18 ou 19 % et ils acceptent ça », souligne Louis Beaulieu, directeur général de Transplant Québec.

Près de quatre Québécois sur dix ont officialisé leur consentement au don d’organes et de tissus dans un des deux registres du Québec, celui de la RAMQ ou celui de la Chambre des notaires du Québec. On peut trouver plus d’information sur le site www.signezdon.gouv.qc.ca/.