Les commerçants applaudissent la décision du gouvernement Legault d’imposer le masque dans tous les lieux publics fermés au Québec dès samedi. Si certains n’ont pas l’intention de faire la police dans leur établissement, d’autres vendront des masques à l’entrée et interdiront l’accès à ceux qui refuseront de le porter.
Les commerçants applaudissent la décision du gouvernement Legault d’imposer le masque dans tous les lieux publics fermés au Québec dès samedi. Si certains n’ont pas l’intention de faire la police dans leur établissement, d’autres vendront des masques à l’entrée et interdiront l’accès à ceux qui refuseront de le porter.

Masque obligatoire : les commerçants espèrent une collaboration des clients

Mélanie Noël
Mélanie Noël
La Tribune
Sherbrooke — « Le port du masque obligatoire, on s’y attendait. Et ça fait mon affaire, car la consigne sera claire pour tout le monde, autant pour les employés que pour les clients. Mais faire la police, ça m’écœure. Je n’ai pas étudié pour être policier et ce n’est pas mon rôle. Je suis propriétaire d’une épicerie de quartier, mon rôle est d’être sympathique avec ma clientèle », note le propriétaire du marché Prospect – Axep, Louis Delisle, ajoutant qu’il voit mal, par exemple, son employée de 17 ans qui travaille de fin de semaine se chicaner avec un homme de 65 ans qui ne veut pas porter un masque.

Rappelons que le port du masque sera obligatoire dans tous les lieux publics fermés du Québec dès le 18 juillet et que ce sont les commerçants qui auront la responsabilité de faire appliquer la règle sous peine d’avoir une amende pouvant varier entre 400 $ et 6000 $.

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Le marché Prospect - Axep est petit, donc ce n’est pas évident de respecter les deux mètres de distanciation sociale. 

« Pour moi, le port du masque est aussi un moyen de protéger mon commerce, car si un seul de mes 20 employés attrape la Covid-19, je dois fermer. En étant un petit commerce avec peu d’espace, tout le monde est en contact avec tout le monde alors on devra tous se mettre en quarantaine pour 14 jours », mentionne le propriétaire qui pense que le masque aurait dû être obligatoire dès le printemps.

« Comme c’était laissé au choix de chacun, on se faisait ramasser sur les réseaux sociaux. Certains trouvaient qu’on n’était pas assez sévères parce qu’on avait laissé le désinfectant à l’entrée sans forcer les gens à s’en servir. On recevait aussi des insultes de clients qui ne voulaient rien savoir de suivre des flèches au sol », souligne M. Delisle qui espère que, comme depuis le début de la pandémie, la grande majorité de la population collaborera et respectera la nouvelle consigne.

Les restaurateurs ne sont pas enthousiastes non plus à l’idée de jouer à la police. « On respecte les consignes depuis le début et on continuera à le faire, car on n’a pas le goût de refermer nos portes. Mais mettons qu’on espère que tous les clients se présenteront avec un masque et qu’on n’aura pas à refuser personne », révèle Michel Lussier, propriétaire des Caffuccino de la région.

« J’espère vraiment que les clients vont coopérer. Tout le monde en parle alors tout le monde est au courant. Souhaitons que tout le monde arrive avec son masque », répète M. Lussier, qui n’a pas prévu distribuer des maques à ceux qui l’auraient oublié.

Une bonne décision

« Cette mesure est la meilleure chose pour éviter un gros retour en arrière et la possible fermeture de nos commerces une deuxième fois. Et pour être bien certain que ça fonctionne, dans la mesure ou les forces de l’ordre font la part des choses dans le cas par exemple d’un client qui n’écoute rien malgré le bon travail de l’opérateur, c’est une bonne idée de mettre la responsabilité sur le commerçant pour le responsabiliser au maximum «, croit le copropriétaire du Siboire, Jonathan Gaudreault, qui précise avoir une confiance totale en la Santé publique et ses décisions.

M. Gaudreault souligne que lundi après-midi, le gouverneur de la Californie a reconfiné les restaurants, cinémas et bars compte tenu de la propagation de la COVID-19 dans cet état. « C’est sérieux et on ne veut pas revenir là. On a le privilège de pouvoir être ouvert, il faut le faire comme il faut », croit le copropriétaire du Siboire.

« Je ne crois pas que la nouvelle mesure causera un problème. On a de bons employés et une bonne clientèle. Si un client se présente sans masque, désolé, il ne peut pas entrer. S’il a son masque, il est le bienvenu. Et pour ceux qui ont simplement oublié leur masque, on en vendra à prix coûtant à l’entrée, c’est pas plus compliqué. Et moi, je me sens rassuré en tant que citoyen », conclut M. Gaudreault.

La Maison du cinéma vendra également des masques au prix coûtant aux clients qui n’en ont pas à leur arrivée. « Avant c’était recommandé, maintenant, c’est obligatoire. On s’en attendait donc on avait planifié le tout. Et la Santé publique a confirmé qu’une fois assis dans la salle, les clients pourront enlever leur masque. On espère que les gens collaboreront, car on ne souhaite pas faire de la discipline », résume Alexandre Hurtubise, directeur général du cinéma de la rue King Ouest.