Le Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel Agression-Estrie constate une hausse des dénonciations en 2018. Sur la photo, on reconnaît les intervenantes Alexandra Pepin, Maggie Fredette, coordonatrice à l’intervention, Danika Lépine, coordonatrice de l’administration, Jessica Boulanger, Laurence Morin, Marilynn Lévesque et Stéphanie Ménard.

Médiatisation des crimes sexuels : un impact marqué sur le CALACS

Les condamnations et les dénonciations pour des crimes sexuels continuent d’inciter les victimes à aller chercher de l’aide, notamment auprès du Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) Agression-Estrie.

Si le mouvement #moiaussi a eu de l’impact à la grandeur du Québec, les crimes sexuels judiciarisés en Estrie ont aussi leur impact.

« C’est certain que chaque fois qu’une peine est rendue en matière sexuelle, ça incite à dénoncer. Nous constatons un gros impact de la médiatisation », affirme la directrice d’Agression Estrie, Maggie Fradette.

Les demandes d’aide du CALACS ont augmenté de façon importante au cours de la dernière année.

Si au total l’année dernière, 56 dossiers ont été ouverts, en 2018 plus de 91 nouvelles demandes ont été faites et l’année du CALACS se termine le 31 mars 2019.

Le Service de police de Sherbrooke confirme cette tendance à la hausse des dossiers d’agression sexuelle.

« Après la ville de Québec, nous sommes celle où il y a le plus de dossiers qui sont dénoncés. C’est un crime qui est très émotif pour les victimes et nos enquêteurs sont sollicités. Ils sont là pour supporter les victimes quand elles dénoncent les agresseurs sexuels », indique le directeur du SPS, Danny McConnell.

« Les dossiers de leurre informatique prennent beaucoup de place. C’est un travail soutenu avec nos partenaires. La couleur de la police n’a pas d’importance. Nous y enquêtons en collaboration », ajoute l’inspecteur de la division des enquêtes criminelles du SPS, Stéphane Guimond.

Des crimes dénoncés

Cité à son procès à la fin novembre pour des gestes à caractère sexuel répétés sur sa demi-sœur pendant plusieurs années à Sherbrooke entre 1975 et 1983, René Bolduc sera confronté à un jury en décembre 2019. L’aîné de la famille, Jean-Guy Bolduc, a aussi été cité à procès en octobre dernier pour les gestes commis sur la victime alléguée.

Michel Charland de Sherbrooke, un récidiviste en matière sexuelle sur des enfants, a été condamné à cinq ans et quatre mois de prison en novembre. La victime avait entre 7 et 11 ans lors des gestes commis par Charland qui avait entre 55 et 61 ans.

Condamné à 42 mois pour un braquage de domicile dans le but d’agresser sexuellement une adolescente inconnue, Philippe Benoit-Lessard a été reconnu coupable en juillet dernier. Il a fait vivre un cauchemar à une adolescente inconnue en entrant dans sa chambre la nuit et en l’agressant sexuellement alors qu’elle dormait dans son lit. Les décisions du tribunal ont été portées devant la Cour d’appel du Québec.

Par des gestes sexuels commis sur un garçon au début des années 80, André Shannon a détruit une bonne partie de la vie de la victime. L’homme de 73 ans a plaidé coupable à des accusations d’attentat à la pudeur et de grossière indécence sur un garçon entre janvier 1979 et décembre 1982 à Magog et Stanstead.

Rock-Henri Gagnon, multirécidiviste en matière sexuelle, a été déclaré délinquant à contrôler pour dix ans entre le 28 juin et le 28 juillet 2017. Coupable d’agression sexuelle sur deux fillettes de son entourage, Rock-Henri Gagnon de Sherbrooke a été condamné à trois ans de prison. 

Les belles paroles d’un homme de 21 ans, mais surtout le vice de consentement à des relations sexuelles avec une adolescente de 13 ans ont conduit Yousif Wattar Zuhair derrière les barreaux pour 17 mois.

Yannick Hudson a été condamné à une peine de 31 mois pour avoir utilisé les médias sociaux et les jeux en ligne pour approcher des adolescents. L’individu de 36 ans, qui disait être âgé autour de 20 ans lors de ses conversations avec des mineures, a reconnu du leurre informatique, entre le 26 novembre 2013 et le 1er septembre 2015 avec un adolescent d’East Angus.

Pour avoir agressé sexuellement une employée du bar le Magog à Sherbrooke en 2012, Raymond Patry a écopé d’une peine de deux ans et demi de prison

Patrick Montmigny de Cookshire-Eaton a été condamné à trois ans de prison pour des gestes à caractère sexuel commis sur une fillette de cinq ans et un adolescent de 14 ans en mars dernier.

« Les gens pensent que les agresseurs sexuels ne sont pas reconnus coupables, alors que ce n’est pas le cas. À Sherbrooke comme ailleurs, il y a beaucoup de dossiers qui se terminent par des verdicts de culpabilité », signale Maggie Fradette du CALACS.