Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Gopal Ducharme, un amateur de plein air de 36 ans, marchera près de 400 km pour la prévention du suicide.
Gopal Ducharme, un amateur de plein air de 36 ans, marchera près de 400 km pour la prévention du suicide.

Marcher 400 km pour la prévention du suicide

Sabrina Lavoie
Sabrina Lavoie
La Tribune
Article réservé aux abonnés
Marcher 400 km en 10 jours dans le but de récolter des fonds pour la prévention du suicide. Voilà le défi que s’est lancé Gopal Ducharme, un amateur de plein air de 36 ans.

Gopal Ducharme, un résident de Vaudreuil-Soulanges, entreprendra sa route le 25 janvier afin de se rendre jusqu’à Lac-Mégantic, sa ville natale. L’objectif? Amasser 30 000 $ pour l’organisme JEVI, un centre de prévention du suicide situé en Estrie.

Le jeune homme se dit particulièrement touché par la cause ayant lui-même perdu sa sœur ainsi que deux de ses amis du suicide lorsqu’il était adolescent. « Ce fut une épreuve difficile de laquelle j’ai mis près de dix ans à me remettre », confie Gopal Ducharme.

« J’ai toujours voulu faire un geste pour la cause, mais je ne me sentais pas prêt mentalement, ajoute-t-il. Cette année, j’ai décidé de fermer la boucle et de combattre mes derniers démons. C’est aussi un défi personnel qui me permettra de rendre hommage aux personnes que j’ai perdues. »

Gopal Ducharme, accompagné de sa fille en arrière-plan, lors d’une sortie en plein air.

Lors de son périple, l’homme entend traverser près de 20 villes et villages. Il posera sa tente dans neuf d’entre eux pour se reposer la nuit. Pour se faire, il devra transporter un équipement d’environ 45 livres. « Je suis confiant d’y arriver », raconte celui qui n’en est pas à sa première expédition.

« J’ai toujours été passionné par le plein air. Ça s’est un peu dissipé lors de mon adolescence par la consommation de drogues et d’alcool notamment, mais c’est revenu il y a environ six ans dans ma vie pour finalement y occuper la majorité de mon temps. C’est une des rares places où je me sens 100 % moi-même et libre », raconte celui qui a par ailleurs créé la page Facebook Les accros au plein air, qui compte à ce jour près de 5000 abonnés.

Et même si l’instauration d’un couvre-feu par le gouvernement de François Legault a d'abord déstabilisé l’amateur de plein air, celui-ci ne compte pas annuler ses plans pour autant. « Je n’ai pas demandé d’autorisation précise, mais je croise les doigts pour que les policiers soient indulgents et qu’ils reconnaissent l’intention positive dans mon geste », précise l'homme qui se contentera de louer une chambre d’hôtel dans le cas contraire.

Une partie de l’équipement qu’utilisera Gopal Ducharme lors de son expédition de 10 jours et 9 nuits.

Un geste qui va droit au cœur

La directrice de l’organisme en prévention du suicide JEVI, Tania Boilar, affirme être « très touchée » par l’initiative de Gopal Ducharme. « C’est un projet impressionnant qui demande beaucoup de force physique, mais surtout de la force mentale. C’est une démarche qui demande énormément d’introspection », affirme Mme Boilar.

« Perdre quelqu’un par suicide, ça laisse des traces, ajoute-t-elle. Je trouve que de prendre la douleur ou la détresse qu’on éprouve par rapport à ce type d’événement et de l’utiliser à bon escient pour grandir ou pour passer un message, c’est une des plus belles façons de vivre son deuil et de donner du sens à ce geste qui, rappelons-le, nous est imposé par la personne qui décide de mettre fin à ses jours. [...] Cette initiative nous touche beaucoup », admet la directrice de l’organisme.

Gopal Ducharme devrait atteindre sa destination finale, soit le parc des Vétérans à Lac-Mégantic, le 5 février prochain en après-midi après avoir marché près de 400 kilomètres sur des routes secondaires.

« Je souhaite de tout cœur envoyer une lueur d’espoir aux gens. Avoir des idées sombres, c’est une étape, pas une finalité. On finit par s’en sortir, mais il faut absolument demander de l’aide », conclut celui qui confie avoir eu, lui aussi, des périodes particulièrement difficiles émotionnellement.

Pour suivre l’aventure de Gopal Ducharme ou pour faire un don, visitez la page Facebook créée à cet effet.