Des chargés de cours de l’UdeS lors d’une action de visibilité en janvier.
Des chargés de cours de l’UdeS lors d’une action de visibilité en janvier.

Menace de grève des chargés de cours à l’UdeS

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
Les chargés de cours de l’Université de Sherbrooke pourraient débrayer à compter du 9 mars. Le syndicat émet un avertissement à l’employeur : à moins d’importantes avancées à la table des négociations, les quelque 2600 membres seront en grève à compter du 9 mars, au retour de la relâche. Quatre journées de conciliation sont prévues d’ici vendredi prochain. La direction de l’UdeS, elle, assure ne pas vouloir semer la panique, mais doit se préparer à des annulations de cours.

« Nous souhaitons vivement que ces journées soient productives et permettent d’en arriver à une entente satisfaisante pour les deux parties. Cependant, nous ne nous faisons pas d’illusions. Il faut obtenir des résultats appréciables pour ne pas concrétiser le mandat que vous nous avez confié et déclencher le moyen de pression qu’est la grève générale », précise dans un avis le comité de négociation du Syndicat des chargées et des chargés de cours de l’UdeS (SCCCUS-CSQ).

« Jeudi on a eu quelques petites avancées, mais ce n’est rien de très significatif. Ça ne nous rapproche pas beaucoup de la signature de la convention collective (...) Notre limite, c’est celle-là », note le président du SCCCUS, Vincent Beaucher.

Les membres du SCCCUS ont voté en faveur de moyens de pression pouvant aller jusqu’à la grève il y a plus d’un mois. Un conciliateur est impliqué au dossier depuis le mois dernier. 

La convention collective du SCCCUS est échue depuis le 31 mars 2018. L’instance syndicale a fait le dépôt de ses demandes en juin 2018. Le président du SCCCUS, Vincent Beaucher, a rappelé à plusieurs reprises que le syndicat souhaite obtenir une entente satisfaisante avant la fin de la session d’hiver.

En cas de grève, ce sont principalement les étudiants de premier cycle qui seraient touchés. Le SCCUS évalue que 75 % des cours de 1er cycle sont offerts par des chargés de cours. 

« Il n’y a personne qui veut aller en grève parce que ça peut avoir un impact sur la session et les étudiants, indique M. Beaucher. La balle est dans le camp du rectorat. »

Vice-recteur aux ressources humaines à l’UdeS, Jean Goulet demeure à ce stade-ci assez confiant d’éviter la grève, puisque quatre jours de conciliation sont prévus la semaine prochaine. « En même temps, il faut se préparer au pire pour le 9 mars, même si des avancées pourraient avoir lieu. »

L’UdeS se prépare à aviser les étudiants en spécifiant quels cours seront annulés. « Il faut que tout le monde soit prévenu », note M. Goulet, en précisant que l’annulation est la seule option possible en vertu de la loi. Le début de la semaine de relâche pourrait complexifier le processus; certains étudiants pourraient n’être prévenus que le matin du 9 mars, illustre M. Goulet. 

On retrouve 800 chargés de cours au campus de Longueuil, où la formation continue est très présente. 

Les enjeux

Le SCCCUS réclame des augmentations de 5,5 % entre le 1er avril 2018 et le 31 mars 2022, attachées à la Politique salariale gouvernementale (PSG). 

Il demande aussi « un rattrapage tournant autour de 8 % pour rester dans la moyenne salariale des chargés de cours des autres universités québécoises ». « Le rattrapage est modulé de façon à privilégier davantage les premiers échelons, alors que près de 2000 de nos 2550 membres sont à l’échelon 1, ayant enseigné moins de neuf cours », précise Vincent Beaucher.

L’instance syndicale vise aussi un rattrapage avec ses collègues professeurs d’enseignement clinique en sciences infirmières; ces derniers font un travail similaire aux chargés de cours à forfait. 

M. Goulet indique qu’il est difficile de comparer le SCCCUS aux employés des autres universités, puisque le fonctionnement au niveau salarial n’est pas le même.