Considérées comme un endroit public par le gouvernement, les résidences privées dans lesquelles se trouve un service de garde, reconnu ou non, devront respecter la règle du port du masque obligatoire.
Considérées comme un endroit public par le gouvernement, les résidences privées dans lesquelles se trouve un service de garde, reconnu ou non, devront respecter la règle du port du masque obligatoire.

Masque obligatoire : les services de garde en milieu familial sont-ils des endroits publics?

Sabrina Lavoie
Sabrina Lavoie
La Tribune
« Le débat n’est pas d’être pour ou contre le port du masque ou le couvre-visage. Le débat est que les résidences privées des femmes offrant des services de garde en milieu familial ne sont pas des endroits publics », déplore l’Association québécoise des milieux familiaux éducatifs privés (AQMFEP).

Le ministre de la Santé et des Services sociaux a déposé un décret gouvernemental le 15 juillet concernant le port du masque obligatoire dans les lieux publics qui incluent les résidences privées de personnes assurant un service de garde.

Dans un communiqué de presse, l’AQMFEP et l’Association des éducatrices en milieu familial du Québec (AÉMFQ) se sont opposé à cette réglementation qu’elles jugent « déstabilisante pour les services de garde en milieu familial ».

« L’éducatrice devra, comme dans tous les lieux publics, faire porter le masque chez elle et sera imputable de la non-collaboration des individus entrants, étant même menacée d’amendes salées. Qu’en sera-t-il pour les membres de sa propre famille? Un décret improvisé, encore une fois, se privant de l’expertise des gens concernés », dénonce-t-on.

Les deux associations profitent également de l’occasion pour rappeler les conditions de travail auxquelles sont confrontés de nombreux travailleurs autonomes dans ce milieu.

« À quand le jour où [le gouvernement] cessera d’abuser de la situation? Soit il respecte le statut de travailleur autonome, soit il cesse d’économiser sur le dos des femmes et les rémunère en conséquence du traitement qu’il leur offre, soit une vraie salariée avec les conditions de travail qui viennent avec, les régimes de retraite et les congés payés », déclare Nathalie D’Amours de l’AÉMFQ.

« Il faut s’ajuster, on n’a pas le choix »

Jointe au téléphone, la responsable de la garderie en milieu familial Chez Guylaine à Sherbrooke indique comprendre ces mesures et s’y résoudre.

« Depuis que je porte le masque, j’ai des irritations au visage. Ça ne me fait pas vraiment plaisir étant donné que je suis chez moi, mais il faut s’ajuster. On n’a pas le choix », affirme-t-elle.

Pour le port du masque chez les parents, la dame ajoute que la nouvelle règlementation ne concerne pas son environnement puisque celui-ci lui permet d’accueillir les enfants à l’extérieur. « Les parents se sont adaptés tout de suite et je n’ai eu aucun problème », révèle-t-elle.

Sur les médias sociaux, quelques éducatrices se sont également positionnées contre ces nouvelles mesures. « Même si vous portez un masque dans votre propre maison, les enfants respirent le même air et les mêmes germes, je ne comprends pas comment le masque peut aider », souligne-t-on.

L’une d’entre elles évoque notamment la présence d’un membre de la famille dans la maison. « Si mon mari est obligé de porter le masque quand il circule dans les aires de la garderie, je trouve ça assez ordinaire ».

Pour d’autres, la santé doit passer avant tout. « Pourquoi ne pas vouloir adopter le masque? Les parents le mettront pour me protéger moi et ma famille », répond une autre éducatrice.